CHAPITRE V LES ÉGYPTIENS
Par M. H.-O. Large (de €k>penhague).
15. Avant-propos. — 16. Les sources. — 17. Les diverses théories sur la feligion égyptienne. — 18. Les dieux de la religion populaire. — IfL Lo mort, la sépulture et Tautre monde. — 20. Systèmes théologiques et cosmoiîoniqiie&, — 21. Culte et morale. — 22. Esquisse de révolution religieuse.
§ 15. — Avant-propofl»,
L'égyptologie est à peine vieille de quatre-vingts ans. Fondue par le déchifFrement des hiéroglyphes qui a immortalisé le nom de Cbampollion, elle n'attira longtemps que de rares savants. Comme il arrive d'ordinaire quand un champ démesuré de recherches s'offre d'un ^qhï coup à l'activité humaine, on fut pressé de tout occuper; on nlh île l'avant sans beaucoup se soucier des lacunes. Le résultat des rechorciics fut trop vite livré au public, car on manquait à la fois de mctluxle et de documents. Il se produit actuellement une réaction salutaire eoritre l'assurance prématurée de la science égyptologique. Le travail sciojitifique ne progresse pas aussi rapidement qu'autrefois, mais il est plus sur. Si la chronologie est encore hésitante, si la grammaire et le dictionualre
1. BiBuooRAPHiB. — Sur rétat actuel de TÉgyptologie, on pourra consulter les ouvrages généraux suivants : Ad. Ermain, jEgypten und àgyplisches Leben im AUertum{-2 vol., l»83-88); — H. Brugsch, Die jEgyptologie (1891); — G. Maspero, Histoire anaen^tr dea peuples de V Orient classique (3 vol., 1895-99). — Les périodiques principaux ^onl : 2eilschrift fur àgyptische Sprache und AUertumskunde ; Recueil de travaux n lof If a â In philologie et à Varchéologie égyptiennes et assyriennes; Revue Égyptologique; Proceé'dirtgs of the Society of biblical archseology; Sphinx ^ revue critique d'Êgyptologie (l psal). — Pour rhistoire d'Egypte, consulter en outre : H. Brugsch, Geschichte Aùgyptetis unki* den PAaraonen(1877); — A. Wiedemann, Mgyptische Geschichte (2 vol., 1884, supplem., JH.SSïj — Ed. Meyer, Geschichte des Althertums {\, 1884) et Geschichte des allen jEgy^dens {1SS7, coll. Oncken, avec une géographie de TÉgypte, de Dùmichen); — Flinders Peirk\ A kis- ^ of Egypt (dep. 1894). — Pour l'histoire de Tart : Perrot et Chipiez, Histoire ile ^art dans Vantiqmté, I, Egypte (1888); — G. Maspero, Varchéologie égyptienne, \%m. — Poar les mœurs et la vie populaire : G. Maspero, Lectures historiques, 1892.
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restent imparfaits, s'il est impossible, aujourd'hui encore, d'écrire une mythologie égyptienne et une histoire de la religion, nous sommes cependant en possession de la bonne méthode et les documents se multiplient de jour en jour.
La nature a favorisé en Egypte le développement d'une civilisation uniforme. Toute proche des plus antiques foyers de civilisation, c'est une oasis enclose de montagnes et de déserts, traversée par le cours du Nil; l'Egypte, pour parler comme les Anciens, est un « don du Nil ». Matériellement le pays était et reste entièrement dépendant du fleuve, et sa civilisation a été en grande partie déterminée par là. Morcelée en petits États aux temps préhistoriques, l'Egypte devait tendre à l'unité politique et nationale, car le fleuve était un puissant facteur d'union. Cependant après l'unification du royaume la division en nomes persista, et ces nomes purent, dans les périodes d'anarchie, vivre d'une vie presque indépendante; en outre, à travers toute l'histoire de l'Egypte, la division administrative du pays en Egypte du Nord et Egypte du Sud s'est conservée.
