II. Cryptogames vasculaires. . . < 8° Lycopodiacées
I 9° Marsiléacées ou Rhizocarpées.
\ 10° ÉQUISÉTACÉES OU PRÊLES.
1° ALGUES
Les Alcues sont des Végétaux acotylédonés, formés uniquement de cellules et qui ne vivent que dans des milieux humides,
(1) A» temps de Linné, on ne connaissait que peu leurs organes sexuels qui, du reste, sont très-différents do ceux des autres végétaux.
(2) Cet ordre est celui qui a été suivi par M. le professeur Bâillon dans la plantation du jardin do la Faculté de médecine de Paris.
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dans les eaux douces ou salées, dans les tissus organiques. Elles perdent la vie avec la dessiccation et la reprennent quelquefois aussitôt qu’elles sont humectées.
Les plus simples de toutes les Algues sont les Protococcus. Un Protococcusc st représenté par un petit sac vivant qui n’a guère que ï77 de millim. de diamètre ; c’est là toute la plante. Le petit sac a des parois et un contenu : les parois consistent en membranes externes formées de cellulose et en une autre interne, de nature azotée, dite cellule primordiale-, le contenu est formé de liquides de natures diverses, mais particulièrement d’une matière azotée, granuleuse ou nucléiforme, ordinairement colorée, qui prend ici le nom ù'endochrome.
Entre celte Algue microscopique et les gigantesques Macrocystis qui couvrent une longueur de 500 mètres, on trouve toutes les tailles et les groupements de cellules les plus variés.
Qu’on suppose les cellules qui forment les Protococcus disposées çà et là dans une gangue qui les relie entre elles, et l’on aura l’idée des Palmelles.
Qu’on suppose ces cellules allongées, placées bout à bout et formant des filaments simples ou rameux, cloisonnés, on se re~ présentera les Conferves.
Certaines Algues ont l’apparence de petits arbres; leurs différentes parties affectent la forme de racines, de tiges, de rameaux, de feuilles. Mais toutes ces parties ne sont formées que de cellules. Les prétendues racines servant plutôt à fixer la plante qu à la nourrir ont reçu le nom de crampons , le mot de lige est souvent remplacé par celui de thalle, et celui de feuilles parle mot frondes.
Chez quelques-unes, comme chez le Fucus vesiculosus, il existe çà et là, sur la plante, de petites vessies remplies d’air qui ont pour but de la faire surnager. La composition de cet air varie
avec l’état de l’atmosphère et les différentes heures de la journée.
loulcs les parties de la plante sont aptes à prendre la nourriture qui passe de l’extérieur à l’intérieur des tissus, et citez que ques-unes l’accroissement en longueur est si rapide, qu’on en suit le progrès au moyen du microscope.
L’analyse chimique montre chez la plupart des Algues un
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grand nombre de matières inorganiques; du soufre et de la silice, des sulfates de potasse et de chaux, des chlorures de potassium et de sodium, des iodures et des bromures de potassium et de magnésium. Les matières organiques consistent en cellulose qui se trouve dans les parois, en principes azotés, en inuline, en glycose ou en mannite, en matières grasses, en chlorophylle ou principe colorant vert, en matières colorantes rouges, d'un rouge brun ou bleues.
Dans les Corallines, qui ne sont pas foliacées, les articles qui composent le thalle sont incrustés de calcaire.
L’arrivée des Algues à la surface des eaux change assez souvent leur coloration, mais il ne faut pas croire que ce soit la lumière qui nécessite forcément leur couleur verte, car il en existe dans la mer à des profondeurs immenses qui présentent celte coloration.
L’expérience a démontré que les Algues exposées aux rayons solaires et agitées laissent dégager de l’oxygène.
Leur accroissement se fait par multiplication de cellules et celte multiplication s’opère de plusieurs manières; tantôt c’est un filament ou cellule terminale qui se trouve partagé en deux par une cloison transversale; c’est ce qu’on voit dans les Conferves; tantôt comme dans les Conjugées, deux filaments parallèles s’unissent par des expansions latérales, etc.
