FORMATION ET ENTRETIEN DES CLERCS
comme saint Justin à Rome qui eut Tatîen pour élève, Tertullien en Afrique et saint Irénée qui instruisit Caïus et Hippolyte. La plupart de ces docteurs, et même beaucoup d'évêques, avaient apporté du paganisme la philosophie et d'autres connaissances, mais depuis la seconde moitié du ii^ siècle, des éeoles chrétiennes commencèrent à fleurir à Alexandrie, Rome, Ântioche, Side en Pamphylie, Edesse et Nisibe en Mésopotamie et Jérusalem en Palestine ^ Il est difficile de préciser la formation requise pour les divers ordres ecclésiastiques; assurément, il était de règle que nul ne pût parvenir aux degrés supérieurs, sans avoir fait preuve de capacité dans les rangs inférieurs.
3^ Sans aucun doute, pendant longtemps les Évéques et autres ecclésiastiques pourvurent eux-mêmes à leur entretien, surtout dans les petites communautés. Il va de soi que, la Loi ancienne ^ exerçant son influence, les fidèles prêtèrent bientôt leur concours : oblations, prémices et dîmes ^. Ceci était conforme avec la parole du Seigneur : « L'ouvrier mérite son salaire *. » A la fin du 11^ siècle, plusieurs Eglises distribuaient chaque mois au clergé les dons des fidèles ^ ; en d'autres communautés se trouvent déjà des fonds ecclésiastiques considérables provenant de subsides volontaires, et mis en sûreté sous la garde des collegia funeratlcîa; les évêques trouvaient là des ressources pour soutenir leur clergé. Néanmoins souvent ces secours ne suffirent pas, puisque le clergé dut parfois se livrer à l'agriculture ou au commerce, et même avec une ardeur blâmée par saint Cyprien et le concile d'Elvire *. Un synode tenu à Carthage, avant 250, défendit d'accepter par testament la tutelle des enfants et de trop s'occuper des intérêts matériels ^.
1. Sur Alexandrie et Antioche, cf. infra, S 9St,Z;%M,i, — 2. Lév.^ xxvii, 30 ss. ; Nomb,y xviii, 22 ss. ; Deutéronome, xiv, 22 ss. — 3. Didachè, c. xiii ; Didascalie syriaqv^t c. vin. —4. S. Matth., x, 10; S. Luc, x, 7. — Cf. I Cor,, xiir, 14;.I Tim,, v, 17. — 6. S. Irén., Adv. Haeres., IV, 18, 2; — Orig., In Prov.y 3, 9; — S. Cyprien, Ep, 1,1; Ep, 39, 5. — 6. De lapsis^ c. U, canoij 19. ~ 7. Befele, Hist. des Conciles, t. I, p. 105.
8i PREMIERE ÉPOQUE. — PREMIÈRE PÉRIODE.
4® Bien qu'il soit impossible de citer une ordination apostolique au sujet du célibat ^ on constate néanmoins dans rÉglise, dès le temps des Apôtres, une tendance vers la parfaite continence des clercs^. Ceci était fondé non seulement sur les paroles des Éi^angiles et les Épî-' tres des Apôtres 3, mais encore sur l'ineffable dignité et la grandeur du sacerdoce chrétien. Le prêtre juif devait garder la continence pendant son service au temple ; bien supérieur doit lui être le prêtre chrétien qui offre TAgneau sans tache. Il n'était cependant pas facile d'obtenir de tous cette parfaite continence : dans les premiers temps, on devait prendre les clercs parmi les gens mariés, le célibat étant chez les Juifs et chez les païens une condition méprisée ; il devenait difficile de trouver parmi les célibataires des sujets réunissant les qualités voulues pour l'état ecclésiastique. Dans l'empire romain, les lois Julia et Poppaea étaient portées contre le célibat.
Déjà l'apôtre saint Paul marquait une première étape vers ce but, en excluant de l'état ecclésiastique les biga» mes*. De même on interdit bientôt à ceux qui avaient reçu les ordres majeurs de contracter mariage, sous peine de suspense de leur office. L'évêque saint Paphnuce, au concile de Nicée (314), appelait cela « l'ancienne tradition de l'Église* ».
Le concile d'Ancyre fait ici une exception : si un diacre, au moment de son élection, déclare ne pouvoir garder le célibat et se marie dans la suite ; il peut continuer son ministère, parce queTévêque, au moment de son élection, l'a permis ainsi. Si au contraire le diacre, gardant le silence et s'engageant au célibat par sa consécra*
1. FuNK, Abhandlungen und Untermchungen, I, 121 ss. — E. Va- CANDÂRD, art. Célibat ecclésiaètique dans le Dict, de ThéoU Cath, — Dû- CHESME, Hist. anc, de l'Église, I, p. 531 ss — 2. 6. Bickell, Der Cölibat, eine Apostolische Anordnung, Zeitschr. fur kath, Theol.j années 1878- 1879. — 3. S. Matth., XIX, 10 ss. ; I Cor,, vu, 32 ss. — 4. l Tim., iii, 2; Tit,, I, 6 : Unius uxoris vir. L'apôtre exclut ici ceux qui se sont remariés après un premier Teuvage. — 6. Hefele, Hist, des ConcileSy l, 431. —Cf. Const. Ap.f VI, 17. — Syn. Neocaes., can. 1. — Socrate, Hist. Eccl., I, xi. — Sozo- MÈNE, I, xxui. — Cf. Noël Alexandre, Hist, EccLy t. IV, dist. XIX, p. 389 as.