Quant à la population * qui habitait la vallée du Nil depuis les origines, il est très difficile de définir ce qu'elle était au point de vue ethnologique. La linguistique laisse à penser qu'il y avait une parenté éloignée entre elle et les Sémites ; d'autre part, le type égyptien se distingue très nettement du type nègre. Il est permis de croire avec Ed. Meyer que les Égyptiens forment avec les Libyens et quelques tribus nubiennes un groupe à part. Mais on a supposé également (Tiele) qu'ils sont le résultat d'un mélange de colons asiatiques et d'autochtones nigritiens. Les documents sont insuffisants et la question doit être réservée. En tout cas, les Égyptiens des temps historiques se sont toujours considérés comme un peuple de race unique.
On peut suivre, en gros, l'histoire de l'Egypte dans son ensemble, bien que le manque d'une chronologie sûre nous réserve des difficultés très sensibles. On fera bien de se contenter de dates minimum, comme l'a fait Ed. Meyer dans son histoire; il est possible que pour la période la plus ancienne les chiffres soient trop faibles de mille ans. La division de l'histoire de l'Egypte, depuis l'unification du royaume par Menés jusqu'à Alexandre le Grand, en 30 dynasties nous vient peut être de sources égyptiennes. On distingue habituellement trois périodes principales : l'ancien, le moyen et le nouvel empire.
L'ancien empire embrasse les six premières dynasties (environ 3200-2400 av. J.-C); des trois premières, nous ne connaissons guère encore qu'une liste des noms des rois *; des trois dynasties suivantes datent les trois
1. A la suite des fouilles récentes Tanthropologie de l'Egypte a été Tobjet de travaux sérieux. Ce qu'en somme ils ont mis en lumière, c*est que la population de l'Egypte n'est pas anthropologiquement homogène et qu'elle est plus ou moins appa* rentée aux autres populations qui habitent les côtes de la Méditerranée. Voir J. Deniker, Les Races et les peuples de la terre, 1900; G. Sergi, The Mediterranean Race, 1901; Randall Mac Iver et Anthony Wilkin, Lihyan Notes, 1901 (H. H.).
2. Nous sommes maintenant déjà beaucoup plus avancés. Les fouilles de ces dernières années ont mis au jour une Egypte préhistorique. De nombreuses séries de
grandes et beaucoap des petites pyramides de Mempliis, et un grand nombre de tombeaux très intéressants. Ensuite vient une période encore complètement obscure, pendant laquelle une partie du pays semble s'être morcelée en petites principautés ; arec la XI® dynastie, l'histoire se retrouve sur un terrain solide. Nous trouvons alors la capitale reportée au sud ; cette période des X1-XII« dynasties (environ 2130 à 1930 av. J.-C.) est la fleur de la civilisation ég}'ptienne. Les rois énergiques de la XIP dynastie, les Amenemhat et les Ousirtasen, conquirent la Nubie et furent de grands constructeurs. De nouveau survient une période de décadence qui nous conduit à la conquête partielle de l'Egypte par les Hyksos (environ vers 1780). Avec Texpulsion de ceux-ci commence le nouvel empire (XVIIP dynastie, vers 1530 av. J.-C), et dès lors l'Egypte sort de son isolement : la poursuite des Hyksos asiatiques lui enseigne le chemin de l'Asie. De puissants rois, qui résidaient à Thèbes, conduisirent leurs armées victorieuses jusqu'en Mésopotamie. Et dès lors le contact avec la civilisalion asiatique fut continu ; celle-ci eut, sur TÉgypte, une grande influence. La dynastie des Amenhotep et des Thoutmès flnit dans une révolution religieuse, sur laquelle nous nous arrêterons. Sous les Ramsès de la XIX* dynastie la suprématie de l'Egypte est à son apogée; elle déclinée nouveau avec la XX* dynastie. Les grands-prêtres d'Amon à Thèbes mettent sur leur propre tête la double couronne de l'Egypte : mais bientôt le pouvoir suprême passe aux mercenaires libyens, aux princes éthiopiens et même, pour quelque temps, au grand roi d'Assyrie. Cette sombre période va de la XXIP à la XXV* dynastie. L'Egypte connut encore avec la XXVP dynastie saïte (Psammétique, 663 av. J.-C.) une renaissance de sa civilisation et de sa puissance; mais, dès 525, Cambyse mit fin à son indépendance. Les XXVIII-XXX* dynasties représentent des tentatives manquées de rétablissement d'une dynastie nationale. Avec Alexandre le
