‹ Manuel d'histoire ecclésiastique;Chapitre 19 sur 205 · EXTENSION DU CHRISTIANISME · texte numérisé non relu

EXTENSION DU CHRISTIANISME

l'Eglise-mère des pagano-chrétiens, nous trouvons Tyr, Sidon, et Ptolémaïs, qui aux environs de Tan 40 possédaient déjà des communautés chrétiennes. Pella, au delà ^u Jourdain, avait une communauté qui s'était beaucoup fortifiée en servant de refuge aux chrétiens échappés à la ruine de Jérusalem. Tarse en Cilicie était la patrie de saint Paul, elle fat une de ses premières conquêtes. A Salamine et à Paphos, en l'île de Chypre, à Perga en Pamphylie, à Antioche en Pisidie, à Iconium, à Lystre et Derbé en Lycaonie, saint Paul fonda dès son premier voyage des communautés chrétiennes. Plus tard que de communautés inconnues se formèrent en Galatie et en Cappadoce ! Éphèse, Colosse, Laodicée et Hiérapolis en Phrygie étaient des chrétientés florissantes. Smyrne, Pergame, Sardes, Philadelphie et Thyatire sont mentionnées dans V Apocalypse. Saint Paul fonda ensuite Troas, Philippes etBérée en Macédoine, Athènes, capitale de la Grèce, la communauté célèbre de Corinthe et près de là Cenchrées. La Crète était le diocèse de Tite. Rome était déjà entre 40 et 50 une communauté chrétienne ; de même pour Pouzzoles. Saint Paul apporta l'Évangile en Espagne; il dut, selon les usages de la navigation d'alors, passer par Marseille. L'Église d'Alexandrie, plus tard si célèbre, fut fondée par saint Marc. Dans le Pont et dans la Bithynie, habitaient un grand nombre de chrétiens, surtout dans cette dernière province, puisque Pline parle « d'un grand nombre de tout âge, de tout sexe et de tout rang » qui demeuraient non seulement dans les villes, mais dans les bourgs et les villages ^ . La ville d'Amise avait probablement sa communauté, de même Magnésie et Tralies. Crescens prêcha selon toute apparence en Gaule^,

1. Ep. X, 97. — 2. n Tim., iv, 10. — On hésite entre les deux leçons. eî; FaXX^av et TaXaTtav. Même cette dernière peut encore s'entendre <Je la Gaule, ainsi que le fait S. Epiphane, Haeres., 51. Un siècle plus tard S. IRÉNÉE {Adv. Haer.f 1, 10) pourra citer « la foi traditionnelle des Églises établies dans la Germanie, en Espagne, parmi les Celtes... » Vers la même époque Tertdllien {Adv. Judaeos, VHI) invoque l'exemple des Gétules, des Maures, de l'Espagne, des Gaules, des contrées bretonnes inaccessibles aux Romains, tous gagnés au Christ. L'argument d'induction prouverait

et Tite en Dalmatie. Saint Paul * parle des fidèles d'Italie ; mais, outre ceux de Pouzzoles et Rome, y en avait-il d'autres, ceci n'est pas certain. Lucques, Pise, Milan, Ravenne et Aquilée défendent leurs martyrs qui ont souffert sous Néron. Que TÉvangile fût professé dans quelques autres villes célèbres dont parlent les Actes, cela n'est pas suffisamment prouvé. Il faut en dire autant de Pompei, car les fouilles n'ont encore apporté que des preuves douteuses. Quoi qu'il en soit des détails, la parole du Maître se répandit dans l'univers « comme l'éclair part de rOrient et se montre jusqu'en Occident ^ ».

3«> On peut dire que la propagation de l'Évangile fut vraiment miraculeuse 3. Déjà au i" siècle, il s'était introduit jusqu'à l'Asie Mineure, la Grèce, l'Italie, l'Espagne, les côtes méridionales de la Gaule. En Italie et en Bithynie, on avait déjà subi la haine des empereurs. Sous Néron, Domitien et Trajan, le sang de beaucoup de martyrs avait déjà coulé. Tacite parle d'une « Multitudo ingens » et les expressions de Pline sont encore plus fortes. Depuis des années déjà la Cour impériale avait ses chrétiens et ses martyrs; ils avaient pénétré même la famille des Flaviens.

seul que le Christian Urne a pénétré le sud-est de la Gaule dès le premier siècle. Mais il est impossible de dire quels sièges épiscopaux furent alors établis, en l'absence d'aucun document. -— Cf. Duchesne, Hist, anc, de VÉglise, Paris, 1906, I, 253 ss. — 1. ild Hebr,, xiii, 24. — 2. S. Matth., XXIV, 27. — 3. J. Rivière, La propagation du Christianisme dans les trois premiers siècleSf Paris, 1907.

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