‹ Manuel d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 104 sur 155 · REPTILES. — OPHIDIENS · texte numérisé non relu

REPTILES. — OPHIDIENS

tures situées sur la voûte palatine. L’organe du goût siège dans la bouche et est peu développé; celui du tact réside dans la langue et sur toute la superficie du corps, car l'animal s’eni roule ordinairement autour des objets.

Le sifflement des Serpents est dû aux vibrations déterminées parla sortie brusque de l’air des poumons à travers les narines ou la bouche.

Génération. — Les Serpents sont unisexués; la génération est ovipare ou ovovivipare, et la fécondation n’a lieu qu’après une il véritable copulation. Les testicules sont étroits, allongés, placés h au devant des reins, de chaque côté de la colonne vertébrale, h • des niveaux différents ; à leur suite sont les épididymes, puis les canaux déférents, qui se dirigent vers le cloaque et débouchent i tantôt isolément, tantôt en s’unissant à la dernière partie des uretères. Il existe deux verges, mais elles ne dépendent pas du canal déférent ; ce sont deux appendices du cloaque qu’on ne voit pas au dehors lorsqu’ils sont à l’état de repos, ils se replient sous la peau; mais au moment de la copulation, ils deviennent turgides, leur base s’applique à l’embouchure du canal déférent, et le sperme est déposé dans une rigole qui s’étend dans toute i leur longueur. Ces organes sont coniques, comme chez la Couj Ieuvre, ou bifurqués, comme chez la Vipère, garnis de piquants i; ou lisses. On trouve chez quelques Serpents, sous chaque verge, une petite poche qui sécrète une humeur à odeur d’ail.

Les ovaires des Ophidiens sont, comme ceux des Batraciens, i placés dans la région lombaire, et consistent en deux poches t' creuses. Les œufs se forment dans le tissu de la périphérie, i puis, à leur maturité vitelline, ils rompent leur enveloppe et ( tombent dans le sac ovarien. Plus tard la paroi de celte poche i se rompt a son tour, et l’œuf s’échappe dans l’abdomen. Au mo- 1 ment où l’œuf s’échappe, un canal terminé en pavillon, la i trompe, s’applique sur lui et le recueille. Or, la trompe n’est ‘ que le commencement de l’oviducte ; l’œuf descend donc dans l’oviducte, et reçoit des parois de cette cavité l’albumen et la i coque dont il s’entoure. Les deux oviducles débouchent dans lt le,cloaque.

Chez la Vipère, un renflement existe sur le trajet de l’oviducte,

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etchez cet animal la génération est ovovivipare. Les petils éclosent avant de s’échapper par le cloaque (1).

Dans la copulation, les Serpents mâle et femelle s’enlacent, appliquant l’un contre l’autre leur cloaque, se regardant nez à jj nez; le rapprochement dure plusieurs heures.

Les œufs sont placés dans un lieu chaud et humide, et lespe- I tits n’en sortent qu’a pi es une durée fort variable. Une femelle i de Python gardée au Muséum a incubé ses œufs pendant cinquante-six jours ; tandis que la température de la caisse qui la contenait était 28°, 1 centigrades, celle de l’animal était 41°, 5.

Appareil venimeux. — Chez tous les Serpents venimeux, l’appareil du venin est construit sur le même type. Il se compose de l’organe sécréteur, qui est une glande en grappe logée derrière l’œil, d’un réservoir dû au renflement du conduit excréteur, et des crochets chargés de l’inoculation.

La glande à venin est placée en avant du temporal, sous le muscle ptérygoïdien externe, de sorte que lorsque les muscles se contractent, ils pressent sur la glande et forcent le liquide à s’en échapper pour s’introduire dans le canal excréteur, et de là dans le sillon ou le canal des crochets. Ceux-ci sont intimement unis aux maxillaires supérieurs par leur hase, et ces derniers os jouissent d’une très-grande mobilité. Lorsque la bouche est fermée, qu’ils sont au repos, ils rentrent, pour ainsi dire, dans les chairs, et les crochets sont couchés, invisibles à l’extérieur: mais lorsque l’animal veut mordre, ses ptérygoïdiens externes se contractent, pressent sur la glande, relèvent les maxillaires, et les crochets se montrent.

Pour mordre, le Serpent repose sur une partie plus ou moins j grande de la partie postérieure de son corps, puis, se servant de ! sa tête comme d’un marteau, il la lance, la gueule ouverte, sur sa * victime ; les crochets entrent dans les chairs, et le venin pressé J coule dans la plaie par le trou qui se voit à la partie antérieure c de chaque crochet, près de la pointe.

Alors surviennent des accidents d’autant plus sérieux, que le poison est introduit en quantité plus grande, que la victime est :

(I ) Beaucoup do Serpents venimeux sont ovovivipares, quelques-uns seulement sont ovipares. Do mflme, certains Serpents non venimeux sont ovovivipares. H. Florent Privost a montré qu’en privant d’eau les Couleuvres, elles deviennent vivipares.

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