silex taillés grossièrement (âge paléolithique) ont été distribués entre divers musées par M. Selon Karr. Cf. H.-O. Forbes, The âge of the surface flint implements of Egypt and Somaliland {Bull, Liverp. Mus., 1901, 2). MM. de Morgan, Flinders Pétrie, Amélineau et d'autres encore ont découvert en divers endroits de grandes quantités de silex finement travaillés, des tombeaux où le mort est replié sur lui-même après avoir été désarticulé, toute une céramique, des vases de pierre dure, des palettes de schiste, des reliefs et d'autres objets d*art, quelques inscriptions, enfin tout le matériel d'une civilisation qui, sur certains points, touche à celle que nous connaissions déjà et, sur d'autres, en diffère. Les formes des outils de pierre, qui d'ailleurs furent longtemps en usage, rappellent celles des outils paléolithiques et se perpétuent partiellement dans celles des outils de bronze postérieurs, attestant le développement continu d'une même civilisation. Les égyptologues, après s'être divisés sur la date à attribuer à ces découvertes, sont à peu près d'accord pour y reconnaître le passé de l'Egypte pharaonique. On a commencé le déchiffrement très hasardeux des inscriptions, et déjà l'on a cru pouvoir assimiler quelques-uns des rois dont les tombeaux ont été trouvés à Abydos et à Negadah à des Pharaons des premières dynasties ; d'autres restent encore en dehors. Voir : de Morgan, Recherches sur les Origines de VÉgypte, 1897-98, 2 vol. ;
— Flinders Petrie-Qnibeil, Nagada and Ballas, 1896; id., The royal tombe of the first dynasty, 1900;— J.-B. Quibell, Hteraikonpoiw, 1900; — Amélineau, Les nouvelles fouilles d' Abydos, 1899; i> tombeau d'Osiris, 1900. On trouvera des aperçus généraux de la question dans S. Reinaeh, V Anthropologie, 1897, p. 232; — Bissing, i6id., p. 241, 408;
— J. Capart, Revue de VUniversité de Bruxelles, 1898-99, p. 105; — R. Weil, Revue archéologique, 1902, II, p. 117. (H. H.)
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Grand et les Ptoiémées, l'hellénisme commence en Egypte. Pour des raisons politiques la vieille religion fut encore très respectée par le pouvoir et de grands temples furent construits même pendant la période romaine; mais l'ancienne vie nationale était en pleine dissolution et fut facilement anéantie par le christianisme.
§ 16. — Les BourceB K
Depuis le déchiffrement des hiéroglyphes, les sources non-égyptiennes ont passé au second rang. Elles ont cependant leur intérêt. Lorsque l'Egypte fut connue des Grecs, la singularité de sa civilisation et surtout de sa religion excitèrent naturellement leur curiosité. Les érudits grecs, qui visitaient la vallée du Nil, étaient prodigues de considérations plus ou moins exactes sur les dieux égyptiens et leur culte. De la plupart d'entre eux, il ne nous est parvenu que des fragments. Hérodote, dans le second et au début du troisième livre de son Histoire, décrit avec fidélité ce qu'il a vu, mais il a souvent mal compris ceux qui le renseignaient et souvent il a été induit en erreur. Ce qu'il nous dit de la religion doit être examiné avec la plus grande circonspection'; de même que les écrivains postérieurs, il cherche à rattacher à l'Egypte les divinités grecques ; ses informations sont en somme tendancieuses et incomplètes. La même prudence est de mise à l'égard des renseignements de Diodore, qui voyagea en Egypte au 1" siècle avant J.-C. De tout ce que la littérature grecque nous a jusqu'à présent donné sur l'Egypte, le traité de Plutarque Delside et Osiride ' est ce qu'il y a de plus précieux : il y a retracé, d'après des documents qui semblent bons, l'ensemble d'un mythe, égyptien sur lequel nous n'avons, de source indigène, que des textes fragmentaires et des allusions. Naturellement Plutarque a entremêlé son exposé de dissertations philosophiques et d'interprétations symboliques, qui, pour nous, sont sans valeur. Les Pères de l'Église et les écrivains postérieurs, comme Horapollon et Jamblique, n'ont pour nous qu'un intérêt médiocre.
