‹ Manuel d'histoire ecclésiastique;Chapitre 15 sur 205 · Actes, XX, 3; xxi · texte numérisé non relu

Actes, XX, 3; xxi

d'une rançon. Portius Festus lui ayant succédé, l'apôtre Paul en appela au tribunal de César et fut conduit à Rome *.

6^ Première captivité de saint Paul à Rome. Après une navigation très pénible et un hivernage à Malte où TApôtre fit un grand nombre de miracles, il arriva à Rome au printemps de 61. Les chrétiens de la capitale vinrent à sa rencontre jusqu'aux Trois^ Tavernes. 11 resta captif en son logis pendant deux ans et travailla entre temps avec zèle à la diffusion de l'Évangile. Il avait avec lui, Luc, Timothée, Tychique, Marc, Démas et deux codétenus de Macédoine, Aristarque et Epaphras. C'est là que saint Paul écrivit ses Épîtres à Pitilémon, aux Golossiens et aux Êpliésiens. En 63, il fut jeté en prison et, peu avant sa délivrance, il composa la Lettre aux Pliilippiens ^.

7^ Derniers travaux et mort de saint Paul. C'est aux environs d'avril 63 que Paul gagna son procès et fut mis en liberté. Il entreprit sans doute encore un grand voyage apostolique et visita l'Espagne, la Grèce etl'Asie. Pendant ce voyage parut probablement en 63 ou 64 l'Épître aux Hébreux, attribuée quant à la forme à Apollon, quant au fond à Paul. Certainement avant la fin de 66 Paul se trouva de nouveau captif à Rome, par suite de la première persécution de Néron. Alors il écrivit l'Epître à Tite et les deux Lettres à Timotliée. Cette captivité prit fin en été 67 : il mourut frappé du glaive, comme citoyen romain '.

8^ Portrait de saint Paul. Parmi tous les personnages du Nouveau Testament, c'est saint Paul qui nous est le mieux connu; nous sommes renseignés par les récits de son disciple Luc dans les Actes, et aussi par les Épîtres^ où l'Apôtre se dépeint à souhait. Il semble avoir été d'un extérieur médiocre. « Ses lettres, reconnaissent ses adversaires de Corinthe, sont sévères et fortes ; mais présent en personne, il est faible et sa parole est mépri-

1. Actes^ XXI, 26; xxv, 42. — 2. Actes, xxr, 12; xxviii, 31. — 3. Belser, Einleitung, p. 573 ss., 593 ss.

sable ^.» Les Lycaonîens prirent Barnabe poar Jupiter et Paul pour Mercure à cause de Texiguïté de sa taille 2. Paul semble avoir senti lui-même son manque d'éloquence puisqu'il écrit aux Corinthiens qu'il a été auprès d'eux « dans un état de faiblesse, de crainte et de grand tremblement' ».

Mais dans ce corps chétif habitaient un esprit puissant, un zèle ardent et inlassable, un courage indéfectible. Malade et faible de corps, il porta dans un vase fragile * le trésor à lui confié ; il pouvait se glorifier de sa propre faiblesse, car il était fort en Dieu. Il posséda l'Esprit de Dieu, le Christ parla par sa bouche, et lui parla dans le Christ, la force du Seigneur demeurait en lui : il en était très assuré, car le Christ lui-même lui en avait donné la certitude. Quatre fois, le Seigneur lui apparut^; une fois même Paul fut ravi jusqu'au troisième ciel**. Toujours la force du Christ demeura en lui; elle le soutint sans cesse dans le dénuement, dans le mépris, dans les angoisses, dans les persécutions'^. Cette assistance particulière et ce soutien intime lui étaient bien nécessaires. Car dix ans avant sa mort (57 environ) il avait été déjà flagSlé cinq fois par les Juifs, trois fois battu de verges par les Romains, lapidé à Lystre et laissé pour mort, sept fois jeté dans les fers. Il fit naufrage trois fois et resta sur les flots un jour et une nuit ballotté sur une épave®. Au milieu de ces travaux et de ces souffrances, il fut toujours poussé par une charité sans cesse grandissante pour le Christ. Crucifié au monde, il se livra tout entier au Christ. Son esprit riche et fertile, son talent puissant furent comme transfigurés dans son amour enflammé. Cette passion fut la force motrice de son immense apostolat, dans lequel il se fit tout à tous, pour les gagner tous à Jésus-Christ ^,

9^ Au sujet de la deuxième captivité de Paul à

t. II Cor.j X, 40. — 2. Actes, xiv, 41. — 3. 1 Cor,, n, 3. — 4. Il Cor,, iv, 7. — 6. Actes, xvin, 40 ; xxiii, 44 ; xxvii, 33. — 6. II Cor., xii, 4-4. — 7. n Cor., xn, 40. — 8. II Cor,, xi, 24-45. — 9. II Cor., ix, 24, 25. — Dollinger, Christenthum und Kirche, p. 80 ss.

