‹ Manuel d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 115 sur 155 · REPTILES. — CHÉLONIENS · texte numérisé non relu

REPTILES. — CHÉLONIENS

vit dans l’océan Atlantique, et atteint le poids de 200 à 3.00 kilogrammes. La chair et les œufs sont estimés.

La Chélonée imbriquée ( Chelonia imbricata, Sehw), ou Caret, diffère de la précédente en ce que les treize écailles de la carapace sont imbriquées, et que le premier et le second doigt de chaque patte sont munis d’un ongle. Sa chair est mauvaise, mais ses œufs et ses écailles sont très-estimés. Elle vit dans le grand Océan et l’océan Indien.

La Chélonée caouaine ( Chelonia caouana, Schw.) diffère des précédentes par le nombre de ses écailles, qui est de quinze au moins. Elles ne sont pas imbriquées. Cette Chélonée vit dans la Méditerranée et l’océan Atlantique.

Les Sphaugis, Merr., atteignent une taille prodigieuse; celui qui est exposé dans les galeries du Muséum de Paris, sous le nom de Tortue luth, a près de 2 mètres de longueur; ses membres ou nageoires antérieures mesurent chacune 85 centimètres.

On utilise dans les Chélonées la carapace, la viande, la graisse, les écailles. La carapace est employée comme vase, comme bouclier. La viande sert d’aliment ; celle de la Tortue franche est très-estimée, on en consomme en Angleterre une assez grande quantité. La graisse peut jusqu’à un certain point remplacer le beurre et l’huile ; cependant celle des Chélonées caret et caouane est imprégnée d’une telle odeur musquée, qu’on ne peut l’employer dans l’alimentation; on la réserve pour l’éclairage, pour adoucir les frottements des machines, etc. Les œufs sont trèsrecherchés. D’après Duméril, l’albumen a une teinte verdâtre et ne se coagule pas par la chaleur.

De toutes les Tortues marines, celle qui fournit l’écaille du plus grand prix, est le Caret. On chasse cet animal de plusieurs manières : on l’attend sur le rivage, et on le renverse pour le prendre plus tard; ou bien on le chasse dans la mer au moyen d’un poisson connu sous le nom de Naucrale, de Sueet. L’écaille se ramollit dans l’eau bouillante, et peut être modelée comme la cire ou moulée comme les métaux en fusion.

4° OISEAUX

Les Oiseaux (Aves, L.) sont des Vertébrés ovipares, à circulation double, h respiration très-active, à température constante, le plus souvent organisés pour le vol. Leur corps, aminci en pointe à sa partie antérieure, est merveilleusement disposé pour fendre l’air, il augmente progressivement d’avanten arrière. La partie moyenne est occupée par les poumons et par des réservoirs d’air qui donnent à l’oiseau une grande légèreté spécifique, tandis que la partie postérieure est remplie par les viscères qui font office de lest. La peau se revêt de plumes implantées d’arrière en avant, c’est-à-dire dans le sens favorable à la progression. Les membres antérieurs sont convertis en ailes et garnis de grandes plumes ou rémiges, qui sont pour l’oiseau dans l’air ce que les rames sont au bateau dans l’eau. Les membres postérieurs servent à la marche. La queue se garnit, comme les ailes, de grandes plumes ou rectrices qui servent de gouvernail. Chaque plume est une production épidermique, et se compose d’un tuyau, d’une tige, de barbes et de barbules. Ces dernières sont souvent muniesde petits crochets destinés à retenir les barbes entre elles et à transformer la plume en une palette solide résistante à l’air.

Squelette. — Les os des Oiseaux ne sont formés de tissu compacte qu’à la périphérie, ils contiennent une grande quantité de tissu spongieux; le canal central, au lieu d’être occupé par une substance grasse, comme chezl’IIomme et les Mammifères, contient, chez les adultes, de l’air atmosphérique.

Les vertèbres peuvent être partagées en cervicales, dorsales, lombaires et caudales. Les premières sont douées d’une trèsgrande mobilité; leurs corps s’articulent par des facettes arrondies, elles n’ont pas d’apophyses transverses. Les vertèbres dorsales sont immobiles et toutes réunies de manière à former une tige osseuse solide. Les vertèbres lombaires, libres dans le jeune âge, se réunissent plus tard, et forment un cylindre ou sacrum qui s’articule de chaque côté avec les os iliaques. Les vertèbres caudales ont des apophyses épineuses supérieures et inférieures

OISEAUX

et des apophyses transverses; les dernières se réunissent et doni nent lieu à un os en soc de charrue, qui porte les grandes plumes de la queue.

La tête s’articule avec la colonne vertébrale par un seul condyle, qui est reçu dans le corps de la première vertèbre. Comme chez les Tortues, l’os carré est fixé au cr:ine.

Le sternum est très-développé ; il descend souvent jusque sous i le ventre, et porte sur son milieu une crête saillante, 1 ebrechet, qui donne à la poitrine de l’Oiseau la forme d’une carène. Les côtes sont au nombre de sept à onze, et osseuses dans toute leur étendue. Elles s’articulent sans mobilité avec la colonne vertébrale d’une part, avec le sternum d’autre part, et forment une cage solide qui servira de point d’appui pour le mécanisme du vol. Afin de la consolider davantage, chaque côte porte en arrière un appendice qui, !a l’âge adulte, descend sur la côte suivante. L’articulation avec la colonne vertébrale est double : l’une se fait ■ avec la tête de la côte, qui va s’unir à la réunion des deux corps i vertébraux ; l’autre se fait avec le tubercule de la côte, qui s’allonge et va s’unir â l’apophyse transverse. La seule articulation mobile se voit sur le corps de la côte, entre les deux portions n sternale et vertébrale.

L’épaule est formée par trois os : l’omoplate en arrière, l’os

0 coracoïdien et la clavicule en avant. L’os coracoïdien n’est autre que l’apophyse coracoïde distincte et très-développée ; il s’articule, d’une part avec les parties antérieures et latérales du

a sternum, d’autre part avec la tête de l’humérus. Les clavicules sont souvent plus grêles que les coracoïdiens, ce sont elles qui forment la fourchette; elles s’étendent de la partie supérieure de l’os coracoïdien à la partie antérieure et supérieure du bre-

1 ch et.

Les membres antérieurs sont transformés en ailes, composés d’un humérus qui forme le bras, d’un cubitus et d’un radius distincts qui forment l’avant-bras, d’un carpe représenté par une seule rangée de deux os, d’un métacarpe formé par un seul os bifurqué; enfin les doigts sont au nombre de trois : le pouce ' n’est représenté que par un os pointu, le grand doigta deux pliaii langes, et le petit doigt n’en a qu’une. Les plus grandes plui' mes de l’aile, les pennes primaires, sont soutenues par le grand

doigt et le métacarpe, 1rs pennes secondaires ou bâtardes par le pouce, et les pennes communes par le petit doigt. Les autres os supportent les couvertures, autres plumes plus petites qui garnissent la base de l’aile, et qui sont de bas en haut désignées par les noms de grandes, moyennes et petites.

Les os iliaques sont formés de trois portions : les iléons, les ! ischions et les pubis; mais ces deux derniers os ne se rapprochent pas sur la ligne médiane, de sorte que le bassin est ouvert en avant. En arrière, les os iliaques s’articulent avec le sacrum.

Les membres inférieurs sont spécialement destinés à la progression terrestre, lis sont composés d’un' fémur pour la cuisse, d’une rotule libre pour le genou, d’un tibia et d’un péroné pour la jambe. Le péroné n’est distinct du tibia que dans ses deux tiers supérieurs, il se confond avec ce dernier os dans son tiers inférieur; le tarse et le métatarse sont réunis en un seul os, (dans les descriptions, cette partie du membre est toujours désignée sous le nom de tarse). Les doigts sont au nombre de trois ou de quatre, et le nombre de leurs phalanges croît en allant du pouce ou premier doigt au quatrième. Cuvier a remarqué que chez les Oiseaux il quatre doigts, le nombre des phalanges est, en partant du pouce : 2, 3, h, 5, et pour ceux qui n’ont que trois doigts, 3, h, 5 ; les Autruches, qui n’ont que deux doigts, le troisième et le quatrième, ont A cl 5 phalanges. Tous ces doigts sont terminés par des ongles plus ou moins forts, droits ou courbes, acérés ou émoussés, qui dénotent les mœurs des Oiseaux et ont fourni de bons caractères pour la classification. Quelques Oiseaux, tels que les Martinets, les Martins-pêcheurs, etc., ont un ongle au poignet de l’aile.

11 ne faut pas confondre l 'éperon qui existe chez le Coq, par exemple, avec un ongle: l’ongle est mobile avec la dernière phalange du doigt qui le porte; l’éperon est immobile. C’est une production cornée qui enveloppe une éminence osseuse.

Suivant cette loi organique qui veut que lorsque les muscles fonctionnent beaucoup, ils deviennent plus volumineux, lesmuscles les plus développés chez l’Oiseau voilier sont ceux qui meuvent les membres antérieurs. Les muscles pectoraux sont proportionnellement énormes, le grand pectoral « pèse plus que tous les autres muscles de l’oiseau pris ensemble ». La cavité consi-

OISEAUX

dérable qui existe entre la crête du brechet et les côtes est destinée . 4 les loger. Ce sont eux qui constituent ce que, dans le langage culinaire, on nomme le blanc de la volaille. A l’état de vie, les muscles sont en général d’un rouge vif, formés d’une fibre striée excessivement contractile, et renferment fort peu de tissu gras dans leurs interstices. Si l’Oiseau vole peu, s'il est coureur, les muscles de l’aile sont peu développés; ceux des membres inférieurs deviennent plus volumineux, ilse produit même dansleur intérieur des lames d’aspect osseux : c’est ce qu’on voit habituellement dans les cuisses (on devrait dire les jambes) des vieilles Perdrix.

Digestiox. — La digestion est très-active chez les Oiseaux, ces animaux mangent continuellement. Leur régime varie avec les individus et les milieux qu’ils habitent: les uns sont carnivores, les autres insectivores, d’autres encore granivores, etc. Tout dans leur organisation dénote leurs habitudes; de sorte qu’a l’aspect d’un Oiseau, il esi facile de connaître la nourriture dont il fait usage.

La mâchoire supérieure est mobile sur le crâne ; la mâchoire inférieure est formée de plusieurs os ordinairement réunis soli-

> dement. L’une et l’autre sont revêtues d’une substance cornée qui constitue le bec, et dont la forme est aussi variable que le système dentaire chez les Mammifères.

Lesdents manquent, la mastication ne peut par conséquent s’effectuer dans la bouche ; elle se fait dans le gésier. Les crénelures du bec ne servent qu’à retenir l’afiment.

La langue est attachée par la hase à une plaque cartilagii neuse que porte le corps de l’os hyoïde. Elle est plus ou moins M protractile, très-variable de forme et de couleur; épaisse, charnue, jj arrondie en devant, noire, chez les Perroquets; cartilagineuse,

; pointue, jaune, chez les Poules et beaucoup de Passereaux;

longue, pointue, garnie d’épines à la base chez les Pics, elc. La Il salive est fournie par des amas de glandes qui se trouvent ordinairement sous la langue, ou encore par des glandules situées u sur le palais, sur le rebord muqueux des mâchoires.

Le voile du palais fait défaut; mais afin d’empêcher les ali-

> mentsde se rendre dans le larynx, les lèvres de la glotte se feri . ment sur leur passage. L’œsophage fait suite à l’arrière-bouche,

VEKTÉBKÉS.

il présente chez bon nombre rl'Oiseaux, tels que les l'oules, les Perdrix, les Canards, les Moineaux, etc., sur son trajet, une poche qui a reçu le nom de jabot. C’est un réservoir où s’accumule la nourriture ; sa structure est la même que celle de l’oesophage, mais chez les Pigeons il sécrète une substance lactée qui sert à la nourriture des jeunes. A la suite de l’œsophage est le ventricule succenturié, ou deuxième estomac pour les Oiseaux munis d’un jabot. Les parois sont remplies de glandes qui sécrètent du suc gastrique : c’est un liquide fourni par cet estomac que les Salanganes emploient à la confection de leurs nids comestibles si recherchés par les Chinois. Après le ventricule succenturié vient le gésier. Chez nos Oiseaux de basse-cour, c’est une poche dont une partie de la surface extérieure est bleuâtre, irisée; les parois en sont musculeuses, très-épaisses ; la face interne est garnie d’une sorte d’encroûtement plus ou moins épais, jaunâtre, qui se détache avec une grande facilité. C’est dans cet estomac que s’effectue la trituration, et, il cet effet, les Oiseaux avalent continuellement des cailloux destinés à suppléer les dents. La force triturante est telle que, dans les expériences de Redi, de Réaumur et de Spallanzani sur la digestion, des tubes de verre, de métal ingérés étaient tordus, brisés, broyés par le gésier puissant des Oiseaux employés. L’entrée de l’estomac ou cardia, la sortie ou pylore, ne sont pas rétrécies par un muscle circulaire. L’intestin, qui fait suiteà l’estomac, est d’autant plus court que l’Oiseau est plus carnivore; son calibre décroît ordinairement de l’estomac à l’anus. La première anse prend le nom de duodénum; trois autres la suivent et se distinguent entre elles par la manière dont s’attache leur mésentère. La valvule iléo-cæcale est rarement bien développée. La dernière portion de l’intestin porte très-souvent deux, rarement troiscæcums ou un seul ; ils sont rudimentaires, comme chez le Pigeon, la Fauvette, ou très-allongés, comme chez la Chouette, couchés sur l’intestin. Toute la surface muqueuse est munie de petits appendices destinés ù retarder la marche de l’aliment et ù en favoriser l’absorption ; elle contient dans son intérieur des follicules glanduleux, comme chez les Mammifères et l’Homme ; les plaques dePeycr sont abondantes. La dernière portion, ou rectum, se termine dans un cloaque.

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Le foie est volumineux; il est situé à la partie supérieure de la cavité abdominale et divisé en deux gros lobes ; les conduits biliaires se réunissent de manière à former des canaux hépatiques qui vont déboucher directement dans le duodénum : c’est ce qui se voit chez le Perroquet. Tandis que les Pigeons, les Coucous, n’ont pas de vésicule de fiel, les Coqs, les Canards en ont une bien développée, et la bile vient se jeter dans le duodénum par plusieurs conduits.

Le pancréas est situé dans l’anse duodénale et divisé ordinairement en deux lobes; le suc pancréatique vient par plusieurs canaux isolés ou réunis aux canaux hépatiques se jeter dans le duodénum. Dans le Coq, on observe sur cette portion de l’intestin l’embouchure de cinq conduits : les trois premiers amènent du fluide pancréatique ; le quatrième vient directement du foie, et le cinquième de la vésicule du fiel.

Les Oiseaux sont pourvus d’une rate généralement petite.

Système lymphatique. — Les vaisseaux lymphatiques et chylifères sont munis de valvules qui règlent le cours de leur contenu. Tous les lymphatiques des membres inférieurs et du bassin viennent se réunir dans la cavité abdominale, où ils constituent un plexus très-riche qui entoure l’aorte. De ce plexus naissent deux canaux thoraciques qui remontent vers le cou, de chaque ! côté de la colonne vertébrale, et débouchent dans les veines sousclavières et jugulaires. D’autres anastomoses du système lymphatique et du système sanguin existent dans la cavité abdominaleet le bassin. Sur le trajet de quelques lymphatiques du cou, i on rencontre des renflements connus sous le nom de ganglions j lymphatiques ; selon plusieurs anatomistes, ces ganglions ne seraient autre chose que des plexus du lymphatique produits ; par des divisions excessivement nombreuses dans un très-petit ) espace et autour desquels s’enrouleraient des vaisseaux sanguins. Enfin, on découvre dans la région pelvienne quelques autres renflements doués de mouvements pulsatiles très-irréguliers.

Sang, ciuculation. — Le sang des Oiseaux est rouge; ses ) globules rouges sont elliptiques, mesurent en moyenne ^5 de millimètre sur leur grand diamètre, et, sur leur petit, lis r contiennent un noyau difficile ù isoler. Il existe aussi des glo- *' bulcs blancs et des globulins.

Le cœur des Oiseaux est, relativement à leur taille, très-volumineux; il est situé à la parlie supérieure et antérieure du thorax, sur la ligne médiane, entre deux cloisons diaphragmatiques. Un péricarde l’entoure de toutes parts, le rattache en arrière h la cloison diaphragmatique antérieure, et sur les côtés

aux réservoirs pneumatiques cervicaux. 11 se compose, à l’âge adulte de l’Oiseau, de deux cœurs parfaitement distincts, accolés l’un à l’autre:

l’un, le cœur gauche, ne contient que du sang artériel; l’autre, le cœur droit, ne renferme que du sang veineux.

Chacun d’eux est partagé en deux chambres : la chambre supérieure est l’oreillette, la chambre inférieure est le ventricule. Chaque oreillette communique avec le ventricule du même côté par une ouverture dite auriculo-ventriculaire, ouverture munie d’une soupape ou valvule qui permet au sang des cavités supérieures de pénétrer dans les inférieures, mais s’oppose au cours inverse. Les deux oreillettes communiquent entre elles chez l’embryon, plus tard clics deviennent indépendantes; mais l’oreillette droite garde une dépression appelée fosse ovale , qui correspond à l’orifice de l’ancienne communication. Le vcutricule gauche a des parois plus fortes, plus solides que le ventricule droit.

Les troncs veineux qui se jettent dans l’oreillette gauche viennent du poumon, ce sont les veines pulmonaires; elles apportent le sang artériel ; le sang veineux est amené dans l’oreillette droite par trois veines caves. Les embouchures des veines

Fig. 11G. — Cœur do la Foule.

, oreillette droite ; 6, oreillette gauche ; c., ventricule droit; d, ventricule gauche ; c, artère pulmonaire ; f, artère aorte ; (///, artères sous-clavières ; /i, aorte descendante; /i, veine cave inférieure; /, veine porte du foie; m, lambeau du foie; n,o, veines caves supérieures.

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sont situées à la partie supérieure des oreillettes. Les artères naissent de la partie supérieure des ventricules. Celle qui part du ventricule gauche est Y artère aorte, munie il sa naissance de trois valvules semi-lunaires qui règlent le cours du sang : elle porte le sang artériel dans toutes les parties du corps. Celle qui naît du ventricule droit est Y artère pulmonaire ; son entrée est garnie de valvules très-épaisses : elle porte le sang veineux aux poumons. Il n’y a jamais de mélange entre les deux sangs, et la circulation double est complète.

Sur son trajet, l’aorte fournit des artères en grand nombre. Les principales sont : lesbrachio-céphaliques, qui naissent trèsprès du cœur; elles se partagent en carotides, qui portent lesang à la tète, et en sous-clavières, qui se rendent aux ailes. Ces artères fournissent des artères thoraciques, gros vaisseaux chargés d’alimenter les muscles de la poitrine; ils se prolongent jusqu’au ventre, dans les parois duquel leurs branches s’anastomosent avec des divisions artérielles pelviennes, et forment un plexus très-développé dans lequel la circulation est très-active, ce qui contribue à augmenter la chaleur développée pendant l’incubation. En descendant vers le bassin, l’aorte fournit les artères intercostales ; le tronc cœliaque, qui envoie du sang à l’estomac, au foie, ii la rate, au pancréas, aux intestins; des artères mésentériques, spermatiques ; des artères crurales, des artères ischiatiques, qui fournissent les artères rénales, iliaque postérieure, fémorale, poplitée, tibiale, etc.

L’artère pulmonaire, après s’être bifurquée pour donner une branche à chaque poumon, se divise à l’infini dans cet organe; des capillaires unissent ses dernières ramifications aux veines naissantes; celles-ci se réunissent pour constituer les deux troncs qui débouchent dans l’oreille gauche.

