HÉRÉSIES. — SCHISMES. — ISLAM
S 27. — Vue d'ensemble 1.
1** Quoique le monde se fût peu à peu converti et eût abandonné le paganisme, il ne se débarrassa pas pour cela tout de suite de tous les préjugés païens fortement enracinés. Plusieurs croyaient à tort pouvoir comprendre et expliquer les mystères de la foi par les lumières naturelles de la raison. Surtout on ne put que difficilement se défaire de la doctrine platonicienne et néo-platonicienne du Logos et par suite on abaissa Jésus-Christ d'une manière sacrilège à une sorte d'Éon ou démiurge. Il existe une grande connexion entre les erreurs de la première et de la seconde période et même dans cette dernière les erreurs s'engendrent l'une l'autre.
L'ancienne erreur des Novatiens survit dans le Donatisme ; le Manichéisme, dans le Priscillianisme ; tandis que les anciennes querelles au sujet d'Origène reprennent une nouvelle ardeur. Mais Arius fit le plus grand mal en niant de nouveau la divinité du Christ et, par cette erreur impie, fut la source d'un grand nombre d'hérésies.
Arius nia l'unité substantielle du Fils avec le Père et fit du Verbe une simple créature : TArianisme fut condamné à Nicée en 325 ; quelques-uns tempérèrent cette monstrueuse erreur 'et furent appelés semi-ariens; d'au-
1. ScHWANE, HisL des Dogmes^ trad. fir. parA.DEGERT, Paris, 1903 ss.— He- PKLE, Hist, des Conciles^ t. Mil. — Turmel, Hist. de la ThéoL positive, t. I, !• éd., Paris, 4904.
tres étendirent cette même erreur au Saint-Esprit : ce sont les Macédoniens condamnés à Constantinople en 381 ; d'autres tombèrent dans l'erreur opposée et réduisirent le Père et le Fils à une seule et même personne : on les appela Photiniens.
A peine les évêques avaient-ils condamné àNicée les négateurs de la divinité du Christ, que des erreurs surgirent au sujet du mode d'union des deux natures, divine et humaine. Les orthodoxes s'en tinrent à l'enseignement traditionnel et confessèrent dans le Christ une dualité de natures avec unité de personne ; les autres nièrent la dualité de natures ou admirent une double personnalité. Dans la première voie s'engagea Apollinaire qui remplaça l'âme humaine du Christ par le Logos et mutila de la sorte la nature humaine; Nestorius suivit la seconde voie, nia l'union substantielle des deux natures et en conséquence distingua une personne humaine et une personne divine dans le Christ. Le Nestorianisme fut condamné à Éphèse en 431. Eutychès combattit d'une manière inconsidérée la doctrine de Nestorius et tomba dans l'hérésie contraire : il admit une seule nature dans le Christ parce que, selon lui, la nature humaine fut absorbée par la nature divine : le Monophysisme fut dénoncé comme hérésie à Chalcédoine en 451. De cette erreur découla plus tard le monothélisme, qui ne reconnaît qu'une seule volonté dans le Christ; il fut condamné à Constantinople en 680.
En même temps se répandit en Occident le Pélagianisme, erreur qui n'attaque pas directement l'Incarnation du Fils de Dieu, mais qui, rendant inutile la Rédemption de l'humanité, sape par la base le grand mystère de notre Religion. Si le genre humain n'est pas tombé, si la faute d'Adam n'a pas atteint sa descendance, si l'homme par sa propre force est capable d'obtenir la plus haute perfection, la grâce de Dieu et le bonheur éternel, alors il était inutile que le Verbe éternel descendît du ciel sur la terre pour nous racheter. Pelage nia le péché originel, la nécessité de la grâce et en même temps la gratuité de ce don. Il attribua à la libre volonté de l'homme le