‹ Manuel d'histoire ecclésiastique;Chapitre 41 sur 205 · I. Le plus génial est sans aucun doute Tertnlllen · texte numérisé non relu

I. Le plus génial est sans aucun doute Tertnlllen

1. p. G., XVIII, i sa. — Cf. PiTRA, Analecta sacra, t. in. — 2. P. G., XVH, 021-790; X, 1548-1058.— 3. Bardenhewer, Gesch, der altk. Lit., II, 651 88. — 4. A. KROYUA^df, Tertulliani opera. Gorp. script, eccles., t. XLVII, Vienne, 1906. — Ed. Reipferscheid, Vienne, 1890. — Nöldbcben, Tertullian, Golba, «890. — P. L., I-II. — E. Freppel, Tertullien, « vol., Paris, 1865. — H. Leclercq, L'Afrique chrétienne, «• éd., Paris, 1904, 1. 1, p. 1*3 88.— Monceaux, Hist. litt. de V Afrique chrétienne, t. I, Paris, 190«. — TuRMEL, Tertullien, Paris, 4906. — Le meillear est àdbémar d'Alès, La Théologie de Tertullien, Paris, 1906. — De Labriolle a publié le texte latin

LES ÉCRIVAINS BGGLÊSIASTIQUES. 151

Né à Carthage (160 env.), muni d'une grande science juridique, il se convertit au christianisme à 35 ans, et devint un de ses plus puissants défenseurs. Vers 207 il se montra Montaniste dans ses écrits \ Ses principaux ouvrages sont Ad nationes et Apologeticus qui tous deux défendent la religion chrétienne et ses adhérents.

Parmi les écrits polémiques excellent : De praescrip^ tione haereticorum; Adversus Marcionem; Ad^ersus Praxeaniy De Pudicitia, De Poenitentia. Nous omettons un grand nombre d'autres ouvrages. TertuUien est instruit, riche en idées, sentencieux, éloquent, mais son style est dur et difficile, énigmatique, forcé, aucun écrivain latin n*exige autant d'étude. Son grand esprit manque de mesure et de calme. C'est ainsi qu'un homme, doué du talent le plus éclatant, finit en sectaire aigri, chef d'un petit groupe de fanatiques ignorants. Par là il a nui grandement à son autorité ^.

II. Nul ne fut plus lu au iii« et au iv^ siècle que saln( Gyprten ^. Il appelait Tertullien son maître. Né dans le paganisme en 200 environ, devenu rhéteur célèbre à Carthage, il entra dans l'Église et trois ans après seulement (249) fut élu évéque de cette ville. Il était plus homme de pratique et de foi que de théorie et de spéculation.

Son plus célèbre ouvrage est le De cathoUcae ecclesiae unitate. Il faut encore citer ses très beaux livres : De lapsis et De mortalitate, sa précieuse collection de 81 lettres, sans compter beaucoup d'autres écrits. S'il s'appuie souvent, quant au fond, sur Tertullien, il s'en éloigne pour la langue et le style. Saint Cyprien est un

avec traduction française de Tertullien : De Poenitentia, De Pudicitia Paris, ld06;DePrae8criptione haereticorum^ Paris, 190T.— Cf. Baroenhewer, 1, 310-33f .

1. Le premier est Adv. Marcionem^ I, «9. — 2. P. Z.., MI. — S. JÉRÔME, De vir,, c. 53 et passim. — S. Hilairb, Comm. in Matth,.^ v, i. — Vrac. DE LÉRiNS, Common,, c. tk. — 3. Ed. Hartel, Vienne, 1868-1871. — L. Nblke, Die Chronologie der Correipondenz Cyprians, Thorn, 1903. — Cf. H. V. SODEN, in Texte und Unters, (1904), N. F., X, 3. — Monceaux, Hist, litt. de VAfr, Chrét.^ t. II : saint Cyprien et $on temps,, Paris, 1902. —

BaROENHEWER, I, 333-380.

parfait styliste, éloquent, clair, facile et agréable. Son onction et sa chaleur sont louées par tous.