Dans la grande circulation, des capillaires unissent aussi l’cx- Irémité des divisions artérielles aux veines. Celles-ci portent sur leurs parois un nombre assez considérable de valvules dont la concavité est dirigée vers le cœur, de sorte qu’elles contribuent beaucoup au cours du sang dans la direction centripète. Cn trouve encore, comme dans les Poissons, les Batraciens, les Kepliles, une veine porte rénale bien marquée. La veine porte du luie est double; celle du lobe droit contient le sang des veines

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mésentériques, tandis que celle du lobe gauche porte le sang veineux de l’estomac; les veines sus-hépatiques débouchent dans la veine cave inférieure. D’un autre côté, les veines de la tête et du cou forment, parleurréunion, deux veines caves supérieures. En résumé, tout le sang veineux des parties inférieures du corps, du tronc, des viscères, revient dans l’oreille droite par la veina cave inférieure; celui de la tête, du cou, des membres supérieurs y est amené par les deux veines caves supérieures. Les poumons ne reçoivent pas d’artères particulières de l’aorte pour la nutrition de leur tissu.

Respiration. — La respiration des Oiseaux est pulmonaire. Les poumons sont au nombre de deux, petits, non lobés, situés à la partie supérieure et latérale du thorax, auquel ils sont üxésen arrière par du tissu cellulaire. Ce ne sont pas les seuls organes dans lesquels l’air s’introduise, car ils sont en rapport de continuité avec des poches volumineuses qui elles-mêmes communiquent avec l’intérieur des os. La trachée-artère est un canal allongé, quelquefois plus long que le cou, logeant alors ses anses dans l’épaisseur de la crête du sternum ; elle est formée d’un grand nombre d’anneaux cartilagineux complets, quelquefois osseux, comme chez le Cygne, ou mous, comme chez le Pigeon. Ces anneaux sont réunis par un tissu élastique et des fibres musculaires ; la paroi interne est garnie de cils vibratiles. Au niveau des poumons, la trachée se partage en deux bronches qui pénètrent dans l’intérieur de ces organes. A leur entrée dans les poumons, les bronches changent de structure : ce sont de simples tubes membraneux qui s’avancent dans l’intérieur, en donnant à droite et à gauche, et très-régulièrement, des rameaux penniformes secondaires, qui eux-mêmes en fournissent des tertiaires, etc. Toutes ces ramifications de plus en plus petites s’anastomosent entre elles, et ne se terminent pas en ampoules. Enfin les branches primaires arrivent jusqu’à la partie postérieure et interne du poumon, où chacune se bifurque et débouche au dehors; des bronches secondaires s’ouvrent de même au dehors par trois ouvertures très-visibles à la face inférieure de chaque poumon.

Les réservoirs aériens sont formés d’une membrane trèsmince, et communiquent avec les bronches par les cinq ouvcr-

OISEAUX

tures de sortie de la surface du poumon; ils sont au nombre de neuf, dont un impair et quatre pairs, tous indépendants l’un de l'autre et placés sur trois niveaux différents. Les antérieurs sont le réservoir claviculaire, situé sur la ligne médiane, entre la trachée et la fourchette, et les deux cervicaux, situés à la partie antérieure des poumons, de chaque coté de la base du cou : ces trois sacs sont hors de la cavité thoracique. Les moyens occupent l’intérieur du thorax : ce sont les deux diaphragmatiques antérieurs, adossés aux poumons correspondants, et les deux diaphragmatiques postérieurs, séparés des précédents par une cloison diaphragmatique. Enfin, les postérieurs sont les réservoirs abdominaux, situés de chaque côté de l’abdomen.

Les réservoirs diaphragmatiques sont les seuls qui n’aient d’autre orifice que celui qui les fait communiquer avec le poumon ; les autres ont des prolongements qui s’étendent jusqu’aux os, et leur fournissent de l’air au moyen de nombreuses ouvertures. Le réservoir claviculaire donne des sacs secondaires qui distribuent de l’air aux clavicules, au sternum, aux côtes, îi l’humérus; les prolongements des réservoirs cervicaux communiquent avec l’intérieur des vertèbres cervicales, des vertèbres dorsales, des côtes; enfin ceux des réservoirs abdominaux fournissent de l’air aux os du bassin, aux vertèbres de la queue, au fémur. Chez quelques Oiseaux, le Fou, le Pélican, il existe même des réservoirs particuliers dans le tissu cellulaire souscutané.

L’air qui se trouve assez souvent dans les os de la mâchoire inférieure ne dépend pas de l’appareil respiratoire; il vient de la trompe d’Eustache. Celui qui emplit le tube des plumes est pris directement à l’air atmosphérique par le perluis ou ombilic supérieur, qui se voit sur la ligne médiane, à la base de la tige.

La disposition de cet appareil explique pourquoi la respiration d’un Oiseau peut s’effectuer lors même qu’on lui comprime la trachée, si l’on a eu soin de faire préalablement une ouverture à l’un des os principaux; pourquoi on peut, en poussant de l’air dans l’humérus, par exemple, insuffler tout l’animal; pourquoi on peut, sans graves désordres pour l’animal vivant, le dépouiller de la partie supérieure du sternum, et mettre son cœur h nu.

Le thorax n’est pas nettement séparé de l’abdomen, comme chez l’Homme. Le diaphragme n’est pas complet; il est remplacé par deux groupes de muscles membraneux. Les uns peuvent être comparés h la portion costale du diaphragme des Mammifères : ils constituent ce qu’on a appelé le diaphragme antérieur ou pulmonaire, et contribuent, par leur contraction, !a la dilatat4on des poumons. Les attaches musculaires se font à l’angle antérieur du sternum, aux faces internes des troisième, quatrième, cinquième et sixième côtes; elles se portent obliquement en haut et en dedans, et se convertissent en une aponévrose dont le prolongement va jusqu’en arrière s’unir le long de la colonne dorsale avec l’aponévrose du côté opposé. La partie aponévrotique forme un plan convexe en dessus, auquel adhère la face inférieure des poumons; elle est concave en dessous et placée sur les réservoirs claviculaire et diaphragmatiques. Les autres représentent assez bien les piliers d’un diaphragme unique; ils constituent le diaphragme postérieur ou thoraco-abdominal , qui sépare les viscères thoraciques de ceux de l’abdomen . cette nouvelle cloison est formée de deux moitiés semblables qui naissent de la partie inférieure du rachis et s’étalent ensuite. La face antérieure ou thoracique s’applique par son milieu sur le péricarde, auquel elle adhère, et par ses côtés sur les réservoirs diaphragmatiques; sa face postérieure ou abdominale s’appuie sur le foie et est doublée par le péritoine.

Les côtes sont, il est vrai, immobiles sur la colonne vertébrale et sur le sternum, mais elles sont formées de deux portions, l’une vertébrale, l’autre sternale, mobiles h leur point d’union ; de sorte que le sternum peut se rapprocher ou s’éloigner du rachis, diminuer la cavité thoracique ou l'augmenter.

Dans l’inspiration, le diaphragme antérieur se contracte, entraîne avec lui la face inférieure des poumoqs, dont il développe le volume antéro-postérieur, tandis que le diaphragme postérieur, par le même jeu, développe le poumon dans le sens vertical; le mouvement des côtes porte le sternum en avant et augmente la cavité thoracique. En même temps, l’intervalle compris entre les deux diaphragmes devient plus considérable, et les sacs diaphragmatiques en profilent pour se gonfler aux dépens, nonseulement de l’air qui arrive des poumons, mais encore de celui

OISEaUX.

qui est déjà emmagasiné dans les autres réservoirs ; ce qui produit chez ces derniers une sorte d’expiration.

Dans l’expiration, le poumon revient sur lui-même, chasse l’air vicié qu’il a reçu du sang veineux, le fait échapper par la trachée, ou le force à passer dans les sacs aériens et les os ; le sternum, se rapprochant de la colonne vertébrale, diminue la cavité de la poitrine, les diaphragmes reprennent leur position première. Il résulte de cet ensemble de mouvements une pression qui diminue le volume des réservoirs diaphragmatiques, et les force à chasser une partie de l’air qu’ils contiennent dans les autres réservoirs et les os.

C’est particulièrement dans le poumon qu’a lieu la transformation du sang veineux en sang artériel, caries réservoirs aériens reçoivent peu de vaisseaux sanguins, et leurs veines se jettent dans la veine cave.

Lorsqu’on touche un Oiseau, on éprouve une sensation de chaleur, ce qui a fait dire aux anciens physiologistes qu’ils sont des animaux h sang chaud , par opposition aux animaux étudiés précédemment, dits animaux à sang froid. Leur température s’élève à peu près à /i0 degrés cenligr. pendant l’été comme pendant l’hiver, dans les pays chauds comme dans les pays froids. Cette particularité a fait remplacer l’ancienne dénomination par celle plus rationnelle d’animaux ü température variable. La source de cette grande chaleur est principalement dans les combustions qui s’exécutent dans toutes les parties du corps de l’Oiseau. Les faits ont démontré que la chaleur développée par un animal est d’autant plus forte, que la respiration et la circulation sont plus actives. Tandis que l’Homme fait 12 à 15 mouvements respiratoires par minute, l’Oiseau en exécute 20 à 25; tandis que le pouls se fait sentir 70 à 80 fois chez le premier, les mouvements de contraction du cœur sont au nombre de 120 à 150 chez le second.

Sécrétions. — Les reins sont assez volumineux, formés ordinairement chacun de trois lobes éloignés l’un de l’autre, comme chez la Poule, ou rapprochés, comme dans le Geai. Ils sont de couleur rouge brun, et situés derrière le péritoine, dans les régions lombaire et pelvienne. Les corpuscules de Malpighi sont bocquii.i.on. 20.

d’une petitesse extrême. Le lobe supérieur est muni d’un canal excréteur qui passe le long des deux autres, reçoit de chacun un conduit qui lui apporte l’urine, et descend directement sans ampoule ni vessie urinaire jusque dans le cloaque. Cette dernière • cavité sert rarement de réservoir urinaire; on y trouve, sur la ! paroi postérieure, une dépression ou petite cavité qui rappelle la vessie des Poissons, mais qui est ici sans usage connu : elle a été appelée bourse de Fabricius.

L’urine des Oiseaux est très-rarement liquide, elle est rejetée souvent en même temps que les excréments; est demi-solide, blanchâtre, se réduit en poussière lorsqu’elle est sèche; est un peu colorée chez les Oiseaux carnivores; est très-riche en acide ■ urique, contient de l’urée, des sels d’ammoniaque, de chaux, etc. I

11 existe dans différentes parties de la peau, et particulièrement à la partie postérieure du dos, au-dessus du coccyx, des glandes qui sécrètent une matière grasse. Ces glandes sont plus développées chez les espèces aquatiques. L’Oiseau les pince avec ; son bec, et en fait sortir une matière huileuse dont il se sert pour lustrer ses plumes et les empêcher d’être mouillées.

Système nerveux. — Le système nerveux des Oiseaux se rapproche notablement de celui des Mammifères et de l’Homme. L’encéphale comprend: i°L ecerveau, formé pardeuxlobespleins, symétriques, dépourvus de circonvolutions, réunis l’un à l’autre à leur partie inférieure par trois commissures. Ce qu’on appelle le corps calleux chez l’Homme n’existe pas ici. Ces lobes cérébraux sont convexes en dessus, plans ou concaves en dessous, reposent sur la base du crâne, sur les pédoncules cérébraux, sur les lobes optiques, et touchent le cervelet en arrière. Ils sont formés de substance blanche et de substance grise non délimitées. Sous chaque lobe, qui se termine en genou en arrière, est une petite cavité allongée ou sinus, qui a reçu le nom de ventricule. 2° Les couches optiques, qui sont rudimentaires, traversées par deux petites bandes qu’on a appelées les rênes de la glande pinéale. Elles forment par leur adossement un petit tubercule grisâtre, et laissent entre elles une petite cavité nommée troisième ventricule. 3° Les lobes optiques, ou tubercules bijwneaux, qui sont placés en arrière et sur les eûtes. Ils sont formé de substance grise, sont creux, et la cavité communique

OISEAUX. 355

avec l’analogue de ce qui chez l’Homme porte le nom d’aqueduc de Sylvius; ils sont réunis l’un à l’autre au moyen de trois commissures, et donnent naissance aux nerfs optiques. /i° Le cervelet, qui est en arrière du cerveau, placé comme un pont sur la moelle allongée. Il est formé d’un gros lobe médian et de deux petits prolongements latéraux; la substance blanche et

Fig. H 7. — Encéphale de la Poule face supérieure et face inférieure).

a, a, hémisphères cérébraux; 6, cervelet; e,c, lobes optiques ou tuherculesjbijumeaux, quadrijumeaux; d, moelle allongée; e, nerf optique ; /'.tubercule optique; g, nerf moteur occulaire commun ou de la troisième paire ; h, nerf trifacial ou de la cinquième paire ; k, nerfs olfactifs on de la première paire ; k', nerf abducteur on de la sixième paire ; l , moelle épinière.

la substance grise y sont distinctes. On a donné le nom de valvule de Vieussens à ce qui le rattache aux lobes optiques, et les fibres qui l’unissent à la moelle remplacent ce qui, chez l’Homme, est appelé le pont de Varole. 5" La moelle allongée, qui est placée au-dessous du cervelet. Elle se continue en arrière avec la moelle épinière, se bifurque en avant, et s’allonge jusque i dans les lobes cérébraux. Elle présente i\ sa surface dorsale des rendements connus sous le nom de pyramides, dans son intérieur une cavité appelée le quatrième ventricule, et sur différents points, des racines des nerfs crâniens.

La moelle épinière est un long cordon qui se rende au niveau de la naissance des nerfs qui se distribuent aux ailes et de ceux qui se distribuent aux membres inférieurs. Dans toute sa longueur est un canal qui commence au quatrième ventricule et qui se termine au niveau du bassin, dans un endroit où les fais-

ceaux (le la moelle se divisent en deux portions latérales pour laisser entre eux un espace elliptique.

Les nerfs crâniens et ceux delà moelle n’offrent rien de particulier.

Le système du grand sympathique est formé de ganglions beaucoup plus petits et beaucoup moins nombreux que celui des Mammifères; il s’étend du crâne à la queue.

Sens. — Les yeux des Oiseaux sont très-gros par rapport au volume de la tète. Chacun est muni de trois paupières. La supérieure et l’inférieure se meuvent de haut en bas et de bas en haut; l’inférieure, bien développée, est très-mobile. La troisième se meut horizontalement; c’est un repli de la conjonctive qui part de l’angle interne de l’œil et glisse sur le globe comme un rideau. L’appareil lacrymal est assez développé. Les glandes qui sécrètent les larmes forment #eux groupes : l’un situé à l’angle externe, comme chez l’Homme; l’autre placé à l’angle interne; des conduits spéciaux amènent le liquide sécrété sur le globe de l’œil. 11 n’y a pas de caroncule lacrymale, mais il existe deux points lacrymaux par lesquels les larmes s’écoulent, pénètrent dans le sac lacrymal, puis dans les fosses nasales. Six muscles rudimentaires font mouvoir le globe de l’œil. La cornée est très-convexe, enchâssée dans la sclérotique, qui constitue en avant un cercle de pièces solides. La choroïde, tapissée de pigment, se dédouble; une portion tapisse la sclérotique, tandis qu’une autre portion, doublée parla rétine, s’avance du fond de l’œil jusqu’au cristallin. Celte seconde portion, plissée en éventail, mérite le nom de peigne qu’on lui a donné. L’iris est large et contractile, la pupille ordinairement ronde. Le cristallin est sphérique chez les Oiseaux aquatiques, un peu aplati chez ceux de haut vol. L’humeur vitrée et l’humeur aqueuse sont abondantes.

L’odorat n’est pas bien développé chez les Oiseaux ; il est si imparfait chez ceux de basse-cour, que ces animaux paraissent insensibles à toutes les odeurs. Les narines sont situées au-dessus du bec, et les fosses nasales sont séparées par une cloison cartilagineuse.

Les Oiseaux n’ont pas de conque auditive, cependant les Chouettes ont une valvule membraneuse qui semble leur en te-

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nir lieu. Ils possèdent un conduit auditif externe et une membrane du tympan ; l’oreille moyenne communique avec la gorge parla trompe d’Eustache, et même avec les os du crâne par un grand nombre de petites ouvertures qui mettent souvent en relation les deux oreilles moyennes. La chaîne des osselets est réduite à un os dont l’office répond à celui de l’étrier chez l’Homme. L’oreille interne se compose d’un vestibule et de canaux demicirculaires; le limaçon est réduit à un cul-de-sac presque droit, et il est partagé en deux par une rampe qui s’étend dans toute sa longueur. Le nerf acoustique se partage en plusieurs branches îi son arrivée dans l’oreille interne; trois se rendent aux canaux semi-circulaires, une s’introduit dans le limaçon.

L’organe du goût est peu développé chez la majorité des Oiseaux; il en est cependant, comme les Perroquets, chez lesquels la langue charnue porte des papilles très-visibles. Une partie du bec des Canards est garnie d’une portion charnue qui sembleêtre pour ces animaux un organe du goût.

Le corps étant garni de plumes et les pattes d’écailles, ces parties ne semblent guère servir aux Oiseaux pour le loucher. 11 est cependant certain qu’ils ne sont pas insensibles aux influences atmosphériques.

Larynx. — Les Oiseaux possèdent deux larynx : un supérieur, qui surmonte la trachée-artère; un inférieur, situé au point de bifurcation des bronches. Le larynx supérieur n’est pas l’organe de la voix, car, lorsque l’Oiseau est privé de la partie supérieure de la trachée, il peut encore se faire entendre. L’ouverture de la glotte, au lieu d’être transverse, comme chez l’IIomme et les Mammifères, est longitudinale; les cordes vocales manquent et les cartilages sont rudimentaires. Le larynx inférieur, au contraire, est admirablement constitué pour la production des sons; la partie supérieure de chaque bronche porte deux membranes ou cordes vocales inégales que peuvent tendre des muscles d’autant plus nombreux, que l’Oiseau est meilleur chanteur: on en voit cinq paires chez le Rossignol et la Fauvette, et il n’en existe qu une seule paire chez le Coucou. L’air arrivant des poumons par les bronches s’introduit dans un renflement situé à la partie i inférieure delà trachée. Ce renflement ou lambour a des parois en partie osseuses, en pari ie membraneuses ; il est divisé au point

rte jonction des bronches par une traverse osseuse que surmonte une membrane mince en forme de demi-lune. Tout le tuyau vocal concourt à la modification des sons ; la trachée peut se raccourcir ou s’allonger, elle présente chez quelques Oiseaux des renflements et des rétrécissements. Tandis que l’Homme, en chantant, est obligé de ménager son vent, de respirer souvent, l’Oiseau, plus riche en air qu’il tient en dépôt dans ses réservoirs, peut produire les modulations les plus nombreuses et les plus variées sans reprendre haleine.

Génération. — Les Oiseaux sont unisexués, leur génération est ovipare.

Fig. 1 18. — Organes génitaux du Coq.

n,n, testieules; b, b, épidiilymes ; c,c, canaux déférents ; U, il, leur embouchure et papille terminale ; c, cloaque ouvert, dont les bords sont rejetés sur les côtés ; f,f, uretères ; fl, leurs embouchures ; h, bord externe de l'anus.

Les nüles ont deux testicules inégaux, situés contre la colonne vertébrale, au-dessous des reins; celui de gauche est ordinairement le plus développé. Leur volume n’est pas le même dans toutes les saisons : ceux des Moineaux, par exemple, sont, en hiver, de la grosseur d’une tête d’épingle, tandis qu’au printemps, époque des amours, ils acquiérent le volume d’une noisette. Chez les Oiseaux des champs, dans notre pays, le printemps est la seule époque pendant laquelle les testicules renferment des spermatozoïdes (fig. 118). Les tubes qui les forment se I réunissent au bord interne de cet organe pour constituer un épididyme i très-flexueux, pelotonné sur lui-même. ' De chaque épididyme part un canal déférent plus ou moins contourné, qui vient déboucher dans le cloaque, sans aucune communication avec l’appareil urinaire. Chez la pluparLdes Oiseaux, l’extrémité de chaque canal déférent estime simple papille vasculaire, sus- j ceptible d’érection pendant le rapprochement sexuel ; mais, chez le Canard, j

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les Oies, les Cigognes, les Autruches, le Casaor à casque et quelques autres, il existe une véritable verge qui, cachée en temps ordinaire, s’érige lors de la copulation.

