‹ Manuel d'histoire des religionsChapitre 8 sur 160 · INTRODUCTION A LA TRADUCTION FRANÇAISE XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION A LA TRADUCTION FRANÇAISE XV

décrit les formes, il est apparemment déjà possible d'en tirer une définition a posteriori qui, provisoirement tout au moins, suffirait. D'autre part, le choix même des faits et l'importance relative qui leur est donnée implique une sorte de définition préalable, une idée préconçue, qu'il y a, selon nous, tout avantage à exprimer, dût-on se borner à confesser un préjugé. L'auteur et ses lecteurs y gagneraient de pouvoir s'entendre; autrement, le préjugé de l'un n'étant pas nécessairement celui des autres, ils risquent de ne pas comprendre la même chose sous les mêmes mots.

/ L'idée de la religion n'est pas en effet une idée claire, ni une idée simple; ce n'est pas non plus une pure idée. Les idées de religion, de culte, de religiosité, de piété, de sentimentalité religieuse se confondent dans le langage ; le même terme sert à désigner la religion en général et les religions en particulier ; enfin le sens du mot varie suivant l'humeur, l'éducation, la vie religieuse d'un chacun. Les uns ne voient dans la religion que l'organisation, l'autorité, la tradition, la discipline, les autres que l'inspiration individuelle; les uns n'y voient que le culte et les rites, les autres, le sentiment. Or ces divergences ne sont pas sans conséquence puisqu'elles conduisent à des jugements. On nous dira, par exemple, que la valeur religieuse de la prière est en raison inverse de son formalisme et nous lirons ailleurs que ce formalisme est un signe caractéristique des faits religieux. Ces jugements divergents mènent à des conclusions générales égsdement divergentes dont les contradictions sont inextricables; incertitudes et contradictions qui n'affectent pas seulement les conclusions; le choix des faits, auxquels s'arrête l'esprit de l'écrivain ou du lecteur, en dépend tout particulièrement. Les nouvelles études ont été bien loin de remédier à la confusion. Par contre, elles ont attiré l'attention sur la définition même de leur objet; elles l'ont mise en question et Ton s'y est préoccupé, d'une part, de savoir quels sont parmi les faits religieux ceux qui sont essentiels, d'autre part, quels sont à peu près les rapports des faits religieux avec les autres séries de faits qui leur sont reliées.

Il ne peut s'agir ici, bien entendu, que d'une définition provisoire. Nous ne craignons pas d'insister sur la nécessité de pareilles définitions; elles ont la même fonction méthodique que les énoncés de problèmes; on ne peut les sous-entendre sans laisser croire que le choix des données est arbitraire. Trop de formalisme en matière d'études religieuses ne peut pas être encore un mal.

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