Lefébure, Hymnes au Soleil ei Le Mythe osirien
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se laifisèrent pas aussi facilement identifier. La tâctie de la théologrie devint id très difficile, et les textes abondent en contradictions et en absurdités qui, à les considérer superficiellement, peuvent passer pour profonde sagesse. Horus, par exemple, est rendu méconnaissable; il joue un rôle considérable dans les deux grands systèmes, celui d'Osiris et celui de la théologie solaire. Le combat d'Horus, fils dlsis, contre Set, sera assimilé au combat journalier du dieu solaire contre son ennemi le serpent des nuées Apopbis; Set et Apophis sont confondus, les deux formes d'Horus, peut-être distinctes à l'origine, sont identifiées ; Isis, la grande magicienne, combat contre Apophis, elle devient une des déesses du cycle solaire et entre comme telle dans le mythe de Râ.
A côté de ce processus d'identification il y a une tendance à relier les dieux dans des généalogies. Nous avons déjà attiré l'attention sur ce qu'on appelle les triades : nous ne devons certainement pas y voir, avec Brugsch, l'expression d'une idée cosmogonique, mais aucune explication satisfaisante de leur constitution n'a été encore donnée. L'idée de Maspero, à savoir que la triade réunit des divinités voisines, convient sans doute à quelques-uns des cas connus, tels que la triade Khnoum-Satit-Anoukit; dans d'autres cas cette explication n'est juste qu'en partie. Moût de Thèbes, la mère de la triade thébaine, n'est qu'une abstraction théologique, dont le nom signifie effectivement « mère » ; au contraire Montou et Khonsou, qui occupèrent successivement la place de fils dans la même triade, sont des dieux locaux du voisinage. Dans la triade de Memphis, Sokhit, la mère, est peut-être une déesse locale adorée dans le nome voisin ; par contre le fils, Imhotpou, semble être un dieu théologique plus récent '; quant à Nofir-Toum, qui fut, avant Imhotpou, adoré comme dieu fils, il s'associe au même titre aux différentes déesses léontocéphales, et nous ne savons où le localiser exactement. La déesse-mère de la triade héliopolitaine, lousas, est sans aucun doute une création artificielle de la théologie. Osiris et lais étaient certainement, selon Maspero, des dieux locaux de nomes voisins, mais nous ignorons comment Horus s'est introduit dans leur triade.
On a aussi classé les dieux par ennéades, ou neuvaines de dieux. Cette classification est originaire, ainsi que Maspero l'a justement démontré, d'Héliopolis, où, comme on le verra plus loin, la création et l'ordonnance de l'univers avaient été exécutées par quatre couples de dieux avec un dieu supérieur à leur tête. Cette dynastie divine d'Héliopolis fut adoptée partout en Egypte, à cela près que le dieu local prit en général la place du dieu supérieur. Là où on avait constitué des triades, on ne put, comme de juste, toujours exclure la mère et le fils, et il arriva souvent qu'une neuvaine de dieux comprît dix ou onze membres.
Les déesses ont rarement une figure bien caractéristique et définie; elles personnifient en général la puissance réceptive et fécondée, en oppo-
i. * Imhotpou, dont le culte n'apparait que vers Tépoque persane, est vraisemblablement un personnage historique contemporain de la troisième dynastie, tardivement divinisé. Cf. Sethe, Imhotep der Asklepios der jEgypter^ et Maspero, Journal des SavantSy 1902, p. 573 (I. L.).
LES ÉGYPTIENS ili
sitîon à la force créatrice. Quelques-unes sont de pures abstractions, telles que Moût et lousas, qui ne rivent que par leur identification avec d'autres, Ms, Hâthor, Neith. Les déesses Bastit, Sokhit et Pachit sont toutes trois lécmtocéphales et représentent des idées à peu près identiques. Le symbole de la puissance réceptive est une vache, aussi les déesses égyptiennes sontelles souvent représentées avec une tête de vache ou sous la forme d*une Tache. Hèthor et Nouit, qui sont toutes deux des divinités célestes, entrent aussi souvent en rapport comme divinités funéraires; Nephthys n'est qu'une création artificielle faite sur le modèle d'Isis.