Les femelles ont, dans l’embryon, un double appareil générateur, mais, à l’âge adulte, celui de droite s’est atrophié, celui de gauche seul persiste. L’ovaire est entouré par le péritoine et situé contre le rein gauche; les œufs s’y développent à la périphérie, en nombre plus ou moins considérable*. Chacun grossit, distend les membranes adjacentes, finit par les rompre et par s’échapper hors de l’ovaire. Au moment de sa chute, l’œuf est recueilli par un entonnoir qui vient se placer au devant de lui. Cet entonnoir ou pavillon est l’entrée de l’oviducte. L’oviducte des Oiseaux est un canal qui, en raison de la forme et de la différence de structure que présentent ses diverses parties, a été partagé en plusieurs portions. Celle qui porte le pavillon s’appelle la trompe; c’est un tube étroit, à paruis minces et à muqueuse peu plissée. En descendant, la partie qui la suit est le tube albuminigène; les parois en sont épaisses, tapissées d’une muqueuse à gros plis, à glandes nombreuses. Enfin, la portion inférieure du canal a été nommée utérus, chambre incubatrice , chambre coquillière ; ses parois sont formées de fibres musculaires longitudinales et circulaires, garnies intérieurement d’une muqueuse très-riche en papilles, en glandes; elle se termine par ün court canal qui débouche dans le cloaque.

Dans l’accouplement des Oiseaux qui n’ont pas de verge, il ne peut y avoir intromission; le mâle monte sur la femelle, la maintient au moyen de son bec et de ses pattes, les cloaques se superposent, et le sperme s’écoule dans l’oviducte. Selon M. Coste, quatorze heures après le coït, chez la Poule, les spermatozoïdes ont déjà pénétré jusqu’au pavillon. Un seul accouplement suffit pour féconder un plus ou moins grand nombre d’œufs, qui descendront successivement dans l’oviducte ; le Coq féconde ordinairement les six ou sept plus avancés.

Qu’une femelle adulte n’ait pas ou ail été fécondée, elle pond. Dans le premier cas, ses œufs ne seront jamais féconds; dans le second, chacun contient le germe d’un Oiseau, et il suffira d’une température de 30 à ZiO degrés centigrades pour le faire développer. C’est pour amenercctte chaleur que la femelle, plus rarement

le mâle, se blottit sur ses œufs pendant des journées entières,

a, ovaire contenant des ovules à différents degrés de développement ; un ovule vient de s’échapper, et laisse sa capsule béante.

b , trompe.

b’, tube albuminigène.

c, pavillon. *

c’ dernière portion de l’oviducte.

d, embouchure de l'oviducte gauche.

e, trace de l’embouchure de l’oviducte droit.

f, vitellus s’entourant de l’albumen ; le tube albuminigène a été ouvert pour laisser voir l’œuf et montrer la muqueuse .

g, œuf se revêtant de sa coquille dans la chambre coquillière, qui a été ouverte.

h, cloaque ouvert.

A-, rectum.

1, partie glu J dense de la marge supérieure de l’anus, il i , in , embouchures des uretères.

Fig 119 - Ovaire et oviducte gauches de la Poule (les membranes qui relient le» 1 ’ ’ anses de l’oviducle ont été supprimées).

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qu’elle les couve. On peut, en soumettant les œufs à cette température et en laissant un libre accès à l’air, faire des couvées artificielles qui réussissent parfaitement.

OEuf. — L’œuf des Oiseaux est revêtu d’une enveloppe calcaire et se compose de plusieurs parties qu’il est facile d’étudier dans l’œuf de Poule.

Lorsqu’on détache avec précaution la coquille après l’avoir brisée, on voit qu’elle est tapissée intérieurement par une membrane mince, blanche, la membrane coquillière, qui, près du gros bout, se dédouble pour former un espace appelé la chambre à air. Cette membrane blanche enveloppe un liquide transparent dont les couches n’ont pas toutes la même densité; les plus externes sont très-fluides, les moyennes le sont moins, les internes sont épaisses; c’est ce liquide qui devient blanc par

! la cuisson et qui est appelé l 'albumen ou blanc. Au centre de l’œuf est le jaune ou vitellus, de forme sphérique, revêtu par la membrane vitelline. Dans le sens du grand diamètre de l’œuf, i les couches internes du blanc sont rattachées à l’enveloppe exi terne par des ligaments contournés sur eux-mêmes et qui ont rj reçu le nom de chalazes , leur couleur blanchâtre les fait distinguer facilement du milieu transparent. Au centre du jaune est une petite masse sphérique de tissu plus clair qui s’allonge sous forme de canal et qui s’étend presque jusqu’à la périphérie, en un point indiqué par une tache blanchâtre ou cicatricule et au-dessous de laquelle il s'élargit en entonnoir. On a appelé couche proligère, l’amas de cellules situées au niveau de l’enton-

noir.

L’œuf n’a pas toujours eu celte composition. Lorsqu’il était encore dans l’ovaire, il était réduit au vitellus, mais ce vitellus n’avait pas la composition de l’âge adulte, il contenait des parties qui ont subi des transformations dès les premiers moments de sa formation. Tout d’abord, c’était un contenu granuleux, analogue du vitellus des Mammifères (vov. page 11) et qui plus tard est devenu la cicatricule de l’œuf; il contenait une vésicule germinative sans tache germinative, mais remplie d’une humeur transparente. Pendant que l’œuf grandit, des couches de cellules se forment autour du vitellus. Après avoir été pris par le pavillon et avoir traversé rapidement la trompe, il arrive

ROCQUII.LON. 21

362 Vertébrés.

dans la partie de l’oviducte appelée le tube albuininigène. La, il s’entoure de l’albumen. Les premières portions sécrétées par la muqueuse forment' autour du jaune une couche d’une densité assez forte appelée membrane chalazifère. Le dépôt devient plus considérable sur les pôles qu’à la périphérie et détermine ces sortes de prolongements connus sous le nom de chalazes. D’abord rectilignes, les chalazes se tordent plus lard, lorsque l’œuf, descendant le canal qui le renferme, tourne sur lui-même. L’œuf grossit, les dernières portions d’albumen sont fluides; enfin la couche superficielle devient une membrane enveloppante qui se dédoubleau gros bout pour former la chambre à air. Ce n’est que lorsqu’il est arrivé dans la chambre coquillière que l’œuf se revêt de son enveloppe solide ; elle est formée par un produit de la muqueuse qui est très-riche en vésicules fournissant une grande sécrétion de carbonate de chaux.

On trouve parfois des œufs qui n’ont, pas cette composition , les uns ont deux jaunes, parce que' deux vitellus pris par le pavillon presque en même temps se sont très-rapprochés dans le passage à travers le tube albuminigène et ont été enveloppés par un albumen commun.

D’autres n’ont pas de coquille calcaire, on leur donne le nom vulgaire ù'œufs hardés ; ce phénomène se produit par plusieurs causes; tantôt c’est parce que la Poule n’a pas absorbé assez d’éléments calcaires pour satisfaire la sécrétion exigée, tantôt c’est la suite d’une trop grande fécondité, les œufs se pressant les uns les autres ne séjournent pas assez longtemps dans la chambre coquillière.

11 se peut encore que les œufs soient inclus, c’est-à-dire qu’un œuf complet se trouve emboîté dans un autre. Ce fait s’explique si l’oti admet qu’un œuf volumineux, non revêtu de sa coque calcaire, arrive dans la chambre coquillière sur un second œuf déjà complet qui y séjourne. Une nouvelle sécrétion de carbonate de chaux enveloppe toute la masse. L’enveloppe calcaire fait ici ce que l’enveloppe albumineuse produisait pour les œufs à deux jaunes.

11 n’est pas nécessaire que l’œuf ail été fécondé pour être le siège des phénomènes de segmentation. Pendant sa descente dans l’oviducte, les parois de la vésicule germinative disporais-

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seul peu à peu, sou contenu se condense et forme un petit noyau opaque. En cet endroit même, par conséquent au centre de la cicatricule, apparaît bientôt un sillon profond, premier signe de segmentation, les deux extrémités montrent ensuite deux sillons secondaires, d’autres apparaissent sur la longueur du premier; de sorte que pendant que l’albumen se dépose, la cicatricule est sillonnée en tous sens. Peu à peu les parties séparées deviennent des cellules à parois propres, chacune possède un contenu granuleux et une vésicule centrale qui elle-même renferme un ou plusieurs globules.

Cuvier s’est servi des caractères fournis par l’examen du bec et des pieds pour partager la classe des Oiseaux en six ordres qui sont : les Rapaces ou Oiseaux de proie, les Passereaux, les Grimpeurs, les Gallinacés, les Échassiers et les Palmipèdes.

L’ordre des Rapaces comprend tous les Oiseaux dont le bec fort et crochu est surmonté à la base supérieure d’une membrane appelée cire, dont les ongles ou serres sont robustes et recourbés. On les partage en Diurnes, qui ont les yeux dirigés sur les côtés et chassent le jour, tels que les Vautours, les Faucons, les Aigles, et en Nocturnes, qui ont les yeux dirigés en avant, tels que les Chouettes.

L’ordre des Passereaux comprend les Oiseaux à bec et à ongles faibles, qui ont un doigt dirigé en arrière et trois doigts en avant. 11 est partagé en deux sous-ordres: l°Gelui des Hémisyndactylës, dont ilne ou deux phalanges seulement du doigt externe sont réunies à l’interne. Ce sous-ordre est divisé en Dentirostres, qui ont le bec assez fort et échancré aux côtés de la pointe. Ex. : les Pies-grièches, les Merles et les Grives, les Loriots; les Fauvettes, les Rossignols et les Roitelets, les Hocbc-queiie et les Bergeronnettes, etc.; en FissircIstrès, qui ont le bec court, aplati à la base et profondément fendu. Ex. : les Hirondelles, les Martinets, les Salanganes, qui chassent le jour, les Engoulevents, qui chassent la nuit; en Conirostres, dont le bec est as-

Îsez fort, conique, sans échancrures. Ex. : les Moineaux, qui se subdivisent en Moineaux proprement dits, Chardonnerets, Serins, Tarins, Bouvreuils, Pinsons, Linottes, Veuves, etc., les Corbeaux qui sc partagent en Corbeaux proprement dits, Geais, Pics, etc. , les Alouettes, les Mésanges, les Étourneaux, les Pique-bœufs, etc.; eu TÉNulROSTRES,

qui ont le bec grêle, allongé, sans échancrures. Ex. : les Grimpereaux, les Huppes, les Colibris et les Oiseaux-mouches. 2° Le sous-ordre des Syndactyles, qui comprend tous les Passereaux chez lesquels le doigt externe, presque aussi long que celui du milieu, lui est uni jusqu’à l’avant-dernière articulation. Ex. les Guêpiers, les Marlins-Pêcheurs, les Calaos.

L’ordre des Grimpeurs comprend les Oiseaux chez lesquels le doigt externe est dirigé en arrière, comme le pouce, de sorte qu’ils ont deux doigts en avant, deux doigts en arrière. Ex. : les Pics, les Coucous, les Perroquets, les Toucans, etc.

L’ordre des Gallinacés comprend des Oiseaux lourds, à jambes courtes, qui ont les narines recouvertes par une écaille et largement percées dans une membrane de la base du bec. Les uns ont les trois doigts antérieurs doublés sur leurs bords et réunis par une courte membrane. Ex. : les Paons, les Dindons, les Faisans et les Coqs, les Pintades, etc.; ies autres ont les doigts dépourvus de membrane. Ex. : les Pigeons, les Colombes, etc., les Cailles et les Perdrix.

L’ordre des Échassiers renferme les Oiseaux à taille élancée, dont les tarses sont très-longs, dépourvus de plumes. En général, une étroite membrane relie entre eux les doigts antérieurs. Il renferme plusieurs familles : 1° Les Brévipennes, dont les ailes courtes sont impropres au vol. Ex. : Casoars, Autruches. 2° Les Pressirostkes, dont le bec est médiocre, mais fort pointu, le pouce manque ou est trop court pour poser à terre. Ex. : Vanneaux, Pluviers, Outardes, Huîtriers, etc. 3° Les Cultrirostres, dont le bec est long et fort, tranchant et pointu. Ex. : les Grues et les Agamis, les Hérons qui comprennent les Butors, les Aigrettes, les Crabiers, etc., les Cigognes, les Savacous, les Spatules, etc. 4° Les Longirostres, qui ont le bec long et grêle. Ex. : les Avocettes, les Bécasses, les Courlis, les Ibis, les Chevaliers, les Échasses, etc. 5° Les Macrodactyles, qui ont le bec comprimé, allongé, les doigts longs bordés ou palmés. Ex. : Râles, Flamants, Poules d’eau, Poules sultanes, etc.

L’ordre des Palmipèdes comprend les Oiseaux qui ont les tarses courts, les pieds palmés, le cou souvent allongé. Il renferme plusieurs familles : 1° Les Plongeurs, dont les jambes sont à l’arricre du corps, les ailes impropres au vol, les plumes serrées. Ils nagent et plongent avec grande facilité. Ex. : Les Plongeons, les Grèbes, les Pingouins, les Manchots, elc. 2° Les Longipennes, dont les ailes sont très-longues.

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le pouce libre ou nul, le bec sans dentelures. Ex. : les Hirondelles de mer, les Goélands, les Pétrels, les Albatros. 3° Les Totipai.mes, dont les quatre doigts sont réunis par une membrane. Ex. : Les Pélicans, les Cormorans, les Fous, les Frégates, etc. 4° Les Lamellirostres, qui ont le bec revêtu d’une peau molle et les bords dentelés. Ex. : les Canards qui comprennent les Canards proprement dits, les Oies, les Cygnes, les Sarcelles, les Eiders, les Harles, etc.

Usages. — Tous les Oiseaux peuvent être employés dans l’alimentation, mais il n’y a que les Granivores qui soient recherchés; les Insectivores et plus particulièrement les Carnivores ont une chair de mauvais goût. Lorsque les volailles sont destinées à l’alimentation, les éleveurs opèrent sur elles la castration ; elles deviennent des Chapons, des Poulardes qu’on engraisse au moyen d’un régime particulier.

Voici le procédé suivi au Mans : La castration des jeunes Coqs et des jeunes Poules est faite lorsque ces animaux sont âgés de quatre mois environ, et l’on choisit pour faire cette opération le printemps et l’automne. Les Chapons et les Poulardes sont ensuite placés chacun dans une épinette ou mue, sorte de cage si étroite que l’animal une fois entré ne peut plus s’y remuer, l’épi nette est déposée dans un lieu assez chaud et obscur. Trois fois par jour la volaille reçoit sept ou huit houlettes composées de farine de blé, de millet, de maïs, de sarrasin, d’orge et trempées préalablement dans de l’eau ou du lait. On refuse toute boisson. Quinze jours de ce régime suffisent, pour engraisser l’animal ii point.

L’engraissement des Oies commence au mois de novembre. On les plume d’abord sous le ventre, puis chaque jour et trois fois par jour, on les force û avaler sept à huit boulettes faites avec une pâtée de pois, de pommes de terre, de farine d’orge, d’avoine et de maïs. Elles ne boivent que de l’eau de son. L’engraissesementdure quinze à dix-huit jours ; il demande beaucoup plus de temps si l’Oie est laissée libre de manger à sa volonté.

Lorsque l’engraissement doit porter plus spécialement sur le loie, on emploie un autre procédé. Voici celui suivi en Alsace :

1 Oie est placée dans une cage étroite de sapin où elle ne peut remuer, le plancher est :ï claire-voie pour l’évacuation des exeré-

366 VEBTÉBRÉS.

ments, un trou est ménagé dans une des parois latérales pour laisser passer la tête de l’animal et lui permettre de prendre sa nourriture déposée au dehors. Celte nourriture consiste en maïs ; un décalitre dure un mois et suffit. Un peu d’eau dans laquelle on a placé quelques charbons de bois est donnée uniquement comme boisson. Vers le 22e jour, on mêle au maïs quelques cuillerées d’huile d’olive. L’animal tué huit jours après donne un foie qui pèse de 2 à 4 kilogrammes. 11 y a quelques années, les engraisseurs avaient la barbarie de crever les yeux desOies maintenues au régime, aujourd’hui ils se contentent de les tenir dans l’obscurité et arrivent h un résultat tout aussi favorable.

Depuis longtemps, en Chine, on fait servir à l’alimentation les nids de Salanganes. Ces Oiseaux ressemblent assez à nos Hirondelles et sont de la même famille; on en compte cinq espèces qui habitent la Chine et l’Archipel Indien; leurs nids, adossés aux rochers, ont la même forme que ceux qui sont construits aux fenêtres de nos maisons; le grand diamètre mesure 6 à 7 centimètres et le petit ou la largeur lx à 5 ; ils n’ont pas tous la même composition, plusieurs sont rejetés comme impropres à la nourriture. On pense aujourd’hui qu’ils sont pour la plupart formés d’Algues agglutinées au moyen d’un mucus particulier sécrété par leur ventricule succenturié. lis sont trèsriches en une matière azotée que M. Payen a appelée cubillose, qui se gonfle dans l’eau froide et dans l’eau chaude et s’y dissout en partie. La matière du nid ramollie a l’aspect de vermicelle.

L’œuf est un aliment complet; les principes azotés y sont représentés dans l’albumen, la vitelline et dans les membranes enveloppantes; les aliments gras dans l’huile que contient le jaune, et les aliments féculents dans le sucre que contient en petite quantité le blanc d’œuf, les principes salins se rencontrent dans toutes les parties.

Les coquilles d’œufs lavées, brisées, pulvérisées et séchées, sont employés pour faire des trochisques. Le blanc d’œuf sert à clarifier les sirops, les vins, etc. ; dans lepremiercas, l’albumine battue se coagule par la chaleur, enveloppe dans ses mailles l’air et les impuretés que le sirop contient Pt vient nager à la

MAMMIFÈRES

surface; clans le second, la coagulation a lieu, non par la chaleur, mais par la présence de l’alcool et l’albumine tombe au fond du vase, entraînant de même toutes les matières solides étrangères. La propriété qu’a le blanc d’œuf de former avec les sels de mercure et de< cuivre des substances non toxiques, en fait un contre-poison efficace dans les cas d’empoisonnement par ces sels. Le jaune d’œuf délayé dans de l’eau constitue l’émulsion connue sous le nom de lait cle poule. L'huile de jaune d'œuf extraite par la pression ou par l’éther a été recommandée contre les gerçures du sein.

Les Oiseaux fournissent une infinité de produits utilisés : les plumes sont employées de mille manières, le guano qui est déposé en quantité si considérable dans les îles de la côte du Pérou est la fiente des grands Oiseaux marins; on l’emploie aujourd’hui en quantité très-considérable comme engrais; on s’en est servi contre les maladies de la peau, les taches de la cornée, etc.

ÏV. — MAMMIFÈRES.

Les Mammifères (Mammalia, L.) (d emamma, mamelle et fere, porter) sont des animaux vertébrés dont la génération est vivipare; les femelles portent des mamelles qui sécrètent la première nourriture des petits. Ce sont des animaux dont la circulation est double et le cœur à quatre cavités, dont la respiratiou est pulmonaire, dont la température estconstante. Ils ont le plus souvent quatre membres et sont pour la plupart destinés à se mouvoir h la surface du sol. Ceux qui ont une autre destination ont un corps approprié au milieu qu’ils doivent habiter; ainsi les Chauves-souris ont il leurs membres antérieurs de larges membranes qui leur servent d’ailes, afin de pouvoir s’élever dans les airs, les Phoques ont les membres transformés en rames, afin de se diriger dans l’eau, les Baleines, qui ne vivent jamais ii terre, manquent démembrés postérieurs, elles sont exclusivement conformées pour la vie aquatique.

