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II. Littérature chrétienne latine

La langue latine, déjà modifiée sous les Césars, avait subi de nouvelles altérations au contact des pepe du Nord. Ces peuples, d'ailleurs, n'ayant ni la vivacité d'esprit, ni le développement littéraire des auditeurs de Basile et de Chry-

sostome, l'éloquence capable de les captiver pouvait ge grande et forte, mais non pas aussi bril te que celle de ls EX Grèce.

| Les Pères de l’Église latine.

S. HicaiRe, évêque de Poitiers, fut l’Athanase de l'Occident ; son ouvrage capital, écrit contre les ariens, est un Traité de la Trinité, le plus beau qui existe sur ce dogme.

S. AMBROISE, archevêque de Milan, a composé de nombreux ouvrages théologiques et moraux, on peut citer parmi les plus remarquables : les traités des Devoirs, des Prêétres, de la Foi, de la Virginité ; on a aussi de lui des homélies, des oraisons funèbres et des lettres.

S. JÉRÔME a donné la version latine de la Bible,

connue sous le nom de Vulgate ; il a écrit des.

D | traités de controverse contre les hérétiques de son temps et a laissé de nombreuses lettres qui sont de véritables traités dogmatiques et ascéti- À ques.

S. Auausrin, évêque d’Hippone, le plus grand génie de l'Eglise latine, a composé un très grand nombre d'ouvrages parmi lesquels brillent en premier lieu les Confessions et la Oïté de Dieu. S Ses traités contre les hérésiarques, ses sermons et homélies, ses ouvrages philosophiques sont

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Laorance (qui, dans l’ordre chronologique, précède les grands orateurs et apologistes que l’on vient

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divines et le traité De la mort des persécuteurs. Histoire.

Suzpioe SÉvèRe, surnommé le Salluste chrétien, a laissé une Histoire sxerée commençant à la création du monde et finissant au consulat de Stilicon. Ona également de lui une Vie de saint Martin de Tours.

S. JÉRÔME a écrit les Vies de saint Paul, ermite, de saint Hilarion et de saint Marc.

OrosE, qui appartient également, par sa naissance, au IVe siècle, a composé, à la sollicitation de saint Augustin, une Histoire générale au point de vue de la Oité de Dieu.

Poésie chrétienne latine.

AUSONE a laissé des poésies dans lesquelles il sacrifie trop aux muses païennes,

8. AMBROISE composa les premières hymnes de la liturgie latine. On lui attribue le Te Deum dont les accents solennels sont connus et appréciés.

8. Pauzin, évêque de Nole, disciple d’Ausone, a interprété la pensée chrétienne dans des poèmes pleins de charme.

PRUDENCE fut en Occident le représentant le plus complet de la poésie de son siècle. Il chanta les mystères et célébra dans des odes triomphales les couronnes des martyrs. (Ox seut citer

parmi ses principaux poèmes : celui contre Symmaque, la Psychomachie (combats intérieurs de l'âme humaine), et ses strophes sur les saints Innocents.

Siècle de Louis XIV. Ÿ

Le dix-septième siècle, qu’on a appelé le siècle de Lo XIV, a dépassé les trois grands siècles littéraires qui ont précédé. La longue française ip sa plus haute perfection sous Louis XIV et fut dès lors fixée autant que peut l'être une langue vivante, c'est-à-dire qu'elle eut le bonheur d'être maniée par des écrivains qui resteront classiques, La France, au dix-septième siècle, tint le premier rang dans les lettres, les autres nations présentèrent quelques nomis éclatants..ches elle on les trouva réunis en grand nombre. Le mouvés ment commencé par la Renaissance se perpétua au dix-septième siècle, mais en se régularisant dans la forme. En général, ce fut dans les classiques de l'antiquité que les écrivains, les artistes, les philosophes cherchèrent leurs inspirations et la poésie ne crut pas pouvoir se passer des fables du paganisme ; mais l'inspiration chrétienne sut également produire des chefs-d’œuvre ; la sève puissante du christianisme, renouvelée depuis le concile de Trente, contribua largement aux splendeurs du siècle de Louis XIV.

