‹ Manuel d'histoire littéraire [microforme]Chapitre 3 sur 95 · I. Littérature chrétienne grecqu · texte numérisé non relu

I. Littérature chrétienne grecqu

La littérature profane n'avait cessé de bo’ ser depuis l’asservissement d'Athènes, mais la langue g ecque n'avait pas subi de profondes altérations, et les grand: modèles de la Grèce étaient restés en honneur. Qu'un esprit nouveau pénètre dans Ë cette société dégradée, que des hommes de génie s'élèvent, pré | | D | parés par l’étude de l’imtiquité et par célle des divines Ecritu- S. | | res, et la langue si souple de Platon et de Démosthène se 4 ji | tera à de nouveaux chefs-d'œuvre : ce sera la renaissance chrél | tienne des lettres grecques. En vain un empereur rétrograde, | Julien l’Apostat, suscitera contre elle un nouveau genre de Es | perséqgtion : cette réaction insensée ne servira qu’à constater h | a supériorité de la littérature chrétienne. (Cette littérature

l ne fut pas une imitation du . Il y avait au fond de la | nouvelle littérature une pen si haute, tellement supérieure { à toutesles conceptions du polythéisme, qu’elle devait se traï cer naturellement une voie toute différente : elle s’inspirait k * d'ailleurs de la Bible, et elle prenait cette teinte biblique qui l se fond avec tant d'harmonie dans les suaves contours de l’idiol. me hellénique. Une autre influence encore se ‘ait remarquer S. EL dans le style des Pères grecs. Ils étaient citoyens, non pas LU d’une petite république, mais d’un vaste empire ; membres et

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organes non pas d'une académie restreinte, mai "Egli universelle, et de plus habitants de l’Asie où se phent or » À or 5 Lo ne tie . monde. De là cette ampleur de ette abondance d’i i les caractéri rer images qui les térisent pour

Les Pères de l'Église grecque.

S. ATHANASE, évêque d'Alexandrie, a laissé de nom-

breux ouvrages de controverse se rattachant presque tous à sa glorieuse lutte contre l'arianisme ; on a également de lui des discours ou traités dogmatiques surtout ceux intitulés : Contre les paiens et sur l’Incarnation du Verbe.

S. GréGoIRe DE NaAZIANzE, qui occupa le siège de

Constantinople, a laissé des discours dogmatiques et moraux ; des oraisons funèbres, surtout celle de son frère Césaire ; deux invectives contre Julien ; des lettres, etc.

S. BasiLe, archevêque de Césarée en Cappadoce,

s'est placé au premier rang des orateurs ; son œuvre capitale est l’Hexaméron, ou ouvrage des six jours, qui contient neuf homélies dans lesquelles l’orateur chrétien célèbre et explique les merveilles de la création. Ses œuvres se composent d’homélies, de panégyriques, d’écrits polémiques, de traités ascétiques et de lettres, véritable trésor pour l’histoire et la morale.

S. GrécoiRe De Nysss, frère puîné de S. Basile et

qui occupa le siège de Nysse, a laissé des écrits

(1) R. P. BRO&OKA=RT, Hist. de la Litt. Littérature chrétienne.

| et des discours où l’on trouve des morceaux de

| premier ordre.

|. | S. JEAN CHRYSOSTOME, évêque de Constantinople, le

plus célèbre des Pères grecs, a laissé de nombreux et très importants ouvrages : des traités sur le dogme, parmi lesquels en remarque ceux du Sacerdoce et de la Componction, les livres contre les Gentils, l'Apologie de la vie monasti- | que ; des discours ; des homélies, surtout celles sur S. Mathieu, sur la sédition d’Antioche, sur la disgrâce d’Eutrope, etc. ; des panégyriques, surtout celui de S. Ignace d’Antioche ; des let-

L tres, etc.

{ Après ces maîtres de la parole chrétienne, dans un rang inférieur, mais élevé encore, il convient de nommer :

S. AsTÈRE, évêque d’'Amasie, dont nous possédons

» | six homélies pleines de mouvement et d'éclat ; | S. EPIPHANE, évêque de Salamine, qui exposa la foi

h | orthodoxe dans de remarquables ouvrages ;

0 S. Cyrizce, évêque de Jérusalem, qui nous a laissé

| vingt-trois Catéchèses ou instructions familières,

j dans lesquelles il expose la doctrine chrétienne ;

| | S. Erxreu, dont les ouvrages, écrits en syriaque,

d nous sont connus par une traduction grecque

Î faite au IVe siècle. Son discours sur le juge-

il ment dernier est un chef-d'œuvre.

L Histoire. | L:: Eusèse, évêque de Césarée en Palestine, entreprit le

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premier une histoire générale des siècles chrétiens. Il écrivit une Histoire ecclésiastique qui, malgré quelques inexactitudes, est un précieux répertoire de faits, et une Chronique universelle dont on a une traduction latine faite par saint Jérôme. ÆEusèbe est un médiocre écrivain, partisan déclaré de l’arianisme. Il eut pour contipuateur, au Ve siècle, THÉODORET, évêque de Cyr en Syrie.

Poésie chrétienne grecque.

It y avait dans l'esprit chrétien un principe supérieur qui devait amener la transformation de l’art, et le type même de l'art nouveau apparaissait dans la haute poésie de l’enseignement divin. L'art grec consistait principalement dans le culte de la forme ; la foi lui manquait et par suite le profond en-

thousiasme qui produit le sublime. poésie paienne est un produit de l’imagination, la poésie chrétienne sort de l'âme,

8. GRÉGOIRE DE NazIANZE fut le vrai créateur de la poésie chrétienne en Orient ; il composa de remarquables poèmes, parmi lesquels on peut citer ceux sur la Trinité, la Providence, les Anges, la Vie monastique, etc.

SYNESIUS, évêque de Ptolémaïs, surnommé le Pindare chrétien, composa des hymnes pleines de verve et de mouvement. Celle où il chante le divin Enfant adoré par les Mages est un vrai modèle d'inspiration lyrique.

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