La peau se recouvre de poils, tantôt sur presque toute sa surlace, comme chez les Chevaux, les Bœufs, les Chiens, etc., tantôt

sur une certaine partie seulement, comme chez les Marsouins, les Cachalots, etc.; ou bien encore ils se trouvent réunis en plaques comme chez les Tatous, en écailles comme chez les Pangolins et alors l’aspect du corps rappelle celui des Reptiles, mais, dans ce cas même, il existe entre les plaques des poils plus ou moins rares, parfaitement libres.

Squelette. — Les vertèbres peuvent être partagées en cervicales, dorsales, lombaires, sacrées, coccygiennes ou caudales. Les surfaces articulaires des corps vertébraux sont planes. Le nombre des vertèbres cervicales est toujours de sept, que le cou soit trèslong comme celui de la Girafe ou très-court comme celui de la Baleine; il faut cependant faire une exception pour le Lamantin qui n’en a que six et pour l’Aï qui en a neuf. Les vertèbres dorsales sont en nombre variable chez les différents groupes; chacune, excepté la première et la dernière, présente quatre demifacettes articulaires pour l’articulation avec les côtes. Le nombre des vertèbres lombaires varie également, on distingue ces dernières des précédentes à leur manque de facettes articulaires poulies côtes, h leurs apophyses transverses très-larges. Les vertèbres sacrées sont en nombre variable, elles se soudent ordinairement entre elles pour former le sacrum, leurs apophyses épineuses sont très-courtes comme chez les Singes, un peu plus allongées comme chez le Chien, le Chat, ou très-longues comme chez la Taupe ; les vertèbres caudales ou coccygiennes sont, ou peu nombreuses comme chez les Chimpanzés, les Orangs, et alors la queue n’apparaît pas, ou très-nombreuses comme dans le Kanguroo; dans ce cas un os en V situé à la région inférieure delà queue relie entre elles les deux vertèbres adjacentes.

Tous les Mammifères ont un sternum terminé inférieurement par une partie cartilagineuse appelée appendice xiphoïde. Il est ordinairement composé de plusieurs pièces plus ou moins mobiles. Sa forme varie; il est plat et large chez le Gorille, un peu arrondi chez le Chien, présente une sorte de bréchet chez les Chauves-Souris, la forme d’un soc de charrue chez la Taupe, etc.

Le nombre des côtes varie avec le nombre des vertèbres dorsales; on appelle vraies côtes celles qui s’articulant en arrière avec la colonne vertébrale s’articulent aussi en avant avec le sternum, et l’on a désigné sous le nom de fausses côtes ou côtes

MAMMIFÉKES.

vertébrales, celles dont les cartilages terminaux ne S'unissent pas au sternum mais au cartilage, de la côte immédiatement audessus. Les dernières eûtes n’ont ordinairement qu’un cartilage fort petit, leur disposition les a fait nommer côtes flottantes. L’Orang-outang, le Tamarin, le Magot, la Souris, ont douze côtes de chaque côté, comme l’Homme; le Chien et le Mouton en ont treize, le Castor et l’Ours brun quatorze, le Cheval et l’Ane dixhuit, etc.

La tête osseuse se divise en crâne, qui contient l’encéphale et en face, formée de plusieurs os où se logent les organes de la vue, de l’odorat et du goût. En général, lorsque le crâne est bien développé, le front s’avance en avant, la face se rapetisse; dans le cas contraire, le front fuit en arrière, la face augmente. On mesure le rapport de ces parties au moyen de l 'angle facial. C’est un angle formé par deux lignes; l’une est supposée dans un plan qui passe par les narines et les trous auditifs, l’autre, appelée ligne faciale cle Camper, passe par le bord des dents incisives supérieures et la partie la plus saillante du front. Tandis que l’angle facial de l’Européen enfant est de 90 degrés, celui de l’Européen adulte est de 85, celui des jeunes Chimpanzés et Orangs est de 65 à 67 degrés, celui du Bélier 30 et celui du Cheval '23. Comme le faisait remarquer Cuvier : « Le vulgaire même est habitué à attribuer de la stupidité aux animaux qui ont le museau très-allongé, comme les Grues et les Bécasses, qui ont même fait le proverbe; et lorsque quelque circonstance vient à relever la ligne faciale sans augmenter la capacité du crâne, comme cela a lieu, par exemple, dans l’Éléphant et dans la Chouette, à cause de la grande épaisseur du diploéde leur os du front, nous trouvonsà ces sortes d’animaux un air particulier d’intelligence, et nous sommes portés â leur attribuer des qualités qu’ils n’ont pas réellement. On sait que la Chouette était l’emblème de la sagesse, et que l’Éléphant porte aux Indes un nom qui indique qu’il a la raison en partage. »

Les os qui composent le crâne et la face sont loin d’être en même nombre â toutes les époques de la vie et dans toutes les espèces. Dans le fœtus, ils sont d’abord très-nombreux, puis, â mesure que l’animal croit en âge, quelques-uns s’unissent intimement pai1 leurs bords et ne forment plus qu’une seule pièce. Chez les

bÜCQUlI.I.ON . 21.

Singes les plus élevés en organisation, comme chez l’IIomme, le crâne se compose de huit os; quatre sont impairs, ce sont : le frontal, en avant ; l’occipital en arrière; le sphénoïde et l’ethmoïde à la base; les os pairs sont les pariétaux, qui forment une partie de la voûte, et les temporaux, qui sont sur les côtés. Chez la plupart des Mammifères, le frontal reste partagé en deux os, les deux pariétaux, au contraire, se réunissent de bonne heure, le sphénoïde est souvent formé de plusieurs portions distinctes.

La face est souvent composée de plus de quatorze os, nombre normal chez l’IIomme adulte. On y retrouve non-seulement les os qui forment la mâchoire supérieure, les maxillaires supérieurs, les palatins, les malaires ou os jugaux, les os du nez, les os unguis, les cornets inférieurs et le vomer, mais encore souvent des os supplémentaires placés sur la ligne médiane et unissant les os latéraux. Tous ces os varient de taille et de forme et changent l’aspect de la face; les os maxillaires et intermaxillaires peuvent l’allonger considérablement ; la cavité orbitaire n’est complète comme celle de l’Homme que chez quelques Singes, elle est incomplète chez presque tous les Mammifères. Chez le Rœuf, le Mouton, le cadre de l’orbite est complet parce que l’apophyse de l’os jugal s’unit au frontal, mais elle ne rejoint pas le sphénoïde, ce qui fait que la cavité orbitaire est encore incomplète.

Les Mammifères présentent sur le temporal, à la base de l’apophyse zygomatique, une place pour l’articulation du maxillaire supérieur, place qui, chez l’Homme, les Singes, les Chiens, est une cavité nommée cavité alénoïde: sa forme varie chez les différents animaux.

Le maxillaire inférieur a le plus souvent la forme d’un fer à cheval, ses branches montantes viennent s’articuler avec le temporal au moyen de deux condyles. La forme et la disposition de ces condyles varient avec le genre de vie de l’animal. Chez aucun Mammifère, on ne trouve ce rebord saillant de la symphyse qui constitue le menton chez l’Homme.

La tête s’articule avec la colonne vertébrale au moyen de deux condyles situés de chaque côté du trou occipital.

L’épaule est formée ordinairement de deux os ; la clavicule et l’omoplate. Chez tous (es Mammifères qui portent souvent les

MAMMIFÈRES

bras en avant pour saisir des objets, comme les Singes, les Écureuils, les Rats, ou pour progresser dans l’air, comme les Chauves- Souris ou dans la terre comme les Taupes, les clavicules s’articulent comme celles de l’Homme, d’un côté avec le sternum de l’autre avec l’omoplate; chez les Chiens, les Chats, dont les bras n’ont pas tout à fait le même usage, les clavicules restent suspendues dans les chairs ; enfin chez le Cheval, le Bœuf, le Cochon, l'Éléphant, dont les membres antérieurs ne servent qu’à la marche ou à la course, il n’y a plus de clavicule. La forme de l’omoplate varie dans les différents groupes; l’os coracoïdien qui était distinct chez les Oiseaux est ici réuni à l’omoplate et connu sous le nom d’apophyse coracoïde, excepté chez les Ornithorhynques, lesEchidnés. L’humérus existe chez tous les Mammifères, la forme en est très-variable. Le cubitus et le radius sont à peu près disposés de même façon que chez l’Homme et dans la plupart des Singes; le cubitus est rudimentaire chez les Chauves-Souris, il est postérieur chez le Cochon; les Ruminants ont les deux os de l’avant-bras réunis en totalité ou en partie. Les os du carpe sont tantôt au nombre de huit, comme chez l'Homme, tantôt en nombre supérieur ou inférieur, et varient de forme. Les os du métacarpe sont en même nombre que les doigts; cependant, chez le Bœuf, le Mouton, le métacarpe est formé par la réunion de deux os en un seul qui a reçu le nom de canon . Chez les animaux qui ne marchent que sur l’extrémité des doigts, comme les Chiens, les Chats, les Civettes, le métacarpe est relevé et constitue ce qu’on appelle à tort leur jambe.

Dans les vrais Singes, la main est conformée à peu près comme celle de l’Homme, mais elle est moins parfaite; elle se compose decinq doigts dont quatre sont munis chacun de trois phalanges; le premier ou pouce n’en a que deux, séparé des autres et leur est opposable ; chez quelques-uns le pouce est rudimentaire. L’Éléphant a également cinq doigts: ils sont cachés sous la peau. Le Chien, leChat, ont cinq doigts, tous munisdegriffes, le pouce est petit et situé à un niveau élevé; chez les Phoques, le pouce est le doigt le plus long. Les Chauves-Souris ont cinq doigts, le pouce est très-court et porte un ongle. Le Cochon a quatre doigts, les deux plus longs sont en avant et posent à terre, les deux autres sont en arrière et plus courts. Le Bœuf, le Mouton, ûnt quatre

372 VEKTÉimÉS.

doigts, mais deux sont rudimentaires et les deux autres bien développés forment leur pied fourchu. Le Cheval a trois doigts, mais deux sont rudimentaires et latéraux, le doigt bien développé a trois phalanges qu’on désigne par les noms de paturon, de couronne et d’os du petit pied. Chez les Cachalots, les Marsouins, les doigts sont aplatis en nageoires et le nombre des phalanges est plus considérable.

Dans le jeune âge, les os iliaques des Mammifères sont, comme ceux du fœtus humain, formés de trois os: l’iléon, le pubis et l’ischion. Tous trois contribuent à former la fossette dans laquelle s’articule l’os de la cuisse, fossette qui, à raison de sa profondeur chez l’Homme, a mérité le nom de cavité colyloïde. A l’âge adulte, ces os secondaires se sont réunis en un seul. Les os iliaques s’articulent en arrière avec le sacrum et se rejoignent en avant pour former la symphyse du pubis. Chez les Kanguroos, les Sarigues, le pubis porte deux os qui s’élèvent en divergeant et qu’on appelle os marsupiaux; ce sont eux qui soutiennent la bourse ventrale dans laquelle sont les mamelles de ces animaux. Le bassin varie dans ses dimensions, dans la disposition de ses parties, dans sa forme avec les familles et les genres, selon les mœurs de l’individu. II manque complètement chez les Baleines, les Cachalots, les Marsouins, etc.

Le fémur est toujours unique, mais il varie dans ses dimensions et sa forme, une rotule existe dans l’articulation du genou. Le tibia et le péroné sont distincts dans le plus grand nombre des Mammifères, cependant, dans le Cheval, le péroné n’est que rudimentaire et n’accompagne le tibia que dans la moitié supérieure. Chez le Bœuf et le Mouton, le péroné manque complètement.

Les Singes ont, comme l’Homme, le tarse formé par l’astragale et le calcanéum, mais jamais ce dernier os ne forme, en arrière cette tubérosité qui, chez nous, forme le talon. Dans le reste des Mammifères, les différences consistent principalement dans le plus ou moins de mobilité des os du tarse et du métatarse.

Le pied est très-souvent formé de cinq doigts. Chez les Singes, le pouce estopposable aux autres doigts, ce qui transforme leurs pieds en mains ; chez les Chiens et les Chats, il n’existe pas. Chez

MAMMIFERES.

le Cheval, l’Ane, les Cochons, les Bœufs, elc., les doigts de derrière sont disposés comme ceux de devant.

La partiedu membre postérieur que dans le langage ordinaire ou appelle la jambe chez les Chiens, les Chats, les Chevaux, les Bœufs, les Moutons, n’est pas formée par le tibia et le péroné, mais par les os du tarse. La saillie osseuse que ce membre présente en arrière n’est pas leur genou, elle est produite par le calcanéum.

Toutes les parties du squelette des Mammifères présentent des différences si caractéristiques pour les genres et les espèces qu’on peut souvent, avec une simple portion d’os, arriver à la détermination certaine de l’espèce à laquelle il a appartenu.

Les muscles sont plus ou moins développés, et leur examen peut, dans certains cas, donner une idée des mœurs de l’animal. Le Lion, le Tigre, tous les carnivores en général, ont de forts muscles pour ramener la mâchoire inférieure contre la supérieure. Ce sont les muscles de nos Ruminants que l’on mange sous le nom de viande de boucherie.

Digestion. — La nourriture des Mammifères est aussi variable que les espèces. Le Lion, le Tigre, le Loup, le Renard, le Furet prennent leur proie vivante; les Hyènes préfèrent les charognes, les Taupes recherchent les Vers et les Insectes, les Phoques i chassent les Poissons; les Bœufs, les Moutons, engloutissent des masses de fourrage; les Lapins, les Écureuils rongent continuellement. Ces différences de régime sont indiquées non-seulement par les allures des animaux, par la conformation de leurs membres, mais particulièrement encore par la composition delà bouche. Chez presque tous, les maxillairessupérieur et inférieur sont creusés d’alvéoles qui logent les dents. Chez les Singes de l’ancien continent, ces dents sont de trois espèces, en même nombre et disposées comme celles de l’IIonime ; c'est-à-dire que pour chaque moitié de mâchoire, on trouve deux incisives, une ' canine, deux petites molaires et trois grosses molaires; chez les animaux carnassiers, on voit encore les trois sortes de dents, mais les incisives sont plus nombreuses, les canines plus développées, les molaires plus tranchantes; chez les Rongeurs tels que le Castor, la Souris, les incisives sont au nombre de deux seulement à chaque mâchoire, les canines manquent, les mo-

lai i'es sont triturantes; chez les animaux qui ruminent, tels que les Moutons, les Chèvres, il n’y a d’incisives qu’à la mâchoire inférieure, pas de canines à la mâchoire supérieure, deux à la mâchoire inférieure et de nombreuses molaires triturantes se montrent aux deux mâchoires; chez les Marsouins, les Cachalots, toutes les dents se ressemblent ; chez les Pangolins, elles manquent complètement. Chez les Baleines, lesOrnithorynques, elles sont remplacées par des productions cornées; chez les Narvals, la mâchoire inférieure porte dans le jeune âge, de chaque côté de la ligne médiane, deux longues incisives, mais I’une . d’elles avorte, l’autre prend un grand développement, secontourne | sur elle-même et forme une longue épée connue autrefois dans le commerce et en thérapeutique sous le nom de corne de licorne. g*

Dans la plupart des Mammifères, les premières dents appa- 1 rues ne persistent pas, elles portent le nom de dents de lait et sont remplacées par une ou plusieurs séries d’autres plus fortes et plus solides.

La langue est le plus souvent charnue, ordinairement mo- " bile. Les glandes salivaires sont rudimentaires chez les Mammi- g fères qui sont aquatiques, bien développées chez les terrestres, et particulièrement chez ceux qui font usage d’herbes. Ainsi, un - Cheval, pendant qu’il mange, sécrète à à 5 kilogrammes de salive par heure. Ce liquide est produit par une grande quantité de glandules placées dans l’épaisseur des joues, des lèvres, et par trois groupes de glandes qui en raison de leur position ont reçu comme chez l’Homme les noms de glandes paroi ides, sousmaxillaires et sublinguales.

Tandis que chez les Serpents la glotte s’avance jusqu’en dehors de la bouche pendant qu’ils avalent leur proie, afin de permettre l’arrivée de l’air dans les poumons, chez les Mammifères un tout autre mécanisme a lieu. La voûte palatine est garnie d’une membrane ou voile du palais qui sépare la bouche de l’arrière-bouche et permet à l’air qui entre par les fosses nasales de passer dans la glotte. Chez les Phoques, les Baleines, qui vivent dans l’eau, chez le Cheval et l’tëléphant, le voile du palais est plus parfait encore, il entoure la glotte de telle manière qu’il la met en communication avec les arrière-narines, lors même que ces animaux déglutissent.

MAMMIFÈRES

L’arrière-bouche est une cavité commune aux organes de la respiration et de la digestion, elle communique avec les fosses nasales et la bouche, avec le larynx et l’œsophage, avec les oreilles moyennes par les trompes d’Eustache.

L’œsophage est plus ou moins long ; avant de déboucher dans l’estomac, il perce une cloison transversale qui partage la cavité du tronc en deux portions : l’une supérieure ou thorax, l’autre inférieure ou abdomen. Cette cloison est musculeuse h ses insertions, en forme de voûte, sa paroi inférieure est concave, sa paroi supérieure est convexe; elle constitue le diaphragme unique des Mammifères. L’estomac est placé immédiatement sous le diaphragme ; chez plusieurs Singes, il consiste en une poche en forme de cornemuse comme chez l’Homme, présentant une grande courbure inférieure et une petite courbure supérieure; lesglandules qui sécrètent le suc gastrique sont placées dans l’épaisseur de la muqueuse. Chez les Souris, l’estomac est un simple renflement allongé; chez les Castors, il est formé de

I deux gros lobes qui se suivent; il est multiple chez l’Hippopotame, le Lamantin, etc; chez les Ruminants, il se compose de quatre poches d’inégale capacité qui constituent ce qu’en terme de boucherie on appelle les tripes , ces quatre poches sont la panse qui est la plus grande (celle du Bœuf peut contenir de 50 ii 100 kilogr. de foin) et communique directement avec l’œsophage au moyen d’une ouverture en forme de boutonnière ; le bonnet, beaucoup plus petit que la panse, d’une structure différente, et qui en est une dépendance; le feuillet ou troisième estomac qui communique d’une part avec l’œsophage par une rigole et d’autre part avec la caillette qui est le quatrième estomac etcelui qui sécrète le suc gastrique. L’embouchure de l’œsophage ! dans l’estomac a la forme d’un entonnoir chez le Chien et le Chat, aussi ces animaux vomissent-ils souvent, tandis que, chez le Cheval, les contractions de l’estomac resserrent le cardia et s’opposent complètement au vomissement. L’intestin a été comparé k celui de l’Homme et partagé aussi en petit et en gros intestin, le petit intestin a été subdivisé en duodénum, jéjunum et iléon, le gros intestin en cæcum, côlon et rectum; ces divisions établies n’ont pas toujours raison d’être et le plus souvent on ne peut leur assigner de limites naturelles. Le petit intes-

o7(i VERTÉBRÉS.

tin est cylindrique, le gros intestin, boursouflé. Le cæcum est ordinairement bien développé chez les Mammifères herbivores; il est très-volumineux chez le Cheval, le Lapin, etc., il est rudimentaire chez le Chat, plus allongé chez le Chien et manque chez les Ours. La valvule iléo-cæcale existe chez presque tous les Mammifères. La muqueuse du petit intestin donne des prolongements qui représentent les valvules conniventes, les villosités qu’on observe sur celle de l’Homme. On y retrouve aussi les mêmes glandes; celles dites de Brunner sont très-développées chez le Lapin; les tubes de Lieberkühnsontgrands chez le Cochon, bi ou trifurqués chez le Chat; les plaques de Peyer sont abondantes chez le Chat, le Chien, le Porc. Il existe parfois dans la dernière portion de l’intestin des glandes qui y versent leur contenu; ailleurs, comme chez la Civette, le Castor, le Musc, les produits sont sécrétés dans le voisinage et versés hors du tube digestif.

Chez presque tous les Mammifères, le rectum débouche par l’anus au dehors et n’a aucune communication avec les conduits urinaires ou génitaux, mais chez l’Ornithorynque, l’Echidné, les Marsupiaux, il existe un véritable cloaque dans lequel viennent se rendre les produits des organes génito-urinaires et les excréments.