Le grand siècle commence à l’apparition des chefsd'œuvre qui annoncent l’âge de perfection, vers 1636 ; il comprend donc, jusqu'à la mort de Louis XIV en 1715, environ 90 ans.

L Poètes.

Les principaux poètes du siècle de Louis XIV ont brillé dans la trauéihie, la comédie, l’ode, la poésie didactique et en

général dans tous les genres.

Tragédie.

Pierre CoRNEILLE, créateur de la tragédie française, a composé trente-trois pièces dont les principales sont : le Cid, Cinna, Polyeucte, Horace, la mort de Pompée, Rodogune.

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Rorrou a écrit trente-sept pièces, entre autres Venceslas, son meilleur ouvrage, où l'on voit un reflet du génie de Corneille.

JEAN RACINE partage avec le grand Corneille le premier rang parmi les tragiques français. Ses principales tragédies sont : Andromaque, Britannicus, Mithridate, Iphigénie, Phèdre, Esther et enfin Aéhalie, le chet-d'œuvre du théâtre.

THoMas CORNEILLE, frère de Pierre Corneille, a composé de nombreuses tragédies dont deux seulement doivent être citées : Ariane et le Comte d'Essex.

La Fosse, ‘isciple de Racine, n'a échappé à l'oubli que par sa tragédie intitulée Manlius.

Parmi les poètes dramatiques du second ordre, on peut citer, outre ces deux derniers : LONGEPIERRE qui a écrit une pièce intitulée Médée ; Ducé et CAMPISTRON qui ont com-

posé des tragédies et des comélies, et enfin PRADON qui n'a gagné à sa lutte contre Racine que l’immortalité du ridicule.

Comédie,

Mouière, le père de la comédie française, a écrit un grand nombre de pièces dont les principales sont : le Misanthrope, Tartufe et les Femmes savantes, comédies qui n’ont été égalées dans aucune langue ; les Précieuses ridicules, le Bourgeois gentilhomme, V'Avare, le Malade imaginaire, etc.

REGNARD, imitateur de Molièru, a composé beaucoup de comédies dont il ne faut citer que le Joueur, son chef-d'œuvre, et le Légataire universel.

Pierre CorNeizze, le grand tragique, avait créé, ; avant Molière, la langue de la comédie dans son B£enteur.

JEAN RACINE a abordé avec succès la comédie dans sa spirituelle satire des Plaideurs.

On peut nommer parmi les poètes comiques du second ordre BoursAULT, dont les pièces Æsope à la ville et Esope à la cour sont d’un ordre assez élevé, ainsi qne DUFRESNY dont la comédie intitulée l'Esprit de contradiction est restée au théâtre,

Poésie lyrique.

JEAN RaoiNs s’est placé au premier rang de: poètes lyriques du dix-septième siècle par les chœurs d’Esther et d'Athalie ainsi que par la prophétie de Joad.

J. B. Rousseau est auteur d’odes sacrées et profanes, de cantates, d’épîtres et d'épigrammes.

Quinauzr est le créateur de la tragédie lyrique ; il s’est rendu céièbre par ses opéras ; son chef-d’œuvre en Ce genre est Armide.

La Morte a composé des odes où se trouvent quelques belles sirophes ; il à également composé des fables.

Poésie élégiaque.

La FONTAINE a écrit une belle élégie sur la disgrâce de Fouquet.

Poésie didactique.

Borzeau-DesprÉéAuUx fut à son époque l'oracle et le législateur de la poésie. Il a composé, l'Art poétique qui est la plus beau poème didactique des

ait créé, temps modernes ; on a également de ce poète

lans son douze satires, douze épîtres et un poème héroicomique intitulé le Lutrin.

dans sa La FoNTAINE s’est immortalisé par ses Fables ; il a écrit également des Contes et, vers la fin de sa

a Second vie, un recueil de poésies chrétiennes.

rt Poésie pastorale.

est restée Raoan est auteur d’églogues.

SEaRAIS a composé des églogues remarquables par

leur naturel.

