DE L’HOMME AU POINT DE VUE ZOOLOGIQUE
Au point de vue zoologique, l'IIomme appartient à la classe des Mammifères et les animaux qui s’en rapprochent le plus sont les Singes anthropomorphes tels que le Chimpanzé, l’Orang et le Gorille. Linné en faisait un genre distinct; Cuvier une famille; Dugès un sous-ordre; Blumenbach et de Blainville un ordre; Zeucker et Carus une classe. Un grand nombre de naturalistes, faisant intervenir dans la classification les caractères tirés des facultés intellectuelles, et blessés par l’assimilation de l’Homme aux animaux, en ont fait, ù l’exemple d’Aristote, une des grandes divisions de la nature. A ce qu’on appelle règne minéral, règne végétal, règne animal, Treviranus a ajouté le règne humain.
Lorsqu’on ne considère que le côté anatomique et physiologique, l’Homme ne représente pas la perfection dans tous ses organes; les Oiseaux marchent et volent, le Lion, le Cheval parcourent des espaces considérables en peu de temps , l’Oiseau est mieux doué du côté de la vue, le Chien du côté de l’odorat, le Lièvre du côté de l’ouïe. Son cerveau diffère très-peu de celui des Singes anthropomorphes, mais le développement n’est pas le même ; tandis que chez l’Homme les circonvolutions apparaissent dans la vie fœtale d’abord sur les lobes frontaux, puis sur les parties postérieures, chez les Singes, elles se montrent successivement d’arrière en avant. Ainsi, dès l’embryon, il existe une différence nette. La main de l’Homme présente un pouce grand, fort, libre, pouvant toucher de sa pulpe terminale toutes les portions de chacun des doigts ou l’extrémité pulpeuse de tous les doigls réunis; elle se dispose en crampon, en surface sphérique, en gouttière longitudinale et forme un instrument d’une perfection admirable. Dans les Singes en général, plusieurs cas se présentent; chez les A tôles, le pouce ne se montre pas îi l’extérieur, chez la Guenon, le Macaque, le pouce est long, mais son tendon fléchisseur s’insère au fléchisseur commun des doigts, de sorte que le pouce ne peut pas faire de mouvements isolés, chez les Singes anthropomorphes, le tendon reste distinct, mais il s'affaiblit considérablement.
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L’Homme a le pied disposé pour la marche, le pouce est le plus gros des orteils et n’est pas opposable, tandis que chez les Singes, le pouce est le plus petit, séparé des doigts et leur est opposable. 11 ne s’ensuit pas que le pied de ces animaux soit conformé comme leur main, car ils ont, ainsi que l’Homme, un tarse composé de sept os courts, un muscle long péronier latéral, un court fléchisseur commun des orteilset un court extenseur. On uourrait trouver un rapprochement entre les pieds des Singes et ceux des individus de certaines tribus de l’Amérique et de l’Australie. Ces individus ont le pouce du pied séparé des doigts et ils se servent de leurs extrémités inférieures pour ramasser des objets, lancer des pierres, etc., etc.
Si l’Européen se distingue bien nettement des Singes par sa face, celle de quelques peuplades indiennes et océaniennes a presque l’aspect de la face des Chimpanzés; ces derniers, il est vrai, manquent de menton, leurs lèvres sont b peine distinctes, le nez fait à peine saillie, les yeux appartiennent plutôt au crâne qu’à la face, les oreilles n’ont pas de lobules, etc.
La marche de l’Homme est franchement bipède et terrestre, la disproportion entre l’humérus et le fémur rendrait difficile tout autre mode de progression ; celle des Singes se fait naturellement sur quatre membres lorsqu’elle est terrestre; la disposition des pieds et des mains indique clairement qu’elle est habituellement arboricole. Lorsqu’un Singe anthropomorphe marche, les doigts des membres antérieurs ne sont pas étendus comme ceux de la majorité des plantigrades ou des digitigrades, ils sont fléchis, ce sont les portions dorsales des phalanges qui touchent le sol. Les pieds ne reposent pas sur toute la plante, ils deviennent obliques et, comme chez le jeune enfant, ils ne touchent le
I sol que sur leur bord externe. Les différents groupes d’animaux ont des signes qui leur permettent de correspondre entre eux, ils émettent des sons produits par différentes parties de leurs corps ou dans leur larynx, ils les modifient de mille et mille manières et leur font exprimer la joie ou la douleur, la colère ou l’amour, l’IIomnie seul possède la parole.
