LA QUERELLE DBS INVESTITURES EN ANGLETERRE
arrêtés ensuite. Le pape et l'empereur ne survécurent pas longtemps à la conclusion de la paix. Le premier mou* rut dès le 13 décembre 1124; le second^ le 23 mai 1125.
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1^ Guillaume le Conquérant prêta à Grégoire YII un concours puissant contre la violation du célibat et contre la simonie. Par moments cependant sa nature sauvage prit le dessus ; il commit alors de regrettables violences contre le clergé. Plus tard, les avertissements du pape le rendirent de nouveau plus réfléchi. Il recom^ mença à envoyer le denier de saint Pierre, nomma, en général, des évoques bons et capables, et affermit la discipline ecclésiastique. Il n'était pas possible cependant de lui parler de supprimer l'investiture par la crosse et l'anneau. Guillaume la considérait comme un droit de la couronne d'Angleterre. Le pape toléra l'abus régnant par crainte d'un plus grand mal^. Guillaume mourut en
2'' Son fils Guillaume II fut un tyran indomptable. Il viola les lois contre l'investiture, dépouilla les églises de leurs biens, vendit les dignités ecclésiastiques, prolongea la vacance des sièges épiscopaux pour jouir de leurs revenus, et défendit l'envoi du denier de saint Pierre. Converti à la suite d'une maladie, il reprit sa vie coupable presque aussitôt après sa guérison. Sa conduite lui causa bientôt des difficultés avec saint Anselme, qu'aux jours de sa conversion il avait nommé primat d'Angleterre (1093). Le zélé prélat insista sur la tenue des synodes, sur la nomination d'abbés dans les abbayes vacantes. Guillaume demeura entêté et de plus défendit
1. Stepbens, The English Church from the Norman Conquesl to the accession of Edward I iiQid&-i9n%), Londres, 1909. — Schmitz, Der Englisehe Jnvestiturstreitf Inspruck, 4884. —A. du Boys, L'Église et l État en Angleterre depuis la conquête des Normands, Paris, 1887. — 2. Eadmer, Hist, Novorum, llb. I ; P. L., CLIX, 347 ss.
à saint Anselme de demander à Rome le palliuntj sous prétexte qu'il ne reconnaissait pas Urbain IL L'obéissance à Urbain était-elle compatible avec le serment de vassalité? on le déciderait à la diète de Rockingham^ ; mais là, les évéques abandonnèrent saint Anselme pour faire cause commune avec le roi. Malgré la défense formelle de ce dernier, saint Anselme partit enfin pour Rome en 1097. Son dessein d'abdiquer sa dignité ne fut pas approuvé par le pape. Le saint demeura donc en Italie; il assista, sur Finvitation du pape, au concile de Bari^, où son savoir et sa sagesse excitèrent Tadmiration. Quand Guillaume II mourut en 1100, son successeur rappela le vaillant exilé.
Z"" A Tavènement de Henri I (1100-1135) la lutte s'ouvrit en Angleterre plus implacable que jamais. De même que ses devanciers, il s'en tint, lui aussi, aux investitures. Pascal II cependant exigea que les lois de Grégoire y II et de ses successeurs fussent appliquées également en Angleterre. Le roi s'y refusa absolument, de sorte que saint Anselme, qui maintenait la défense du pape, dut prendre le chemin de Texil pour la seconde fois (1103) et passer trois ans en France. Lorsque au concile de Latran (1105) les conseillers de Henri et les prélats mal intentionnés furent frappés d'excommunication et comme Anselme lui-même songeait également à excommunier Henri, la sœur du roi, Adèle de Blois, eut à Bec une entrevue avec le saint évêque (juillet 1105). Il y fut convenu qu'en Angleterre ni roi ni quelque autre laïc ne donnerait l'investiture par la crosse et Tanneau ; mais que relu ferait, avant sa consécration, son serment de
1. Hefele, y, 309-210. — 2. Sur le chemin de Bari (1098) Urbain U octroya à Roger de Sicile le privilège (cf. Mukatori, Her. Italie» script,, V, 601-603; Jaffé, 1, n. 6562) qui fut appelé plus tard Monarchia Sicufa et qui fut peu à peu agrandi par l'arbitraire des princes de Sicile. Au lieu d'exécuter ce qu'ordonnaient les légats, les princes s^arrogérent hardiment les droits de l'Église; tandis que le privilège n'avait été octroyé qu'à Roger et à ses fils, sa postérité la plus reculée voulut en jouir encore. Pie IX abrogea le privilège et mit fin à la lutte (1864). — Jungmann, Dissertationes, t. V, p. 43 ss.