‹ Manuel d'histoire ecclésiastique;Chapitre 68 sur 205 · LES CONCILES · texte numérisé non relu

LES CONCILES

dire^ les conciles œcuméniques nommés plus haut avaient été convoqués par les empereurs, mais la participation des légats romains prouvait l'assentiment des Papes. Supposé qu'en ces temps-là, l'intervention des empereurs ne fût pas nécessaire, elle était du moins extrêmement utile : le service de poste était mis à la disposition des évéques et on pourvoyait à leur entretien pendant la durée du concile. Il eût été difficile, sinon même impossible, de réunir une telle assemblée sans l'appui des empereurs ; ceux-ci de leur côté s'y prêtaient sans peine, sachant bien que souvent un concile pouvait ramener dans l'empire l'ordre et la paix. Certains d'entre eux allèrent même jusqu'à revendiquer le droit de convoquer les conciles; contre quoi ni les conciles, ni les Papes ne pouvaient alors protester, car il eût été difficile de se passer <iu seco^irs de l'empereur. A Byzance, pas plus qu'ailleurs, on ne semble avoir pensé que ce prétendu droit fût un privilège accordé par les Papes.

5^ La confirmation papale est absolument nécessaire pour que les décisions conciliaires soient d'une validité générale; on en était tellement convaincu, que les hérétiques eux-mêmes cherchaient à obtenir cette confirmation pour leurs canons ; c'est pourquoi les Pères de Chalcédoine demandent la confirmation de leur vingthuitième canon, disant : Nous vous donnons notification de ce que nous avons fait, aussi bien pour nous justifier que pour sauvegarder et confirmer ce que nous avons conclu ^ .

C'est pourquoi le Pape Gélase P"" pouvait écrire : « Totum in sedis apostolicae positum est potestate. Itaque quod firmavit in synodo (se. Chalced.) sedes apostolica, hoc robur obtinuit, quod refutavit, habere non potuit firmitatem, et sola rescindit, quod praeter ordinem congregatie synodica putaverit usurpandum ^. »

Quelquefois la décision prise par un concile fut celle

tt* Maî«8I,.YI, c. 456. — 2. FüSK, AbhandU und Untersuch,^ 1, 109-1 iO.

qui lui avait été apportée par les légats des Papes ^ ; une confirmation ultérieure devenait superflue. On ne peut prouver que les Papes aient, après coup, approuvé expressément le concile de Nicée ; la confirmation actuellement existante n'est pas authentique ; mais il ressort de toute l'antiquité chrétienne que ce premier concile œcuménique a été confirmé.

6^ Les canons des conciles étaient soigneusement conservés ; on ne saurait cependant affirmer qu'il y en ait eu une collection dans chaque église episcopale. Le concile de Chalcédoine avait un recueil de canons à lui ; plus tjard, il s'en forma plusieurs autres, tels que ceux de Jean le Scholastique, de Denys le Petit, et celui d'Espagne,

S 46. — Le Patrimoine de saint Pierre ^«

1^ Le Patrimonium Pétri ou possessions' du saintsiège était d'une utilité inappréciable pour Tadministration de l'Eglise et le maintien de la dignité pontificale» Avant la fin des persécutions, les biens de l'Église ne pouvaient être considérables ; mais le premier empereur chrétien montra une libéralité vraiment princière^, avec laquelle voulut rivaliser la noblesse récemment convertie» Sous saint Grégoire le Grand, les biens ecclésiastiques avaient tellement augmenté, que le Pape pouvait être appelé le plus grand propriétaire territorial du monde : c'étaient des fermes, des terres en culture, des prairies^

1. Ainsi à Éphèse, à Chalcédoine et à Constantinople en 680. — Cf. Ue- FELE, Histoire des Conciles^ Introduction, en tenant compte de certainesannotations ajoutées par Dom Leclercq dans la trad. nouvelle, Paris, 1907. — 2. GuSABt E in Rundgang dürchdie Patrimonien des H. StuMes um dos Jahr 600, Zeitschr, fùrkath, Theol., 4877,321 ss., 536 ss. — Paul Fabre, Les colons de l'Église romaine au VI* siècle,Revue d'hist. et de littérature relig.„ 1806, p. 74 ss. — De patrimoniis Romanae ecclesiae usque ad aetatem Carolinorum, Lille, 1892. — DoisÉ, Les patrimoines de l'Eglise romaine au temps de S. Grégoire, Etudes, 3 juin 1904. — 3. Le Liber Pontificalis cepenikint donne une liste certainement beaucoup postérieure à celle qui exis- Cait au temps de S. Silvestre. Cf. éd. Duchesne, p. cxlv et 70-201.

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