Cf. Schwally, SernU. KriegsaUerthamer, p. 7. (I. L
à cause du caractère d'ancienneté, de neutralité et d'objectivité de ce code *, mais postérieurement à leur scliisme, parce qu'ils ne pouvaient se passer pour leur culte d'une base authentiquement sanctionnée par Dieu. Ils attirèrent à eux, surtout au début, les éléments mécontents de l'institution de la loi : ils contribuèrent ainsi indirectement à consolider la communauté juive. Si les Chroniques déclarent terre païenne l'ancien royaume du Nord, cela vient des sentiments d'hostilité des Juifs à l'égard des Samaritains. Attisé par des conflits politiques, cet état d'esprit régnait encore au temps de Jésus; le temple du Garizim avait été détruit, dès Tannée 120 avant Jésus-Christ, par Jean Hyrcan.»
La communauté juive s'accrut intérieurement comme extérieurement. On peut inférer des Chroniques, que des docteurs de la Loi parcouraient les différentes parties du pays et trouvaient généralement bon accueil. Plus tard ils étendirent leur champ d'action en dehors de la Palestine. La Galilée, située au nord du district des Samaritains, s'agrégea à la communauté juive. Nous voyons d'ailleurs clairement (Il Chroniques 30 loetMiT.) que, suivant les localités, les sympathies allaient à la communauté juive ou à la communauté samaritaine.
Tandis que le temple de Jérusalem gagnait en importance et que le personnel du temple arrivait à une organisation de plus en plus solide, on construisit partout des synagogues, pour servir de centres à la vie spirituelle. En consolidant la Loi parmi le peuple, elles rendirent des services analogues à ceux qu'avaient rendu les Bamoth au Jahvisme antérieur. Elles rapprochèrent du peuple la religion, qui conformément à son principe devenait de plus en plus transcendante. C'est ainsi que, même au milieu des troubles politiques, et malgré diverses querelles locales, la conscience d'avoir reçu de Jahvé une vocation s'affermit, comme aussi le sentiment qu'avait la communauté de sa propre valeur. Beaucoup de psaumes datent sûrement de cette époque ; ils témoignent d'une piété véritable.
Le Canon biblique est un produit, important à tout jamais, de l'époque postérieure à Néhémie. Il était en germe dans le Deutéronome, que déjà pendant l'exil on semble avoir réuni à des œuvres antérieures, de caractère historique ou législatif, dont quelques-unes reçurent l'empreinte deutéronomique (par exemple, les Livres des Juges et des Rois). Au Code deutéronomique complété s'ajoutèrent alors des codes plus récents. Enfin on fit entrer l'ensemble dans un cadre historique emprunté au Code sacerdotal. Cet ensemble porta le nom de torath Atose, comme les codes qui lui servent de base; ce fut la première Bible des Juifs. On ne saurait admettre avec Wellhausen que cette œuvre tout entière ait déjà été promulguée par Esdras ; mais il semble ressortir des Chroniques qu'en tout cas elle reçut sa forme actuelle avant la fin du iv* siècle. Seul le travail des diascévastes dura longtemps encore. Mais l'œuvre législative elle-même ne fut pas close avec l'achèvement du Pentaieuque. Il fut suivi de la Mischna et de la Gemara.