ESCHYLE
uno place considérable dans ces tragédies, mais elle y est traitée de main de maître. La diction d’Eschyle est énergique et élevée, elle atteint souvent le sublime, mais n’est pas toujours exempte d’enflure ; ce vice résulte en grande partie de la hardiesse des figures, de la nouveauté des termes qu’il emploie et surtout de l'extrême concision qu'il affecte. La tragédie, dans Eschyle, est trop voisine encore du dithyrambe pour avoir rencontré partout le style qui convient au genre dramatique. Il fallait, pour y arriver, les progrès du goût et la venue d’un autre homme de génie.
JUGEMENTS DIVERS, — ‘ On pourrait dire qu'il y a trois poètes dans Eschyle. Le poète lyrique avec les qualités qui le distinguent ; le poète épique dont les récits ont la rapidité, la chaleur et l’éclat d: ceux de l’Ziade ; le poète dramatique qui sait déjà l’art d'exposer un sujet et de préparer les spectateurs aux scènes qui vont se dérouler sous leurs yeux. La mesure seule lui manque, en effet il pousse parfois la grandeur jusqu'au gigantesque ; il en résulte que plusieurs de ses persounayes, un Prométhée même, excitent notre étonnement, frappent notre imagination par le merveilleux, mais sans remuer nos cœurs. Eschyle a de des expressions extrordinaires et imprévues. ”
PARALLÈLE ENTRE ESCIIYLE ET SHAKESPEARE, — ‘ Rien ne ressemble mieux au génie sombre et pathétique d'Eschyle que le génie sauvage et sublime du peintre de Richard III : c'est la inême vigueur d'imagination, la même gtandeur dans les caractères ; dans les sentiments, la même force, la même naïveté. Semblables dans leurs défauts comme dans leurs qualités, tous deux, parfois, oublient également l'unité d’action, exagèrent les traits, mêlent les nuances, allient le burlesque au pathétique ; admirables de simplicité et de force, de justesse et de clarté dans l'expression, quand ils rencontrent de touchantes pensées et de nobles sentiments ; obscurs et pleins d'affectation dans les mots, quand leurs idées manquent de vérité et de naturel ; natures vigoureuses et incul-
plus des images outrées, :
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tes qui, tour à tour, atteignent le sublime, et se perdent dans Je trivial : génies à part qui ne naissent qu'à de longs intervalles et dans certaines conditions, et qu'il serait aussi péril. leux de vouloir reproduire, qu’injuste de calomnier et de mé-
connaître ! (1) | Sophocle. | 406. 406.
… Norice. — Sophocle naquit à Colone, bourg voisin d'Athènes, vers l'an 495 av. J.-C. Sa vie est un long enchaînement de triomphes. Il fut choisi, à cause de sa beauté, à l’âge de seize ans, pour être le coryphée des adolescents qui chautèrent l’hymne de vicioire après la journée de Salamine. A vingt ans il était vainqueur au théâtre, où il n’obtint que des succès pendant le cours de sa longue carrière. Il remplit des emplois importants, soit civils, soit militaires, et fut général avec Périclès. Son génie se maintint saus défaillance jusque dans sa vieillesse. Accusé à l’âge de 80 ans, par un fils ingrat, de n'être plus en état de conduire ses affaires, il lut devant les juges
Jes plus beaux passages d’'Œdipe à Colone et fut re-
conduit en triomphe à sa maison. Il mourut l'an 406 av. J. C.
PRINÇIPAUX OUVRAGES. — Sophocle composa plus de cent pièces dramatiques, tragédies et satyres : sept seulement nous sont parvenues, avec un assez grand nombre de fragments appartenant à celles qui ont été perdues.
APPRÉCIATION GÉNÉRALE. — Sophocle est le grand
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(1) CHanpawrien, Cahiers d'histoire Litt.
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