Le foie existe chez tous les Mammifères, mais tous n’ont pas de vésicule biliaire; elle manque chez beaucoup de Rongeurs, chez le Cheval, chez l’Éléphant ; son existence n’est pas liée au régime, car elle existe aussi bien chez le Lion et le Tigre qui sont carnivores que chez le Cochon et le Kanguroo qui sont herbivores. La bile est versée tantôt directement dans le duodénum, c’est ce qui se voit chez les animaux dépourvus de vésicule biliaire, tantôt le foie envoie des canaux qui débouchent directement dans la vésicule du fiel, comme dans le Bœuf et le Mouton ; tantôt le canal ou les canaux qui descendent du foie rejoignent le canal cystique; dans ce cas, le canal qui résulte de la réunion s’appelle canal cholédoque, c’est lui qui débouche dans l’intestin. Bon nombre de Carnivores présentent comme l’Homme celle particularité.

Le pancréas existe chez tous les Mammifères, il est situé dans le voisinage de l’estomac, mais sa forme varie. Chez le Cheval,

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il est muni de deux conduits excréteurs ; chez le Lièvre et le Lapin le conduit est unique et son embouchure se fait dans le duodénum, à une assez grande distance de celle du conduit de la bile.

C’est particulièrement chez les Mammifères que les phénomènes de la digestion ont été le mieux étudiés. On sait que tous les aliments introduits dans le tube digestif et qui ne sont pas solubles le deviennent s’ils doivent passer dans le sang. Ce sont la salive, le suc pancréatique et le suc intestinal qui font subir ces changements aux aliments féculents en les transformant en glycose ; le suc gastrique et le suc pancréatique les opèrent sur les aliments albuminoïdes qu’ils changent en peptone ; enfin la bile, le suc pancréatique et le suc intestinal émulsionnent les aliments gras. Tous les viscères de la cavité abdominale sont revêtus par une tunique séreuse appelée péritoine.

Absorption. — Les vaisseaux lymphatiques forment un réseau très-riche; ils diffèrent de ceux des animaux précédemment étudiés en ce que leurs valvules et leurs ganglions sont plus nombreux et qu’on ne trouve plus de cœurs lymphatiques, qu’il n’y a plus d’anastomoses avec les vaisseaux sanguins; les seules communications sont à l’embouchure des gros troncs. Ce sont les chylifères de l’intestin qui sont chargés de prendre, il travers les parois intestinales, les produits absorbables de la digestion, mais ce ne sont pas les seuls, car les veines absorbent aussi les aliments transformés en glycose et en peptone. Les chylifères et tous les lymphatiques de la partie inférieure du corps se rendent dans un réservoir appelé la citerne de Pecquet située dans la région lombaire. De lit naît un canal thoracique qui s’élève sur le côté gauche de la colonne vertébrale et emporte tout le liquide qu’il dépose dans la veine sous-clavière gauche. Celte disposition, qui appartient à l’Homme, se retrouve dans la plupart des Mammifères. Chez le Cochon, il n’y a de même qu’un canal thoracique, mais il s’ouvre le plus souvent dans la veine azygos; chez le Bœuf, chez le Cheval, il y a deux

canaux thoraciques, mais chez le premier, l’embouchure a lieu au point de réunion des jugulaires avec les axillaires, tandis que, chez le second, elle se fait dans la veine cave supérieure ou antérieure, au point de réunion des jugulaires. Les vaisseaux lymphatiques de la tête, du cou, des membres antérieurs ou supé-

rieurs se réunissent pour former la grande veine lymphatique droite qui se jette ordinairement dans la veine sous-clavière de ce côté.

Sang. Circulation. — Les globules rouges du sang sont circulaires; il faut cependant faire uneexception pour le Chameau, le Lama, qui les ont elliptiques, comme les Vertébrés ovipares. Chez aucun Mammifère à l’âge adulte, les globules ne contiennent de noyau central; au lieu d’être renflés, ils sont biconcaves, plus épais sur les bords qu’au centre. Les plus petits sont ceux du Chevrotain de Java, il n’ont que ~ de millim. de diamètre, les plus gros sont ceux de l’Éléphant, ils ont ^ de mill. Ils ne sont pas en rapport avec la taille de l’animal, car leur diamètre est chez le Chat vfr de mill., tandis qu’il est de ~ chez le Lion, mais plutôt avec l’agilité. Les globules blancs et les globulins existent en nombre plus ou moins abondant.

Le cœur est situé dans la cavité thoracique et à sa partie antérieure, entre les deux poumons; il est entouré par le péricarde. Comme celui des Oiseaux, il est partagé en quatre cavités complètes et résulte de l’adossement de deux cœurs. Chez le Dugong, le Lamantin, les deux ventricules ne sont pas intimement accolés. Chez le Bœuf, le Cerf, souvent chez le Porc, la Chèvre, on trouve au haut de la cloison interventriculaire un petit os connu sous le nom d’oscZu cœur. Les valvules qui permettent ou empêchent la communication des oreillettes avec les ventricules ont pris des noms qui rappellent leurs formes; celle du cœur gauche s’appelle valvule mitrale ou bicuspide, celle du cœur droit valvule tricuspide ou triglochine. Le ventricule gauche a ses parois bien plus fortes et plus épaisses que le ventricule droit ; le premier donne naissance à l 'aorte qui va répandre le sang artériel par tout le corps; le second donne naissance à l 'artère pulmonaire qui va porter le sang veineux aux poumons; les deux troncs sont munis â leur originede trois valvules sigmoïdes (pii s’opposent au retour du sang dans les ventricules. L’oreillette gauche reçoit les quatre veines pulmonaires qui apportent le sang artériel des poumons au cœur; leur embouchure manque de valvules. L’oreille droite reçoit la veine cave supérieure dont l’embouchure est également privée de valvules, reçoit la veine co-

MAMMIFÈRES

ronaire qui tantôt est libre, tantôt porte la valvule de Thébésius, la veine cave inférieure qui est munie le plus souvent de la valvule d’Eustache. Cette valvule n’existe pas chez le Chien, le Cheval, le Cochon. L’aorte, née de la partie supérieure du ventricule gauche, se dirige d’abord en haut et à droite, puis se recourbe, se dirige à gauche et descend le long de la colonne vertébrale. Tandis que chez les Oiseaux, les troncs qui se rendent aux ailes et à la tête naissent presque au même lieu que l’aorte, chez les Mammifères, ils naissent plus haut, mais les dispositions qu’ils affectent changent avec les différents animaux, les principaux changements portent sur la naissance des artères qui I se rendent au cou, à la tête et aux membres supérieurs. Lorsque le sang a été répandu dans toutes les parties du corps par les artères et les capillaires qui leur font suite, il est repris par les veines, canaux centripètes munis le plus souvent de valvules intérieures qui ressemblent à celles des vaisseaux lymphatiques.

ILes veines des intestins se rassemblent pour constituer une veine porte qui se jette dans le foie et s’y ramifie. 11 n’y a pas de veine porte pour les reins. Tout le sang veineux de la partie postérieure du corps (inférieure pour l’homme) et des veines susl hépatiques se rend dans la veine cave supérieure ou antérieure et celui des parois du cœur dans la veine coronaire. D’un autre côté, l’artère pulmonaire se divise à l’infini dans les poumons, des capillaires unissent ses dernières ramifications aux veines pulmonaires qui elles-mêmes débouchent dans l’oreillette gauche.

On a remarqué que chez l’Aï, dont les mouvements sont d’une lenteur extrême, les gros vaisseaux veineux des membres sont i remplacés par des plexus formant une sorte de réseau autour des troncs artériels.

Respiration. — La respiration est pulmonaire. Les poumons sont au nombre de deux, inégaux, placés dans la cavité thoracique, entre les parois latérales et entourés par une membrane séreuse appelée plèvre; ils reposent sur le diaphragme. L’air qui est amené aux poumons passe parla bouche ou les narines, l’arrière-bouche, le larynx, la trachée et les bronches. Les anneaux qui entrent dans la composition delà trachée ne sont cartilagineux que dans leur portion antérieure, mais le faii n’est pas

général. Le plus souvent la trachée se bifurque en deux bronches. Chez la Chèvre, le Mouton, le Cochon, il existe de plus une bronche accessoire. Arrivées dans les poumons, les bronches s’y ramifient à l’infini, perdent peu à peu leurs anneaux rigides, gardent leur muqueuse garnie de cils vibratiles jusqu’à ce qu’elles se terminent en une petite ampoule simple ou multilobée formée uniquement d’une membrane excessivement mince, sans aucune trace de cils vibratiles; ces dernières parties ont reçu le nom de cellules pulmonaires. Des capillaires qui unissent l’artère pulmonaire aux veines pulmonaires serpentent sur leurs parois. Il résulte de l’union intime de toutes ces parties les masses qui constituent les poumons. Ces organes sont tantôt entiers, non divisés comme chez le Cheval, tantôt ils présentent des scissures comme chez la Chauve-souris, tantôt enfin ils sont lobés; chez le Rat, le poumon gauche est entier, le poumon droit est multilobé; chez le Chien, le Chat, le poumon gauche est composé de trois lobes, celui de droite en a quatre. On sait que chez l’Homme le poumon gauche est bilobé, que celui de droite a trois lobes.

C’est à travers les parois des vésicules pulmonaires doublées de celles des capillaires que s’effectue la respiration. Le sang veineux devient artériel, son sérum cède à l’air qui s’échappe l’acide carbonique dont il est chargé et les globules prennent à l’air qui entre l’oxygène qu’ils emportent dans le torrent de la circulation.

L’entrée de l’air dans la poitrine est due à l’agrandissement du thorax, qui permet l’augmentation de volume des poumons, et l’agrandissement du thorax est dûà l’abaissement du diaphragme, à la projection en avant du sternum et au soulèvement de la partie sternale des côtes; dans l’expiration, les poumons reviennent sur eux-mêmes par leur propre élasticité, le diaphragme se dilate, les côtes, le sternum, reprennent leur position première par suite de l’action des muscles expirateurs.

Le nombre de mouvements respiratoires varie avec chaque Mammifère; la respiration, sans être aussi active que chez les Oiseaux ne laisse pas d’avoir une certaine énergie. Les combustions intérieures produisent une température de 37 degrés, et cela au Sénégal comme au Spitzberg. Cette température qui. dans

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nos climats, est supérieure à celle de l’air ambiant avait lait donner aux Mammifères le nom d’animaux à sang chaud. Il est cependant certains de ces animaux qui pendant toute une saison supportent un abaissement considérable de température ; ce sont les animaux hibernants tels que le Loir, le Lérot, la Marmotte, le Hérisson, les Chauves-souris. On sait que le nombre des mouj vements respiratoires diminue pendant le sommeil, que par con- I séquent la quantité de chaleur développée est moindre. Ces animaux s’endorment à l’entrée de l’hiver, respirent à peine, se re- 1 froidissent et ne se réveillent qu’au printemps, époque à laquelle : ils reprennent leur vigueur.

Sécrétions. — Tous les Mammifères ont deux reins, deux uretères, une vessie urinaire avec l’urèthre conduit excréteur, Les reins sont situés dans la région lombaire, de chaque côté de la colonne vertébrale, à des niveaux souvent un peu différents, entourés d’une atmosphère graisseuse. Ce sont eux qui, chez le Porc et les animaux de boucherie, constituent les rognons. Tantôt les reins sont formés de lobes entièrement distincts, comme chez l’Ours brun, la Loutre; tantôt, comme dans le Bœuf, les lobules ne sont pas entièrement libres, mais le rein a l’aspect mamelonné; chez le Lapin, le Cheval, comme chez j l’Homme, tous les lobes sont parfaitement réunis, accolés, de : telle manière que la surface extérieure des reins est parfaitement i lisse. Dans ce dernier cas, ils ont à peu près la forme d’un haricot et le point le plus concave du bord interne du rein reçoit le i nom de hile; c’est par là qu’entre l’artère rénale, quesortent la veine rénale et l’uretère- Les uretères reçoivent toute l’urine sécrétée; ils la conduisent à la vessie dans laquelle ils débouchent obliquement vers son tiers postérieur ou plus près du col. La vessie est un sac ovoïde ou allongé, placée entre le rectum et la paroi antérieure du ventre chez les mâles, entre le vagin et, éga- : lemenl la paroi du ventre chez les femelles ; elle est plusdévc- ( loppée chez les herbivores que chez les carnivores et est garnie I inférieurement d’un anneau musculeux, d’un sphincter qui emi pèche l’émission continuelle de l’urine. Chez les mâles l’urèthre se réunit au canal excréteur du sperme pour former un conduit commun. Les femelles des Mammifères en général ont un urèthre qui débouche directement au dehors, en avant de Couver-

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ture du vagin ; chez l’Ornithorhynque, l’Echidné, les Marsupiaux, il y a exception ; l’urèthre débouche dans le cloaque.

L’urine des Mammifères est liquide, elle contient 93 pour 100 d’eau, une forte proportion d’urée, de l’acide urique, des sels d’ammoniaque, de soude et de magnésie, des matières colorantes, etc.

Toutes les femelles des Mammifères portent des mamelles pour la sécrétion du lait. Les mêles n’en ont que de rudimentaires. Elles ne reposent pas toujours sur du tissu rempli de graisse , comme chez la Femme, le plus souvent, elles nese montrent bien développées qu’à l’époque de l’allaitement. Leur nombre est ordinairement en rapport avec celui des nouveau-nés d’une portée. Les Singes, les Chauves-souris, les Juments, les Éléphants, les Baleines, les Rhinocéros, en ont deux; les Vaches en ont quatre; les Chattes en ont huit; les Lapines, les Chiennes, les Truies en ont dix ; le Rat en a douze, l’Agouti quatorze. Leur position varie : elles sont pectorales chez les Singes, les Chauvessouris, les Éléphants, les Lamantins; abdominales chez les Rhinocéros, les Hippopotames; inguinales chez le Cheval, l’Ane, la Vache, la Chèvre; à la fois pectorales, abdominales et inguinales chez la Chatte, la Chienne, la Lapine, la Truie où elles présentent deux rangées de mamelons de chaque côté de la ligne médiane ; chez les Baleines, les Cachalots, les orifices des mamelles sont à droite et à gauche de la vulve; chez les Marsupiaux, les mamelons sont placés dans la poche abdominale qui reçoit les petits à leur sortie des organes génitaux ; enfin le Myopolame eoypu les porte sur le dos.

Les mamelles sont presque toujours munies d’un bout ou mamelon que le nouveau-né saisit avec la bouche; chez les Baleines, le mamelon n’existe pas, c’est par la volonté de la mère que la glande pressée par des muscles envoie des jets de lait dans la bouche du Baleineau. Les glandes qui sécrètent le lait sont des grappes composées formant des lobules, des lobes, dont tous les canaux excréteurs se réunissent pour former des conduits galactophores qui viennent déboucher au centre du mamelon* Chez les Ornithorhynques, ces glandes ont la forme de tubes f simples eu cæcum et, chez les Baleines, les tubes sont ramifiés.

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Le Lait est comme l’œuf un aliment complet ; c’est la nourriture exclusive du jeune Mammifère et elle lui suffit. Il contient une très-grande quantité d’eau, des matières azotées dissoutes telles que la caséine, l’albumine, des globules gras qui constituent le beurre, un sucre particulier et des sels inorganiques. Il est toujours plus dense que l’eau.

Lorsqu’on laisse exposé à l’air, dans un vase, le lait extrait récemment de l’animal, on voit apparaître bientôt à la surface les globules gras qui constituent une couche blanche, opaque, douce au toucher, qu’on désigne par le nom de crème. Sous celte couche, s’en trouve une autre plus blanche encore qui, par l’action prolongée de l’air ou celle de la chaleur se coagule et forme le caséum ou fromage ; au fond du vase est un liquide transparent, jaune verdâtre, h saveur aigre, qui a sur le tournesol une réaction acide; c’est le sérum ou petit-lait, il contient la plupart des sels du lait, un peu d’acide lactique et la lactine ou sucre de lait. Le beurre s’obtient en battant la crème ; dans cette opération, on sépare la petite quanlitité du caséum qui se trouvait dans la crème des globules bulyreux qui se groupent entre eux. Le sucre de lait s’extrait du petit-lait qui, après avoir été chauffé,

fie laisse déposer en refroidissant.

Le lait acquiert souvent les caractères des plantes dont se nourrit l’animal ; Parmentier et Deyeux ont démontré qu’il avait l’odeur du poireau trois jours après que les Vaches avaient fait usage de cette plante, qu’il se colorait en rouge lorsque l’animal faisait usage de garance. 11 a été constaté que le lait possède les propriétés des médicaments tel que iodures, sulfures, chlorures donnés â la mère; de là un nouveau mode d’administration de médicaments aux enfants à la mamelle. Le lait des femmes adoni bées aux boissons telles que l’absinthe, l’anisetle, prend la sa~ j veur caractéristique de ces boissons.

La peau des Mammifères contient une plus ou moins grande quantité de glandes en tubes qui sont chargées de sécréter la ' sueur; chez les Moutons, par exemple, elles sont de fort calibre ! et nombreuses, chei les Chiens elles sont fort petites. C’est aussi dans la peau que sont les glandes qui sécrètent la matière grasse connue sous le nom de matière sébacée. On trouve des glandes pïéputiales chez tous les mâles de Mammifères; elles sont sou-

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vent peu apparentes, niais chez les Campagnols, les Rats, les Hamsters, elles sont bien développées et chez le Musc et le Castor elles sont volumineuses.

Chez plusieurs autres Mammifères on trouve des glandes dans le voisinage de l’anus ; chez la Civette, l’ouverture de sortie du produit est placée entre l’anus et la vulve ou le prépuce ; chez le Cochon d’Inde, elle est située au-dessus de l’anus ; chez l’Iehneumon les ouvertures de sortie sont en grand nombre et forment un cercle dont l’anus occupe le centre; chez l’Hyène, chez le Blaireau, ces glandes sont placés entre l’anus et la queue. Les produits sécrétés ont une odeur très-forte, ceux du Blaireau du Cap ont fait donner à cet animal le nom de Blaireau puant.

Les Cerfs, les Antilopes ont l’os maxillaire supérieur creusé de deux fosses occupées par des sacs connus sous le nom de larmiers; leurs parois sécrètent une humeur noirâtre, épaisse, qui arrive au dehors par une fente longitudinale.

Les Éléphants ont, dans la région temporale, une grosse glande dont le conduit débouche entre l’œil et l’oreille, à égale distance de l’un et de l’autre. Elle sécrète une humeur visqueuse, fétide, plus abondante chez les mâles, particulièrement â l’époque du rut.

La production connue sous le nom d’iwnre est la substance même des défenses de l’Éléphant.

Les cornes sont des productions particulières qui se montrent sur la têtedes animaux ruminants, les Chevrotains exceptés et sur le nez du Rhinocéros ; chez ce dernier animal, la corne est pleine et formée de poils agglutinés; elles sont creuses et recouvrent les épiphyses osseuses chez le Bœuf, la Chèvre, le Mouton et persistent pendant toute la vie. Chez le Cerf, elles sont pleines et tombent chaque année, elles ont reçu le nom de bois.

Les fanons de la Baleine, désignés habituellement sous le nom de baleines, sont des lames cornées, solides, flexibles, nées sur les bords de la muqueuse palatine. Elles forment de chaque côté de la bouche des plaques parallèles multifides à leur extrémité libre et simulent deux immenses peignes dont les dents peuvent avoir jusqu’à 5 mètres de longueur. Lorsque la bouche est fermée, cet appareil se loge dans une rainure qui existe entre les branches de la mâchoire inférieure et la langue;

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lorsqu’elle est ouverte, les fanons se montrent sur les côtés comme un grillage, empêchent de s’enfuir les nombreux Poissons introduits par le courant, mais laissent s’échapper au dehors l’eau qui les avait introduits.