De très bonne heure les dieux furent mis en relation avec les phénomènes célestes. Le culte des étoiles dans l'ancienne Egypte n'a pas encore été assez étudié pour qu'on puisse en cette matière déterminer l'origine des conceptions primitives. De très bonne heure on avait cependant mis en rapport les étoiles les plus connues avec quelques-unes des divinités principales : Orion avec Osiris, Sirius avec Isîs, Saturne avec Horus, Mercure avec Set (Typhon). D'autre part, on représenta, au moins dans les derniers temps, par les différentes formes du dieu céleste, les phases solaires. Les phases de la lune eurent aussi leur expression mythologique; la pleine lune fut appelé « la réunion d'Osiris avec son œil gauche ». C'est surtout Brugsch * qui a étudié l'astronomie mythique des Égyptiens ; mais il y reste encore beaucoup d'obscurité.
Les jeux de mots étymologiques des textes en rendent plus difficile encore la compréhension. Nous ne pouvons décider jusqu'à quel point ces phrases, si vides de sens pour nous, en ont eu pour leurs auteurs. Le mieux, sans doute, est de laisser de côté les explications étymologiques. D'après les prêtres, le nom d'Amon se rattacherait au verbe amen, « être caché )) ; mais Amon n'a nullement été considéré à l'origine comme un être caché. Le nom d'Osiris fut décomposé en ousir-Râ, « la force du soleil ». Une étymologie du nom de Hâthor, Bât-Hor, a maison d'Horus », ne mérite pas plus de confiance. Ce sont jeux de mots et figures poétiques. La théologie égyptienne ne se contentait pas de vouloir expliquer, par ces artifices de langage, la nature, les fonctions et les attributs des dieux, mais elle usait aussi de la méthode étymologique pour créer de nouveaux mythes : en voici un exemple. La déesse Schedit était adorée à Sched, Tille du Fayoum, comme épouse de Sobkou; le nom signifie seulement « celle qui est de la ville de Sched » ; il donna cependant naissance à un mythe où la déesse est figurée comme destructrice, schedit, des ennemis de Sobkou-Râ. Il est naturellement difficile de pénétrer le véritable sens de ces énigmes. Le dieu-terre Seb est souvent représenté sous la forme d'une oie; or une espèce particulière d'oie s'appelle Seb : d'autre part le dieu est appelé « le grand caqueteur » et l'on contait qu'il avait couvé Toeuf du monde d'où était sorti Râ. Sommes-nous ici en présence d'un ^ment de vieille cosmogonie, ou d'un mythe issu de l'écriture ou du
1- • Thésaurus inscripHonum xgypHacarumy Abth. l-II. Cf. Lefébure, Le pays des &UW (Sphinx, IV, p. 1).
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langage? Un pareil exemple montre assez combien ce terrain est glissant.
A l'opposé des antres peuples, les Égyptiens se représentaient le ciel sous la forme féminine et la terre sous la forme masculine. Le ciel était soit une femme, Nouit, courbée sur la terre et s*appuyant sur elle des pieds et des mains, sôit une vache, la déesse Hâthor. D'après une très Vieille conception, le ciel représentait une face, le dieu Horus (dont le nom hor signifie précisément « face »); quatre boucles l'encadraient; c'étaient les quatre enfants d'Horus ; mais cette dernière représentation peut ne pas appartenir à la croyance populaire et n'être qu'un produit de la théologie.
Des cosmogonies locales, nous ne connaissons que peu de chose, tant elles ont été pénétrées par celle d'Héliopolis. Maspero a étudié avec soin les allusions des textes aux cosmogonies primitives. Le dieu local a été partout considéré par ses adorateurs comme démiurge et créateur du monde, mais l'acte créateur a été conçu différemment selon le caractère personnel du dieu. Khnoum, dans le pays des cataractes, fut représenté comme un potier qui modèle sur son tour l'œuf du monde duquel tout est sorti. Phtah avait à Memphis construit l'univers comme un maçon ou un architecte. Neith à Sais était la tisseuse qui avait ourdi le monde.
