‹ Manuel d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 105 sur 155 · REPTILES. — OPHIDIENS · texte numérisé non relu

REPTILES. — OPHIDIENS

plus faible, que le Serpent appartient à une espèce plus dangereuse.

On a remarqué que la deuxième morsure produit des effets moins désastreux que la première, que la troisième en produit

I moins que la seconde, la quatrième moins que la troisième, etc. ; de sorte qu’après avoir fait mordre plusieurs fois des linges, des couvertures à des Serpents venimeux, on a pu les manier avec autant de sécurité que s’ils étaient innocents. Ces faits s’expliquent par la lenteur de la sécrétion du venin, qui se fait par le même mécanisme que la sécrétion salivaire chez l’homme. Tout le monde sait qu’on peut avaler sa salive trois ou quatre fois successivement, mais que le liquide fait défaut pour les déglutitions suivantes.

On manie impunément les Serpents venimeux lorsqu’on leur a enlevé les crochets à venin, mais l’impunité n’est pas de longue durée, car d’autres crochets leur succèdent bientôt. Le venin lui-même est difficilement altérable par le temps; on cite des blessures mortelles faites par des dents de Serpents morts depuis plusieurs années, dents qui avaient conservé dans leur canal des traces du funeste liquide. L’alcool l'altère rapi-

Idemenl.

On peut, d’après l’inspection des dents, partager l’ordre des Ophidiens en plusieurs groupes :

1° Celui des Serpents venimeux, qui comprend tous les Serpents dont les dents antérieures du maxillaire supérieur sont creusées d’un canal (Vipères, Crotales, Trigonocéphales, etc.), ou d’un sillon (Najas), et encore ceux chez lesquels le canal ou la rainure n’existe qu’aux dents postérieures (Celopellis, Dipsas, etc.). Ce groupe comprend donc les Serpents solénoglyphes, les protéroglyphes et les opisthoglyphes.

2° Celui des Serpents non venimeux, formé par les Serpents dont les dents maxillaires ne sont pas pourvues d’un sillon ni cannelées ; c’est-à-dire tous les Serpents aglyphes.

Il faut rapprocher de ce dernier groupe les Serpents à palais dépourvu de dents, tels que les Uropeltis, qui vivent aux Philippines; les Typhlops, qui n’en ont qu’à l’une des mâchoires; les Amphisbènes, dont 1 organisation se rapproche de celle des Lézards.

Serpents venimeux.

La piqûre ou morsure des Serpents solénoglyplies et des protéroglyphes peut être toujours venimeuse; la morsure des Serpents opisthoglyphes ne peut être venimeuse que lorsque ces animaux ont ouvert assez la bouche pour déterminer une plaie avec les crochets qui en occupent le fond.

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