‹ Manuel d'histoire littéraire [microforme]Chapitre 2 sur 95 · IL. Pro ateurs · texte numérisé non relu

IL. Pro ateurs

Les prossteurs du siècle d’Auguste sont des orateurs, des historiens et des philosophes.

Éloquence.

HorTENsius, illustre orateur que Cicéron seul put surpasser au barreau, a prononcé de nombreux discours dont aucun ne nous est parvenu.

Jues CÉsaR, au dire de Cicéron, “ possédait toutes les qualités de l’orateur ” ; ses discours ne nous ont pas été conservés.

CicéRON est le prince des orateurs romains. Ses œuvres oratoires se composent, pour l'éloquence pohtique : 1° du discours sur la loi Manilia ; 90 de trois discours sur la Loi agraire contre le tribun Servilius Rullus ; 3° des quatre Catilinaires ; 4° des ‘quatorze discours ou PAilippiques contre Antoine. Les autres discours de Cicéron, au nombre de trente-quatre, appartiennent au genre judiciaire ; les plus célèbres dans cette catégorie sont : le discours pro Roscio, les sept discours contre Verrès et le pro Milone, chef-d'œuvre du barreau romain.

Au tableau de l’éloquence romains du dernier âge de ls république, il convient de rattacher les diseours que Tite-Live et Salluste ont insérés dans leurs œuvres historiques. Il

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importe également de citer les noms de BruTus, de CATON et de CÉLIUS vi brillèrent par leurs talents oratoires et qui sont cités avec éloges par Cicéron.

Histoire.

Juces César a rédigé des Commentaires sur les guerres des Gaules et sur les guerres civiles.

SALLUSTE a laissé la Conjuration ‘de Catilina, la Guerre de Jugurtha et une Histoire romaine depuis Sylla jusqu’à la conjuration de Catilina ; il ne reste de ce dernier ouvrage que quelques discours du plus haut mérite oratoire.

Cornézius Népos a écrit les Vies des grands Capitaines, il a également composé des Annalez qui ne nous sont point parvenues.

Tire-Live a écrit une Hist.ire romaine en cent quarante livres, dont trente-cinq seulemént nous sont parvenus.

TroGuæPoMPÉE, contemporain de Tite-Live, a composé une Histoire universelle ; cet ouvrage ne nous est connu que par l’abrégé de Justin.

Genre didactique ou philosophique.

CicÉRON a composé dans ce genre 1° plusieurs traités de l’art oratoire dont les plus estimés sont : /'Orateur, Brutus et surtout les trois dialogues de l’Orateur ; 2° des ouvrages philosophiques parmi lesquels il faut citer les traités de la Hépublique, des Lois, des vrais Biens, de la Nature des dieux et des devoirs, de la Vieillesse et de l'Arnitié

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ainsi que les Tusculanes ; 3° des Lettres qui sont peut-être ce que le grand écrivain romain nous a légué de plus précieux.

Varron écrivii de nombreux ouvrages. Nous n'avons plus de lui qu’un {raité d'agriculture (de Re rustica), un ouvrage sur la langue latine (de Lingua latina) et quelques fragments de Satires Ménippées, mélange de prose et de vers, de philosophie, d’érudition et de satire proprement dite.

Littérature chrétienne au IV: siècle.

Pendant que la littérature romaine descendait jusqu’à la barbarie désignée par l’âge de fer, et que la littérature grecque se perdait de plus en plus dans les subtilités du néoplatonisme, un élément nouveau avait pénétré dans la société, un principe divin tendait à renouveler non-seulement la littérature, mais toute la civilisation. Ce renouvellement devait être d’autant plus profond qu'il s’opérait non sur les mots mais sur les idées, non sur la forme littéraire mais sur le fond même de la littérature. Le christianisme sauva les lettres comme il sauva tous les grands intérêts de l'humanité.

L'idée chrétienne, en se propageant chez tous les peuples, féconda partout les a qui n’attendaient qu'une heureuse influence pour se développer. La littérature qui sortit de ce mouvement ne se renferma plus dans d'étroites limites, elle fut universelle comme }’ Eglise elle-même ; mais elle compta surtout ses grands génies parmi les nations que des études antérieures y avaient préparées. Les deux langues illustrées par tant de chefs-d’œuvre devinrent les langues sacrées de l’Eglise et la littérature chrétienne se trouva partagée naturellement en deux grandes sections :elie fut grecque en Orient, en Occident elle fut latine.

Fondée sur les plus hautes vérités, inspirée par de ferventes convictions, dirigée vers le suprême bonheur des hommes, cette littérature se distingue par un caractère élevé et grave et par une chaleur irrésistible de persuasion. C’est par là qu’elle

diffère essentiellement de toute littérature païenne. Ceile-ci « à F4 ses artistes, celle-là ses apôtres. La première conservera sa su- 1

périorité artistique, la seconde la dominera de toute Ja hau- les

teur des vérités célestes, surtout dans le champ de la discussion foi

et de l’éloquence. la

Au point de vue purement littéraire, le quatrième siècle nous montre la littérature chrétienne dans toute sa splendeur; mais elle n’a pas été le fruit d'un développement semblable à celui que nous avons remarqué à Athènes et à Rome. La doctrine: chrétienne, qui en fut la source, n’a pas été un progrès hu- S. main, mais une révélation divine ; et au point de vue le plus élevé, l'Evangile l'emporte immensément sur toutes les œuvres qui en sont dérivées. Chaque époque a sa grandeur. Les apôtres enseignent avec une simplicité divine; les apologistes

aident la cause de la religion avec l’énergie des martyrs, les Pères du IVe siècle composent enfin ces œuvres au delà desquelles on ne peut attendre que la décadence. (1)

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