QUESTIONS SUR DE GRANDES PÉRIODES LITTÉRAIRES
Etendue de la période — Principaux écrivains, poète rosateurs, orateurs ; indication de leurs ouvrages les plus D tronc 2 ro (Résumé.)
Siècle de Périclès.
Le siècle de Périclès est une de ces époques glorienses où la Providence semble avoir dispensé à pleines mains les dons les plus rares. À tous les points de vue, cette période présente une série de faits et de noms dont il y a peu d'exemples dans l'histoire. Succès éclatants au dehors, liberté féconde au dedans, tous les iravaux de la civilisation Fete par des génies de premier ordre : toutes ces merveilles d'art, de science, de littérature, accomplies dans l’espace de deux siècles,
r une petite nation et en grande partie la seule ville
"Athènes : quelle époque ! et quel digne objet de nos études !
Le siècle de Péricks s'étend depuis la moitié du
VIe siècle avant l’ère chrétienne jusqu’au règne d’A-
lexandre vers 336.
L Poètes.
C'est surtout dans la tragédie, la comédie et l'ode que la poésie grecque a brillé pendant le siècle de Périclès.
Tragédie.
Tuespis est considéré/comme l'inventeur de la tragé-
die ; aucune de ses œuvres ne nous est parve- nue.
Esouyce fut véritablement le créateur de la tragédie. 1] nous reste de lui sept pièces ; les plus remarquables sont : Prométhée enchaîné et les Choéphores.
SoPHOCLE a composé plus de cent pièces de théâtre, il nous en reste sept dont les plus parfaites sont : Œdipe roi, Antigone, Œdipe à Colonne, Philoctète.
EvuriPipe composa cent vingt pièces dramatiques. Il nous reste sous son nom dix-huit tragédies et un drame satyrique (1), le Cyclope, seul monument de ce genre que nous ait légué l'antiquité. Les meilleures tragédies d’'Euripide sont : Hécube, Médée, Iphigénie à Aulis.
Comédie.
PHÉRÉORATE écrivit des pièces comiques dont on ne connait que les titres.
ARISTOPHANE est le poète de la comédie ancienne ; il a composé de nombreuses pièces, il nous en reste onze dont les prineipales sont : Pluiys et les Nuées.
ANTrIPHANE est le meilleur poète de la comédie moyenne, ses ouvrages sont perdus.
MÉNaNDRE créa la comédie nouvelle, il composa de nombreuses pièces dont il ne reste que des fragments.
Poésie lyrique.
PINDaRE est le prince de la poésie lyrique. De tous
(1) Le drame satyrique terminait, par des scènes d'une gaîté quelquefois bouffonne, la représentation des tr es ; il faisait succéder le ‘ rire laterreur. Cette espèce de drame tire son nom des satyres qui composaient ordinairement le chœur.
les chants composés par cet illustre poète, il ne nous reste que les odes admirables connues sous les noms de Pythiques, Olympiques, Néméennes ét Zsthmiques, où il célèbre les vainqueurs des jeux de la Grèce.
ANACRÉON, inventeur du genre qui porte son nom, &
comyosé des odes pleines de grâce. Il ne nous
* reste de ce poète que quelques chansons, vrais modèles du genre léger et frivole.
ERINNE et CORINNE, femmes-poètes, composèrent des recueils célèbres dans l'antiquité. Il ne nous en reste que de courts fragments.
Poésie élégiaque.
SIMONIDE composa des chants plaintifs sur des sujets mythologiques. Son élégie de Danadé est un chef-d'œuvre.
L Prosateurs.
‘ Les hommes chantent d’abord, dit Châteaubriand (Etud. hist.), ils écrivent ensuite. ”” Cette remarque daus sa générali-
- té n’est pas d’une exactitude rigoureuse, mais elle s'applique
fort bien aux Grecs. Ce peuple vif et spirituel a commenté, en effet, par des chants magnifiques, tandis qu'il n’est arrivé que bien lentement aux ouvrages en prose. C’est que la prose a aussi des secrets, et que la belle prose suppose, plus que la poésie, une langue bien constituée.
Les prosateurs du siècle de Périclès furent surtout des historiens, des orateurs et des philosophes.
Histoire.
Héropore a été proclamé le père de l’histoire, mais ce titre revient de droit à Moïse. qui écrivit le
Pentateuque dix siècles avant la naissance de l'historien grec. L'œuvre qui a illustré le nom | d'Hérodote est son Histoire des peuples anciens et des guerres médiques ; elle est divisée en neuf livres à chacun desquels les Grecs ont donné lo nom de l’une des neuf Muses.
| Taucyive, le plus grand des historiens grecs, a com- Îl posé l'Histoire de la guerre du Péloponèse . en
huit livres.
