‹ Manuel d'histoire des religionsChapitre 7 sur 160 · XIV INTRODUCTION A LA TRADUCTION FRANÇAISE · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION A LA TRADUCTION FRANÇAISE

intelligibles à la raison individuelle. La nouvelle école sociologique n'est donc pas encore près d'avoir fait le tour de sa doctrine, plus loin encore d'écrire son manuel.

Ces préliminaires tendent à prouver, ce qui est à peine en question, que le présent livre répond encore à l'état actuel de la science et aux besoins principaux de l'enseignement. La forme historique adoptée par son auteur est la seule qui permette aujourd'hui, dans l'état de délabrement ou d'inachèvement où sont les théories, une exposition des faits religieux suffisamment exacte et compréhensive. Nous ne prétendons pas cependant que cet ouvrage puisse être pour ses lecteurs une sorte d'évangile, ni même de catéchisme. Un manuel a d'autres fonctions; il codifie les découvertes d'une science sans empiéter sur ses développements futurs; il facilite les travaux originaux en simplifiant les apprentissages, mais non pas en fournissant des formules définitives d'étude.

Si nous pensions que ce livre pût s'adresser en France au même public qu'en Allemagne, il serait sage de clore ici cette préface, en nous félicitant de faire connaître une excellente histoire, bien drue et savoureuse. Mais nous doutons qu'il en soit ainsi et nous devons à nos lecteurs quelques observations complémentaires sur l'objet de l'histoire et de la science des religions, sur leurs problèmes centraux et leurs desiderata présents. Sans suppléer à l'introduction dont nous avons parlé plus haut, ces observations pourront à quelques-uns servir de guides. Que M. Chantepie de la Saussaye, nous considérant comme le dernier de ses collaborateurs, nous accorde la même liberté de doctrine qu'aux autres et nous permette de juxtaposer à son livre des réflexions inspirées par la dernière venue des écoles. Si nous touchons par hasard au domaine réservé de ce qu'il appelle la philosophie de la religion, domaine dont il s'est interdit l'accès, nous n'y entrerons qu'avec de telles précautions qu'il ne saura nous reprocher de ne pas avoir imité sa prudence.

M. Chantepie de la Saussaye a renvoyé la définition delà religion à la philosophie de la religion, pour la raison que tout essai de définition serait sans valeur s'il ne reposait sur une longue justification philosophique. On peut se contenter à moins. Si l'histoire des religions, en effet, doit donner une certaine idée de la religion, dont elle

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