La reproduction peut se faire par scissiparité; ainsi des fragments de Vaucheria isolés de la plante-souche végètent et se complètent; elle peut se faire par une sorte d e prolification; ainsi de longues frondes de Macrocystis peuvent se détacher de leurs crampons, être entraînées par les flots, et continuer de s’allonger par l’extrémité supérieure; elle peut se faire par spores.
Les spores sont de deux sortes : les unes, appelées spores ■proprement dites, sont de simples cellules à parois distinctes, à contenu plus ou moins granuleux, non revêtues d’appendices; les autres, appelées zoospores , représentent un petit globule ou corpuscule sans parois distinctes, à surface externe garnie d’appendices locomoteurs ou cils vibratiles plus ou moins nombreux. Ces zoospores sont douées de mouvement.
Dans quelle portion des Algues se développent les spores? Chez le Prolococcus, qui n’est formé que d’une cellule, l’en-
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dochrome se condense en quatre masses qui forment autant d’individualités distinctes; à mesure qu’elles grossissent, elles pressent sur les parois de la cellule mère, les rompent et s’échappent pour constituer quatre nouvelles plantes complètes (1). Chez un très-grand nombre d’ Algues, telles que les Ulves, les Con. ferves, les Bryopsis, on voit, à une certaine époque, s’échapper tumultueusement de l’intérieur d’une cellule globuleuse ou allongée un grand nombre de petits corps formés aux dépens de l’endochrome. Ils sont microscopiques, le plus souvent de forme ovée, et présentent parfois à leur extrémité effilée deux ou quatre cils vibratiles. Ils s’éloignent vivement en faisant mouvoir avec une grande rapidité leurs appendices locomoteurs. Le microscope multiplie cette vitesse; si l’on veut suivre les mouvements, il est bon de les ralentir en ajoutant à l’eau dans laquelle ils nagent de l'iode ou de l’opium. Ces petits corps ne sont autre chose que des zoospores, et à cette époque ils ont la plus grande ressemblance aveedes Infusoires. Les mouvements peuvent durerdesheures entières, parfoismême une journée, jusqu’à ce que la zoospore s’arrête sur un obstacle quelconque. Là elle perd ses cils vibratiles et tous les caractères de l’animalité ; son rostre s’allonge; chez quelques-unes, il se bifurque, se Irifurque, pour former des crampons, et la partie supérieure se développe en fronde: l’animal est devenu végétal. (Algues zoosporées, Dec.)
Dans les Zygnema, les spores se forment à l’intérieur d’un article par la concentration de la matière verte résultant de la conjugaison de deux ulricules distinctes. (Algues synsporées, Dec.)
Dans les Fucus , les spores ne se forment plus dans l’intérieur même des cellules, mais a l’extérieur, dans des cavités particulières appelées conceptacles ; elles sont situées ordinairement à la hase de filaments ou paraphyses qui les accompagnent. (Algues aplosporées, Dec.)
Dans les Corallines, les spores sont renfermées dans des cavités internes ou externes et se partagent à la maturité en qualie corps reproducteurs de couleur rouge. (Algues choristosporées, Dec.)
(1) Do Flotlow représente avec deux cils vibratiles les d un Frotococcus pluvialis (in Nov. Ad. Acad. cur. nal.,
spores qui s'échappent XX, 1 843-44', pi. 25).
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Les conceptacles uu cavités qui contiennent les spores affectent différentes positions, selon les genres qu’on examine. Ainsi dans le Fucus vesiculosus, ils sont situés au sommet des frondes; dans YAmpliiroa charci, ils sont placés sur le milieu de chaque article; dans la Coralline officinale, ils en occupent le sommet.
