‹ Manuel d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 119 sur 155 · BOTANIQUE · texte numérisé non relu

BOTANIQUE

DES VÉGÉTAUX EN GÉNÉRAL

La Botanique est la science qui irai te des végétaux.

Les végétaux sont des êtres organisés qui naissent d’êtres vivants, se nourissent, se reproduisent et meurent. Leurvie ne se maintient qu autant qu’ils introduisent dans leur intérieur les matériaux nécessaires à la réparation des pertes qu’ils subissent a chaque instant. Après la mort, comme chez les animaux, leurs éléments se dissocient et rentrent dans le règne inorganique.

Quels sont donc les caractères qui permettent de distinguer les végétaux des animaux ? On les a cherchés en vain dans la composition chimique et dans les fondions de nutrition. Linné a dit : Animalia crescuntvivunt et sentiunt ; vegetalia crescunt et viuunt. On admet ordinairement, en effet, que tous les animaux éprouvent des sensations, qu’ils possèdent un système nerveux, que pour obéir a leurs sensations ils exécutent des mouvements; que les plantes sont dépourvues de système nerveux, qu’elles sont insensibles et incapables de mouvements. Mais si ces différences existent tant qu’on ne considère que des êtres élevés en organisation, ellesdisparaissent lorsqu’on les cherche chez les êtres les plussim- Ples. Les jeunes Polypes, les jeunes Éponges, beaucoup de Protozoaires n effectuent pas d’autres mouvements que ceux des spores de certaines Algues. Cependant on a voulu faire une distinction tans 1 origine de ces mouvements; ceux des animaux, a-t-on , ’ son' le résultat d’une sensation, ils sont autonomiques, uux des végétaux sont le résultat de la disposition du tissu, ils

niif ,mloinalulues ! hypothèse qui ne fait que reculer la diffi- • omment constater la volonté chez ces infusoires qui s’a- 011 en mouvements désordonnés plutôt que chez ces lilaments

DES VÉGÉTAUX EN GÉNÉRAL

des Algues, qui, tout en nageant, viennent frapper à coups redoublés un tube sporifère toujours au même endroit?

Les limites qui séparent les deux règnes, si elles existent, ne peuvent être indiquées d’une manière nette et précise.

Pour se faire une idée de la vie des Végétaux, il ne faut pas oublier que ce sont des êtres plus simples en organisation que la plupart des animaux. Chez les Végétaux en général, il n’y a pas de mouvement spontané pour atteindre l’aliment; cet aliment est lout préparé et ne réclame pas le secours des sucs digestifs; la circulation et la respiration se font par des mécanismes et des instruments analogues; en un mot, les fonctions dénutrition n’amènent pas ces différences si tranchées qu’on observe chez les animaux; il n’existe pas de système nerveux. Les fondions de reproduction sont très-actives; c’est à la considération des caractères qu’elles fournissent qu’on doit la division du règne végétal en deux grands embranchements : 1° l’embranchement des Cryptogames ou inembryonnés, qui comprend tous les Végétaux dont la reproduction peut se faire pars/jores, mais jamais par embryon ; 2° l’embranchement des Phanérogames ou embryonnés qui renferme tous les Végétaux dont la reproduction peut s’effectuer au moyen d’un embryon, et non par spores.

Qu’est-ce qu’une spore? qu’est-ce qu’un embryon? Une spore

Fig. 134.— Spore très-grossie du Champignon de couche.

est un petit sac vivant, renfermant souvent des granules dans son

Fig. 435. — Embryon monocotylé- Fir». 430. — Embryon didoné et considérablement grandi cotvlédoné de l’Amande VAlpinia cardamomum, dier.

a, gaine de la radicule ; 6, gatue n, radicule; b , tigelle; de la tigelle j c, cotylédon. c,c, cotylédons.

DES VÉGÉTAUX EN GÉNÉRAL

intérieur (0g. 136). Un embryon est un produit plus complexe ; il est formé d’un grand nombre de petits sacs ou cellules, et montre une petite racine ou radicule, une petite tige ou tigelle rt une ou deux feuilles primordiales nommées cotylédons, insérées à la base de la tigelle (fig. 135 et 13G). Lorsque l’embryon n’a qu’un cotylédon, comme le lîlé, le Maïs, le Dattier, l’ AI pi nie, on dit qu’il appartient il une plante monocotylédonée , et lorsqu’il présente deux cotylédons, comme celui du Haricot, du Volubilis, de l’Amandier, on dit qu’il appartient à une plante dicotylédonée. La spore peut être considérée comme un embryon qui n’aurait pas de cotylédons, de là le nom A'acotylédonée donné aux Cryptogames.

CRYPTOGAMES ou ACOTYLÉDONES

Les Cryptogames L. (de KfUTrrèç, caché et wct> noces) (1) ou Acotylédones, Juss., sont des plantes dont la reproduction peut s’effectuer par spores et non par un embryon cotylédoné.

Elles offrent au médecin un intérêt capital, aussi bien parles remèdes et les aliments qu’elles fournissent que par les poisons qu’elles produisent et les maladies qu’elles développent.

Elles constituent un certain nombre de groupes qui ont entre eux des dissemblances très-grandes dans leurs organes et leur structure. Les uns comprennent des plantes formées uniquement de cellules et constituent les Cryptogames cellulaires, les autres renferment les plantes dont le tissu est composé de cellules et de vaisseaux et constituent les Cryptogames vasculaires.

Les Cryptogames seront étudiées dans l’ordre suivant (2) :

il0 Algues.

2° Characées.

3° Fungacées ou Champignons.

h° Lichens.

5° Hépatiques.

/ 6° Mousses.

t 7° Filicées ou Fougères.

Page 1