| XÉéNorHoN, qui a mérité le surnom d'abeille « élique,
À nous a laiesé les Helléniques ou affaires de la Grèce, continuation de l’œuvre de Thucydide jusqu'à la bataille de Mantinée ; l'Anabase ou ]
la Zetraite des dix mille ; la Cyropédie ou
| éducation de Cyrus, qui est plutôt un roman | politique qu’une œuvre historique ; des Mémoi- | res sur Socrate, où Xénophon a recueilli les en- | | | seignements et veugé la mémoire de cet illustre
philosophe. 1 L Éloquence. |
| Péricès était considéré par les Athéniens comme le . premier des orateurs, l’antiquité ne nous a légué | aucune de ses harangues, mais les trois discours L que Thucydide met dans sa bouche sont dignes j dl hi: de la haute renommée de Périclès. | : Les dix orateurs attiques sont :
AnTIPHON dont il reste quinze plaidoyers ;
f ANDOCIDE qui nous a laissé quatre discours ayant une | certaine importance historique ;
une
Lysias dont il nous reste trente-trois discours appartenant au genre judiciaire et une oraison funèbre des Athéniens morts dans une bataille où commandait Iphicrate, harangue qui passe pour son chef-d'œuvre ;
IsocRATE qui fut le maître des grands orateurs de la Grèce et qui a laissé comme œuvres principales : le Panégyrique d'Athènes et le Discours à Démonique ;
Isée dont on possède onze discours 1ppartenant au genre judiciaire ; ‘
LyourGuE (l'orateur) dont les hara’:.ues sont perdues, > l'exception du discours contre Lé:crate ;
HyPÉRIDE qui est placé au troisième rang parmi les orateurs, après Démosthène et Eschine ; on ne possède aucun monument de son éloquence ;
Dinarque qui a laissé quatre discours dont l’un est dirigé contre Démosthène ;
ESsCOHixE, le plus célèbre des rivaux de Démosthène, dont il nous reste trois discours qui 8e rattachent à la lutte des deux orateurs ,
DÉMOSTHÈNE, le prince des orateurs, nous a laissé soixante et un discours et soixante-cinq exordes ou introductions. Ses chefs-d’œuvre sont : les Philippiques proprement dites, les Olynthiennes et le Discours sur la Couronne, le p'emier de tous les monuments de l'éloquence attique.
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Genrc didactique ou philosophique.
Hippocrate, le père de la médecine, a composé le célèbre ouvrage des Aphorismes et le Traité des aire, des eaux et des climats, qui est un chefd'œuvre. |
PLaros, le plus brillant des disciples de Socrate, a écrit des traités philosophiques sous forme de dialogues. Les plus remarquables sont : le Pliédon, le Criton, le Protagoras et le Gorgias, le Banquet, la République, \'Apologie de Socrate.
ARISTOTE a composé de nombreux ouvrages qui ne nous sont pas tous parvenus, mais ce qui en demeure atteste l’étonnante fécondité et l’étendue de son génie : l’Organon ou Logique, la Poëétique, la Rhétorique, la Politique, la Morale et la Métaphy-ique.
TuéopHeasTe doit surtout sa célébrité au livre des Caractères Moraux imité et surpassé par La Bruyère.
Siècle d’Auguste. .
Après plusieurs siècles d'essais giga heureux, la lan-
e latine était enfin parvenue au degré de perfection et + fixité qui permet au génie de se produire dans tout son éclat. De leur côté, les littérateurs romains avaient achevé de se former sur les écrivains de la Grèce ; ils les considéraient non plus seulement comme des modèles à imiter, mais comme des rivaux à surpasser ; enfin, les longues discordes civiles allaient céder à l’ascendant d’Auguste et le fondateur de l'empire était intéressé à protéger les travaux de la paix. C'est l’âge d'or de la littérature romaine, le siècle d'Auguste.
Le siècle d’Auguste s'étend depuis l'an 79 av. J.-C. jusqu’à l'an 14 ap. d.-C. REP
‘ __ PREMIÈRE CATÉGORIE il
L Poètes.
La poésie latine, durant le grand siècle, s’éleva à une haute perfection. Des hommes d'un talent supérieur cultivèrent avec le plus grand succès tous les genres excepté cependant le genre dramatique, Ils surent rester originaux tout en imitant les Grecs. -
Poésie épique.
VariuS; parmi ceux qui tentèrent l'épopée avant Virgile, Horace nomme avec éloges ce poète dont quelques vers seulement nous sont parvenus.
VIRGILE à écrit l’Enéide, en douze chants, qui lui donne, après Homère, le second rang parmi les poètes épiques.
Ovipe a composé les Métamorphoses, poème mythologique écrit sur le ton et dans la forme de l'épopée.
Poésie lyrique.
CATULLE à laissé plusieurs odes gracieuses, Horace, le prince des lyriques lafins, a composé quatre livres d’odes remarquables.
Poésie élégiaque (1).
CaruLus, outre ses odes, a laissé quelques élégiés.
TiBuzce a éerit quatre livres d'élégies que l’on considère comme les modèles du genre.
(1) Ce que les anciens appelaient élégie ne répond pas exactement à l'acception moderne de cette expression. L'élégie pour eux était un Laine oo 4 en ver s élégiaques destiné, du moins chez les Romains, À exprimer la joie et la douleur.
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PROPERCE est également auteur de quatre livres d’élégies.
Ovine a composé divers recueils d'élégies, entre autres : les Héroïdes, les Tristes, les Epîtres écrites du Pont (lieu de son exil), etc.
GazLus, ami de Virgile, a écrit plusieurs livres d’élégies dont il ne nous reste rien
Poésie didactique.
LucrëcE a exposé la doctrine absurde et impie d'Epicure dans son poème de la Nature des choses.
VIRGILE a composé les Géorgiques qui passent, à bon droit, pour le chef-d'œuvre de la poésie latine.
Horace a écrit l’Aré Poétique ou Epître aux Pisons, qui est un chef-d'œuvre.
Oving nous a laissé les Fastes et quelques autres compositions didactiques.
Poésie satirique.
HorAcE a composé deux livres de satires et deux livres d’épîtres, il est l'inventeur de ce dernier genre.
. Poésie pastorale.
VirGiLe a écrit les Bucoliques, comprenant dix églogues, dont les principales sont : Zityre, Poilion
et la Magicienne.
Poésie dramatique.
Le théâtre, sous Auguste, ne représenta guère que les Afimes, petites comédies d’ordre secon-
daire. La tragédie était abandonnée, les auteurs anciens citent cependant avec éloges deux pièces qui ne uous sont point parvenues : la Médée d'Ovide et le Thyeste de Varius.