Les sources égyptiennes sont au contraire très abondantes. H y a peu de textes qui ne puissent être utilisés pour des recherches sur la religion : traités de médecine, contes populaires, lettres privées, tout est précieux. Le plus grand nombre, et de beaucoup, des monuments, temples, pyramides, tombeaux, obélisques, avaient un caractère religieux. Parmi les papyrus qui nous sont parvenus, plus des neuf dixièmes sont relatifs à
1. BiBUOGRAPHiE. — A. Wiedemann, Geschichte jEgyplens von Psammetik I bis auf AUxander den Grossen, nebst einei* eingehenden Kritik der Quellen zur ^gyptischen Ge» schichlBs 1880. Pour les traductions mentionnons seulement les collections At^ Records of the Past : les tomes II, IV, VI, VIII, X et XII de la première série, 1873-1881, publiée par S. Birch, contiennent des traductions de textes égyptiens. Les tomes II-VI de la deuxième série, 1888-1892, publiée par A.-H. Sayce, en contiennent également.
2. A. Wiedemann, HerodoVs ztoeites Buch, mit sachlichen Erlàuterungeriy 1890.
3. La meilleure édition «st celle de G. Parthey, 1850, avec des éclaircissements où il a utilisé les résultats des recherches égyptologiques. Natarellement le livre est aujourd'hui arriéré sur bien des points.
LES ÉGYPTIENS It
la religion. Toutefois, ces documents sont assez uniformes; presque tous se rapportant au culte des morts et à la vie d'outre-tombe. Pour les mythes, nous ne disposons que de fragments peu nombreux. L'intelligence des textes religieux est rendue extraordinairement difficile par la multitade de leurs allusions à des traditions sacrées qui nous sont inconnues. D'ailleurs nos documents nous sont arrivés au hasard ; une quantité inconcevable de monuments figurés et de papyrus ont été anéantis au coufk des siècles, et beaucoup certainement sont encore cachés sous le sable. PaBsons rapidement en revue les plus importants des monuments connus.
C'est pour l'ancien empire que les sources sont naturellement le moin§ abondantes. Nous avons à Saqqarah, dans le voisinage de Memphis, une superbe série de tombeaux des IV% V*, VI° dynasties, d'autres, les plus anciens sans contredit, à Meidoum, et quelques autres, de la VP dynastie, à Assouan, à la frontière sud de l'Egypte. Ils ne nous donnent encore sur les idées religieuses que des renseignements assez incomplets. Les inscHp* lions sont de courtes formules qui nomment les dieux des morts et ililTérentes autres divinités. Les trois grandes pyramides ne renfermeui pas d'inscriptions; par contre cinq des plus petites, celles de Saqqarah, nous ont conservé près de 4 000 lignes de textes religieux. Ce sont les pyramides d'Ounas (le dernier roi de la v« dynastie), de Téti, Pépi I, Mérenra et Pépi II (les quatre premiers rois de la vi« dynastie); elles ont été ouvertes de 1880 à 1881 par Maspero, qui en a publié les textes accompagnés dHine traduction provisoire*. Nous avons là une suite de textes, parfois en deux, trois ou quatre exemplaires, qui remontent sûrement jusqu'aux origines lointaines de la civilisation égyptienne; mais ils présentent, Iniit pour la langue que pour le fond, de si grosses difficultés, qu'avant longtemps ils ne pourront être complètement compris et utilisés. Cependant ils ont singulièrement accru notre connaissance de la religion égyptienne. Pour la moitié environ, ils consistent en formules et en prières dont Tobjet est de fournir au mort sa nourriture par l'entremise des dieux. Nous y trouvons aussi un choix de formules magiques pour se garder de la faîni. de la soif, des serpents et des scorpions. Des hymnes et des prières à ûïiïèrents dieux assurent au défunt l'appui