Si, avec les naturalistes philosophes, on envisage l’ensemble qui résulte de l’union des facultés intellectuelles au corps matériel, l’Homme n’apparaît plus comme à peine distinct des ani-
maux, il possède des qualités (otites nouvelles qui n’appartiennent qu’à lui seul.
11 observe, il cherche à connaître les forces diverses qui règlent la nature et il les trouve. Sa main se fait le dévoué serviteur de son intelligence, et dans quel endroit il vive, son industrie se montre et laisse des traces d’un travail qui n’appartient qu’à lui. S’il a froid, il couvre son corps de vêlements, il produit des foyers de chaleur qui lui permettent d’habiter toutes les latitudes. 11 triomphe de tous les animaux qui l’emportent sur lui eu force et en vitesse, il invente des moyens qui lui permettent de les atteindre, il observe leurs mœurs invariables et se rend maître d’eux par la ruse. L’IIomme ne vit pas seulement de la vie matérielle, ses facultés l’élèvent plus haut; il étudie les autres, s’étudie soi-même, il se préoccupe de son origine et de sa destinée; ses générations progressent et tendent au bien-être matériel, moral et intellectuel.
Races humaines. — Les ethnographes n’admettent qu’une seule espèce d’IIommes mais ils reconnaissent plusieurs races ou variétés qui sont : la Race caucasique, à laquelle se rattachent les Européens, les peuples de l’Asie occidentale, les Arabes, les Abyssiniens, les Nubiens, les Indous, etc.; la race mon- (jolique, à laquelle se rattachent les Chinois, les Japonais, les Esquimaux, les Malais, les habitants d’une partie de l’Océanie; la race éthiopique, qui comprend les peuples de la Guinée, de Bornéo, de Sumatra, de Taïti, des îles Sandwich, des Philippines, etc., et la race liottentote qui habite le sud de l’Afrique. 1. Geoffroy Saint-Ililaire résume ainsi les principaux caractères de ces différents types :
Race Caucasique : visage droit, ovalaire, non proclif, non élargi, prédominance du front et du crâne sur la face ; cheveux lisses ; peau blanche ou noire.
Race Mongolique : visage long, à pommettes proéminentes, élargi, prédominance des parties supérieures de la face ; cheveux lisses ; peau jaune.
Race Étiuouique : visage proclif, non élargi ; prédominance des mâchoires ; cheveux crépus; peau noire.
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Race Hottentote : visage proclif, large ; prédominance des parties moyennes et inférieures de la face; cheveux crépus; peau basanée.
Les Américains à peau rouge d’avant la conquête se rapprochent du type caucasique par leur visage régulier, leurs cheveux lisses, les belles proportions de leur corps. Cuvier et plusieurs auteurs ne regardent la race hottentote que comme une variété de la race nègre ou éthiopique.
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Chaque animal est un individu. La collection d’individus qui se ressemblent par le plus grand nombre possible de caractères constitue l’espèce; tous les individus de la même espèee se reproduisent entre eux et reproduisent des êtres semblables à eux s’ils vivent d’une manière identique; les circonstances extérieures peuvent déterminer certains changements qui amènent les races ou variétés. Une réunion d’espèces constitue le (jenre. La collection de genres s’appelle ordre ou famille. La collection d’ordres ou de familles prend le nom de classe ; celle de classes fait l’embranchement.La réunion des embranchements constitue le règne. L’ensemble des règnes comprend tous les corps de la nature. On admet aussi des sous-embranchements, des sous-classes, des sous-ordres et des sections dans les genres. Telle est la hiérarchie des divisions établies dans les sciences naturelles, mais ces divisions ne sont pas nettement limitées, elles varient avec les progrès de la science ; d’ailleurs il ne faut pas oublier qu’elles ne sont qu’artificielles et qu’elles n’ont été inventées que pour faciliter l’étude. Chaque individu porte deux noms : un nom de genre et un nom d’espèce; ainsi le Cheval et l’Ane, qui appartiennent tous deux au genre Equus, s’appellent, en langage scientifique, le premier Equus caballus, le second Equus asinus.
Les classifications portent le nom de si/sfèmes etsont artififieielles ou de méthodes, et sont dites naturelles. Les premières reposent sur les caractères tirés d’un seul organe ou d’un petit nombre d’organes quels qu’ils soient; les secondes s’appuient sur les caractères tirés de tous les organes, tout en admettant la prépondérance de certains d’entre eux sur les autres, ou autre-
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nient dire leur subordination (1). Avec les systèmes, on n’arrive guère qu’au nom de l’individu; avec la méthode, ou arrive de plus Ei la connaissance de son organisation et à celle du groupe auquel il appartient. « La méthode naturelle est toute lascience, a dit Cuvier, et chaque pas qu’on lui fait faire approche la science de son but. » La question des classifications n’est donc pas, comme le croient les personnes étrangères à la science, une discussion de mois, c’est une question de faits.
