‹ Manuel d'histoire littéraire [microforme]Chapitre 85 sur 95 · PIERRE CORNEILLE · texte numérisé non relu

PIERRE CORNEILLE

gloire. Or, j'avoue que je ne connais dans l’éloquence sacrée aucun chef-d'œuvre à côté né ge on ne puisse song avec honneur un discours si propre à inspirer et à justifier l’admiration des connaisseurs.” (Æssai sur l'éloquence de la chaire.)

‘ Fénelon, dit le cardinal de Bausset, donne à la prose la couleur, la mélodie, l'accent, l'âme de la poésie, et son style toujours vrai, enchanteur, inimitable, trop abondant peutêtre, ressemble à sa vertu.”

Ce qui caractérise Fénelon, c’est un inébranlable attachement, un filial dévouement au siège apostolique, pierre fonda. mentale de l'Eglise. Inférieur à uet par le génie, il s’est placé per son caractère à une hauteur qui a fait dire au

‘comte de Maistre : ‘Veut-on, dessiner la grandeur idéale, qu'on essaye d'imaginer quelque chose qui surpasse Fénelon, on n'y réussira pas.’

Pierre Corneille.

Norios.—- Pierre Corneille naquit à Rouen en 1606: Après de fortes études faites au collège des Jésuites dans sa ville natale, il débuta au barreau. On ignore s’il y réussit, mais il est certain qu’il ne tarda pas à négliger la plaidoirie pour le théâtre vers lequel l’entraînait son génie, et pour lequel il travailla, sauf quelques interruptions, depuis 1629 jusqu’en 1674. Il vécut dans la pratique de la religion et des vertus qu’elle inspire, et mourut à Paris, dans un état voisin de la gêne, en 1684.

PRINOIPAUX OUVRAGES.— 1° Tragédies (1). Le génie dramatique de Corneille offre trois époques différentes : la première produit quelques essais où le poète suit le goût de son siècle avant de le réformer, Clitandre et Médée appartiennent à cette épo-

CE

(1) Corneille a composé trente-deux drames.

Re. Der mea

950 TROISIÈMB CATÉGORIE

que (1) ; la seconde voit éclors les chefs-d'œuvre qui ont immortalisé le nom de Corneille : le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte, ainsi que Pompée ; la troisième époque, qui marque la longue décadence de’ Corneille, s'ouvre avec Théodore, pièce qui échoua complètement ; le poète se releva par Kodogune, mais échoua encore dans Pertharite, pour obtenir de nouveaux succès dans Œdipe, Héraclius, la Toison d’or, Sertorius et Othon. Ilfut moins heureux avec Agésilas, Attila et enfin avec Suréna, sa dernière tragédie.—20 Comédies. Corneille débuta au théâtre par plusieurs comédies : ÆMélite, la Galerie du Palais, la Veuve, etc. ; dans l’éclat de son génie il donna l'Zllusion comique, le Menteur, chef-d'œuvre qui inaugura la comédie de caractère, et la Suife du Menteur ; dans son déclin il produisit encore Don. Sanche, comédie héroïque, et MNicodème.—3° Opéra. Vers ce même temps Corneille fit jouer Andromède pièce à machines, enrichie de musique, dans laquelle le précurseur de Racine et de Molière devint celui. de Quinault.—40 Autres ouvrages. Outre ses pièces de théâtre, les examens et les discours qui s'y rapportent (2), Corneille a encore laissé des Mélanges politiques, qui renferment ses premiers essais ; l’Zmitation de Jésus-Christ, traduite et paraphrasée en…

Le Les ca po succès de Corneille attirèrent ah lui Aie Sd

MAT PA dans la société des uels le mi aistre site fourmis A ets de ttes où do Guns de comédies ç au faisait

7 8) Ds dir nt au F4 ri le EE mo: de le es és au + #ysn Tragédie ; le troigième : F4 pins s :

PIERRE OORNEILLE 251

vers français ; la traduction en vers français des Louanges de la sainte Vierge composées en latin par saint Bonaventure ; l’Ofice de la sainte Vierge tra-

.duit en français, tant en prose qu’en’ vers, etc. (1).

APPRÉOIATION GÉNÉRALE.—Corneille est le créateur de l'art dramatique en France. La postérité lui a décerné le titre de Grand. Avec lui s'ouvre la série des poètes et des écrivains que la France peut placer à côté des plus beaux génies de l'antiquité. C'est surtout dans l’élévation et la force que consiste le génie de Corneillé. Il s’est placé au point de vue le plus vrai de la poésie dramatique ; il ne s’est point inspiré des passions molles et dangereuses, mais il a su rendre merveilleusement le sentiment

. de l'honneur, la grandeur du patriotisme et la subli-

mité de l'enthousiasme religieux. Corneille excite l'admiration. Imitateur du génie espagnol de son temps et des poètes espagnols de la décadence ro-

maine, il partage les défauts de Sénèque et de Lu-

cain ; il porte quelquefois la grandeur jusqu’à l’enflure, l'énergie jusqu’à l’atrocité, et son style offre de regretta bles inégalités, Corneille a eu le malheur de survivre à son génie, qui s’éteignit après avoir jeté encore dans sa lente décadence, quelques traits sublimes.

APPRÉCIATION PARTIOULIÈRE DE QUELQUES OUVRAGES

1° Le Cid.—Cette tragédie, divisée en cinq actes,

PSE

(2) Corneille compos ces divers ouvrages lorsqu'il était éloigné du

me NES SELS

gro a

Tr dé-e 5

en TE = TRS

kms

een

7 77 TIR 2 El FREE — . se 2

2 r M — RSR EEE EL Rs

Page 1