SAINT JEAN ET LES AUTRES APOTRES
symbole de Babylone. Et à bon droit, car Babylone près de TEuphrate était alors déserte selon Pline et Strabon ; et la Babylone d'Egypte était une simple forteresse. Saint Pierre parle donc d'une façon figurée et appelle Rome une Babylone à cause de sa grande corruption, comme le fera d'ailleurs saint Jean dans l'Apocalypse ^
é) Les anciens monuments témoignent aussi de la présence de saint Pierre à Rome : les tombes apostoliques sur le mont Vatican*, le célèbre médaillon de bronze découvert dans le cimetière de Domitilla, la Cathedra Pétri dans le cimetière dePriscilla, tout nous rappelle le séjour et l'épiscopat de saint Pierre à Rome'.
f) S'il est certain que saint Pierre a fondé l'Église à Rome, l'a gouvernée et y a subi le martyre de la croix, nous devons reconnaître que nous ignorons la durée de sa présence en cette ville. La tradition compte 25 ans, de 42 à 67 ^. Mais on peut difficilement admettre un séjour continu puisque l'Apôtre dut visiter entre temps Jérusalem et l'Asie Mineure. La tradition fixe la date de son martyre au 29 juin 67. Les contemporains ne nous renseignent pas là-dessus. Denysde Corinthe dit seulement que Pierre et Paul sont morts dans le même temps. Origènefixe « sous Néron », c'est-à-dire pendant la première persécution, du 19 juin 64 au 9 juin 68. La Chro^ nique d'Eusèbe nomme seule l'année 67, tandis que saint Jérôme^ donne l'année 68^.
S 5 — Saint Jean et les autres Apôtres 7. lo La tradition nous rapporte que les Apôtres, fidèles
1. Apoc,^ xviï, 5; XVIII, î. — 2. Dr. A. de Waal, Die Apostelgruft ad Catacumbas.Röm. Quar talschrift, Suppl. ni (1894). —3. Cf. F. X. Khaos, Oesch, derc/irtaW.iTuna^I, p. 193.— WiLPERT, Die Malerden der Katakomben Roms, p. 112-113 ; Atlas, pi. 93, 94. — Marucchi, Di un antico battistero recenlemente tcoperto nel cimitero apostolico di Priscilla e delta sua importanza storica, Nuovo Bull., 4901-1902. — 4. Catalogus Lib. de Tan 354; S. Jérôme, Chronic. et De viris illustr., cap. i. — 6. De vir. illustr.^ cap. i. — 6. Cf. au contraire Harnack, Das Todesjahr des Petrus und Paulus, Chronologie, p. «40 88., surtout note 1, p. 243. — 7. EusÈBE, Hts/oria Ecclesiastica, libri
au commandement exprès du Seigneur, restèrent à Jérusalem douze ans après la Résurrection, jusqu'à Tan 42, Cette tradition n'est pas à dédaigner, elle s'appuie sur le témoignage du Kerygma Pétri \ d'Apollonius ^ et des Acta Pétri cum Simone^, Cela n'empêchait pas les apôtres d'aller prêcher la Foi en Judée et ailleurs, mais ils revenaient entre temps à Jérusalem. En faveur de cette même tradition témoigne aussi ce fait que saint Pierre, après sa délivrance miraculeuse de la prison, est dit « partir pour un autre endroit » , comme si l'auteur des Actes voulait indiquer que saint Pierre, vers l'an 42, quitta définitivement Jérusalem.
2° L'apôtre Jcan^ était le disciple que Jésus aimait, celui auquel il confia sa Mère. On ne nous dit pas quand saint Jean quitta définitivement Jérusalem. Il y était certainement encore en 51, lors du premier Concile. Il est non moins certain qu'il ne quitta pas Marie. Mais relativement à la résidence de Marie et de Jean, il existe une double tradition : d'après l'une, la Mère de Jésus serait restée à Jérusalem jusqu'à sa mort^; d'après l'autre, elle serait allée demeurer à Éphèse avec saint Jean et y serait morte *^. « Une très ancienne et vraie tradition » dit
decem, éd. Laehher. — DÖllingcr, Christenthum und Kirche^ p. 113 ss. — Th. Zahn, Forschungen zur Gesch.'des neutest. Kanons und der altchristlichen LiteratuVy VI, 1900. — Fouard, Saint Jean et la fin de Vâge apostolique, Paris, 4904. -— Fillion, Saint Jean VÈvangéliste, sa vie et ses écrits, Paris, 1907. — Calmes, L'Évangile selon S. Jean, Paris, 1904. — De la Bboise, La Sainte Vierge, 2 éd., Paris, 1904. — Neubert, Marie dans la Théologie ixnténicéenne, Paris, 1908. — L. Dcchesne, Les anciens recueils de légendes apostoliques, 3« congrès scient, internat, des Catholiques, Bruxelles, 1895. 1. Clem. d'Alex., Strom., VI, 5, 43. — 2. Eus., V, 18, 14. — 3. Ed. Lipsids, p. 49. — 4. Selon toute vraisemblance, un autre Jean le Presbytre (Eüsèbe, ni, 26 et III, 40) n*a jamais existé. Cf. Zahn, Forschungen zur Gesch. des neutestamentlischen Kanons, Leipzig, 1900, t. VI, p. 141 ss. — Rev. d^hist. ecclés., t. 1, 1900. — Labocsse, La Revue Apologétique, juin et août 1907. — Harnack, Gesch, der altchristl. Lit, Die Chronologie. — 6. Cette opinion est de beaucoup la plus vraisemblable. — Nirschl, Dos Grab der H. Junfrau Maria, Mayence, 1896; Das Haus und das Grab der H, Jungfrau, Mayence, 1900. — Tu. Zaur, Die Dormitio Sanctae Virginis und das Haus des J. Markus, N. K. z., Leipzig, 1899, etc. —6. Anonyme, Panaghia-Capouli ou Maison de la Sainte Vierge près d^Éphèse, Paris-Poitiers, 1896. — M. Gabrielovich, Éphèse ou Jérusalem, tombeau de la S, Vierge, Paris-Poitiers, 1897.