VIII INTRODUCTION A LA TRADUCTION FRANÇAISE
loppent généralement sur place; — il est certain que les diverses mythologies d'un groupe de peuples liés par des relations historiques ont des traits communs; nul ne peut contester d'autre part que, d'un bout à l'autre du monde, mythes et fables se ressemblent. Il serait facile de prolonger la liste de ces propositions contraires, mais également justes, sous la réserve de leur généralité, et de réduire les affirmations de tous les auteurs qui se sont occupés de ces matières à deux séries parallèles de thèses et d'antithèses, les unes et les autres soutenables. Elles sont vraies soit en même temps, soit successivement. Les peuples ont*eu leurs périodes de symbolisme, de naturalisme, d'évhémérisme. On peut donc dire que théoriquement chaque système d'exégèse mythologique rend bien compte d'un moment ou d'une période de la vie des mythes.
Au surplus, si nous passons des systèmes de mythologie aux systèmes généraux d'études religieuses, nous constatons qu'ils finissent par rendre complète l'investigation des faits, mettant en lumière, qui les mythes, qui les rites, qui les cultes et leurs aires d'extension, qui les églises et les groupes de fidèles. Il n'y a donc pas en réalité de système qui tombe tout à fait et les écoles sont abandonnées plutôt que détruites ; c'est la curiosité qui se déplace et passe, par exemple, de la signification symbolique des mythes au résidu d'histoire qu'ils contiennent ou bien à leur nomenclature, à leurs origines, puis à leur fonction et à leur raison d'être; si bien que les historiens, éclectiques par devoir, qui se préoccupent de coUiger l'ensemble des faits et d'en montrer tous les aspects, ne se trouvent souvent en présence que de réponses vieillies dont ils doivent se contenter. Il y a des recherches qui s'imposent toujours, mais qui, par la faute des théoriciens, n'ont pas profité de l'avance générale des théories; c'est ainsi que nous voyons se rouvrir aujourd'hui le débat sur l'origine des Aryens, avec un apport de nouveaux arguments empruntés à l'archéologie préhistorique, mais avec une méthode qui rappelle trop encore le temps où Ton prétendait retracer l'histoire de leurs ancêtres en dressant simplement l'index comparatif de leurs langues. La science ne s'arrête pas pour refaire son ouvrage ; elle marche d'un mouvement continu. Il y a bien un flux et un reflux de doctrines, qui font succéder fatalement à un flot de généralisations quelques heures de calme, de prudence, de minutieuses recherches, mais ce sont toujours les mêmes eaux qui montent ou qui descendent et chaque marée ajoute à l'apport des marées anciennes sa bande de