‹ Manuel d'histoire ecclésiastique;Chapitre 42 sur 205 · EXTENSION DE L*ÉGLISE CHEZ LES DIFFERENTS PEUPLES · texte numérisé non relu

EXTENSION DE L*ÉGLISE CHEZ LES DIFFERENTS PEUPLES

S 23. — L'ÉgUse et l'Empire Romain K

i® Immense fut l'impression que Tédit de Milan produisit sur Tesprit des Chrétiens. Des 1.600 évêchés * qui existaient alors, ou à peu près, s'éleva un cri d'allégresse ; tout l'empire romain en fut ému. La chrétienté put se glorifier à cette date d'être libre, non seulement comme société ecclésiastique, mais aussi comme société civile. Sortant des catacombes, elle put paraître au plein jour et mettre la main à l'œuvre pour construire et réparer les églises et s'organiser librement d'après ses lois ^. Elle reçut l'aide de l'empereur Constantin

1 . GusÈBE, Vila Constantini ; Hist. EccU,\, S ss. — SociUTEf Hist. EccL, MIL —Sozoutw^Hist. EccLflibA-y,-- Codex Theodosianus,— Victor Schültze, Geschichte des Untergangei des griechisch-römischen Heidentums, t. I-ll, léna, 1887-1891. — Gaston Boissier, La fin du paganisme, t. MI, Paris, 1891. — P. Allaro, Le christianisme et Vempire Romain de Néron à Théodose, 3* éd., Paris, 1898. — Schiller, Geschichte der rômischen Kaiserzeit, t. II : Von Diokletian bis zum Tode TheodosiiM' des Grossen, Gotha, 1887. -- A. DE Brogue, L* ^glise et Vempire romain au IV siècle, t. I-IV, Paris, 18li6^6. — DocHESNE, Bistoire ancienne de VÉglise, t. II, Paris, 1907. -- Bedghot, Hist. du Paganisme en Occident, s vol., Paris, 183S. — 2. Harnack, Mission und Ausbreitung des Christentums, p. 687-638.-3. eusèbe, B, £., IX, il ; X, 3-4.

qui travailla immédiatement à délivrer l'empire de la tyrannie qui y avait régné trop longtemps et à conduire insensiblement les païens à embrasser la seule vraie religion ^ Le clergé fut exempt de tous les emplois municipaux (313, 319, 320)^ et l'Église fut reconnue comme société civile avec le droit d'hériter (321).

En Orient Licinins au contraire commença en 316 à persécuter les chrétiens, il interdit les cérémonies religieuses à Vintérieur de la {fille, il se mêla directement aux questions ecclésiastiques et punit même les délinquants du bannissement, de la prison ou de la peine de mort. Parmi les victimes il faut compter quelques évoques et surtout les quarante martyrs de Sébaste ^. Une vraie guerre de religion * éclata entre Constantin et Licinius, le premier, champion du christianisme, le second, défenseur du paganisme. Licinius fut battu près d'Andrinople et de Byzance, en 323, il y perdit sa couronne et fut mis à mort Tannée suivante en punition de ses intrigues. Constantin resta seul maître de l'empire à la grande joie de l'Église d'Orient.

En 324, il publia deux édits : le premier rappela les exilés, ouvrit les prisons et rendit aux confesseurs de la foi, avec leur liberté perdue, leurs biens et leurs dignités. Les soldats chrétiens purent rentrer dans l'armée ou jouir chez eux d'une retraite honorable {honesta dî^ missio) ; les biens laissés par les martyrs revinrent à leurs parents, ou, par défaut d'héritiers naturels, aux Églises. Celles-ci recouvrèrent également les biens dont elles avaient été dépouillées. Chacun fut rétabli dans la situation où l'avait trouvé la persécution. Dans le second édit, l'empereur se déclarait chrétien, attribuait au secours d'en haut ses victoires sur les empereurs païens, exprimait son désir de voir tous ses sujets embrasser la vraie foi, sans cependant y contraindre personne; il accorda à des chrétiens les places les plus honorables de l'État;

1. EusÈBE, Vita ConsL, II, 65.-2. Edsàbe, X, 7 : ne (clerici) a cultu summae divinitati debito abstrahaotur. — 3. Eus., H. £., X, 8.— 4.Eüs.,£r. £., X, 9; Vita Const,, II, 5.

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