Le principe originel, d'où toute vie est issue, réside, pour les Égyptiens, comme pour beaucoup d'autres peuples, dans l'eau. Cette eau originelle s'appelle Noun ; elle contient tous les germes masculins ou féminins de vie. D'après quelques-uns, Râ est sorti du Noun ; selon d'autres conceptions, Râ sort d'un œuf sous forme d'un oiseau ou d'un adolescent. La cosmogonie la mieux connue, et aussi la plus répandue, est celle d'Héliopolis qui réunit les plus anciennes idées en circulation dans la Basse- Egypte. D'après elle, le monde a été créé et ordonné par les neuf dieux qui forment le grand cycle divin d'Héliopolis. Toum, le dieu local, est naturellement le premier démiurge; au début des choses il était seul dans le chaos ou l'eau primitive, et il procréa, par sa seule force créatrice, Schou et Tafnouit. Seb et Nouit reposaient dans l'eau primitive étroitement enlacés l'un à Tautre; Schou pénétra entre eux deux, éleva Nouit au-dessus de la terre, et le soleil put alors commencer sa course quotidienne. Il est difficile d'établir quelle était la nature originelle de Schou; Tafnouit semble être son doublet féminin, c'est une déesse artificielle qu'on expliqua dans la suite, étymologiquement, comme étant la rosée. Schou passa pour être la couche d'air qui sépare le ciel de la terre. Seb et Nouit engendrèrent à leur tour Osiris, la terre fertile et le Nil, et Set le désert, et encore deux sœurs, Isis et Nephthys : alors l'univers fut ordonné et l'histoire du monde put commencer. Dans les textes des pyramides, on trouve mentionnées trois neuvaines divines héliopolitaines, ou vingt-sept divinités; mais nous ne pouvons pas distinguer avec précision les deux dernières neuvaines ; on y a introduit sans doute les plus importantes des divinités de la Basse-Egypte. Par evhémérisme on fit de ces trois cycles divins les trois dynasties divines qui ont régné avant Menés.
Nous avons vu plus haut que la grande neuvaine des dieux d'Héliopolis donna un modèle pour la classification des divinités cosmogoniques
dans beaucoup de sanctuaires égyptiens; on élabora ainsi des cosmogonîes locales, où Ton rencontre souvent bien des inconséquences. D'autres conceptions semblent avoir leur origine dans la fantaisie populaire. Le limon du Nil chauffé par les rayons du soleil aurait donné naissance aux hommes, aux animaux et aux plantes (les Égyptiens croient encore aujourd'hui que les rats viennent du Nil) ; ou bien ce sont les larmes des dieux qui auraient créé tous les êtres vivants. Des notions de ce genre se rencontrent souvent dans les textes magiques.
Hermopolis, la ville de Thot, avait un système cosmogonique particulier. On ne peut décider s'il est primitif ou récent : les textes qui s'y rapportent ne se rencontrent pas avant le nouvel empire. Le dieu local d'Hermopolis, Thot, était un dieu sage, versé dans les écritures, un grand magicien qui employait la voix comme instrument magique; il se servit aussi de la parole pour créer l'Univers. Les huit divinités cosmogoniques qui forment avec lui l'ennéade hermopolitaine étaient d'une nature tout autre que les divinités correspondantes d'Héliopolis ; tandis que ces der nières, à l'exception de Schou et de Tafnouît, étaient des divinités locales, anciennement vénérées, du Delta, les assesseurs de Thot étaient huit divinités absolument abstraites. Les quatre dieux mâles. Nou, Heh, Kek et Nmou s'associèrent quatre déesses « grammaticales » : Nout^ Hehii, Kekit, Nenoui. Lepsius voit dans ces quatre dieux les quatre éléments : l'eau, le feu, la terre et l'air. Brugsch reconnaît dans Nou et Nout la matière originelle, dans Heh et Hehit la force créatrice, qui est représentée par le temps {Aiôn)y le Désir (Erôs) et l'Air (Pneuma); Kek et Kekit sont les Ténèbres (Erebos), Nenou et Nenout le précipité cosmique. Toutes les explications sont cependant aventureuses : on ne peut déûnir ces huit divinités qui sont figurées avec des têtes de grenouille ou de serpent, ou conmie huit babouins dansants; il est pour le moment impossible d'indiquer avec précision quel rôle les prêtres d'Hermopolis leur avaient départi. Ils sont souvent rassemblés en un être collectif, Khmoun, le « Huit ». Cette ogdoade hermopolitaine fut adoptée ailleurs en Egypte : nous trouvons, par exemple, des représentations d'Amon présidant ces quatre couples divins.
