‹ Manuel d'histoire ecclésiastique;Chapitre 135 sur 205 · LES DERNIERS PAPES DU XIIP SIÈCLE · texte numérisé non relu

LES DERNIERS PAPES DU XIIP SIÈCLE

pape aussi bien que la chute des Hohenstaufen avait déchiré Tempire et l'avait réduit à Fimpuissance. La force de la France, au contraire, avait toujours augmenté, de telle sorte que les papes furent amenés à chercher un appui chez les Français. La première des interventions de Charles d'Anjou fut pour le moins aussi cruelle et aussi arbitraire que celle des Allemands, Au lieu de secours elle apporta ruine et désolation. Poussé par le désespoir, on s'adressa de nouveau à l'Allemagne. Clément IV était mort le 29 novembre 1268. Le siège de Rome demeura vacant pendant deux ans et neuf mois ; enfin l'archidiacre de Liège, Théobald Visconti, fut élu : Grégoire X (1271-1276). Ce pape habile tâcha tout de suite de réconcilier en Italie les Guelfes et les Gibelins. A la mort de Richard de Cornouailles, il refusa la couronne impériale à Alphonse de Castille et engagea les princes allemands à procéder à une nouvelle élection *. Rodolphe de Habsbour§r (1273-1291) réunit tous les suffrages; le pape l'invita à se présenter pour le couronnement, mais les luttes et la confusion qui régnaient en Allemagne empêchèrent son voyage à Rome.

2^ Peu de temps après son élection, Grégoire X convoqua le XIV® concile général à Lyon (1274). Près de 500 évéques, les envoyés des princes et beaucoup de prélats y furent présents. Saint Thomas d'Aquin mourut en route à Fossanuova; saint Bonaventure, pendant le concile. Michel Paléologue, craignant après la chute de l'empire latin à Constantinople un nouvel assaut de l'Occident, y proposa l'union avec l'Église latine. L'acceptation du Filioque et de la primauté romaine fut faite sous serment. Cependant la haine du

1903. — Pawlicki, Papit Ronorius IV (Kirchengesch, Stud., t. ni), Munster, 4896. — Saint Pierre Célestin et ses premiers biographes. {Anal BolL, 1897). — ScHüLz, Peter v. Murrhone als P. Cölestin V, BerUn, 1894, !• p.; n« p. in Zeitschr, f. Kirchengesch,, 1896-1897. — Fimke, Dos Pariser Nationalkonzilvom Jahre 1290 {Rom, Quartalschr., 1895) ; Id.. Ati« den Tagen Boni^az VIII, Funde und Forschungen, Vorreformationsgesch, Forschungen, Munich, 1902. — (Boütaric, La France sous Philippe le Bel, Paris, 1861. — 1. Raynald, Annales, 1272, n. 89; 1273, n. 7s8.

clergé grec empêcha runion avec TOccident. Le canon II concernant l'élection du pape est célèbre : dans la ville où est mort le pape, les cardinaux se réuniront le dixième jour après le décès du pape, dans le palais de sa résidence, et n'attendront pas davantage la venue des autres cardinaux. Tous demeureront en commun dans une seule s«nlle \ que ne divise ni mur ni rideau, et seront absolument séparés du monde extérieur. Après les trois premiers jours on ne servira pendant les cinq jours suivants qu'un seul plat. Si après cela l'élection n'est pas encore faite, les cardinaux ne recevront dans la suite que du pain, du vin et de l'eau '. Ces dispositions et d'autres encore n'avaient d'autre but que d'accélérer l'élection et de prévenir une longue vacance du siège. Grégoire X eut beaucoup à souffrir de la conduite de Charles d'Anjou. Il l'avertit, le menaça même des jugements de Dieu. Le pape mourut en 1276 à Pérouse.

3<* Les papes suivants Innocent V, Adrien V et Jean XXI ^ ne régnèrent, à eux trois, qu'une année et demie (1276-1277). Le premier fit les préparatifs d'une croisade et s'efforça de réconcilier les Guelfes et les Gibelins ; le dernier supprima le IP canon du concile précédent, relatif à l'élection du pape. Après lui vint Nicolas III (1277-1280). Il gouverna avec sagesse et énergie, mais fut accusé de népotisme. Il n'existe pas de preuves suffisantes pour décider si l'accusation est fondée -•. Il exigea des Grecs l'introduction du Filioque dans le Symbole et enleva à Charles d'Anjou la dignité de sénateur romain qui lui fut bientôt rendue par Martin T\ (1281-1285). Ce dernier pape, français lui-même, avait été élu par les cardinaux français; il subit l'influence de Charles d'Anjou et confia le gouvernement des Etats

1. Conclave : ce mot signifia plus tard (a réunion même des cardinaux. — 2. Mansi, XXIV, 37 ss. — Hefele, vi, i03 ss., cap. Ut periculum de ElecL in Sexto (i, 6). — 3. H n'y a pas de Jean XX. La cause en est que Jean XY fut compté deux fois. Ddchesne, Lih, Pontif,^ 42S7, note 4. — 4 . Pour Rome et le Patrimoine de saint Pierre, les temps avaient été très difficiles. Le pape nomma cinq de ses parents à de hautes dignités, probablement parce qu'il pouvait compter sur eux.

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