‹ Manuel d'histoire des religionsChapitre 97 sur 160 · Od,, IX · texte numérisé non relu

Od,, IX

5. //., VI, 146; XVII, 446; XIX, 302 (lamentations sur Patrocle) ; XXIV, 526 et suiv.; Od., III, 209; XX, 18, etc.

monde souterrain. On a souvent cherché cet empire des morts non pas sous terre, mais loin dans l'ouest, au delà de l'Océan; ï Odyssée cependant place très clairement et plusieurs fois l'Hadès sous terre. Enfln, sans aucun rapport avec ces idées, Homère décrit les Champs Élysées, les Iles Fortunées rafraîchies de vents délicieux, où séjournent ceux qui ont été ravis au sort commun, Rhadamanthe et Ménélas, celui ci parce qu'il est l'époux d'Hélène et par conséquent le gendre de Zeus. H est clair qu'on ne saurait combiner ces conceptions; elles sont d'origine différente. Nous n'avons malheureusement pas le moyen de savoir d'où elles viennent et ne pouvons pour le moment que juxtaposer ces idées en partie contradictoires.

V Iliade parle assez souvent de Tau-delà, mais toujours en passant; nous trouvons dans VOdj/ssée trois descriptions indépendantes, d'abord des Champs Élysées, puis du voyage d'Ulysse aux enfers, enfin de l'arrivée des âmes des prétendants dans le monde souterrain ^ Les idées exprimées dans ces différents morceaux ne vont guère ensemble. Par exemple, en général on croyait qu'il était nécessaire d'être enseveli pour traverser le fleuve et trouver le repos dans la demeure d'Hadès, et que les démons chassaient les morts qui n'avaient pas reçu les honneurs funèbres ; mais Amphimédon et les prétendants se mêlent déjà à la foule des ombres et s'entretiennent avec Agamemnon bien que leurs cadavres gisent sans sépulture encore dans le palais d'Ulysse. La conception de la vie d'outretombe n'est guère consolante. Le corps est l'homme véritable : quand ce corps est étendu sans âme, il ne reste dans le monde souterrain qu'une ombre vaine et insensible, à laquelle on donne les noms de (xxial iippaBÉeç, eiScoXa. Achille préférerait être simple journalier sur terre que roi chez les morts. Seuls les charmes et le sang peuvent rendre pour un temps la conscience aux morts. Tirésias, qu'Ulysse veut interroger dans les enfers, a conservé l'esprit; mais on a soin de nous dire que c'est une exception. Dans la seconde Nékyia tout change. Sans doute la prairie d'asphodèles, où Hermès ^y/oirofXTTÔç conduit la troupe des prétendants comme un essaim de chauves-souris, n'est pas précisément un endroit gai, mais les ombres qui y demeurent, comme Agamemnon, ont cependant gardé la conscience et le souvenir de leur vie passée.

A côté de cette idée que la vie dans les enfers n'est qu'une suite extrêmement effacée de la vie ordinaire, l'ombre d'une existence, il en existe une autre d'après laquelle une puissance vengeresse règne dans le monde souterrain. A cette conception se rattachent déjà l'Érinys ou les Érinyes, que l'on voit à côté de Hadès et de Perséphone. L'idée qu'on se fait de l'Érinys est double. Quelquefois elle est, comme A/e, une puissance qui pousse au crime, mais en général elle punit le crime aux enfers; spécialement le parjure^. L'idée d'une justice qui punit est développée dans un passage rattaché àla Nékyia, mais qui est visiblement inspiré par un autre esprit. Ce passage nous montre Minos, qui juge les morts dans l'empire

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