‹ Manuel d'histoire des religionsChapitre 39 sur 160 · Tûbinger Quarlalschrift · texte numérisé non relu

Tûbinger Quarlalschrift

où le lien national s*e6t relâché sont prosélytiques : le judaïsme a ses prosélytes, le brahmanisme a des fidèles au delà des frontières de Tlnde. Si l'universalisme est au contraire conçu comme une caractéristique essentielle, comme une qualité, il ne peut y avoir qu'une seule religion vraiment universelle. Peut-être en existe-t-il déjà une qui ne s'est pas encore entièrement développée, peut-être faut-il attendre qu'elle naisse dans Tavenir du mélange des trois religions que nous avons nommées. En tout cas, ces trois religions elles-mêmes ne sont pas également dégagées des liens nationaux ni également susceptibles d'adaptation. Leur degré d'universalisme est donc fort inégal. Kuenen qui l'a clairement montré a, pour cette raison, exclu l'islamisme du nombre des religions universelles. Les objections sont même si fortes que Tiele, qui avait adopté ce système de classification, a fini par abandonner tout à fait l'expression de religion universelle et a cessé de maintenir comme essentielle l'opposition des phénomènes universels et des phénomènes nationaux. La distinction fondamentale est, selon lui, celle du naturalisme et de la morale.

Nous arrivons ainsi à celle des classifications qui a de beaucoup le plus de portée. Il y a plus d'une façon de la concevoir; on peut opposer à naturel soit intellectuel, soit moral. C'est à la première opposition que s'arrête Hegel, quand il enseigne que l'évolution nécessaire de l'esprit humain correspond aux trois stades de la religion, religion spontanée, religion artificielle, religion absolue. L'homme est d'abord le prisonnier de la nature et des sens; puis il s'élève au-dessus de la sphère de la sensation et parvient à l'affirmation de sa libre subjectivité; enfin l'antithèse se résout dans la religion parfaite ou absolue dans laquelle ridée se réalise. Cette évolution correspond aux trois stades d'Edw. Caird : conscience du monde, conscience de soi, conscience de Dieu. Ce système est étroitement uni à la philosophie de Hegel, mais, tout en adoptant, comme je l'ai dit, son idée fondamentale, la distinction entre les religions dominées par la nature et les religions où s'exprime l'esprit, on peut diverger dans l'application. Pour Asmus, Scharling, v. Hartmann et A. Tiele, en face de la religion naturaliste se place la reUgion éthique; dans l'une, les dieux sont des forces de la nature, dans l'autre ce sont des idées morales qui dominent la religion. H. Siebeck a tiré de cette donnée le schème d'une évolution en trois stades : religion de la nature, religion de la moralité, religion de la rédemption.

Passons au détail. Nous ne reproduirons que quatre de ces schèmes, ceux de Hegel, v. Hartmann, Tiele et Siebeck.

Hegel.

Page 1