de ceux-ci dans la vie d'outre-tombe. De nombreux textes appartiennent au rituel des funérailles: il s'agit surtout de rendre au mort l'usage de ses yeux, de sa bouche et de ses memlire;^. On le voit, ces documents, bien qu'ils se rapportent tous au monde funéraire, au tombeau ou au défunt, sont assez hétérogènes; incidemment on y pourra trouver des renseignements sur les dieux, et parfois des fragments de mythes, mais souvent peu compréhensibles. Le choix des ttxtesî dans les différentes pyramides paraît avoir été assez arbitraire. Nous retrouvons quelques-uns d'entre eux sur les murailles des tombeaux el le^ sarcophages du moyen empire; à l'époque saïte (XXVP dynastie) ces vieux textes sont revenus à la mode. Ainsi Le Page-Renouf a trouvé quelques-
1. Dans le Recueil de travaux, t. UI à XV. Plus tard réunis sous le litre : Les îuscrip* tions des pyramides de Saqqarah, 1894; sur ces textes, cf. Maspero, Études de M^jtho- ^ie, 1, 150 et suiv.
uns des textes des pyramides dans des papjrus de l'époque gréco romaine*.
Beaucoup des textes que nous allons avoir à citer remontent aussi très haut, bien qu'ils ne nous soient parvenus que dans des rédactions récentes ; ces questions de date sont ordinairement très difficiles à résoudre; il n'est pas encore possible d'écrire une véritable histoire de la littérature religieuse en Egypte.
Les tombeaux du moyen empire ont donné davantage. Les magnifiques tombes de Siout et de Beni-Hasan et quelques-unes de celles de la plaine thébaine offrent un intérêt exceptionnel. De ces nécropoles, et principalement d'Abydos, provient une prodigieuse quantité de stèles, dispersées dans les musées d'Europe et d'Egypte; elles aussi sont très importantes. Les sarcophages en bois nous ont conservé des textes très intéressants, les uns connus déjà par les inscriptions des pyramides, les autres incorporés plus tard dans les Livres des Morts thébains. Les papyrus du moyen empire appartiennent surtout à la littérature d'agrément; les plus intéressants sont des contes populaires*. Plus important pour notre sujet, le Papyrus Pnsse nous conserve « les Instructions de Phtahhotep », certainement composées sous l'ancien empire. C'est en quelque sorte un (( Guide pour se conduire dans la vie humaine ))'. Les « Instructions du roi Amenemhat à son fils », conservées dans des manuscrits du nouvel empire malheureusement tous mutilés, nous intéressent également*.
L'époque de la conquête des Hyksos est fort obscure; nous ne connaissons que tout à fait superficiellement* le culte de la population étrangère et l'évolution religieuse de l'Egypte pendant cette longue période. Avec la XVIIP dynastie les sources redeviennent abondantes. Les XVIIP, XIX' et XX*" dynasties nous ont laissé de véritables trésors. Les tableaux et les inscriptions des temples sont d'une valeur très inégale et plus importants souvent pour l'histoire politique que pour celle de la religion. Les tombeaux royaux de Thèbes contiennent toute une littérature sur laquelle nous nous arrêterons plus loin. Les tombeaux privés ne nous instruisent guère que sur les coutumes funéraires.
Le texte le plus important pour l'histoire de la religion que nous rencontrions à cette époque est celui qu'on appelle le Livre des Morts •. Le
1. Cf. G. Môlier, Ueber die in einem spàlhieratischen Papyrus enthaltenen Pyrami" dentexte, Berlin, 1900.
2. Traduits psitMaspero, Les contes populaires de V Egypte ancienne^ 2* éd., 1889.
3. Traduit par Ph. Virey, Etudes sur le Papyrus Prisse, 1887, et dans les Rec. oftke Past, nouv. sér., III, 1 et suiv. Cette traduction doit être utilisée avec circonspection.