XIV
5. The greater gods of the Olympos dans la Nineteenth Century et la Contemporary RevieWy 1887.
gînation que de science. De quelque façon que l'on pose le problème, il est certain que les dieux homériques ont dépassé le stade du naturalisme pur. Zeus se nomme encore sans doute xeXatvsç^ç, TcpTcixépauvoç, Poséidon YottT^oxo;, lvo(Tî/6a)v, mais ils ont bien d'autres épithètes, et celles-là même ne représentent plus des divinisations de phénomènes. Les dieux ont chacun leur domaine naturel : le sort a donné le ciel à Zeus, la mer à Poséidon, le monde souterrain à Hadès, tandis que l'Olympe et la terre sont communs à tous les dieux *.
On cherche en vain dans Homère une idée générale du divin réalisé dans les différentes formes de dieux. Les dieux d*Homère dominent les hommes, ils sont plus puissants et plus heureux, ils coulent des jours agréables dans leurs demeures du ciel ou de TOlympe, surtout ils sont immortels ; cependant ce ne sont que des hommes d'une espèce supérieure, ils sont soumis eux aussi à toutes sortes de restrictions et n'atteignent jamais à ce que nous appelons Tabsolu. A chaque trait qui les élève au-dessus de la terre et de la vie humaine correspond une limitation. Ils n'ont pas de sang dans leurs veines, mais une liqueur divine, lywp; pour vivre ils ont besoin de boissons et de mets divins, le nectar et l'ambroisie que leur sert Hébé, Dans leurs serments ils attestent d'autres puissances, le ciel, la terre, le Styx. Les dieux, nous dit-on parfois, savent tout et connaissent tout; mais la suite du récit dément souvent cette affirmation. Sans doute les dieux peuvent plus que les hommes. Ils sont plus forts et se meuvent plus vite. En général, ils sont invisibles, c'est par exception qu'ils se laissent voir dans leurs relations avec les Phéaciens. Ils peuvent se métamorphoser : ils apparaissent aux hommes sous des formes différentes; c'est surtout dans Y Odyssée qu'on leur voit cette puissance magique, mais nous la voyons aussi dans Y Iliade, Du reste les dieux homériques sont exposés à toutes sortes de maux, de dangers et d'erreura. Quand ils prennent part aux combats, ils ne sont pas sûrs de la victoire ; ils peuvent même être blessés : Diomède blesse Ares et Aphrodite. Zeus lui-même, qui ne prend pas part aux luttes des hommes, n'est pas à l'abri de toutes les attaques : l'aide du géant aux cent bras l'a seule protégé contre l'hostilité des autres dieux, et Héra en vient à bout avec la ceinture d'Aphrodite. Poséidon et Apollon ont dû servir Laomédon ; Ares et Aphrodite ne voient pas le filet ténu qui les fait prisonniers. Héphaistos est ridicule quand il court autour de la table des dieux. Les dieux se mettent en colère les uns contre les autres ou bien essayent de se tromper. Dans Ylliade en particulier les dieux se querellent sans cesse, car ils prennent une part ardente à la lutte entre les Grecs et les Troyens. Poséidon et Héra sont souvent occupés à intriguer contre Zeus; les dieux échangent des injures, comme dans la scène où Zeus gourmande Ares pour son humeur querelleuse; Héphaistos ou Athéné ont souvent de la peine à apaiser Zeus à force de ruse ou d'esprit, même entre Zeus et Athéné il y a parfois un peu de tension. Ajoutons que les motifs qui poussent les dieux à se