‹ Manuel d'histoire des religionsChapitre 88 sur 160 · II · texte numérisé non relu

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2. IL, I, 260 ; Od., II, 276 ; VIII, 223; comparez IL, IV, 405

LES GREÛS 503

Au point de vue de la religion on a beaucoup exagéré l'importance d'Homère. Vltiade et VOdyssée sont des œuvres laïques, elles n'ont certainement pas été inspirées par une pensée religieuse. Les idées qu'Homère a sur les dieux n'ont ni la fraîcheur d'une croyance primitive et vivante, ni l'inspiration d'une pensée personnelle. Homère a pris dans la tradition mythologique ce qui était matière à poésie. Qu'on ne s'attende donc pas à trouver dans VIliade et VOdyssée une encyclopédie de la mythologie primitive; ce qui ne s'y trouve pas n'est pas nécessairement plus récent. Nous rencontrons au contraire chez Hésiode et chez d'autres, et aussi dans la tradition populaire, bien des choses d'un caractère ancien ou du moins ne paraissant pas plus modernes que la tradition homérique. Les poèmes d'Homère ne sont point des poèmes ^religieux, mais ils ont dans le développement de la religion une importance capitale, parce qu'ils ont achevé l'anthropomo'rphisation des dieux et donné pour toujours aux divinités leurs figures caractéristiques. Les dieux homériques sont des puissances universelles absolument détachées des désignations locales qui ne sont plus citées qu'occasionnellement.

Tournons-nous maintenant vers ces dieux homériques. Chez Homère comme chez tous les poètes, la limite qui existe entre la personnification poétique et la divinisation est difficile à tracer. Pour des êtres comme Eos, Nyx, Bypnos, et même dans la description du combat entre Achille et le fleuve Scamandre, on peut hésiter. Cependant on ne peut nier qu'une partie de ces personnifications ne soient des dieux à qui l'on offrait un culte. Bélios et Gê reçoivent un chevreau blanc et une brebis noire; Achille fait vœu près du bûcher de Patrocle de présenter des offrandes aux Vents*. Les divinités des eaux sont au premier plan : Okeanos est le père dont tous les dieux sont sortis; les fleuves et les Nymphes sont appelés quelquefois, mais pas toujours, à l'assemblée des dieux *. Ouranos n'est qu'un nom, mais il figure dans la formule du serment (oùcavô; eùplç CTiepOev) entre la terre et l'eau du Styx '. On a cru parfois, mais à tort, que l'Olympe et le ciel étaient identiques chez Homère, au moins dans VOdyssée, parce qu'ils servent tour à tour de résidence aux dieux. En tout cas, le poète ne parle pas d'une dynastie ouranîenne : Kronos et les Titans, les « dieux inférieurs » du Tartare*, représentent le passé du monde des dieux.

H est difficile, peut-être impossible de séparer les éléments qui entrent dans la composition de chaque dieu homérique, de distinguer les fonctions des dieux et leur provenance, d'apercevoir et de mettre en lumière les sentiments et les idées poétiques et plastiques qui ont présidé au choix et à la mise en œuvre des matériaux. Gladstone a bien reconnu, dans ses articles ', l'existence de ces questions, mais il y a répondu avec plus d'ima-

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