Schullz, AUt. TheoL, 5* éd., p
6. Lemme, Die religionsgeschichtliche Bedeutung des Decalogs, p. 19 et suiv., Ul d'après celle interprétation 'ahyeh 'aéer'ahyeh-, cf. Grxc. Yen., i ôvtmtyI;, et Clericua, Comm.
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compte de Texpression hébraïque: ni rhellénîstique, qui trouve exprimée dans le nom de Jahvé l'idée de Vaseitas de Dieu, ni la palestinienne, qui donne à hatja le sens d' (( exister », ni celle des modernes, qui expliquent le terme par Tidée de la fidélité, de Tinvariabilité, de Tactivité spontanée de Dieu. C'est Robertson Smith * qui, poursuivant une théorie de P. de Lagarde*, a donné la véritable interprétation, en renvoyant à des passages comme : Exode 4 «, 16 », 33 ^%, Deuléronome 9 », I Samuel 23 «, II Samuel 15 », II Rois 8 1, Ezéckiel 12 ». Dans chacun de ces passages se trouve un verbe qui exige un complément qui en détermine le sens. Or la détermination attendue n'est pas donnée : elle est remplacée par une proposition relative, dans laquelle le verbe est simplement répété. Quand on passe à la troisième personne, cette proposition relative disparait, et elle est remplacée par un complément indéterminé qui, suivant une règle habituelle en hébreu, peut n'être pas exprimé. On a ainsi : « Je serai ce que je serai », et d'autre part : « Il le sera ». Moïse demande : Quel est ton nom? La réponse, dont Juges, 13 n-ia, offrait un pendant exact, est la suivante: 'ehyeh 'aser 'ehyek. D'une part cela signifie : Israël n'a pas besoin de connaître le nom de Dieu, Dieu sera pour Israël tout ce qu'il sera, et il suffira à Israël d'en faire l'expérience. D'autre part cela veut dire : si Israël veut un nom pour Dieu, que ce nom exprime seulement la communion entre Dieu et Israël et la sollicitude de Dieu pour son peuple.
C'est par les noms qu'elle donne à la divinité qu'on apprend le mieux à connaître une religion. C'est bien le cas pour Israël. Ce qui pour lui est d'intérêt capital, ce n'est point de savoir ce qu'est Dieu en soi, mais ce qu'il est pour son peuple; le caractère de cette religion n'est pas métaphysique et dogmatique, mais pratique et éthique. Le nom de Jahvé présentait d'ailleurs ce grand avantage d'être de nature purement formelle, et de former ainsi un cadre à l'intérieur duquel un libre développement de la piété était possible. Cette imprécision du nom, qui, par lui-même, n'opposait aucun obstacle à l'évolution et même la favorisait, aida extraordinairement à la constitution du monothéisme Israélite.
La question de l'origine du nom de Jahvé reste cependant entière. On a renoncé dans les derniers temps, et avec raison, à l'opinion, jadis très répandue, qu'il dérivait de conceptions sacerdotales égyptiennes. Par contre, on peut admettre que le nom interprété étymologiquement dans Exode, 3, repose sur une forme plus ancienne, Jahu, que l'on doit reconnaître, malgré les objections élevées à ce sujet, dans les noms où entrent en composition Ja et Jahu et dont on a trouvé des exemples isolés en dehors d'Israël, par exemple dans les noms de Ja'ubidi de Hamath et du roi de Damas Jalu=Jahu-ilu. Rien ne permet de supposer, comme l'ont fait Schrader et Baudissin, que les aoms s'expliquent par l'emprunt du Dieu juif par des panthéons étrangers. D'autre part, Tiele et Stade ont montré que vraisemblablement le culte de Jahvé (Jahu) était indigène au pays des Kénites et que Moïse Ta importé de là en Israël. Les indices qui
. 1. The Prophets of Israël, p. 385 et suiv. 2. Psalt, Hier,, p. 156 et suiv.
militent en faveur de cette opinion (que Dillmann * rejette comme arbitraire et dénuée de toute preuve) sont les suivantes : 1° les relations existant d'après Juges lie, 4ii, entre les Kénitcs et le beau père de Moïse désigné ailleurs comme Madianite; 2° le fait que, pour Israël, Jahvé habite sur le Sinaï; c'est donc là qu'il faut chercher le siège originel de son culte; 3<> l'importance du rôle joué par les Kénites comme adeptes d'un Jahvisme rigoureux, à Tépoque où ils ont été admis en Israël*. Mais si Israël a emprunté le culte de Jahvé, il l'a transformé profondément. Ce que Jahvé a été en Israël, il ne l'a certainement été nulle part ailleurs.
§ 46. — La religion primitive d'Israël.
Nous ne savons que peu de chose des idées religieuses qui précédèrent en Israël la croyance à Jahvé. La conception qu'on peut en avoir dépend du jugement que l'on porte sur les récits relatifs aux patriarches. Bien qu'on soit généralement d'accord pour admettre qu'ils n'ont aucun caractère historique, il existe de graves divergences dans la façon de les comprendre et de les apprécier. L'interprétation mythologique, poussée à ses dernières conséquences surtout par Goldziher^, n'a plus guère de partisans. D'autre part, Kuenen et d'autres regardent ces récits comme des légendes généalogiques, où se reflète l'histoire des tribus; pour ces savants, les^ personnages nommés sont en très grande partie des héros éponymes; ils refusent de reconnaître dans leur histoire aucun souvenir véritable de ♦l'âge patriarcal. Mais c'est avec raison, semble-t-il, que Dillmann* et d'autres se placent dans cette question à un point de vue opposé. Leur opinion est, il est vrai, solidaire de leur théorie du Code sacerdotal (A) qu'ils considèrent comme la partie la plus ancienne du Pentateuque, Il faut faire ici sa part à la critique isagogique. Si, à rencontre de Dillmann, l'on rejette le Code saeei^dolal jusqu'après l'exil, les brefs renseignements qu'il prétend nous donner sur la période des patriarches ne sauraient être considérés que comme un remaniement* conforme à une théorie en partie très transparente, de données séculaires.
Pour apprécier la valeur des autres récits, il nous faut partir de deux considérations : il n'y a pas de peuple qui connaisse l'histoire de sa propre origine; d'autre part, tous les peuples, en arrivant à la lumière de l'histoire, y apportent un trésor de traditions, de souvenirs, de récits, que l'on rattache à des noms propres et à des localités, et que chaque génération répète à sa manière. Il est impossible de faire le départ entre ce qui est historique et ce qui ne l'est pas. Les monuments ainsi élaborés reflètent, diversement suivant les époques, la vie nationale, telle qu'elle se