». poètes Maoame DesHouzikrrs est surtout connue par ses

chœurs idylles qui sont encore estimées.

rophétie Poésie épique.

er A l'époque de Richelieu, plusieurs poètes se

sont exercés sans succès dans le genre épique ;lee plus connus parmi eux sont : CHAPELAIN qui composa le poème de la Pucelle ; SAINT- AaND qui écrivit le Moïse sauvé ; BRÉBEUF qui composa la Pharsale ; tous ces poèmes sont médiocres.

On cite généralement aussi, dans les commeneements du siècle de Louis XIV, Voiture qui composa des rondeaux, des ballades, des épîtres où il ya de la facilité. Enfin on peut nommer SOARRON, inventeur du genre burlesque, connu surtout par son ÆEnéide travestie.

IL Prosateurs.

Les principaux prosateurs français du dix-septième siècle appartiennent aux genres oratoire, didactique, historique et épistolaire.

Eloquence sacrée.

Dpt cru reau et à l’acadéinie, elle aveit acquis la dignite et la vigueur ; dans la chaire, elle s‘éleva aux inspirations les plus sublimes ; la voix des grands orateurs chrétiens y retentit sans interruption pendant plus de soixante ans.

Bossuer, évêque de Meaux, a laissé des Sermons, parmi lesquels il faut citer ceux sur l'unité de l'Eglise et sur la royauté de Jésus-Christ ; des Panégyriques ; des Oraisons funèbres, surtout celles de la reine d'Angleterre, du prince de Condé, de la duchesse d'Orléans ; les Méditations sur l'Evangile ; le Traité de la connaissance de Dieu et de soi-même ; les Elévations sur les mystères ; de remarquables Lettres et d’autres ouvrages où brille l’éloquence la plus sublime.

FLéonier, évêque de Nîmes, a laissé des Sermons, des Panégyriques et des Oraisons funèbres qui sont ses meilleurs ouvrages, celle de Turenne est son chef-d'œuvre.

Mascaron, évêque d'Angers, s’est illustré par son Avent, son Carême et.ses Oraisons funèbres, surtout celle de Turenne qui fournit une excellente étude de comparaison avec l’oraison funèbre prononcée par Fléchier.

BourpaLoue, prêtre de la Compagnie de Jésus, a composé des Oraisons funèbres et des Panégyriques, mais c’est surtout par ses Sermons qu'il s'est élevé au premier rang.

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PREMIÈRE CATÉGORI} 27

FÉNELON, archevêque de Cambrai, est, de tous les

spires a contemporains de Bossuet, le seul qu’on puisse la vigueur ; mettre en parallèle avec lui. Ses Sermons sur sys rs le Sacre de l'évêque de Co'ogne et sur la Fôte de l'Epiphanie sont des modèles d’éloquence ; il a dndux laissé en outre toute une série de remarquables l'unité de ouvrages qui appartiennent au genre didactique. pleë ; dus (Voir plus loin).

s, surtout MassiLLon, évêque de Clermont, élevé au milieu des rince de splendeurs de l’éloquence sacrée, en prolongea Médita- l'éclat jusqu’au milieu du XVIIIe siècle. 1 connaïs- s’est illustré par ses Conférences ecclésiastiques, lévations son grand Carême, son petit Carême, ses Panéettres et gyriques, ses Oraisons funèbres parmi lesquelles la plus il faut citer celle de Louis XIV, ses Sermons dont les plus célèbres sont : celui sur le petit Sermons, Nombre des élus et sur la Mort du juste et du èbres qui pécheur.

urenne est Après ces grands orateurs, on peut encore citer le P. LaRuE, de la compagnie de Jésus, qui 6 par son réussit plusieurs fois dans l’oraison funèbre ; funèbres, CHEMINAIS, qui, avant Massillon, avait joui ine excel- d'une grande célébrité ; enfin les deux ministres ison funè- CLauDE et SAuRIN qui donnèrent des modèles de cette éloquence froide et compassée qu'ins- Jésus, a pire le protestantisme.

À HA Eloquence judiciaire.

Au commencement du dix-septième siècle, et malgré le mouvement général des esprits, l'éloquence du barreau fit peu

de progrès ; l'affectation, le pédantisme continuèrent de régner au palais, tontefois ces défauts furent moins sensibles vers la moitié du siècle.