Rome et de son voyagre en Espag'ne^ les historiens catholiques avaient autrefois à lutter contre les protestants. Aujourd'hui cependant une étude plus approfondie ramène ces derniers à un autre sentiment. Spitta^, Steinmetz^ et Harnack* ont admis déjà la deuxième captivité de Paul. Et avec raison, car :

«. La première captivité à Rome finit au printemps 63 et la persécution de Néron commença seulement après rincendie de Rome, 19 juillet 64. Alors même qu'on place la mort de saint Paul dès Tan 64 (ce que nous n'admettons pas), il serait impossible d'attribuer la fin de la première captivité à la persécution de Néron.

b. Les lettres écrites durant la première captivité à Philémon, aux Colossiens, aux Éphésiens, aux Philippiens ne mentionnent nullement que l'Apôtre fût alors en danger immédiat de mort^. Les lettres pastorales écrites à Timothée et à Tite durant la deuxième captivité indiquent au contraire que l'Apôtre marche au-devant de la mort^.

c. Clément de Rome"^ écrit que Paul est allé jusqu'au terme de l'Occident et fut martyrisé ensuite. Or Clément qui écrivait à Rome ne peut vouloir désigner ainsi cette ville. De même les écrivains anciens appellent l'Espagne le terme de l'Occident ou l'extrême Occident^. Or ce voyage en Espagne, unanimement admis par la tradition, ne peut être placé qu'après la première captivité. Aussi le Fragment de Muratori parle-t-il de « profectio Pauli ab urbe ad Spaniam proficiscentis ».

d. Eusèbe dit que Paul après avoir recouvré une première fois sa liberté à Rome entreprit un nouveau voyage, puis fut mis à mort à Rome®.

e. Les Actes apocryphes de Pierre et de Paul qui da-

1. Harîîack, Chronologie, p. 239, — Belser, Einleitung, p. 556 ss. -- 2. ZurGesch, und Literatur des Urchristentums, Gfittingue, 1893, p. 3-108. — 3. Die römische Gefangen schaft des Apostels Paulus, Leipzig , 1897. — 4. Chronologie, l. c— 5. Philémon, v, 22; Colos., iv, 23; Eph., vi, 23; PhiL, 1, 19-20; II, 23-24. — 6. H Tim., iv, 16-18; Tit., 1, 5; m, 12.— 7. Ad Cor,, 5. — - 8. Strabom, II, 1. — Philostrate, Vita Apoll., \, 4. — Appieh, Bell, Gtv., V, 64.— Vell. PATEnc, I, 2. — 9. HisL EccL, II, 24.

tent du II* siècle mentionnent, tout à fait indépendamment, et la deuxième captivité de Paul et son voyage en Espagne*.

/". La tradition ancienne est entièrement unanime à affirmer la délivrance de Paul après sa première captivité et son martyre après la seconde : et ceci bien indépendamment de la deuxième lettre à Timothée^.

Quand on examine sérieusement toutes ces preuves, on doit tenir pour certains le voyage de saint Paul en Espagne et sa double captivité à Rome.

S 4. — Saint Pierre; ses travaux et sa mort^.

Saint Pierre était originaire de Galilée. Dès le premier instant de sa vocation, il fut destiné à devenir le chef des Apôtres. Jésus changea son nom de Simon en celui de Pierre (Céphas). Partout il se tint auprès de son Maître et jouit de son entière confiance. A chaque énumération des douze apôtres, Pierre est le premier, et toujours il se présente comme leur porte-parole.

Il reçut de Jésus trois grands privilèges : Pierre est le roc sur lequel TEglise est construite, roc si solide que les puissances de l'enfer ne prévaudront point contre elle ; il a reçu les clefs et avec elles le pouvoir de gouverner l'Église ; enfin il est le pasteur du troupeau entier. Son rôle important dans la communauté de Jérusalem a été déjà mentionné. Après sa délivrance miraculeuse de la

