LES CONCILES
rium dans la basse Italie ; on ignore s'il suivit la règle de saint Benoît, mais il est certain qu'il créa une bibliothèque et favorisa les études (538) . Les Bénédictins suivirent bientôt cet exemple et donnèrent le branle au puissant mouvement scientifique qui se produisit dans les cloîtres.
Peu de temps après, les difficultés survenues entre évêques et couvents amenèrent peu à peu Texemption. Les papes prirent les moines sous leur protection * . En Afrique ils soumirent tous les religieux au seul pri« mat de Carthage; en Italie et en Gaule, ils leur donnèrent beaucoup de liberté, et déclarèrent exemptes les abbayes de Corbie, Saint-Déodat et Saint-Martin. Ainsi protégé, Tordre bénédictin s'étendit toujours de plus en plus, de telle sorte qu'à la fin du vu® siècle, il n'y avait presque aucun monastère qui n'en dépendît.
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lo Depuis que l'Eglise jouissait de la liberté, le mouvement synodal s'était vigoureusement développé ; la cause en était dans la naissance des hérésies et aussi dans les prescriptions du cinquième canon de Nicée qui insistait pour que des synodes provinciaux eussent lieu chaque année avant le carême et en autonme. En Gaule on se borna dans la suite à un synode annuel. Outre les conciles provinciaux, on en tenait d'autres généraux
1. JàFFÉ, 2« éd., 1221, 1244, 1277, 1279, 1282, 1390, 1416, 1466, 1496, 1724 etc. — 2. Hefele, Histoire des Conciles^ t. Mil. — Blötzer, Der H, Stuh und die dkumen» Synoden^ in Zeitschr. f. kath. Theologie, 1886, p. 67 sa. — Dr. ScnMiD, Der Katholik, 1893, I, 318-337. — Dr. Höhler, Der Katholik 1803, I, 38-49, 112-130, 242-260, 385-397, 511-536. — FüHK, AbhandU und UfUersuehungen, I, Paderborn, 1897, p. 39-86 : Die Berufung der ôkumen Synoden des AUertums. — Cf. Tùlf, Quartalschr,, 1898, p. 891-396; Die pâpstliche Bestâtigung der achtersten allgemeinen Synoden, AbfutndL tmd Ünters.y I, 87-121. — Kreller, ZeiUchrift f, kath. Theologie, 1903-1904 ; 1906-1997. Au contraire Yxmfi, AhhandLund Unters., t. III, Paderborn, 190" p. 143 sa., 406 ss., à quoi Kneller répond Zeitschr, f, kath. TheoL, 1908, Ifasc.
OU œcuméniques, patriarcaux, nationaux, primatiaux et diocésains. Ces derniers furent seulement possibles quand les paroisses, et par suite les curés furent devenus vraiment nombreux.
2* Les évêques seuls avaient droit de voter; et, seuls, ils signaient les actes; s'il arriva, comme à Constant!nople en 448, qu'un simple assistant vint à signer, sa signature montre bien qu'il n'avait pas droit de vote ; en effet, les évêques écrivaient opfoaç ôiréYpa^'ot et les autres OiréYpottj^a. Néanmoins de simples prêtres ou diacres avaient parfois une grande influence sur le cours des délibérations, ainsi Origène à Bostra en 244, Malchus à Ântioche (269) et saint Âthanase à Nicée (325). Les laïques ne devaient pas élever la voix dansles discussions conciliaires.
3* On peut déjà compter six conciles œcuméniques : celui de Nicée (325) contre l'Arianisme ; celui de Cons'^ tantinople (381) contre Macédonius; celui d'Éphèse (431) contre Nestorius; celui de Chalcédoine (451) contre les Monophysites, le second de Constantlnople (553) contre les Trois-Chapitres, le troisième de Constantinople (680) contre les Monothélites. Le premier et le second de Constantinople étaient, dans le principe, conciles généraux seulement pour l'Orient; mais l'adhésion du pape et de l'Occident^ les rendit œcuméniques. Ceux de Sardique (343) et d'Éphèse (449) au contraire furent réunis comme conciles œcuméniques, mais ne purent cependant obtenir l'approbation nécessaire pour le devenir. Dans ces six conciles œcuméniques, les évêques d'Orient étaient seuls nombreux; ceux d'Occident au contraire n'y assistèrent qu'en petit nombre. Toujours aussi les légats du pape se rendirent à ces conciles, présidèrent en son nom et signèrent en premier lieu. L'empereur maintenait l'ordre extérieur, avait souvent quelque influence sur les délibérations, mais non sur les décisions; bien qu'il les confirmât ordinairement, en y apposant le sceau impérial.
4^ Le droit de convoquer un concile œcuménique appartenait exclusivement au pape ; s'il y mettait oppo- «lion, le concile devenait un conciliabule illégal. A vrai