‹ Manuel d'histoire des religionsChapitre 33 sur 160 · L AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

L AVANT-PROPOS

même beaucoup mieux que dans la première édition. Le livre est une histoire des religions, non pas une histoire du développement de la religion. Il fallait choisir entre deux points de vue dont l'opposition apparaît très nette quand on traite des religions sémitiques. Nous insistons maintenant sur ce que chacune des civilisations sémitiques présente de particulier. Ainsi la religion dlsraël est étudiée, non pas en tant que religion sémitique, mais en tant qu'elle est un phénomène en soi, d'une importance considérable dans l'histoire universelle.

Au surplus, l'esprit général de l'ouvrage est resté le même. Ce n'est pas un livre de recherches, mais d'exposition; les notes ont été réduites au minimum, et, dans la bibliographie, on n'indique que les livres indispensables et accessibles à tous ceux, quels qu'ils soient, qui veulent s'orienter dans ces études. Je remercie chaleureusement mes collaborateurs de s'être si amicalement plies à l'esprit et au plan de ce travail. J'ai trouvé chez tous une inépuisable complaisance.

Grâce à leur bonne volonté, l'unité de Touvrage n'a pas souffert. Il importe peu que les subdivisions du livre soient d'étendue inégale ; il n'est même pas mauvais que le ton change lorsqu'on passe d'un peuple à un autre ; on trouverait de pareilles dissemblances dans l'œuvre d'un seul auteur. Mais, d'un bout à l'autre de ce livre, on ne trouvera pas de contradictions. Sans doute les spécialistes pourront découvrir entre les lignes les divergences des auteurs. Dans la première édition déjà, j'avais gardé une attitude un peu éclectique, fort prudente en tout cas. Dans le présent livre, même circonspection. Je considère comme deux hypothèses de travail, extrêmement fécondes et indispensables à l'avancement de la science, les deux grandes théories de la m)rthologie comparative et de l'école anthropologique. Leurs champions les plus extrêmes se combattent violemment, mais les chefs d'école (je veux parler de Max MuUer et d'E. Tylor) se doivent beaucoup. L'historien doit les adopter toutes deux, bien qu'il soit encore difficile de décider dans quelle mesure et comment. On n'est pas partout aussi avancé que dans l'étude de la religion védique, où le magistral exposé d'Oldenberg (voir aussi Barth, Journal des Savants, 1896) a déjà fait la balance des résultats acquis par les différentes méthodes, avec une préférence marquée pour l'explication anthropologique. Il est certain que mes collaborateurs ont sur ces questions des opinions qui diffèrent. Mais comme

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