L’Ornithorhynquemâle possède une glande à venin placée à la face externe du fémur; le liquide sécrété descend par un canal jusqu’au tarse, et là il s’emmagasine dans un réservoir. De ce réservoir naît un conduit court communiquant avec la base d’un éperon qui recouvre une éminence osseuse du tarse et contient aussi un passage pour le canal excréteur; il présente un oritice de sortie près de sa pointe. C’est en piquant avec son éperon que l’Ornithorhynque inocule un venin qui produit des effets analogues à celui des Abeilles.

Tous les embryons de Mammifères ont à la base du cou une glande sans canal excréteur nommée le thymus; c’est elle qui constitue chez les Veaux ce que, dans le langage culinaire, on appelle le ris de veau. Elle s’atrophie après la naissance, à mesure que l’animal avance en âge.

Le corps thyroïde qui environne le larynx et les capsules surrénales qui surmontent les reins ont la même composition que le thymus, mais ces glandes persistent pendant l’âge adulte. Le premier est très-développé chez l’Éléphant ; c’est lui dont le développement anormal constitue le goitre chez l’Homme. Les secondes sont particulièrement volumineuses chez les Rongeurs.

La rate a été placée comme les trois glandes précédentes dans la division des glandes sanguines ; elle est ordinairement située à la gauche de l’estomac, maintenue par des vaisseaux et les replis du péritoine. Chez les Ruminants, elle est au côté gauche de la panse; chez les Dauphins, la rate est parfois partagée en sept lobes distincts.

On trouve assez souvent dans m tube digestif des Mammifères des concrétions plus ou moins solides connues sous le nom de bézoards. Elles ont joué dans l’ancienne thérapeutique un rôle important; on les considérait comme une véritable panacée; aujourd’hui encore, ils ont une grande valeur en Perse et dans les Indes. Les plus connus étaient le bézoard oriental ou de Vœgayre, nommé encore bézoard résineux vert, bézoard lithofellique par M. Guibourt; on le recueillait dans la

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caillette de la Chèvre ægagre; le bêzoard fauve ou ellagique se récoltait dans l’estomac du Porc-épic et se nommait pour cette raison pierre de porc ou encore pierre de Malacca ; la pierre bujie ou de Singe se trouvait dans l’intestin des Singes, la plus estimée était celle du Doue, beau singe à riche fourrure de la Cochinchine, c’était un calcul biliaire. Les bèzoards occidentaux venaient de l’Amérique ; ils étaient fournis en grande proportion par le Lama, l’Isard, le Chamois, et peu estimés.

La pierre de Goa était un bézoard factice fabriqué avec de l’argile, un peu de vrai bézoard et des débris de toutes sortes d’animaux.

11 ne faut pas confondre les bèzoards qui sont les produits de sécrétion avec les ægagropiles qu’on trouve souvent dans la caillette des Ruminants; ces derniers sont des pelotes formées parles poils que ces animaux s’arrachent avec la langue en se léchant.

Le jaune indien ou masang de Vaca est, selon Kæmpfer, une concrétion biliaire qui se forme dans la vésicule des Vaches. Elle a quelquefois la grosseur d’un œuf de Poule, est d’une couleur jaune et formée d’une masse compacte d’une saveur amère.

M. Guibourt pense que les animaux qui donnent ce produit vivent au nord de l’Asie ou dans les Indes orientales.

On range aussi la graisse parmi les sécrétions; celle qui se dépose dans le tissu cellulaire sous-cutané du Porc forme la plus grande partie du lard; celle dit même animal qui se dépose dans ■ le tissu cellulaire qui avoisine les intestins, les reins porte le I nom de panne. Lorsqu’elle a été fondue, purgée des tissus étrangers, elle s’appelle Vadcongë, le saindoux. La graisse des animaux herbivores tels que le Mouton, le Bœuf est désignée sous le nom de suif.

Parmi les autres produits de sécrétion des Mammifères, nous a citerons encore V ambre gris, fourni par le tube digestif du Cachalot, le blanc de Baleine, qu’on trouve dans le crâne du même animal, le castoréum, le musc, produits des glandes pré- |t( putiales du Castor cl du Chevrotain-Musc, la civette-parfum et le zibetli-parfum produits par les glandes périnéales de la Ci- i vette ordinaire et de la Civette-zibeth, Vliyracéum produites- ï erémenlitiel du Daman du Cap, les huilés de Baleine, de Mat- î

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souin, de Cachalot, etc. Nous reviendrons plus loin sur les animaux qui fournissent ces differentes sécrétions.

Système nerveux. — Le système nerveux des Mammifères diffère notablement de celui des autres Vertébrés dans quelquesunes de ses parties et dans les rapports que ces parties affectent entre elles.

Le cerveau est toujours plus volumineux que le cervelet et le recouvre en partie; il est formé de substance grise à la périphérie et de substance blanche au centre. L e cervelet est proportionnellement petit, formé de trois lobes inégaux ; le lobe moyen, qui est très-gros chez les Oiseaux est ici très-petit et d’autant plus petit qu’il appartient h un Mammifère plus élevé en organisation; sa substance grise est à la périphérie. L'isthme de l'encéphale est cette partie rétrécie qui se trouve entre le cerveau et le cervelet; elle se compose d’un renflement appelé la protubérance ' annulaire ou pont de Varole, des pédoncules cérébraux, proion -

Igements qui unissent la moelle allongée au cerveau, des pédoncules cérebelleux, prolongements qui relient le cervelet à la moelle, à la protubérance et au cerveau, des tubercules quadri- ; jumeaux qui, ici, ne sont plus deux gros lobes, mais quatre pei tiles éminences placées par paires et dont les deux postérieures i sont recouvertes par le cervelet. La moelle allongée ou bulbe rachidien est la partie supérieure et renflée de la moelle épinière ; elle renferme des faisceaux renflés et des éminences connues sous le nom de pyramides et d’olives. La moelle épinière s’étend jusqu’à la région lombaire comme dans le Rat, ou jusque dans la queue comme chez le Lapin, elle se termine ordinairement en queue de cheval, est formée de substance grise au centre, et de substance blanche à la périphérie. Elle est creusée d’un sillon en avant, d’un autre en arrière et donne naissance sur les côtés aux racines nerveuses.

Le rapport du volume du cerveau à la taille de l’animal est très-variable. On a dit que l’intelligence est en raison directe de ce rapport; l’affirmation est trop générale, car elle ferait croire que le Chat, dont le cerveau est proportionnellement trèsgros, est le plus intelligent des animaux. On a dit aussi que l’intelligence est en raison directe du nombre des circonvolutions; cest un fait assez général, mais qui souffre de nombreuses

exceptions; Galien (1) a fait remarquer il y a longtemps qu’à ce compte, l’Ane, dont le cerveau présente beaucoup de circonvolutions, devraitêtreun peu mieux doué. Les circonvolutions manquent chez les liais, les Souris, les Ecureuils, les Hérissons, les Ouistitis ; chez les Castors, les Lièvres, les Lapins, la surface convexe du crâne présente de légers enfoncements; chez les Chiens, lesSaïmiris, ce sont de véritables circonvolutions ; chez le Mouton, le Bœuf, les circonvolutions sont plus manifestes; chez l’Eléphant et surtout chez le Chimpanzé et l’Orang, elles rappellent presque exactement celles de l’Homme.

Fin. 120. — Cerveau et cervelet de Castor | Fie.. '12t. — Cerveau et cervelet de Kan- (faee supérieure). guroo (face supérieure).

Figures empruntées it l’ouvrage de Gratinlet.

En avant des lobes cérébraux et sur les côtés, on voit chez le Bat, chez le Loir, la Souris, une petite dépression ; chez le Cochon d’Inde, le Lièvre, le Castor, cette dépression devient une fente, et cette fente s’agrandit de plus en plus chez le Chien, la Civette, le Mouton, le Cochon, le Singe et enfin chez l’Homme; on la connaît sous le nom de scissure de Sylvius.

Les lobes cérébraux sont réunis latéralement à leur partie inférieure par une large commissure, sorte de table qui s’appelle le corys calleux; elle est bien développée chez les Mammifères

(I) Ration, De nsuparlium, lih. VIII, cap. Mil.

MAMMIFERES.

dont IV.mliryon tient ;i la mère par un placenta, et rudimentaire chez les Marsupiaux, les Orn i l liorliy nq ues, les Echidnés.

Tous les Mammifères et les Mammifères seulement possèdent le trifjone cérébral ou voûte à trois piliers, à quatre piliers; c’est une lame blanche, triangulaire, formée par l’adossement de deux bandes qui divergent en avant et en arrière pour constituer les piliers. Elle est située sous le corps calleux.

Toutes les autres parties rappellent beaucoup les parties analogues du cerveau de l’Homme (1).

A la partie inférieure naissent les douze paires de nerfs crâniens; cependant, chez les Dauphins, les nerfs olfactifs font défaut. Ils existent chez les autres animaux de la classe mais ne forment jamais ces lobes particuliers aux Reptiles, aux Batraciens et aux Poissons.

Le système du grand sympathique est plus complet que chez 1 les autres Vertébrés, il s’anastomose en plusieurs points avec des portions du système nerveux cérébro-spinal, particulièrement avec le trijumeau et ses différentes parties se rendent aux différents organes de nutrition.

Sens. — Les yeux offrent à peu près la même composition que ceux de l’Homme. Chez les Singes et les Chauves-souris, iis sont I placés à la face antérieure de la tète; chez les autres Marninii fères, ils sont plus ou moins obliques. Très-gros chez les Ecu- < rends, les Loirs, les Gerboises, ils sont à peine visibles chez la Musaraigne et chez la Taupe. La conjonctive forme dans le grand * angle de l’œil chez le Lièvre, le Cheval, le Chat, un repli qui produit l’effet d’une troisième paupière. L’appareil lacrymal est particulièrement très-développé chez les Bœufs, les Moutons, les ! Chiens, les Chats, les Lièvres, les Rats ; outre la glande de l’angle i externe de l'œil, on en trouve une autre dans l’angle interne, c’est la glande de Harder, qui sécrète une humeur épaisse et | blanchâtre. L’appareil tout entier manque chez les Mammifères marins. Chez les Lièvres, les points lacrymaux sont remplacés ; par une fente. Les muscles moteurs de l’œil sont bien développés et parfois divisés chez les Carnassiers, tandis qu’ils sont réunis en un faisceau infundibuliforme chez la Taupe. La selé-

(1) Voyez Jamain, Anatomie descriptive.

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rotique est très-épaisse chez les grands animaux. La cornée est plus ou moins saillante, arrondie ou elliptique, allongée verticalement chez le Chat, transversalement chez le Cheval, etc. La choroïde est souvent, dans le fond de l’œil, dépourvue de matière colorante, elle prend en cet endroit le nom de tapis ; c’est elle qui est verte ou jaune doré chez le Chat, fauve chez le Chien, bleu argenté chez le Cheval, vert doré chez le Bœuf. L’iris offre de grandes variétés de couleur. La forme du cristallin varie, il est assez souvent plus aplati que celui de l’Homme chez les Mammifères terrestres, mais chez les aquatiques il est presque complètement sphérique, ainsi que chez les Rats, les Souris, etc.

Les Mammifères ont deux oreilles et chacune peut être partagée en externe qui comprend le pavillon et le conduit auditif externe et finit à là membrane du tympan, en moyenne ou caisse du tympan, qui s’étend de la membrane du tympan au vestibule et enfin en interne qui comprend le vestibule, les canaux semi-circulaires et le limaçon. Le pavillon de l’oreille manque chez l’Ornithorhynque, la Baleine, le Phoque, la Taupe, tandis qu’il acquiert de grandes dimensions chez le Lièvre, le Lapin, le Cheval, l’Ane et surtout chez l’Oreillard. Le conduit auditif externe varie de grandeur, sa partie osseuse manque chez les Dauphins, les Cachalots, et est fort courte chez les Chiens et les Chats. La membrane du ympan est plus ou moins oblique. Les osselets de l’ouïe n’ont pas toujours la forme qui leur a fait donner leur nom chez l’Homme. La trompe d’Eustache estlrèsdilatée chez le Cheval et forme ce qu’on a appelé les poches gutturales. L’oreille moyenne communique avec le vestibule par la fenêtre ovale sur laquelle repose l’étrier, et avec le limaçon par la fenêtre ronde. Le vestibule est petit, les canaux semi-circulaires sont toujours au nombre de trois et varient de taille. Le limaçon décrit plus ou moins de spires, est plus ou moins saillant; chez l’Echidné, il est réduit îi une petite corne. L’oreille interneest osseuse et membraneuse, comme chez l’Homme, renferme des liquides caractéristiques connus sous les noms d’humeur de Scarpa, d’humeur de Cotugno et reçoit les ramifications du nerf acoustique.

Le sens de l’odorat est très-développé chez la plupart des Mammifères. « Ils ont ce sens si parfait, dit Buffon, qu’ils sentent de

MAMMIFÈRES

plus loin qu’ils ne voient; non-seulement ils sentent les corps présents actuels, mais ils en sentent les émanations et les traces longtemps après qu’ils sont absents et passés. T n tel sens est un organe universel de sentiment; c’est un œil qui voit les objets non-seulement où ils sont, mais même partout où ils ont été.» Plus la membrane pituitaire est étendue, plus le sens est développé, or cette membrane s’étend en raison directe des os des fosses' nasales. Chez le Bœuf, la Chèvre, le Mouton le cornet inférieur se divise en deux lames qui elles-mêmes s’enroulent. Chez les Chiens, l’ethmoïde offre des découpures, le cornet inférieur se divise en une multitude de lamelles, les sinus frontaux sont très-développés. Chez la plupart, et particulièrement chez les Ruminants et les Rongeurs, on trouve dans l’épaisseur

Ide la pituitaire un organe allongé, variable de grosseur, appelé organe de Jacobson, et qui augmente probablement l’olfaction. Les Baleines, les Cachalots, les Marsouins, ont l’organe de l’odorat fort peu développé. Chez les Singes, le nez forme sur la face une légère saillie qui rappelle celui de l’Homme; chez le Chien, le Chat, le Loup, le Putois, etc., il offre toujours ù sa base une surface extérieure qui ressemble aux muqueuses; chez le Cochon, le Sanglier, il présente un rebord qui a reçu le nom de groin ; chez le Tapir, c’est un prolongement assez considérable, et chez l’Eléphant le nez constitue la trompe, il est muni à son extrémité d’un appendice très-mobile qui en fait un organe parfait pour la préhension. Les nerfs olfactifs, après s’être divisés et avoir traversé la lame criblée de l’ethmoïde, se répandent sur la pituitaire.

Le sens du goût est en général moins développé chez les Mammifères que chez l’Homme. Les Singes ont sur la langue des papilles qui ont avec les nôtres de grandes ressemblances ; chez les Chiens ellessont molles et nombreuses; chez les Chais, les Hyènes, les Lions, elles sont revêtues d’un étui corné qui peut entamer les chairs; chez les Porcs-épics les bords de la langue sont revêtus d’écailles dentelées; chez les Fourmiliers c’est un long filament extrêmement mobile, cylindrique, lisse, sans papilles, enduit d’une humeur visqueuse; chez les Dauphins, les Marsouins, les Baleines, la langue est énorme, peu mobile, très-grasse, sans papilles. Quoi qu’il en soit, la langue est toujours attachée par sa

VEItï'ËülïliS.

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base n l’os hyoïde, lîlln est souvent un organe de préhension soit pour les aliments liquides rumine citez les Chiens, soit pour les aliments solides comme chez les liœufs, les Moutons, etc.

Le sens du toucher est en général développé dans les parties non couvertes de poils; ainsi les mains sont chez l’IIomme comme chez les Singes les organes particuliers du tact; la queue des Sapajous sert ces animaux comme une cinquième main; chez les Chiens et la plupart des animaux carnivores, chez les Cochons, le nez parait la partie la mieux douée pour le lact ; chez les Chats, ce sont les grandes soies placées près du museau et qui forment ce qu’on appelle vulgairement la moustache ; chez l’Eléphant c’est la trompe; enfin ce sont les lèvres chez le Cheval, l’Ane, etc.

Voix. — Le larynx des Mammifères est placé en avant de la trachée-artère et présente avec celui de l’Homme de nombreuses ressemblances. 11 est composé d’un cartilage cricoïde qui repose sur le premier anneau de la trachée, du cartilage thyroïde qui repose sur le cricoïde et est l’analogue de ce qui, chez l’Homme, constitue la pomme d’Adam ; de deux cartilages aryténoïdes, petites pyramides qui reposenten arrière sur le cartilage cricoïde. Tous ces cartilages sont mobiles et peuvent tendre deux replis musculeux qui les unissent transversalement et sont connus sous le nom de cordes vocales inférieures; les cordes vocales supérieures, quand elles existent, sont de simples replis fibreux peu prononcés, situés un peu au-dessus des cordes vocales inférieures. L’espace compris entre les deux paires de cordes vocales s’appelle les ventricules du larynx. C’est par le passage de l’air dans le larynx que se forme le son, mais l’intensité, la hauteur, le timbre, la voix articulée, dépendent et des différentes parties du larynx et de celles qui le surmontent. Or, rien n’est plus variable que ces différentes parties chez les Mammifères, mais l’Homme seul peut articuler les sons et produire la parole. Chez l’Alouatte ou Singe hurleur, le larynx communique avec un os hyoïde en forme de sphère creuse qui fait appareil de renforcement; chez les Chiens, les cordes vocales supérieures sont peu prononcées, les ventricules sont profonds, les cordes vocales libres et tranchantes; chez les Chats, les cordes vocales supérieures sont très-épaisses et les inférieures à peine saillantes, les ventricules sont profonds; chez les llœufs on ne trouve ni

MAMMIFÈRES

cordes vocales supérieures, ni ventricules ; chez le Dauphin, la Baleine, le larynx s’avance jusque dans les fosses nasales, c’est un simple conduit sans cordes vocales.

Reproduction. — Les Mammifères sont unisexués. Les organes génitaux mâles se composent des testicules, organes sécréteurs du sperme; des épididymes, appendices du testicule; des canauæ déférents, conduits qui leur font suite ; souvent des vésicules séminales, réservoirs placés sur le trajet des conduits déférents ; des canaux èjaculateurs qui prennent naissance aux vésicules séminales, traversent un corps glanduleux nommé prostate, rejoignent le canal de l’urèthre et forment avec lui un conduit commun. Ce conduit commun reçoit les produits de la glande de Cote per e t s’étend tout le long de la verge. Chez les Eléphants, les testicules restent logés dans le ventre, mais chez le Bélier, le Taureau, le Cheval, le Singe, etc., ils descendent comme chez l’Homme dans une bourse ou scrotum et s’entourent de plusieurs membranes. Les vésicules séminales manquent chez les Taupes, les Hérissons, les Chiens, les Chats, les Ruminants, etc. La prostate est volumineuse chez les Chiens et les Chats; selon Cuvier, elle est double chez les Ruminants et les Chevaux; les glandes de Cooper sont généralement plus développées que chez l’Homme. La verge est toujours unique; elle est formée en grande partie d’un tissu caverneux qui se gonfle pour déterminer l’érection ou contient un os qui produit le même effet (dans les Singes, les Chiens et la plupart des Carnivores). Elle est terminée par un ou plusieurs renflements nommés glands et entourée ;i son extrémité d'un fourreau ou prépuce; chez les Singes, elle est libre et détachée du ventre, comme chez l’Homme ; chez les Ruminants, les Chevaux, les Carnivores elle est attachée à la paroi ventrale; chez les Rats, les Lièvres, elle se dirige en arrière du côté de l’anus ; chez l’Ornithorhvnque et l’Echidné la verge ne s’adapte à l’orifice génitourinaire que pendant la copulation.

Les organes génitaux femelles se composent des ovaires, d'un ou plusieurs utérus qui, lorsque les œufs s’échappent des ovaires communiquent avec ces organes au moyen des trompes, enfin d’un vagin. Les ovaires sont placés dans la cavité abdominale maintenus dans les ligaments larges. L’utérus est simple dans les

vrais Singes, comme chez la Femme; il est bifurqué chez les Truies, les Juments, les Vaches; chez les Sarigues, il y a réellements deux vagins dont l’embouchure commune forme un canal urélhro-sexuel.

