F| LE Ü
| E El à ai ah u F.
lus ou elle est autre chose (1). Elle périt en effet, lorsque es Romains préférèrent aux émotions dramatiques la représentation des triomphes militaires, les combats sanglants de l'arène et les processions de bêtes féroces défilant pendant plusieurs heures sur la scène. L'art dramatique, aïnsi évincé du théâtre, ne participa presque point au grand mouvement littéraire du siècle d'Auguste ; la tragédie reparut à l'époque de la décadence, mais elle ne fut plus qu'un exercice littéraire composé pour l’école et non pour le théâtre.
- Poètes tragiques du siècle d’Auguste :
Ovine a écrit une tragédie intitulée Médée dont il ne nous reste qu’un seul vers.
Juces César, dont le génie littéraire s'adaptait à tous les genres, a composé un Œdipe.
Poètes tragiques de la troisième époque :.
SÉNÈQUE le tragique, qu’on suppose être le même que Sénèque le philosophe, a laissé, suivant l’opinion de la plupart des critiques, dix tragédies, entre autres Médée, Hippolyte, ete., toutes écrites d’un style pompeux et déciamatoire.
ScauRus, auteur d’un Atrée, MATERNUS, auteur d’une Médée et d’un Thyeste ; PomponNius, loué par Quintilien, peuvent également être cités parmi les poètes tragiques de cette époque.
Il faut citer ici en passant les essais dramatiques latins de HroswiTrHA, religieuse d’un couvent de la Saxe (Xe siècle). Son chef-d'œuvre est une pièce * ‘itulée Abraham, où l'on trouve des scènes d’une grande *. té.
Littérature française.
ORIGINES DU THÉATRE FRANÇAIS. — Le théâtre commen sous Charles V à: prendre une existence régulière par le pri-
(1) PATIN, Mélanges de littérature.
: A Ar mL >
YRAGÉDIE 53
vilège accordé aux Confrères de la Passion. Cette confrérie était composée d'artisans qui se délassaient de leurs travaux en représentant les scènes dramatiques de l’Ancien et du Nouveau Testament. (Ces représentations eurent lieu d'abord
dans les églises, d’où l’on fut bientôt obligé de les bannir.
Deux autres associations : les Ænfants sans souci et les Clercs de la Basoche (1), recrutées parmi les étudiants, les fils de famille, les clercs de procureurs et d’avocatsyformèrent deux La a souvent distinctes, quelquefois réunies, qui jouaient des farces, des moralités et des soties, l’une sur des tréteaux publics, l’autre dans la de salle du palais.
Les mystères offraient à la multitude l’enseignement de l’histoire religieuse sous ‘orme dramatique ; ces compositions étaient d’une étendue telle que la représentation de quelquesunes employait plusieurs jours consécutifs. Les furces étaient des nouvelles dialoguées, pra pins, presque toujours licencieuses ; le chef-d'œuvre de la farce était Mattre Patelin, dont on ignore l’auteur. Les moralités représentaient allégoriquement les vices et les vertus transformés en personnages. Les sofies mettaient en scène la société tont entière et rappelaient souvent, par leur audace, la comédie politique des anciens.
Poètes tragiques antérieurs à Corneille :
ALEXANDRE HarDy régna sans partage sur la scène pendant les premières années du dix-septième siècle ; il rendit de grands services comme acteur et directeur de troupe, mais ses pièces sont dépourvues de mérite,
TaéoPxire, qui balança pendant quelque temps la gloire poétique de Malherbe, a laissé une tragédie intitulée Pyrame et Thisbé.
Maïrer et SOuDÉRY ne sont pas tout à fait sans mérite ; ils réussirent avant Corneille et même à côté de lui. Mairet a composé Sophonisbe, la
(U C'est-à-dire du palais (basilica).
SU SE é:
première tragédie française où les règles de l’art dramatique soient observées.
Avant ces poètes, nous aurions pu citer les essais dramatiques de JODELLE et de GARNIER (XVIe siècle). Dans les œuvres de Garnier on commence à entrevoir la formation de la langue tragique.
Voir @ suite au siècle de Louis XIV, p. 22.
Poètes tragiques du dix-huitième siècle :
Vouraire, le troisième des tragiques français, après Corneille et Racine, a composé plusieurs tragédies parmi lesquelles il faut citer : Œdipe, Bru° tus, Zaïre, Mérope, Alzire, Mahomet, etc. -
CRÉBILLON a composé une dizaine de pièces d’un genre sombre, entre autres Afrée, ÆElectre et enfin Rhadamiste, son chef-d'œuvre.
La Harps, disciple de Voltaire, a laissé au théâtre trois pièces dont la meilleure est Warwick.
Ds BecLoy a eu le mérite d’avoir choisi ses sujets dans l’histoire nationale. Son Siège de Calais a fait époque dans les annales du théâtre français.
Guimonp DE LA Touone a écrit la tragédie Iphigénie en Tauride, une des meilleures pièces parmi celles qui ne sont pas des chefs-d'œuvre.
Duois mérite une place à part parmi les tragiques
du dix-huitième siècle, il a imité de Shakspeare
un grand nombre de pièces estimées, entre autres : Hamlet, Roméo et Juliette, Macbeth, Othello, ete.