1. Actus Pétri cum Simone^ éd. Lipsius, Leipzig, 1891, p. 55. — Passio S. Pauli, ibidem, p. 23; cf. p. 105. — 2. Il Tim.<, iv, 16-20. Sur le voyage de S. Paul en Espagne cf. Dom Leclercq, L'Espagne chrétienne ^ Paris, 1906, ' p. 26-29. —Bibl. Zeitschr., liK)5, p. 371 ss. — Tu. Zahn, Expositor, 1907, p. 456 ss. — F. X. PÖLZL, Der Weltapostel Paulus^ Kalisbonne, 1905. — 3. C. FouARD, Les origines de l'Église» Saint Pierre et les premières années du christianisme, 9« éd., Paris, 1905. — W. M. Taylor, Peter the Apostle^ New éd., by Bdrnet and Isbister, Londres, 4900. —w. Esser, Des H, Petrus Aufenthalt, Episcopat und Tod in Rom^ Breslau, 1899. — HARriACK, Gesch. der altchr. Lit., H, 1 ss. — Chronologie, p. 240 ss. — De Smedt, Dissertationessel. inprim. aet, hist. eccL, Gand, 1876, p. 1-48. — Le Cxmvs, L'Œuvre des Apôtres, Paris, 1905. — Fillion, Saint Pierre, 2« éd., Paris, 1906.

prison, il partit « pour un autre endroit ^ », et nous ne le rencontrons plus jusqu'au concile de Jérusalem.

Pierre était sans doute parti pour Rome et y sera resté jusqu'au bannissement des Juifs par l'empereur Claude. Il présida certainement la communauté des Judéo-chrétiens à Antioche, où nous le retrouvons encore après le premier concile. Il semble d'après sa première lettre qu'il ait demeuré dans le Pont et en d'autres provinces de l'Asie Mineure et probablement aussi à Çorinthe. Mais toutefoig la gloire de saint Pierre était l'Église de Rome. Déjà sous Claude, comme le rapporte Eusèbe^ sur le témoignage de Clément d'Alexandrie et de Papias, il avait prêché l'évangile dans la capitale du monde romain. Clément de Rome * et saint Ignace d' Antioche * insinuent et saint Irénée^ affirme également que saint Pierre a fondé l'Église de Rome. En l'an 64 probablement, ou à la fin de 63, saint Pierre écrivit de Rome* sa première Lettre aux communautés d'Asie Mineure, et pendant la première moitié de 67, sa seconde. Dans le cours de la même année, il fut crucifié pour le Christ à Rome; selon Origène', la tête en bas. La chronologie des dernières années de saint Pierre est incertaine, quelques-uns placent son martyre en 64.

2^ Portrait de saint Pierre. Le choix de saint Pierre comme chef des Apôtres suffirait, à lui seul, pour prouver l'excellence de son caractère et la valeur desa personnalité ; mais les saintes Écritures nous fournissent encore d'abondantes données. Pierre était ardent, impétueux, courageux, décidé et en même temps de caractère généreux ® ; son influence se fit sentir sur tous les Apôtres et ses qualités le désignaient comme leur chef naturel ou comme le centre autour duquel tous se réunissaient aux moments importants ^. Pierre se révélait aussi comme une nature des plus pratiques. Nous le savons par ses Épîtres ainsi

1. Actes, XII, n ; xv, 7 Bs. — 2. Hist. EccL, II, 44-15. — 3. Cor., v, 44, 47. — 4. Ad Rom,, IV. — 6. Adv. Haer., III, 3, 3. — 6. 1 Pétri, y, 13. ~ 7. Eos., Hist. Eeel.y 111,1. — 8. S. Marc, xiv, 31, 47; cf. S. Mattu., xxvi, 33, M. — 9. S. Luc, XXIV, 34 ; S. Jeam, xxj, 3 ; vi, 69-70 ; S. Matth., xxvi, 35.

que par ses discours rapportés dans les Actes. L'idée s'y trouve forte, imagée, vive et fraîche; des antithèses marquées ajoutent un puissant relief à sa démonstration. Ce caractère fut encore ennobli par un amour ardent pour Jésus * , par une humilité profonde ^ et un zèle dévorant pour l'extension de l'Église nouvellement fondée : il l'implanta dans là ville éternelle dont il fut le premier évêque et qu'il glorifia de son sang.