Les œufs ne se recouvrent jamais d’une coque calcaire, ils sont désignés sous le nom d’ovules. Us naissent dans l’ovaire et rompent à leur maturité les enveloppes d’une vésicule de Graaf qui fait saillie et contient chacun d’eux. Us sont pris aussitôt par les pavillons qui surmontent les trompes, descendent le long de ces conduits, arrivent dans l’utérus et s’échappent au dehors s’ils ne sont pas fécondés. L’époque de cette ponte s’appelle le rut; c’est alors que les Mammifères se recherchent pour la copulation. Le Sanglier entre en rut de janvier à février, la Jument de mars à juin, le Renard en décembre et janvier, la Chienne a deux ruts en janvier et mars, la Chatte en février et en août ou septembre, les Singes tous les mois, mais la copulation a lieu chez ces derniers animaux, comme chez l’Homme, en toute saison. L’époque du rut n’est pas toujours régulière chez les animaux en domesticité; elle s’indique ordinairement chez les femelles par ungonllement des parties sexuelles, quelquefois par un suintement de liquide ou de sang. Chez les mâles, l’époque du rut est souvent la seule pendant laquelle les spermatozoïdes soient développés.

La copulation est indispensable à la fécondation. L'oauf présente un petit canal appelé micropyle, par lequel les spermatozoïdes peuvent pénétrer et le féconder. Après la fécondation, l‘œuf s’arrête dans l’oviducte et peut présenter plusieurs modes de développement :

Chez les Ornithorhynques et les Echidnés, il mûrit sur place, l’embryon ne communique pas avec la mère, il éclôt et sort vivant presque h la manière des jeunes Vipères.

Chez les Marsupiaux, l’embryon ne contracte pas non plus d’adhérence avec la mère, il est expulsé fort jeune, dans un état de faiblesse extrême et porté dans la poche ventrale. Lit, il se greffe sur les mamelons et y subit une seconde gestation.

Chez tous les autres Mammifères, l’embryon et ses vésicules temporaires sont enchâssés dans un repli de l’utérus qui finit bientôt par les envelopper; il emprunte toute sa nourriture à sa mère au moyen de touffes sanguines réunies ou disséminées.

MAMMIFERES.

Le corps mou qui lapisse par l’une de ses faces la paroi interne de la matrice, et qui sur l’autre face donne naissance aux vaisseaux ombilicaux, porte le nom de placenta. Tantôt il est discoïde, comme chez l’Homme, les Singes, les Ecureuils, les Chauves-souris; tantôt il est enroulé comme un rond de serviette sur le fœtus enveloppé, comme chez les Chats, les Chiens, il est dit alors zonaire; enfin il peut avoir de nombreuses communications avec la mère au moyen de touffes vasculaires sanguines ou cotylédons comme chez les Bœufs, les Chevaux, il est dit alors diffus.

En examinant et discutant les caractères tirés de la forme et de la disposition des mâchoires et des membres, la forme, la disposition ou l’absence des dents, en un mot toutes les parties qui entraînent des changements dans les habitudes et les mœurs, Cuvier avait pu partager les Mammifères en neuf ordres : les Bimanes, les Quadrumanes, les Carnassiers, les Marsupiaux, les Rongeurs, les Edentés, les Pachydermes, les Ruminants el les Cétacés.

Cette classification traduit si bien la nature qu’elle n’a été que peu modifiée à la suite d’une étude plus approfondie, même lorsqu’on a fait intervenir les caractères tirés de la manière d’être de l’embryon avec sa mère.

On peut partager les Mammifères en deux sous-classes : les Didelphiens ou animaux sans placenta et les Monodelphiens ou placentaires.

A. Les DIDELPHIENS ou animaux sans placenta sont tous pourvus de deux os marsupiaux et d’un cloaque. Les uns n’ont pas de véritable gestation utérine, les autres ont successivement une gestation utérine très-courte et une gestation mammaire. Tous ont les doigts munis d’ongles et sont dits onguiculés. Ils comprennent deux ordres, les Monolrèmes et les Marsupiaux.

а. Les MonotrèsieS (de p.ovc.5, un seul, et tpïip.a, perlüis) ont une génération plutôt ovovivipare qüe franchement vivipare. Les œufs se développent et éclosent dans l’oviducte. Les mamelles n’ont pas de mamelon. Les lèvres sont revêtues d’un bec corné. Les clavicules forment fourchette. Les os coracoïdicns sont distincts. Ces animaux habitent la Nuuvellc-Hollande et la Tasmanie. Ex. : Echidnés, Ornithorhynquos .

б. Les MahsuFiaCx (de marsupium, poche, gibecière) ont une gé-

VUKTEBllIiS.

nération vivipare. Leurs petits naissent dans un état de faiblesse extrême ; ils entrent aussitôt leur naissance dans une poche située sous le ventre, se greffent pour ainsi dire sur un mamelon qui se rende dans leur bouche et subissent là une seconde parlurilion. Les dents ne sont pas en même nombre à la mâchoire supérieure et à la mâchoire infé-

ra.. 122. — Bassin de Kan gui

m,m, ns marsupiaux ; p, vertèbres de la queue.

ricure ; elles indiquent chez les uns un régime carnivore, citez les autres un régime herbivore. On les divise en plusieurs familles dont les principaux représentants sont: les Dasuurcs, les Thylacine -, qui sont carnivores et dont la formule dentaire est pour chaque moitié de mâchoireincisives, -J- canine, -g ou \ molaires. Ce qui se lit: û incisives à la moitié de la mâchoire supérieure, 3 à l’inférieure, I canine

Mammifères, gg?

et 6 ou 7 molaires à chaque moitié de mâchoire. En multipliant par 2 chacun de ces nombres, on a le nombre total des dents; les Sarigues, qui sont également carnivores et dont la formule dentaire est -®- incisives, j canines^ 7 molaires ; les Myrmécobies, qui sont insectivores, ont toutes les dents pointues et la formule en est incisives, J canines, g- molaires; les Kanguroos, qui sont herbivores et dont la formule dentaire est incisives,^6 (l), -®- molaires de Ruminants; les Phascolomes, qui ont le système dentaire des Rongeurs : 4- incisives

barre 5 , . . * *

EweiT molaires.' etc.

B. Les MoNODELPniENS ou Mammifères placentaires ont ou un placenta diffus ou un placenta zonaire ou un placenta discoïde.

a. Les Mammilères à placenta diffus forment les ordres suivants • les Cétacés, les Siréniens, les Édentés, les Ruminants, les Solipèdes, les Pachydermes et les Proboscidiens.

1. Les Cétacés (de xvjro;, baleine) sont marins et ont le corps des Poissons. Leur queue est aplatie transversalement. Les membres antérieurs sont transformés en rames, les postérieurs manquent. Les narines sont disposées en évent. Les dents manquent ou sont similaires. Ex. : Baleines, Marsouins, Narvals, Dauphins, Cachalots.

2. Les Siréniens (decms-év, sirène de la Fable) sont aussi marins et ont le corps des Poissons. La queue est élargie en rame. Ils possèdent un rudiment de bassin. Ils ont des incisives et des molaires. Ex. : Lamantins, Dugongs.

3. Les Édentés sont lerrrestres, onguiculés. Les dents manquent ou existent en grand nombre mais sont similaires, le devant des mâchoires en est ordinairement dépourvu. Les unssont recouverts de poils comme les Bradypes, les Myrmécophages Tamanoirs, etc., les autres sont garnis de plaques comme les Tatous ou d’écailles comme les Pangolins, etc.

^4. Les Ruminants (de ruminare, remâcher) ont, comme leur nom 1 indique, la faculter de ruminer; ils ont quatre estomacs, mais la caillette manque chez quelques-uns. Les métacarpiens et les métatarsiens sont réuuis pour former le canon. Les deux doigts principaux sont re-

' Vftus Chacund’un sabot> ce quia fait donner à ces animaux le nom j ongulés a pieds fourchus. Le plus souvent la mâchoire supérieure - manque d’incisives, et les canines de la mâchoire inférieure ont pres-

(I) La barre est un espace sans dents qui précède les molaires.

HOCQUILLON.

nue la forme d’incisives. Les molaires sont toujours précédées d'une barre. Ils comprennent plusieurs familles qui sont : les Camélidés,

Fiü. 123. Tète de Clievrotaiu porte-musc.

qui n’ont pas de cornes, dont la formule^ dentaire est, dans le jeune âge, -g- incisives, -y- canines. molaires ; une ou les deux incisives de la mâchoire supérieure disparaissent à 1 âge adulte. Les globules du sang sont elliptiques. Ex. : Chameaux, Dromadaires, Lamas, etc.; les Ciievrotains qui n’ont pas de cornes, quelques-uns pas de feuillet, dont le placenta est très-diffus, dont les métacarpiens et les métatarsiens sont formés de deux os distincts. La formule dentaire est incisives, j- canines, .g molaires. Ex. : Chevrotains, Tragules , les Ruminants a cois ou à cornes pleines caduques, dont la formule dentaire est -y incisives, J canines, -g- molaires. Ex. : terfs, Élans, Rennes ; les Ruminants a cornes velues chez lesquels l’axe de la corne est une épiphyse du frontal recouverte par la peau. Ex. : Girafes’, enfin les Ruminants a cornes creuses, chez lesquels la formule dentaire est comme celle de la Girafe -2- incisives, canine et -g- mo-

Une patte an- 0 * x

tmcure et nue pntte posté- laircs. Ex. : Chamois, Gazelles, Moulons, enericure du Clievrotaiu porte- Bœufs, etc.

inusc (dessin emprunte & ’ 1 ’ .

m. a. Milne Edwards). 5. Les Solipèdes (de solus, seul, et pes, piea;

uni leur principal doigt entouré complètement par un sabot ; ils sont

Fui. 124. — Une patte an-

MAMMIFÈRES

donc ongulés comme les Ruminants, mais ils ne ruminent pas, leur estomac est simple. Ils sont herbivores ; leur formule dentaire est

3 incisives, \ canines, molaires. Les molaires sont précédées d’une barre. Ex. : Cheval et les espèces Ane, Hémione, Zèbre, etc.

6. Les Pachydermes (de Tvayjj;, épais, et S isp. a, peau) sont des animaux à peau épaisse, qui ne ruminent pas, qui n’ont qu’un estomac, qui sont ongulés et possèdent plusieurs doigts. Certains sont plutôt omnivores qu’herbivores et possèdent les trois sortes de dents. On les a partagés en Pachydermes ordinaires dont les deux doigts de devant de chaque membre posent à terre, les deux autres sont postérieurs et relevés. Toutes les dents sont tranchantes, les canines trèsrdéveloppées souvent en forme de défenses. Ex. : les Sangliers, dont la formule dentaire est incisives, , canines, molaires, les Babirous-

sas, dont la formule est 3- incisives, -j- canines tres-grandes, -s- mo. laires, les Pécaris, qui ont une molaire de plus, les Hippopotames,

dont la formule dentaire est incisives inégales, -j- canines, -y mo laires, et qui ont quatre doigts aux membres antérieurs.

Les autres Pachydermes sont les Damans dont les membres ont cinq doigts, le système dentaire — incisives fortes, -g- canine, -y molaires, leur placenta est zonairc; les Rhinocéros, qui ont sur le nez une ou deux protubérances pleines, cornées ; les membres antérieurs et les postérieurs ont trois doigts ; ils ne possèdent que des incisives et des molaires triturantes; les Tapirs, qui ont le nez prolongé en petite trompe, quatre doigts aux membres antérieurs, trois aux postérieurs et la formule dentaire -j incisives, -j- canines, -g- molaires.

7. Les Proboscidiens (de it poSooxîç, trompe) sont des animaux à peau

épaisse, dont le nez est prolongé en trompe. Les doigts de chaque pied sont au nombre de cinq, subongulés et cachés sous la peau. La formule dentaire est ~ incisive, 0 canine, ™ | molaires. Les

incisives sont énormes et portent le nom de défenses. Ex. : Éléphants.

b. Les Mammifères à placenta zonaire sont les Amphibicns et les Carnivores.

1. Les Ampuibiens sont des animaux marins chez lesquels les quatre membres sont empêtrés, transformés en rames et munis de cinq doigts onguiculés. Ils sont carnivores, ont les trois sortes de dents ; les molaires sont semblables. Ex. : Phoques, Morses.

2. Les Carnivores, dont les pieds sont onguiculés, libres et disposés pour la progression terrestre. Ils ont les trois sortes de dents in-

diquant toutes un régime viable selon les espèces,

carnivore ; les molaires sont en nombre vacerlaines molaires sont simples et appelées

Fig. 125. - Tète de Tigre.

peliles ou prémolaires, les autres sont plus

lobées et nommées vraies ou grosses molaires. Cet ordre est partagé en Plantigrades,qui marchent sur toute la plante du pied.

Ex. : Ours , Ratons, Blaireaux, et en Digitigrades, qui ne marchent que sur la pointe. Ex. : Civettes, Putois, Chiens, Chats, etc.

c. Les Mammifères à placenta discoïde sont : les Rongeurs, les Insectivores, les Chéiroptères et les Primates.

■1. I.es Rongeurs n’ont pas de canines (1). Les in-

(1) Comme ces dents, chez l'adulte, ont leurs racines, non dans l’os incisif, mais dans le maxillaire supérieur, Geoffroy Saint— Hilaire les regardait Gomme des canines, mais dans

c i eu n o âge elles portent de l'os incisif, les racines des petites dents qui les accompagnent chez le Lièvre cl le Lapin restent toujours dans 1 os mcs.f.

MAMMIFÈRES. 401

cisives sont le plus souvent au nombre de deux seulement à chaque mâchoire, croissent toujours par la base et sont séparées par une barre des molaires dont le nombre est variable. (Le Lièvre et le Lapin ont de

l’iG. 127. — Tête de Castor.

A, mâchoire supérieure ; B, mitchoiro inférieure ; C, cavités nasales; O D incisives E, molaires ; F, trou auditif. ’ ’

petites incisives placées derrière les grandes à la mâchoire supérieure). Les quatre membres sont onguiculés, le pouce n’est pas opposable aux autres doigts. Ex.: Lièvres, Lapins, Écureuils, Castors, Porcs-épics, Marmottes , Chinchillas, Rats, Souris, etc.

2. Les Insectivores sont munis des trois sortes de dents, ils ont des petites et des grosses molaires, toutes pointues et garnies de tubercules a'Sus, les quatre membres sont onguiculés, le pouce n’est pas opposable. Ex. : Taupes, Desmans, Musaraignes, Tanrecs, Hérissons, etc.

3. Les Chéiroptères (de XsiP, main et wrfpov, aile) ont les trois sortes de dents appropriées pour les uns au régime insectivore et pour les autres au régime frugivore ; quatre doigts de la main sont longs re .es par une membrane qui s’étend môme souvent aux membres pos-

lnrZnet t13 T"? i 16 P°UCe écarté des a,llres doigts, mais non PP . te. lous les doigts sont onguiculés. Ex. : Roussettes, Harpyes Phyllostomes, Vespertilions, Oreillards, etc.

J- Les Primates ont trois sortes de dents, les quatre membres g >cu es et le pouce souvent opposable aux autres doigts, de là le nom Quadrumanes donné à la majorité d’entre eux. Ou a ajouté à ce

grand groupe des Quadrumanes les Cheiromys , qui n’ont que des incisives et des molaires, les Tarsiers et les Galéopilhèques qui rappellent les Chauves-souris, dont la formule dentaire se rapproche beaucoup de celle des Singes lémuridés. Les Quadrumanes se partagent en Makis ou Lémuridés ou encore Singes à museau de renard et en \rais Singes ou Simiadés. Les Lémuridés ont le museau allongé, le pouce

Fig. 128. — Tête de Sajou.

opposable aux autres doigts, les doigts terminés par des ongles aplatis, excepté le second orteil qui est terminé par une griffe, le sjslème

dentaire rappelle celui des Carnivores ; la formule de celui des Makis

est — incisives, 4- canines, -y 1 1 3 petites molaires, et -y- grosses

molaires. Ex. : Makis , Loris, Galagos , etc. Les Simiadés ou vrais Singes sont du nouveau continent, et se font remarquer alors par une queue bien développée, souvent prenante; leurs narines sont séparées par une cloison élargie ; leur formule dentaire est y

Fig. 129. — Tôto de Su'tmnri.

incisives, -j- canines, petites molaires, et — grosses molaires, comme celle des Makis, mais la forme des dents se rapproche plus de celle de l’Homme (les Ouistitis n’ont que 32 dents, leur formule dentaire est —■ incisives, canines, petites molaires, — grosses molaires).

MAMMIFÈRES

Aucun de ces animaux n’a de callosités aux fesses. Ex. : Alouatles, Atèles, Sajous, Ouistitis, Sdimiris, etc. Les Simiadés de l’ancien continent manquent de queue ou l’ont courte ; leurs narines sont séparées par une cloison mince ; leurs fesses ont souvent des callosités; leur système dentaire est comme

celui de l’Homme ~ in- 1 .2 oisives, — canines,

petites molaires, -y gros- - ses molaires. Certains d’entre eux ressemblent tellement à l’Homme qu’ils ont mérité le nom d’anthropomorphes. Ex.:

Boucs, Magots, Cynocéphales, Guenons, Macaques, Gorilles, Chimpanzés, Orangs, etc. (1).

(1) On peut remarquer que bien que les Damans aient dans l’embryon un placenta zonaire, ils sont rangés parmi les animaux à placenta diffus avec lesquels ils ont le plus d'affinités ; que le Tapir, qui porto une trompe, n’est pas placé dans les Proboscidiens, dont il diffère beaucoup anatomiquement; que les Pachydermes renferment plusieurs groupes bien dissemblables; il est difficile de purger nos classifications de ces vices sans apporter une complication de noms et de détai ls qui les rendraient inintelligibles pour la plupart des lecteurs. I.a disposition en sério linéaire ne permet pas non plus de montrer les affinités des différents groupes entre eux ; ainsi les Herbivores et les Insectivores marsupiaux ont de grandes affinités avec les Rongeurs et les Insectivores placentaires, les Cétacés touchent par leur forme générale aux Siréniens et ont longtemps formé avec eux un même groupe; ceux-ci ont avec les Pachydermes et les Ruminants de grandes ressemblances par le régime et avec les Amphibicns qui sont également marins. Les Amphibiens sont carnivores, par conséquent voisins des animaux du groupe qui porte co nom et qui euxmemes rappellent certains animaux tels que le Cochon qui relie los Ruminants aux lachydcrmcs et même aux Solipèdes, etc. On trouverait de mémo dos relations intimes entre tous les autres groupes. Les Mammifères comprennent certains animaux qui rappellent ceux des classes précédemment étudiées, l’Ornithorliynquc avec son bec de canard, sa génération, son cloaque, rappelle les Oiseaux; les Cétacés rappellent les Sauriens ’ ** Tal0US‘l lcs PanGolins> avcc leur couverture écailleuse, rappellent les

M. Mdne Edw.irds a publié dans los Annales des Sciences naturelles, 1844.,

oi. i , p. jh, un tableau qui montre les rapports multiples des différents ordres et classes des Vertébrés.

Deux sortes île dents, Rongeurs

MAMMIFÈRES

40G vertébrés.

Nous appellerons plus spécialement l’attention sur quelques Mammifères qui fournissent des produits à la thérapeutique.

Baleines. — Les Baleines ( Balœna , L.) sont les seuls Cétacés qui soient pourvus de fanons. Les unes ont le dos lisse, sans nageoires, ce sont les Baleines vraies ; les autres ont une nageoire adipeuse sur le dos, ce sont les Balénoptères. La Baleine franche (Balœna mysticetus, L.) atteint jusqu’à 25 mètres de long; son corps s’atténue d’avant en arrière, sa tète forme environ le tiers de la longueur du corps, les évents sont au nombre de deux et en occupent le sommet, ils sont placés à 5 mètres environ de l’extrémité antérieure. La queue est transversale et sert à la progression, tandis que les membres antérieurs sont disposés pour maintenir l’équilibre. Cet énorme animal vit ordinairement dans le voisinage des cercles polaires. Sa nourriture ne consiste qu en petits animaux : poissons, mollusques, etc.