Ce sont là des exemples de ces spéculations propres aux théologiens, que l'obscurité des idées et la prétention au symbolisme rendent si peu intelligibles. Il est très remarquable que malgré la haute antiquité de ces spéculations, les prêtres n'aient pas été en état de triompher de l'animisme grossier et de donner à leurs idées élevées une forme appropriée. On se tromperait en croyant qu'ils maintenaient une religion faite uniquement pour le peuple, à laquelle eux-mêmes n'avaient point foi. En dépit de leur symbolisme, ils s'en tenaient obstinément aux formes de la reUgion qui leur avaient été transmises. Le monothéisme philosophique, auquel la pensée égyptienne pouvait aboutir par ses méthodes propres, ne voulait ni ne pouvait rompre avec le polythéisme. Les formes anciennes des idées religieuse^ et du culte étaient les éléments essentiels de la reli- ^n, qu'aucune philosophie, qu'aucun progrès de civilisation ne pouyaient rejeter.
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§ 21. — Culte et morale *.
Le culte fut, comme ailleurs, déterminé par la conception qu'on se faisait des dieux. Pour les Égyptiens, il n'était pas douteux que le dieu local, seigneur et protecteur de la ville et du district, habitât personnellement dans son temple au milieu de ses adorateurs, et qu'il eût une foule de besoins purement humains qu'il fallait satisfaire. Le dieu ne doit manquer ni de nourriture ni de vêtements, il faut laver son corps, farder ses sourcils, et réjouir son cœur par des |)rocessions, des chants et des prières. Heureuse la ville qui sait et qui peut faire ce qui plaît à son maître : le dieu est en liesse et toute la population se réjouit de sa faveur.
Le culte des divinités des villes était entretenu aux frais de la communauté. Aussi voyons-nous dans les temps anciens les princes de nomes remplir les fonctions de grands-prêtres des dieux locaux : peu à peu l'État, représenté par le roi, assuma la charge des cultes locaux les plus importants; suivant l'importance et la puissance d'un dieu, son culte était plus ou moins soutenu et favorisé par le roi.
Le dieu habitait parmi ses adorateurs ; il avait son siège au temple, la (( maison du dieu )); là se dressait sa statue et était installé son animal sacré. Nous ne pouvons pas suivre l'évolution du temple égyptien, car aucun temple de l'ancien Empire ne nous est connu *. Il n'est pas certain que le massif édifice carré que Mariette a découvert dans le voisinage du Sphinx de Gizeh soit un temple : les inscriptions seules nous renseignent sur l'activité déployée par les anciens rois en faveur des temples dans la Basse-Egypte. Les temples, sans doute importants et luxueux des rois du moyen empire nous sont aussi fort peu connus : ils ont dû s'effondrer en grande partie au cours des luttes avec les envahisseurs Hyksos. D'ailleurs les rois suivants, et entre tous Ramsès II, ne se sont pas privés de démolir les constructions de leurs prédécesseurs : ils se procuraient ainsi commodément et à bon compte des matériaux de construction pour leurs propres travaux. Nous ne connaissons donc la disposition des temples qu'à partir du nouvel empire et surtout par les grands temples thébains et celui d'Abydos; pour la dernière époque, les temples les plus parfaitement conservés sont ceux d'Hâthor à Dendérah et d'Horus à Edfou. C'est surtout d'après eux que nous nous représenterons le temple égyptien : d'ailleurs il n'est pas douteux que le type fondamental ait été le même pour tous les temps.