Les premiers naturalistes, ne connaissant qu’un pelit nombre d’animaux, durent les étudier un à un. Aristote fil remarquer le premier que certains animaux ont un sang rouge (êv*i p.x) que d’autres n’en ont pas (àvaip,a). 11 forma avec les premiers les groupes Quadrupèdes, Oiseaux, Serpents, Poissons et Cétacés; avec les seconds, les Malacozoaires ou animaux mous, les Entomozoaires ou Insectes et les Malacostracés ou Crustacés. Chacune de ces grandes divisions comprend des subdivisions qui persistent encore aujourd’hui. La classification resta stationnaire jusqu’il J. Ray au xvne siècle et fit peu de progrès ensuite jusqu’il Linné.
Le grand naturaliste (2) partageait le règne animal en six classes :
r À leur tête étaient les Primales qui compre- I naient avec les chau-
Cœur à deux ventricules, deux oreillettes. Sang chaud, rouge.
les deux espèces étaient Homo sapiens et Homo troglodytes.
(Dont les subdivisions ont subi peu de changements.
(t) Selon A. L. do Jussieu.
(2) Linné, Syslema natures, Itolmiæ. 176G.
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Cœur à un ventricule, une oreillette. Sang froid, rouge.
Cœur à un ventricule , sans oreillette. line sanie froide, blanche, en place de sang.
''Poumons... III. Amphibiens.
\. Branchies,. IV. Poissons...
/ Antennes... V. Insectes.
i Tentacules. VI. Veks.
Qui comprenaient les Reptiles comme les Tortues, les Lézards ; les Serpents comme les Crotales, les Boas, et les animaux nageants à respiration branchiale, tels que les • Baies, les Squales, les \ Tétrodons , elc.
I Divisés par rapport à i l’absence ou à la posi- 1 tion des branchies en i A pocles , Jugulaires, f Thoraciques et Abdo- \ rninaux.
Qui comprenaient les Insectes ailés et les Aptères, au nombre desquels étaient les Myriapodes, les Arachnides et les Crustacés.
Partagés en Intestinaux, au nombre desquels se trouvaient la Sangsue et le Lombric; en Mollusques, parmi lesquels figuraient la plupart des Échinodermes , des Acalèphes et tous les Mollusques sans coquille ; en Testace's qui renfermaient tous les Mollusques à coquille, les Annélides à tube calcaire. Les Lilhophyles, tels que les Madrépores; les Zoopliyles, tels que les Gorgones, les Éponges, les Taenias; les Hydres étaient jointes à cette dernière classe.
nocquiLLON.
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Lamarck (1809) (1) partageait le règne animal en deux grands groupes : les animaux sans vertèbres et les animaux vertébrés. Les caractères principaux sur lesquels il s’appuyait pour établir les classes sont tirés de la disposition du système nerveux. Sa classification va des animaux les plus simples aux plus compliqués.
Les animaux sans vertèbres comprennent : 1* les Infusoires; 2° les Polypes ; 3e les Radiaires ; 4° les Vers (ces quatre classes renferment les animaux apathiques) ; 5° les Insectes ; 6“ les Arachnides; 7° les Crustacés; 8° les Annélides ; )90 les Cirripèdes; 10° les Mollusques (ces six classes renferment les animaux sensibles). Les animaux vertébrés sont: 11° les Poissons; 12° les Reptiles; 13° les Oiseaux; 14° les Mammifères (tous animaux intelligents).
Ouvi'er (2) admettait dans le règne animal quatre embranchements.
Les Yertërrés..
Les Mollusques.
Qui ont quatre membres, un squelette intérieur, un système nerveux composé d’un cerveau renfermé dans le crâne, et de la moelle épinière renfermée dans la colonne vertébrale. Sang rouge, cœur musculaire à quatre cavités, bouche à deux mâchoires placées l’une au-dessus de l’autre.
On les divise en :
Qui sont dépourvus de squelette, ont les muscles attachés à la peau. Coquille intérieure ou extérieure. Le système nerveux se compose de masses éparses réunies par des filets nerveux. 11 les divise en :
Mammifères
Oiseaux.
Reptiles.
Poissons.