‹ Manuel d'histoire ecclésiastique;Chapitre 128 sur 205 · LES PARTIS ITALIENS ET LE SCHISME D'ANAGLËT · texte numérisé non relu

LES PARTIS ITALIENS ET LE SCHISME D'ANAGLËT

vassal au roi*. Henri, tout en regrettant plus tard de ne pas avoir gardé l'investiture, demeura fidèle au traité de Bec, qui fut confirmé *, dès le retour d'Anselme, à la diète de Londres (1107). L'amitié entre Henri V' et Anselme devint si intime, que ce dernier fut chargé de gouverner le royaume en l'absence du roi.

S 91. — Les papes dans leur lutte contre le schisme d*Anaclet et les partis italiens. Dixième concile général (1139) 3.

1^ Après la mort de Calixte et de Henri V, la tiare aussi bien que la couronne devinrent l'objet d'une lutte ardente. Le parti des Frangipani était en opposition avec les cardinaux. Le candidat de ces derniers se retira et Lambert d'Ostie fut unanimement élu : Honorias II (1124-1130). En Allemagne, Lothaire III monta sur le trône, après quelque opposition de Frédéric de Souabe. Le parti ecclésiastique extrême tâchait d'amener le roi de Rome à conférer l'investiture par le sceptre après le sacre, à exiger seulement le serment de fidélité à l'exclusion du serment de vassalité, et à renoncer à l'assistance à l'élection. Il n'est guère probable que Lothaire ait fait, lors de son élévation au trône, quelque concession à ce sujet *. Il est certain qu'il ne renonça pas aux privilèges du concordat de Worms ; bien au contraire il avait peine à s'en contenter*. Honorius II mourut en 1130.

2^ A l'élection suivante,' le schisme, jadis déjà imminent, éclata. A l'élu légitime, Innocent II (1130-1143), le parti moins ecclésiastique opposa l'antipape Anaclet II.

1. p. L., CLXIII, 183 8. —2. Mànsi, XX, 1058, 11S8 S. — Cf. surtout Ordé- Ric Vital, Hist. EccU (P. L., CLXXXVni), VIH,8; IX, 2-3; X, 12-14. — 3. Duchesse, Ltô. Pont.y n, p. 379-387.— Watterich, ViU R. Pont., H, p. 157-321. — Jaffé, Reg,, 1, 823 ss. ; II, 1 ss. — Hûhlbàchsr, Die streitige Papstwahl des Jahres 1130, Inspruck, 1876. — Sainati, Vita del b. Eugenio III, Monza, 1874. — Hadck, Kirchengesch. DeutichL, IV, p. 108-184. — 4. La Narratio de electione Lotharii le prétend, mais ne mérite pas confiance. — Pertz, Xll, p. 511. — 5. Hefele, V, 388.

Innocent, n'étant pas en sûreté à Rome, s'enfuit en France, où saint Bernard fît une enquête sur la légitimité de l'élection, et se prononça en faveur d'Innocent au synode d'Étampes (1130). Tous les évêques le suivirent, peu à peu aussi la France et l'Angleterre. En Allemagne, un concile se réunit à Würtzbourg, où saint Norbert prit la parole en faveur d'Innocent. Anaclet fut condamné et se vit abandonné par tous les pays, sauf rÉcosse, la basse Italie et la Sicile ^ En 1131, Innocent eut une entrevue avec Lothaire à Liège. Le pape désirait retourner à la ville éternelle sous la conduite de l'empereur. Lothaire le lui promit. En octobre 1131, Innocent II reçut à Reims les hommages de presque toute l'Europe, et, de la part de l'empereur, le renouvellement de sa promesse. Accompagné de saint Bernard, le pape continua sa route, tint un concile à Plaisance, où Lothaire le rejoignit. Les Allemands s'emparèrent de Rome, tandis que l'antipape s'enfermait au château Saint-Ange. Le 4 juin 1133, Lothaire reçut la couronne impériale et la cession en fief des biens de Mathilde (-f- 1125) dont Henri V s'était emparé. L'antipape se maintint dans la cité léonine et s'appuya sur Roger de Sicile. Le schisme ne prit fin ni au second voyage de l'empereur à Rome (1136) ni à la mort d' Anaclet II {f 1138). Son successeur Victor IV se soumit cependant bientôt à Innocent IL II n'avait pas été donné à Lothaire (f 1137) de voir la fin du schisme.

3^ Durant le reste de sa vie, Innocent II eut à combattre surtout deux difficultés : l'arrogance de Roger et les menées révolutionnaires des Romains. Le dixième concile g-éiiéral de Latran (1139), convoqué pour extirper les restes du schisme et plusieurs autres erreurs ou abus, excommunia Roger, comme promoteur du schisme et spoliateur des biens ecclésiastiques^. Comme ce dernier ne s'en troublait point. Innocent II lui déclara la guerre, mais fut vaincu et fait prisonnier. La paix se ré-

1. Cf. Mansi, XXI, 43e;, 437 S.. 453 s., 473 et 479. — 2, Actes du ConcUc chez Mansi, XX, 523 ss.

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