‹ Manuel d'histoire ecclésiastique;Chapitre 124 sur 205 · L£& PAPES ET LA QUERELLE DES INVESTITURES · texte numérisé non relu

L£& PAPES ET LA QUERELLE DES INVESTITURES

réunie des princes et des évoques, la violation du célibat, la simonie et Tinvestiture par la crosse et Tanneau. Plein de confiance en Dieu, il continua sa grande œuvre, alors même que les hommes les plus saints désespéraient d'extirper un mal si profondément enraciné.

S 89. — Les Papes et la querelle des Investitures de 1086 à 11231.

V Bien que Grégoire VII eût désigné Didier, abbé du Mont-Cassin, le cardinal Otton d'Ostie, Tarchevèque Hugues de Lyon et Anselme de Lucques comme les plus dignes du siège apostolique, le choix dans ces temps critiques n'en restait pas moins difficile. Ce n est qu'après un an que fut élu Fabbé Didier, qui prit le nom de Victor III (1086-1087). Il mourut dès le 16 septembre 1087. Otton d'Ostie, recommandé par Victor sur son lit de mort,' monta après lui sur le trône pontifical sous le nom d'Urbain II (1088-1099). Il est célèbre comme organisateur de la première croisade. Il suivit avec force et prudence les principes de Grégoire VII, s'éleva avec vigueur contre les abus régnants, promulgua au concile de Melfi (1089) 16 canons contre la simonie, le concubinage et l'investiture, et déclara nul le mariage dé quiconque avait reçu les ordres majeurs.

2** Toutefois l'antipape restait à Rome et il excommunia Urbain. En 1090 Henri passa en Italie pour la troisième fois. La fortune lui fut d'abord favorable, mais se tourna contre lui en 1092. Mathilde, une des plus grandes héroïnes du moyen âge, soutint la lutte. Henri dut quitter l'Italie en 1097 et ne la revit jamais. De plus son fils Conrad l'abandonna; les croisés remirent le pape en possession de Rome ; la reine Praxède remplit

1. Ddcheske, Liber Pontificalis, n, p. 393 ss. — Jaffé, Reg,, I, €ö» ss. — HiRSCH, Desideriua von Monte Cassino als Papst Victor III {Fortch. z. deutschen Gesch,, 1867). — Paülot, Un Pape français : Urbain II, Paris, 4903. — ROBERT, Histoire du pape Calixte II, Paris, 1891 ; — Id. Bullair du pape Calixte II, Paris, 1890.

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toute r Allemagne de plaintes contre Timmoralité de son époux'. Ce dut être particulièrement pénible à Henri d'entendre Urbain II réitérer à Clermont^ les lois sévères de Grégoire VII contre les investitures : aucun clerc n'acceptera un office des mains d'un laïc (can. 15); il est défendu aux rois et aux princes de donner l'investiture à un clerc (can. 16) ; ni évèque ni prêtre ne prêtera entre les mains d'un laïc serment de stricte vassalité^ [legiam fidelitatem) (can. 17).

De retour en Allemagne, Henri IV y trouva le plus grand désordre. Hermann de Luxembourg, il est vrai, avait renoncé à la couronne dès 1088, mais son parti n'avait pas encore désarmé en 1097. Quand Henri eut déposé à Cologne, en 1098, son fils infidèle Conrad et rétabli quelque peu son autorité royale, on espérait qu'après la mort de l'antipape Clément III une réconciliation aurait lieu avec Pascal II (1099-1118), qui sur ces^ entrefaites avait succédé à Urbain II. Mais on se trompait. A son tour Henri, le deuxième fils, trahit son père, sous prétexte qu'il ne voulait pas avoir de relations avec un excommunié. Ce scrupule semblait sincère. Trompé par ces apparences, Pascal lui accorda l'absolution et la bénédiction apostolique. Ainsi fortement armé, il se révolta contre son père, s'empara par fraude de sa personne et l'enferma dans le château de Bokelheim, près de Kreuznach. L'infortuné Henri IV s'enfuit peu après à Liège, où il mourut le 9 août 1106^.

3° Pascal II dut bientôt éprouver qu'Henri V avait combattu son père, non par amour de l'Église, mais par ambition. Le pape renouvela au Concile de Guastalla en Lombardie (1106) les lois contre l'investiture et le serment de stricte vassalité [homagium). Mais il eut peur

1. Bernold, Chron,, ad an. i094. Pertz, V, 458 s. — Annal. Disibodenberg,^ Pertz, XVII, p. 44. — Hefele, V, 212. — 2. Mansi, XX, 817. — Rcihàrt, P. L., CLI, 170 s. — Hefele, V, «3. — 3. Serment par lequel on lui promettait sans condition aide contre qui que ce fût. Le dernier canon vint sans doute de ce que les évêques prétendaient être tenus par un tel serment à lutter même contre le Pape. — 4. Annales Hildeshem., ad annum lOOé- 1006 et iOiU Pertz, ni, 107-111 et 112113.

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