Lemaire et, après lui, PATRU se distinguèrent-par la dignité de leur langage, le dernier s'élève parfois jusqu’à l’éloquence.

Pécisson doit sa célébrité à ses trois Mémoires en faveur de Fouquet, qui constituent le plus beau plaidoyer de cette époque.

Eloquence académique.

FonTENELLE, neveu du grand Corneille, a composé des Æloges académiques dont le style est remarquable par sa clarté et son élégance.

Genre didactique ou philosophique.

Les philosophes, dès l'aurore du grand siècle, aplani-

rent la voie aux orateurs et leurs écrits marquèrent euxmêmes un sensible progrès de forme et de style.

.Bazzao a su le premier donner du nombre, une élé-

gance et une noblesse soutenues à la prose française. Il a laissé des Lettres, des Dissertations sur la langue française, ainsi que trois traités philosophiques : le Socrate chrétien, le Prince et Aristippe ou la cour.

Vauceuas a écrit une remarquable Traduction de Quinte-C'urce et des Remarques sur la langue française que l’on consulte encore.

Descartes, génie profond et hardi, remua le monde scientifique et exerça une influence directe sur la littérature. Ses chefs-d'œuvre sont: le Discours eur la Méthode et les Méditations.

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ALEBRANCHE, prêtre de l'Oratoire, disciple de Descartes, a composé plusieurs ouvrages philosophiques dont le plus étendu est la Recherche de la vérité.

A ROCHEFOUCAULT a composé un livre de Maximes plein de traits saillants mais d’une morale égoïste et chagrine.

LRNAULD, qui fut un des principaux champions des

doctrines rigides et erronées du jansénisme, a laissé un grand nombre d'ouvrages parmi lesquels on peut citer celui sur là Perpétuité de la foi où il y a des passages éloquents.

ICOLE, également défenseur du jansénisme, a composé, en collaboration avec Arnauld, la Logique de Port-Royal. Il a laissé plusieurs autres ouvrages remarquables par le style, entre autres ses Essais de morale.

iscaL, l’un des plus grands génies du XVIIe siècle, donna à la prose française une fermeté qui n’a pas été surpassée. Il a laissé les fameuses Lettres provinciales, dans lesquelles il eut le malheur de mettre son talent au service des rancunes jansénistes ; et les Pensées, fragments d’une apologie du’ christianisme qu’il méditait, mais qu'il n'eut pas le temps d'achever.

NELON est auteur de nombreux ouvrages didactiques, parmi lesquels il faut citer les Dialogues

| des morts ; les Fables en prose ; les trois Dialoques sur l'éloquence et une Lettre à l’Académie

qui forment un excellent traité de rhétorique et de style ; des Lettres sur la religion; un Traité sur l'existence de Dieu et enfin le Télémaque auquel il ne manque que d'être écrit en vers pour être un modèle de l'épopée.

La BRuYÈRE s’est montré moraliste profond et écri-k vain de talent dans son livre des Caractères, où il imite et surpasse Thésphraste.

BAYLE composa, vers la fin du règne de Louis XIV, un Dictionnaire critique où il jeta les fondements du système de scepticisme qui eut une influence si funeste sur le XVIIIe siècle.

Histoire.

Les historiens qui se servirent de la langue française à cette époque peuvent se partager en trois classes : ceux qui se sont occupés d'histoire ecclésiastique, ceux qui ont particulière. ment écrit sur l’histoire de France, et ceux qui ont dirigé leurs études sur l’histoire étrangère.

lo Historiens qui ont écrit sur l'histoire ecclésiastique :

Bossuer, qui occupe le premier rang dans ce genre comme dans l’éloquence sacrée, nous a laissé un admirable Discours sur l'histoire universelle et l'Histoire des variations des Eglises protestantes, chef-d'œuvre de dialectique et de style.

Le P. MaimBoure, jésuite, historien fécond mais inféodé aux idées gallicanes, a écrit entre autres histoires, celles de l’Arianisme, des Croisades, du Calvinisme, etc.

Le P. LonGuEva, : jésuite comme le précédent, a

composé une Histoire de l'Eglise gallicane, com-

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