‹ Manuel d'histoire ecclésiastique;Chapitre 51 sur 205 · VUE D'ENSEMBLE · texte numérisé non relu

VUE D'ENSEMBLE

pouvoir d'éviter dès cette vie tout péché et toute inclination déréglée. Son système, condamné à Éphèse (431), survécut sous forme atténuée. Le semi-pélagianisme fut condamné à Orange en 529.

2o La lutte des hérésies orientales qui dura plus de trois siècles aurait été moins violente, si, dès le iv' siècle, n'avaient déjà existé les raisons qui amenèrent fatalement plus tard le schisme d'Orient. Ces causes sont nombreuses, mais peuvent être ramenées aux deux chefs suivants :

a. Césaropaplsme des empereurs byzantins. Byzance, la nouvelle Rome, ne voulait pas être inférieure en puissance et en éclat à l'ancienne ; elle espéra même la surpasser. Cette ambition, ajoutée à l'idée païenne profondément enracinée de la suprématie de l'État, fit de l'empereur le pape de l'Orient : Imperator sum et sacerdos. 11 déposa les évêques, les remplaça, exerça une vraie tyrannie sur les conciles, fit des lois ecclésiastiques et même imposa des formules de foi. « Ma volonté sera loi de l'Église », disait Constance en 355 à Milan *. En persécutant les orthodoxes, en tyrannisant le pape Libère et les membres du concile, en prescrivant des formules dogmatiques, il fit un tort considérable à l'Église et a déshonoré sa mémoire. Nous passons sous silence ungrand nombre de moindres faits. L'empereur Valens déposa les évêques, exila saint Âthanase et employa la force dans les affaires de l'Église. Arcadius, pieux par ailleurs, exila saint Chrysostome; Théodose II, lui aussi, déposa des évêques sans avoir pris conseil de Rome. Zenon força les évêques de maintenir le décret dogmatique YHenoticon, favorable au monophysisme et qui renferme la condamnation suivante : « Quiconque juge ou a jugé autrement, soit à Chalcédoine soit ailleurs, est anathème ». L'empereur Basilisque prescrivit VEn^ cyclicon et peu après VAnti^Encyclicon. Chacun sait que Justinien a condamné deux fois les Trois-Chapitres,

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