S"" Petriidsme etPaalinisme. Il nous faut réfuter cette fable inventée par l'école de Tubingue , au sujet de la prétendue opposition doctrinale entre saint Pierre et saint Paul :

a) Par l'estime réciproque des deux apôtres *, estime qui serait inexplicable sans leur accord dans la foi, vu leur juste intolérance doctrinale ''. De même que Paul estime Pierre et les autres apôtres ^, ainsi Pierre estime Paul, comme son cher compagnon de labeur * ; — b) par l'accord de leur doctrine que nous trouvons dans leurs discours des Actes et dans leurs épîtres; — c) les Apôtres ne mentionnent nullement deux Eglises (celle des circoncis et celle des incirconcis) mais au contraire prêchent toujours une seule église, un seul peuple de Dieu symbolisé par un seul olivier ^; de même la tradition ne sait absolument rien d'un tel désaccord. En l'an 150 environ, Hégésippe visita plusieurs évêques et trouva chez tous ime doctrine identique ^. Irénée et les autres Pères célèbrent justement cette unité régnant dès le principe dans la doctrine de l'Église ® ; — d)la. divergence entre judéoetpagano-chrétiens consistait simplement en ce que les premiers, tant que Jérusalem subsista, observaient la loi mosaïque, tandis que les derniers ne le faisaient pas. D'ailleurs l'apostolat auprès des Juifs et auprès des païens n'était ni complètement ni universellement distinct : Pierre convertit le premier païen. Corneille, et le reçut

1. s. Jean., vi, 69 ; xxi, 7; S. Luc, xxii, 80. — 2. S. Luc, v, 8. — 3. Ad Gof., II, 9. — 4. Ibid.y I, 8. — 5. 1 Cor., xv, 7-9; II Cor., vin, 23; xi, 22 s.

— 6. Il Pelr., m, 45 s. — 7. Rom., xi, 24. -, 8. Eus., Hist» Eccl., lY, 30.

— 9. Eus., l, c, V, 8.

dans l'Église, il convertit aussi plus tard d'autres païens par ses épîtres et par sa parole ; de même Paul travailla de son côté à la conversion des Juifs, quoique son ministère fût de préférence auprès des gentils. Il se fit Juif auprès des Juifs et sut se faire tout à tous \

4° Séjour de saint Pierre à Rome. Saint Pierre a demeuré à Rome et y a fondé l'Église. Aucune contestation ne s'était élevée là-dessus jusqu'au xiv* siècle. Marsile de Padouequi, dans la lutte entre le pape Jean XXII et Louis de Bavière, épousa la cause de ce dernier et écrivit pour lui le Defensor Pacis^^ivX le premier à révoquer le fait en doute. Les Luthériens et les Calvinistes reprirent l'opinion de Marsile et transformèrent son doute en négation. Ainsi firent F. Spanheim ^, Baur de Tubingue, Lipsius, Winer, Zeiler et d'autres rationalistes.

Mais les défenseurs de la tradition ont été nombreux, de tout temps. On les compte même chez les protestants de marque comme Cave, Pearson, Hugues de Groot, Usser, Blondel, Basnage. On reconnaît généralement aujourd'hui que c'est au parti pris qu'ont obéi les adversaires de l'ancienne tradition, « C'était par polémique de parti que certains protestants ont voulu nier, à la suite de quelque ennemi de la Papauté au moyen âge, que Pierre soit venu à Rome*. » Non moins fort est le témoignage de Harnack : « Le martyre de Pierre à Rome a été contesté par suite de préjugés de tendance protestante d'abord, de tendance critique ensuite. Dans les deux cas, l'erreur a contribué à l'acquisition d'importantes vérités historiques et ainsi a rendu service. Mais que ce fût une erreur, c'est manifeste aujourd'hui pour tout chercheur qui ne s'aveugle pas. Tout l'appareil critique avec lequel Baur a combattu l'ancienne tradition est aujourd'hui à bon droit tenu pour nul^. »

1. 1 Cor.y IX, 20. Cf. Hergenrôther-Kirsch, Handbuch der allgem. Kirchengesch., I, 87, n. 1. — 2. Dictione U, Cap. xvi. Cf. Goldast, Monarchia, 1. 1(, Francfort, 1654, p. 243. — 3, De fktaprofectione Pétri in urbem Romam, etc., t. II, éd. Leyde, 1703, p. 331 ss. — 4. Ainsi le prot. Gieseler, Lehrb. der Kirchengesch.f 2* éd., 1, 89. — 6. Gesch, der altchr. Lit., ChronologiCt II, i,

p. 244, n. 2. — Cf. FILUON, U C, p. 190 SS.