Le noyau d'un temple égyptien est la petite chapelle obscure où se trouve l'image du dieu ; par devant s'étend une salle dite (( hypostyle w, salle à colonnes, parcimonieusement éclairée par quelques petites fenêtres
1. BiBLiooHApntE. — Outre les ouvrages généraux, consulter : Maispero, Un manuel d^ hiérarchie égyptienne {Etudes égypt,, 11, 1, 1888); — Amélineau, Essai sur Vévolulion. des idées morales dans l'Egypte ancienne, 1895.
2. * Exception doit être faite maintenant pour le temple de Rà (V' dynastie) qu'on déblaye en ce moment à Abousir (Fouilles de Bissing, Scbsefer, Borchardt).
sous le toit. Souvent Thypostyle était une image de l'univers : le toit était décoré d'étoiles, les colonnes étaient des tiges de plantes stylisées qui montaient du sol. Devant cette salle, il y avait une grande coup entourée de portiques. Enfin, l'entrée de l'édifice était gardée par deux pylônes, grandes tours qui flanquaient la porte : à l'origine, ils servaient à la défense du temple. On plaçait devant les pylônes des mâts à oriflammes, des statues colossales et souvent des obélisques. Des temples plus petits se contentaient d'un plan plus modeste, mais les grands sanctuaires, surtout le grand temple impérial élevé à Amon-Râ à Karnak, étaient continuellement agrandis et développés par les Pharaons. On accumulait plusieurs cours à péristyles et plusieurs hypostyles avec les pylônes et les obélisques qui en dépendaient; le temple se développait aussi en arrière delà chapelle consacrée aux dieux; on construisait de grands bâtiments de jonction pour conduire aux temples voisins, et Ton traçait de magnifiques allées bordées de sphinx. Dans le temple de Karnak, on peut mesurer à son activité de constructeur la puissance de chaque roi qui y a élevé des édifices.
La destination du temple est bien exprimée par sa disposition. Il n'était pas destiné aux réunions d'une grande communauté de fidèles, ni à l'habitation des prêtres, mais seulement à la conservation des images divines, des ustensiles sacrés et des trésors. Dans la chapelle obscure habite le dieu, dans les chapelles voisines, les Ocol duvvaoi; de petites salles servent de resserres pour le mobilier du temple ou de magasins à offrandes. Dans le corps de l'édifice ont seuls accès le roi et les prêtres. Dans la cour antérieure on disposait les offrandes : là aussi les grands cortèges s'ordonnaient, aux jours de fête, pour des processions avec l'image du dieu.
Sur les attributions des prêtres, les Grecs (Hérodote, II, 37 ; Diodore, 1,73) sont un peu hyperboliques. Quelque grande que fût leur influence, ils ne formaient pas une caste fermée et la situation des prêtres n'avait pas été de tout temps la même. Par malheur, nous ne pouvons connaître cette intéressante évolution du sacerdoce en Egypte que dans ses grands traits : elle a été décrite pour la première fois et excellemment par Erman ^ Dans les anciens temps, le prince du nome parait être le prêtre en chef du dieu local; de même le roi peut toujours exercer les fonctions sacerdotales devant un dieu quelconque. Dans les sanctuaires principaux, les grands prêtres avaient des titres particuliers et pour ces postes en vue, on ne choisissait vraisemblablement que les plus proches fidèles du roi. Les grands et les nobles de chaque nome tenaient à honneur de servir leur dieu, et leurs femmes aussi se vantaient d'être prêtresses de Neith ou d'Hàthor. A côté de ces prêtres pour ainsi dire volontaires, qui remplissaient en même temps d'autres fonctions dans l'Etat et dans la société, se constitua un sacerdoce professionnel qui servait chaque jour le dieu dans le temple et prenait soin des statues et des ustensiles sacrés. Ceux qu'on appelle Kher-hebou formaient une classe particulière de prêtres, de lecteurs,