PINDARE
dans laquelle il passa une partie notable de sa vie. On sait que, longtemps après sa mort, la gloire de ce grand homme protégea sa maison, lors de la destruction de Thèbes par Alexandre.
PRINOIPAUX JUVRAGES. — Pindare avait composé un grand noinbre d'ouvrages dont la plupart sont perdus : des Odes triomphales ; des Hymnes ; des Dithyrambes ; des Thrènes, chants de deuil ; des Péans, chants d’allégresse ; des Scolies, chansons de
. table ; des Æoges, ete. Il ne nous reste de ces di-
verses compositions que les Æpinicia ou odes triomphales.
APPRÉCIATION GÉNÉRALE. — Pindare est le prince des lyriques grecs ; ses odes sont considérées comme les plus sublimes modèles de la poésie lyrique profane.
Analyse. — Les odes triomphales, au nombre de quarante-cinq, ont été classées en quatre groupes sous les titres de Chants olympiques, Victoires pythi-
-ques, Victoires néméennes, Victoires isthmiques (1).
L'éloge des athlètes vainqueurs dans les jeux de la Grèce forme le sujet obligé des chants de Pindare commandés et payés par le lutteur victorieux ; mais le génie du poète sait élargir et animer ce cadre étroit et monotone en y mêlant la louange des ancétres du héros, de la patrie, es dieux dispensateurs de la victoire. De là proviennent les écarts hardis
(1) Cette division n’est pas de Pindare, elle a été faite par un grammairien, Aristophane de Bysance.
116 TROISIÈME OCATÉGORIS
et les longs épisodes qu’on y rencontre. (C’est moins le vainqueur qui occupe Pindare que la victoire elle-même.
Critique. — Composées pour être chantées devant une assemblée nombreuse, les odes de Pindare respirent cette dignité qui convient à des monuments publics, à des spectacles nationaux. Elles tiennent un peu de l'épopée, mais leur principal caractère est lyrique, et c'est dans cette partie surtout que le génie du poète domine par des mouvements fougueux, fiers, irréguliers ; ses images sont grandes et sublimes, ses métaphores hardies, ses pensées fortes, ses maximes étincelantes de traits de lumière (1). Pindare paraît souvent obscur, parce que, emporté par son imagination, il supprime le lien de ses idées et invente des mots et des tours nouveaux ; mais 8 marche libre est calculée, elle présente le ‘‘ beau désordre ” dont parle Boileau. Pindare a trouvé son inépuisable inspiration dans deux grandes pensées, la religion et la gloire de la patrie ; il élève l’âme en peignant la vertu, en exprimant sa reconnaissance pour les dieux et son admiration pour les héros (2).
JUGEMENTS DIVERS. — Horace, dans une strophe de ses odes, dit que Pindare défie l’imitation :
Celui qui dans son vol voudrait suivre Pindare, Sur des ailes de cire étevé dans les airs, Donnerait un vain nom, ambitieux Icare.
A de nouvelles mers (3).
(1) Somozu, Histoire de la littérature grecque.
(2) L'un des meilleurs ouvrages à consulter est A at sur le génie de Pindare et sur la poésie lyrique par M. Villemain
* (8) HoraAos, lv. 1v, ode 2. Traduction de M. Le Canoe:
nie
BSCHYLE 117
Quintilien place Pindare au-dessus de tous les poètes lyriques pe la grandeur de l'inspiration, la force des pensées, l'éclat des images, l'abondance des choses et des mots et l'impétuosité des mouvements.
‘6 La lyre de Pindare est un écho de la lyre d'Orphée. Pindare fut le dernier mot de la poésie lyrique ; en la résumant,
il en déshérita l'avenir : il eut des imitateurs plus ou moins beureux ; il n'aura pas de rival.” (1) Eschyle.
Norice. — Eschyle naquit à Eleusis en Attique, l'an 525 av. J.-C. Ce grand homme servit son pays par sa bravoure en même temps qu’il l'illustra par son génie. Il combattit contre les Perses à Marathon, à Salamine et à Platée. On possède peu de détails authentiques sur sa vie. On sait qu'après de nombreux triomphes il quitta Athènes et se retira à Géla en Sicile, où il mourut dans son exil volontaire en 456, à l’âge de soixante-neuf ans.
PRINCIPAUX OUVRAGES. — Escliyle avait composé un grand nombre de tragédies, 69 suivant quelquesuns, 80 ou 90 suivant d'autres. Sept seulement de ces pièces ont échappé aux ravages du temps.
APPRÉOIATION GÉNÉRALE. — Eschyle est le vrai fondateur de la tragédie chez les Grecs. Il a donné au poème dramatique sa véritable forme, en mettant sous les yeux des spectateurs tous les détails de
(1) CHaRPanTImR, Cahiers d'histoire littéraire.
l’action et l’image des lieux où elle s'accomplissait,
Il consacra ce perfectionnement matériel par le
génie qui fait durer ce qu'il crée. Eschyle est l’hé-
ritier d'Homère et de Pindare ; il est, dans l'ordre
du temps, le premier des grands tragiques grecs. Titres et sujets des tragédies qui nous restent d’'Eschyle.
10 Prométhée enchaïné montre le srpplice de l'audacieux Titan Prométhée puni par Jupiter pour avoir communiqué aux mortels le feu du ciel ; 2° Les Perses, qui peignent la consternation de la cour de Suze, à la nouvelle de la bataille de Salamine, sont un hymne en l'honneur de la Grèce : 30 Les sept contre Thèbes offrent la mise en scène de la guerre fratricide que soutinreuc l’un contre l’autre les fils d'Œdipe, Etéocle et Polynice ; 4° Agamemnon ; 50 les Choéphores ; 60.les Euménides, qui constituent une trilogie apnelée l’Orestie, sont une série de tableaux où sont peints les malheurs d’Agamemnon et de sa famille ; 70 Les Suppliants montrent les filles de Danaïüs cherchant un refuge en Argolide où elles reçoivent l'hospitalité du roi Pélasgus.
Critique. — Les plans d'Eschyle sout extrêmement simples. Chaque pièce est une siuation dramatique avec très peu de mouvement, mais le poète révèle la grandeur de son génie dans les proportions gigantesques qr: 1 donne à ses personnages. Il fait planer sur les mortels un sombre destin, qui frappe le spectateur de terreur et d'effroi. La partie lyrique, comprise surtout dans le rôle du chœur, occupe
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