III. Pour ne pas «éparerles deux précédents, le maître et rélève, nous avons renvoyé ici Minucias Félix quoiqu^il vienne chronologiquement tout de suite après, et même selon beaucoup, avant TertuUien. Si Tertullien est vraiment dépendant de Minucius Félix, alors le célèbre Octanus de cedernier aurait été composé sous Commode (180 environ) ^ Cette apologie est la meilleure de l'antiquité pour la méthode et le style.

Sous forme de dialogue, Fauteur réfute toutes les calomnies des païens et justifie brillamment la Religion chrétienne. Le style est riche, vivant et saisissant, sans passion et cependant plein de verve et de chaleur *. Minicius Félix était avocat à Rome. Toute tentative pour dater postérieurement V Octaaf ius est avortée.

IV. Environ un siècle plus tard, parut une nouvelle apologie latine, les sept Hvres Adi^ersus nationes d'Arnobe. n était rhéteur en Afrique et converti depuis peu, lorsqu'il édita son écrit polémique.

Ceci ressort des idées religieuses confuses de l'auteur. L'ouvrage est autant une apologie du Christianisme (lib. I-II) qu'une réfutation du paganisme (lib. III-VII) ; il fut écrit en 305 environ. Sa doctrine n'est pas sûre; le style, irrégulier et enflé; la démonstration, peu claire'.

Y. Son élève Lactance acquit plus de gloire. Né en Afrique, il était déjà connu pour son talent sous Dioclé-

1. Cf. VOctarsius avec V ApologèticuSj c. 28, 6 avec c. 7; c. il, 9 avec c. H; c. 21, ♦ avec c. 10; c. 9, 28 avec c. 16; c. 6, 25 avec c. 24-2S. — Ces passages, ainsi que beaucoup d'autres, semblent revendiquer la priorité en faveur de Minucius FAlix. — Bardenhewer, I, 302-310. — 2. P. L., III. — Bien meilleure esti'éditioD de Waltzing, Louvain, 1903; cf. celle de Boe- NiG, Leipzig, 1903. — Duchesne, Hist, anc, de l'Eglise, I, p. 388 ss. — 3. P. L., V;— Bd Rbifferscheio, Vienne, 1891. — Cf. Tixeront, La théologie anténtcéenne, p. 441 ss. — Bardenhbwer, I, 360-364.

tien et fut désigné par Tempereur comme rhéteur latin à Nicomédie. Il perdit cet emploi à la suite de Tédit du 24 février 303. Saint Jérôme dit qu'il fut le précepteur du prince Crispus *. Sa vie ultérieure n'est pas suffisamment connue. L'ouvrage Divinae institutiones parut vers 305-

Le De mortibus persecutorum, dont on peut difficilement lui refuser la paternité, parut plus tard. Lactance écrivit encore beaucoup d'autres ouvrages de moindre importance. Si comme écrivain il eut assez de valeur pour être appelé dans l'antiquité le Cicéron chrétien, comme théologien il a peu d'autorité ^.

YI. Nommons encore Commodieni ^ qui écrivit probablement en faveur du symbole de Nicée et selon quelquesuns appartenait à l'école d'Afrique. De lui nous avons un Carmen Apologeticum et des Instructiones, La forme poétique et la doctrine n'en sont pas sans reproche. Le premier ouvrage surtout sent le monarchianisme.

Saint Vlctorin de Pettau est connu pour ses Commentaires sur l'Écriture sainte, qui sont presque complètement perdus, sauf l'interprétation de l'Apocalypse.

1. De vir, illust,, c. 80. — Pichon, Lactance, Paris, 1901. •— Monceaux, Histoire litt, de l'Afrique Chrétienne^ t. III-IV : cTArnobe à Victorin, Paris, 1906. ~ 2. Freppel, Commodien, Arnobe, Lactance^ Paris, 1893. — P. L., YI-YII. — Bardinhewer, I, 364-374. — DccHESNE, Hi%t. anc, de V Église, II, p. 5"^ ss. — 3. Cf. G. BoissiER, Commodien, Paris, 1886. — Tixerort, l. c, p. 450. — Baroenhewer, 1, 353-389. — G. Bareille, art. Commodien^ dans le Dict. de Théol. cath.

DEUXIEME PERIODE

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