Sa peau est doublée d’une très-épaisse couche de lard qu’on fait fondre après l’avoir partagée en morceaux. La partie fluide s’écoule et est emmagasinée sous le nom ù'huile de baleine, huile de poisson. Elle est de couleur orange, trouble et d’une odeur infecte; on l’épure en la soumettant successivement àl action de la craie, de la vapeur d’eau, de l’acide sulfurique, on la filtre plusieurs fois sur du noir animal. Par ce moyen on parvient à la décolorer mais on ne la désinfecte pas complètement. Une seule Baleine peut fournir jusqu’à 50 000 kilogr. de laid, qui donnent de 40 à 100 tonneaux d’huile.

Les fanons sont employés dans l’industrie sous le nom de Baleines; les os, comme ceux des gros Mammifères, sont soumis à la calcination et produisent le noir animal.

Les autres Baleines ne sont pas aussi recherchées que la Baleine franche, plusieurs sont plus dangereuses et aucune ne fournit autant de lard.

Marsouins. — Les Marsouins ( Pliocœna , Cuv.)ou Cochons de mer, sont des Cétacés faciles à reconnaître à leur museau court, bombé, à leurs mâchoires garnies d’un grand nombre de dents similaires, pointues, irrégulièrement placées, à leur nageoire dorsale, à leur évent simple situé sur le sommet de la tête. On fait avec leur lard une huile connue sous le nom d'huile de marsouin. Elle est d’un jaune-citron, d’une odeur forte, et est très-soluble

MAMMIFÈRES

dans l’alcool. Les Marsouins les plus connus sont : le Marsouin commun (Phocæna communis, Fr. Cuv.)dontla taille varie de 1 h 2 mètres et qu’on voit à la suite des navires. 11 remonte les fleuves assez souvent; I’Epaulard ( Phocæna orca, F. Cuv.) qui atteint jusqu’à 8 mèlres de longueur et qui est d’une voracité extraordinaire.

Cachalots. — Les Cachalots ( Physeter , L.) sont des Céta cés qui diffèrent de la Baleine par la présence des dents qui sont nombreuses et similaires et des Marsouins en ce que ces dénis n’existent qu’à la mâchoire inférieure ; celles de la mâchoire supérieure sont rudimentaires ou milles. Ils n’ont qu’un seul évent situé à la partie antérieure du corps et un peu sur le coté. Leur tète est d’un volume relatif énorme, à museau tronqué; la mâchoire supérieure dépasse de beaucoup l’inférieure latéralement. Le Cachalot macrocépiiale ( Physeter macrocephalus, Lac.) atteint 20 à 25 mètres de longueur;, c’est lui qui fournit cette matière grasse connue sous les noms de blanc cle baleine, sperma ceti. Bien que la tête de cet animal soit d’un volume énorme, le crâne est fort petit, mais les parties postérieures des maxillaires sont très-développées, l’occipital présente une crête saillante qui s’élève de beaucoup au-dessus du crâne et se contourne pour s’unir de chaque côté aux maxillaires supérieurs. Il résulte de celte disposition un vaste bassin situé entre la surface de l’encéphale et la surface des os de la tête. Les bords en sont élevés de près de 2 mèlres en arrière et s’atténuent en se dirigeant en avant; le plancher est constitué en partie par les incisifs et le vomer; la voûte, d’abord cartilagineuse, s’ossifie avec l’âge, line cloison horizontale, flbro-cartilagineuse, partage cette grande cavité en deux chambres remplies d’une huile grasse abondante. Celte huile abandonnée à l’air pendant quelques jours laisse déposer une matière blanche, cristalline, qu’on soumet à la presse, à l’action d’une faible dissolution de potasse, on la lave à l’eau bouillante, on la fait cristalliser et l’on obtient ccs pains blancs, demi-transparents, résistants, à cassure cristalline, connus sous le nom de blanc de baleine, fusibles à Z|4" 68. Un seul Cachalot peut en fournir vingt tonneaux. Si l’on soumet le blanc de baleine à l’action de l’alcool bouillant, il se dissout complètement et laisse déposer par

le refroidissement des lames blanches, brillantes, qui ne sont autre chose que la câline pure, fusible à 49 degrés.

Le blanc de baleine a été employé autrefois en potions contre les pneumonies, les coliques néphrétiques, aujourd’hui on l’emploie comme adoucissant dans certaines maladies de la peau, on en enduit les pustules de variole. En parfumerie, on l’emploie dans la fabrication de la pommade h la sultane, de la crème pour le teint, du cold-cream, etc. II sert particulièrement k la fabrication des bougies.

C’est aux Cachalots qu’on attribue la production de l'ambre gris, substance odorante qu’on trouve à la surface de la mer sur les côtes de Madagascar, du Japon, de Coromandel, du Brésil, des Antilles. Elle est en masses arrondies, irrégulières, dont les poids varient de 500 grammes à 100 kilogrammes. Laissé au contact de l’air, l’ambre gris se recouvre d’une efflorescence blanchâtre ou gris cendré, sa cassure montre ordinairement de petites masses blanches ou jaunâtres dans une pâte brunâtre. Son odeur est caractéristique. 11 se ramollit et fond au moyen de la chaleur; lorsqu’il est fondu il a l’aspect de caramel foncé. On a trouvé parfois des masses d’ambre gris dans l’intestin du Cachalot macrocéphale, elles renfermaient des débris de Mollusques et de Poissons; c’est ce qui a fait croire à Swediaur que l’ambre gris ne consiste qu’en excréments résultant d’aliments mal digérés. Pelletier et Caventou l’assimilent à un calcul biliaire et M. Guibourt admet, d’après ses analyses, qu’il est formé parles deux produits.

L’ambre gris est un antispasmodique employé contre les accidents nerveux graves, dans quelques maladies inflammatoires telles que la pneumonie, dans la fièvre typhoïde; on l'administre en poudre, en potion, en pilules, en teinture éthérée, en lavements. On l’emploie plus fréquemment dans la parfumerie.

ClIKVUOTAIN rORTE-MUSC. — Le ClIEVROTAIN PORTE-MUSC (Moschus moschi férus, L.), est un Ruminant qui a l’aspect général du Cerf, mais dont la taille n’atteint pas celle du Chevreuil. Il ne porte ni bois, ni cornes. Sa formule dentaire est, selon Owen, ® incisives, { canines, -§- molaires, mais comme les huit dents du devantse suivent sans intervalle, qu’elles ont toutes la même forme, la formule est souvent donnée ainsi : incisives,

MAMMIFÈRES. 409

-g- canine, molaires. Les canines de la mâchoire supérieure sont très-développées; chez les mâles, elles font saillie au dehors. Ces animaux ont les quatre estomacs de nos Ruminants. Les membres antérieurs sont plus courts que les postérieurs, les os qui forment le canon ne sont pas intimement réunis ; les doigts externes des pattes antérieures sont très-allongés et s’articulent non avec les os sésamoïdes, mais avec un petit métacarpien styloïde (1) ceux des membres postérieurs s’articulent avec des os sésamoïdes bien développés; les sabots des pieds de derrière sont

I*ic,t 131. — Appareil du Musc (figure empruntée à lu Zooloijiu médicale de Ilrandt

et Ratzeburg).

a, verge; b, b, fourreau incisé de la verge ; c , urèthre dépassant le gland ; d}d , paroi de 1 abdomen; f1 testicule; 7, ouverture pour le passage du canal déférent ; /*, orifice de la poche du musc; /c , A: , muscles qui entourent cette poche ; p, la poche ellemême coupée verticalement.

inégaux, l’interne est le plus développé. Les mâles ont sons le ventre, entre l’ombilic et la verge, une poche dont les parois glanduleuses sécrètent le musc; l’orifice de sortie de celte, poche est très-rapproché de l’orifice préputial. Quant à la poche, clic est ovale, a 55 à 68 millimètres de longueur, 35 â l\l de largeur et 1 h â 20 de hauteur; son fond est appliqué sur les muscles ab-

(I) Alpli. Milno Edwards, Thèse suulonuo à l'Ecole do pharmacie, 1804.

MO

dominaux, les parois latérales contiennent des musclesqui peuvent en diminuer la capacité.

Les Chevrotains porte-musc habitent les montagnes escarpées du Thibet et du Népaul ; ils sont très-timides et vivent de feuilles, d’écorces, etc. Lorsqu’un mâle est tué, on se hâte d’enlever la poche du musc qui donnerait aux chairs une odeur désagréable.

Lorsque le musc est récent, qu’il est renfermé dans la poche qui le sécrète, il est demi-fluide, a la consistance du miel et est rouge brun, mais lorsqu’il est desséché, il se durcit, devient noirâtre, granuleux; la saveur en est amère. Son odeur qui est trèsforte, persistante, disparaît si on l’unit au chlorure de calcium fondu, aux amandes amères, au sulfure particulier connu sous le nom de soufre doré d’antimoine. Le musc est souvent importé dans les poches mêmes où il s’est formé; ces poches sont ordinairement planes, glabres, sans solution de continuité sur une face, c’est celle qui correspondait à la paroi ventrale; elles sont convexes, poilues, et présentent un trou médian sur une autre face, c’est celle qui représentait la paroi antérieure et externe de la poche. Les poils convergent vers le trou médian et cette dispo sition permet souvent de distinguer les poches naturelles des poches artificielles. Les principales sortes de musc sont : celui de Chine, expédié de Nankin dans des poches oblougues et à odeur ammoniacale; le musc Tonquin, expédié par la voie de Canton dans des poches lenticulaires; celui d 'Assam, à odeur de musc et de civette; celui qui vient par la voie du Bengale; le musc Kabardin ou de Sibérie qui nous arrive par la voie de Saint- Pétersbourg dans des poches allongées d’arrière en avant, dont l’odeur est moins forte, moins tenace. Le musc est souvent falsifié, particulièrement lorsqu’il est expédié hors vessie.

Ce produit est employé comme antispasmodique et sudorifique; on le prend en teinture élhérée, en potions, en pilules. Pulvérisé et uni â la poudre de valériane et au camphre, il constitue la poudre Tonquin conseillée contre l'hystérie et l’épilepsie.

Daman du Cad. — Le Daman du Cap ( Ilgraxcapensis , Ehr.) est un Pachyderme de la grosseur d’une Marmotte. Sou corps est garni de poils roux, doux, soyeux. 11 est plantigrade, sa face palmaire est nue, il porte quatre doigts ongulés aux membres

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antérieurs et trois aux membres postérieurs. Par son système dentaire, le Daman rappelle à la fois celui des Rongeurs et celui des Pachydermes, il a les incisives des premiers et les molaires des seconds. A l’âge adulte, sa formule dentaire est 4 incisives, 4 canine, T molaires. Ce petit animal habite les collines du cap de Bonne-Espérance; il préfère les endroits rocailleux et se retire dans les trous des rochers.

On trouve dans les endroits où vivent les Damans de petites masses noirâtres, dures, â cassure vitreuse auxquelles on a donné le nom ù’Hyraceum. On pense que cette substance consiste en un mélange d’excréments et d’urine de ces animaux. Elle est douée d’une odeur forte, pénétrante, qui rappelle celle du castoréum et de l’urine; elle est amère, astringente, soluble dans l’eau chaude qu’elle colore en jaune, peu soluble dans l’alcool et l’éther. Elle jouit de propriétés excitantes et est peu employée aujourd’hui.

Civettes. — Les Civettes (Viverra, L.) sont des carnassiers digitigrades qui ont à peu près la taille des Renards. Leur formule dentaire est incisives, 4 canines, 4 molaires. Leur pelage est un mélange de brun et de blanc. Chez les mâles, comme chez les femelles, on trouve au périnée, sur la ligne médiane, une fente longitudinale qui communique à droite et ;t gauche avec une poche ayant la forme d’une bourse scrotale de la grosseur d’une amande, l es parois en sont plus ou moins velues et très-riches en follicules qui sécrètent la matière odorante connue sous le nom de civette ou de viverreum. 11 ne faut pas confondre ces poches qui sont périnéales avec deux glandes anales dont l’orifice excréteur se voit de chaque côté de l’anus; le produit de ces dernières est une substance peu abondante, d’une odeur infecte.

La Civette parfum ou viverreum est une substance d’abord jaunâtre, puis brunâtre, dcmi-lluide, onctueuse, â odeur très-pénétrante qui rappelle un peu celle du Musc. Ce produit se relire de la poche des Civettes au moyen d’une petite cuiller et est emmagasiné dans des vases ou dans des cornes qu’on bouche hermétiquement. C’est un antispasmodique qui n’est plus guère employé aujourd’hui.

On connaît deux espèces de Civettes:

La Civette d’Afrique ( Viverra Civetta, I,.) dont la taille varie (le 75 à 80 centimètres et la hauteur de 25 h 32. Le dos est parcouru par une ligne longitudinale et médiane de longs poils

qui se relèvent lorsque l’animal entre en fureur. Le cou porte de chaque côté deux bandes noires obliques. Cetanimal habite les contrées les plus chaudes de l’Afrique, au Congo, en Abyssinie, en Guinée. On en élève un grand nombre.

La Civette de l’Inde ou Zibeth ( Viverra Zibeiha , L.) plus petite que l’espèce précédente; elle n’a guère que 30 â 40 centimètres, sa crinière est rudimentaire, son corps est couvert de taches noires; le poil est plus court. Cetanimal vit aux Indes orientales, aux Moluques, aux Philippines. On l’élève dans des cages, et l’on retire de ses poches un produit analogue â celui de la Civette, mais désigne sous le nom de zibelh-parfum.

Castor fiber. — Le Castor fi ber, L. est le plus gros des Rongeurs ; sa longueur est d’environ 65 centimètres. Tout le corps et les pattes sont revêtus de poils abondants; les uns, plus courts, forment une sorte de duvet, lesautres sont longs et roules. Les incisives sont très-fortes, au nombre de deux 5 chaque, mâchoire, les molaires, au nombre de huit, présentent sur leur couronne un dessin compliqué formé par des replis d’émail. Les pattes postérieures sont palmées. La queue a la forme d’une truelle, est couverte d’écailles, atteint une longueur de 2S à 30 centimètres surunelargeurmaximum de io. Les Castors ont dans le voisinage de l’anus deux paires de poches; les poches de la paire inférieure

Fig. 132. — Appareil de la Civette.

(Figure empruntée à la Zoologie médicale de Brandi et Ratzeburg.) L appareil est vu de trois quarts, on n 'aperçoit les poches que d’un côté.

a , anus; 6, l’une des poches anales; c, c, orifices de ces poches, l’un d’eux est muni d’un stylet; dtd% tondes de poils ; c. cavité dans laquelle débouchent les deux poches fi civette; l’une de ces poches; <7, vulve; h y clitoris.

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sont petites, plurilobées et débouchent en avant de l’anus par deux trous latéraux, elles constituent les glandes anales et fournissent une matière huileuse d’une odeur infecte; les poches de la paire supérieure sont plus volumineuses et moins développées chez les femelles que chez les mâles. Chez ces derniers, elles sont piriformes, atteignent 8 à 13 centimètres de longueur et viennent déboucher dans un fourreau qui enveloppe la verge et son prépuce; ce sont elles qui tiennent en dépôt 1 e castoréum. Ces animaux vivent en grande partie d’écorces d’arbres et de jeunes pousses; ils étaient autrefois beaucoup plus communs qu’aujourd’hui, habitaient les bords des lacs ou des rivières. On n’en trouve plus que rarement en France, sur les bords du Rhône, et leur nombre diminue de jour en jour au Canada et en Sibérie. A l’état libre, ils ont l’instinct de la construction, ils s’assemblent, se font charpentiers et maçons, coupent des arbres, gâchent le mortier et élèvent de véritables maisons sur le bord des eaux.

Le castoréum est sirupeux chez l’animal vivant; il devient solide plus tard, d’un jaune fauve ; il est doué d’une saveur amère, d’une odeur forte, fétide. On le conserve dans les poches mûmes qu’on arrache à l’animal récemment tué. Ces poches ont l’aspect de grosses ligues ridées et sont souvent accompagnées par l’extrémité préputiale. L’analyse chimique a démontré que le castoréum contient un principe cristallisable, la castorine, de l’albumine, une huile volatile, de la résine, du mucus, de l’osmazome, des benzoates, des sels de potasse, de soude, de chaux.

Il est employé comme stimulant et agit vivement sur le système nerveux. On l’administre en pilules, en teinture alcoolique, en lavements. Il entrait dans la préparation de la thériaque, du milhridate, des pilules de Fuller, de cynoglosse, etc.

Dans le commerce, on distingue deux sortes de castoréum, celui d’Amérique qui vient du Canada et est expédié de la baie d’Hudson; les poches qui le renferment sont un peu aplaties, ridées, réunies par leur canal excréteur ; son odeur tient de celle du musc et du Bouc; il forme avec l’alcool une teinture brune, foncée, qui blanchit par l’addition d’eau; celui de Sibérie, qui arrive par la voie de Russie et qui est contenu dans des poches pleines, arrondies, plus volumineuses que celles du Canada; son

odeur rappelle celle du cuir de Russie. 11 formeavec l’alcool une teinture à peine colorée et produit effervescence avec les acides.

Img. 133. — Appareil du castoréum el ses rapports.

a, a, uretères; b, vessie; c,c, testicules; d,d, canaux déférents; e,e, vésicules séminales; /./> glandes de Cowper; g, niveau de la prostate; h, extrémité de la verge ; f, prépuce ; 7, ouverture fnite au fourreau qui entoure la verge pour montrer l’ouverture des glandes li, le, qui fournissent le castoréum, l’une d’elles est ouverte; l, ouverture commune de ces poches ; m,m, glandes anales ; n,n, leurs orifices ; o, anus ; p, queue.

La chair d un grand nombre de Mammifères entre dans l’alimentation. Quelques peuplades se nourrissent de celle des Ca-

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chalols, des Lamantins; chez nous on fait grand usage de celle des Ruminants, tels que le Mouton, le Bœuf (après qu’ils ont subi la castration), le Veau, le Chevreuil. Dans l’Asie méridionale, on mange celle du Bison ; en Italie, celle de Buffle; au nord de l’Afrique, celle du Chameau; celle du Renne, en Laponie; le Porc est la ressource delà plupart des habitants de la campagne en France; la viande du Cheval n’est, pas b dédaigner; parmi les Rongeurs, les Lièvres et les Lapins sont recherchés.

Plus les animaux sont jeunes, moins leur viande est nutritive mais elle est d’autant plus digestible. Le Cochon de lait fait exception.

Lorsqu’on fait bouillir pendant longtemps des os dans l’eau, il en résulte une masse qui se prend en gelée après l’évaporation, masse qui a reçu le nom de gélatine et dont on se sert pour préparer la colle forte; on l’aromatise, on la taille et elle devient la colle à bouche, la colle de Flandre. On emploie encore la gélatine dans la préparation des tablettes alimentaires, pour faire des capsules destinées;» enrober certains médicaments comme les capsules de copahu de Motheset de Raqnin.

Lorsqu’aux os on substitue des tendons, des cartilages, la gélatine prend le nom de chondrine.

Lorsqu’on fait distiller un mélange d'os, de muscles, de membranes, de sang, en général des matières animales azotées, on obtient une liqueur brune oléagineuse, d’une odeur détestable. On la distille de nouveau, on la décolore et elle devient Y huile animale de Dippel, usitée autrefois dans le traitement des maladies nerveuses.

La pepsine se relire de la caillette des Ruminants et particulièrement de celle du Mouton. On la prescrit unie à quelques gouttes d’acide lactique, comme reconstituant dans les convalescences lentes, dans les cas d’apepsic ou de dyspepsie, de vomissements qui accompagnent la grossesse. On l’administre en poudre, en élixir, en pilules, en pastilles.

Le thé de bœuf, que prennent les convalescents, est une eau qui a bouilli avec un morceau de Bœuf sans gras.

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