Le séjour de Pierre à Rome se prouve par le témoignage des écrivains ecclésiastiques des trois premiers siècles qui affirment expressément que saint Pierre a été évêque à Rome, qu'il y est mort et qu'il y a été enseveli.

a) Témoigrnagres du IIP siècle. Saint Cyprien, évoque de Carthage(-j- 258), parle à plusieurs reprises du siège de saint Pierre à Rome : ex. gr. « Corneille est devenu évêque... lorsque la place fut laissée libre par Fabien, place qui est celle de Pierre, siège sacerdotal * . » Les Philosophumena attribués à saint Hippoly te (•f-235env.) rapportent que Simon le Magicien vint à Rome, y séduisit beaucoup de monde par ses prodiges, mais trouva en Pierre un puissant adversaire 2. Versla même époque, Fauteur des Libri adversus Artemonis haeresim appelle saint Pierre évêque de Rome : « Victor, dit-il, est depuis Pierre le treizième évêque de Rome^. » Caius qui vint à Rome sous le pape Zéphirin (198-217) se glorifie contre le montaniste Proclus d'avoir vu à Rome le tombeau des Apôtres : « Ego vero apostolorum tropaea possum ostendere. Nam sive in Vaticanum, sive ad Ostiensem viam pergere liquet, occurrent tibi tropaea eorum, qui ecclesiam illam fundaverunt''. » Vers Tan 200, Tertullien parle à diverses reprises du martyre de saint Pierre à Rome : 0 Orientem fidem Romse primus Nero cruentavit. Tune Petrus ab altero cingitur, cum cruci adstringitur ^ » . « Habes Romam... ubijPe/rttspassionidominicaeadaequatur^, » Origène nous dit que Pierre, au moment d'être martyrisé à Rome, demanda et obtint d'être crucifié la tête en bas : a Qui ad extremum Romam venions, cruci suffîxus est capite deorsum démisse ; sic enim ut in cruce coUocaretur oraverat"^ ».

b) Témoig^nag^es dû II® siècle. Clément d'Alexandrie (150-215) rapporte que Marc écrivit sur la demandedes fidèles l'Évangile prêché à Rome par Pierre. Les pa»

1. Epist. m (al. 55) Ad Antonianum, n. 8, P. L., XIII, 417. — 2. Phil, VI, 20 : • Cui multum Petrus aversatys est ». — 3. Eus., Hist, Eccl., V, 32. — 4. EusÈBE, H, E.i 11,28. — 6. Scorpiace, cap. xv. — 6. Depraescript., cap. xxxvi.- -7.EUSÈBE, H,E,, 111,1.

rôles de saint Irénée (190 environ) sont magnifiques : après avoir témoigné plusieurs fois que l'Église de Rome fut fondée par Pierre et Paul, il ajoute que, à cause de cela, Rome surtout possède la tradition des Apôtres, elle surpasse toutes les autres Églises, et à cause de cette primauté puissante toutes les Églises, c'est-à-dire tous les fidèles doivent s'adresser à cette Église grâce à la-* quelle tous les fidèles du monde ont conservé la tradition apostolique *. Denys de Corinthe rappelle au pape Soter vers Pan 170 que Rome et Corinthe doivent leur foi à Pierre et à Paul 2. Ce qui ne peut pas signifier que le premier fondateur soit saint Paul, car, dans sa lettre aux Romains, celui-ci fait déjà mention d'une Église florissante à Rome, au moment où il n'y a encore jamais été.

c) Les deux témoignages suivants peuvent être dits contemporains. Saint Ignace, évéque d'Antioche au I®' siècle, écrit aux Romains : « Je ne vous commande pas comme Pierre et PauP »• Dans sa lettre aux Corinthiens, Clément de Rome décrit les suites fâcheuses de la haine et de l'envie et dît que Pierre et Paul ont beaucoup souffert de cette haine funeste. Saint Clément ne nomme pas expressément l'endroit de Içur martyre, mais cela revient au même, puisque, demeurant et écrivant à Rome, il ajoute : « Près de ces saints hommes s'est adjointe une grande multitude d'élus qui ont souffert beaucoup de peines et de tourments provenant de la haine (des ennemis) et ont laissé parmi nous un éclatant exemple* ». ^ ^

d) La Sainte Écriture elle-même nous apprend que saint Pierre était à Rome et |[u'il y écrivit sa première ilipître : « Salutat vos ecclesia^ quae est in Babylone coelecta et Marcus filius meus^ ». Autrefois les protestants niaient que Babylone désignât ici la ville de Rome. Mais beaucoup déposent aujourd'hui ce préjugé. Zahn^, Harnack et d'autres encore reconnaissent Rome sous le

1. Adv. Baer., III, 1 ; 111,3; P. G., VII, 844 et 848. — 2. Eos., Hist. Eccl,, II, 28. — 3. Ad Rom,, cap. iv. — 4. 1 Pétri, \, 13.— 6. Einleitung in das N. T., II, 17. — 6. Chronologie, II, i, p. 4Ö3.

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