Les conceptacles peuvent renfermer, outre les spores et les paraphyses, de petits corps hyalins munis de cils vibratiles, doués de mouvement; on les regarde comme des organes mâles, et on leur a donné le nom d 'anthérozoïdes. A peine sortis de leur enveloppe, ces petits corps s’élancent vers les spores, le rostre en avant, les frappent à coups redoublés (1) et en assurent la fécondation.
Les spores, comme les anthérozoïdes, peuvent être contenues dans des sacs spéciaux. Les sacs qui renferment les spores portent le nom de sporanges ; ceux qui contiennent les anthérozoïdes s’appellent des anthéridies.
Si les conceptacles d’une Algue renferment à la fois des spo-
Fiü, 137. — Zoospores de Laminaire saccharine Fig. 138. — Zoospores de Laminaire (figure empruntée à M. Tliuret). à diiférents états de germination.
ranges et des anthéridies, cette Algue est hermaphrodite; elle est dioïque si tous ses conceptacles ne renferment que les organes d’un seul et même sexe, et monoïque si elle possède à la fois des conceptacles mâles et des conceptacles femelles.
Les Algues les plus simples en organisation se retrouvent dans toutes les contrées. Les plus compliquées, telles que beaucoup d'Algues marines (Thalassiophytcs), ne se développent pas également dans toutes les mers; leurs différents genres sont particuliers à certains parages. Les Protococcus vivent sur la terre humide,
(1) Voyez do Bary, Mém. de la Soc. de Fribourg en Drisgau, 1860, cl Tliuret, iu Ann. sc nnt., 3<-' sûr., 183', vol. XVI, p. 5.
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les rochers, la neige, nagent dans la nier, et colorent souvent des espaces considérables en vert foncé ou en rouge de sang. Les Nostoes communs se montrent dans les allées et les chemins comme de petites masses gélatineuses ; on les observe plus particulièrement en automne, pendant les journées humides; ils disparaissent aux rayons du soleil et reparaissent pendant la nuit. Certains Cryptococcus, Leptothrix , certaines Psorospermies, etc., se développent dans les tissus ou les liquides animaux, d’autres dans les ferments. Les Conferves constituent ces longs filaments qui se développent avec une si grande facilité dans les eaux dormantes de nos étangs.
Plusieurs classifications des Algues ont été proposées. Les caractères primordiaux de celle qui aujourd’hui est assez généralement adoptée reposent sur la couleur des spores (1). Celte couleur est cependant sujette à varier dans les Algues unicellulées, mais elle est constante dans les Algues élevées en organisation.
Les Algues peuvent être partagées en :
1° Chlorospermées (de ^Xtopèç, vert, et arrspu.a, semence) (2), dont les spores sont le plus souvent vertes, mais passent parfois à l’olive, au pourpre, ou à d’autres teintes ; sont toujours produites par l’endochrome, et consistent en zoospores munies de cils vibratiles ou sont de simples cellules immobiles. Les Chlorospermées sont des plantes le plus souvent monoïques.
Ce groupe comprend des Algues à cellules arrondies ou polyédriques, telles que les Palmellées, les Dcsmidiées, les Diatomées; d’autres à fdaments articulés, telles que les Conferves, les Nostoes, les Oscillariées, les Conjuguées, ou à filaments inarticulés, telles que les Siphaniées, et enfin les Algues foliacées, telles que les Vives.
2" RhodosperméES (de potSov, rose, et aTrs'p g.7., semence) (3), dont les spores sont colorées en rose ou en pourpre, tournant très-rarement au brun ou au vert. Tantôt ces spores sont contenues dans des concep-
(1) Berkeley, Introït, lo cryptog. üotany, p. 100 (1857).
Synonymes : Zoospermeœ, J. Ag., Mont. — Zoosporcie el Synsporco!. DO,— Zoosporeœ, Tliuret.
(•)) Synonymes ; Florideœ, Ag. — Chorislosporcw , DC.
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lacles externes ou inclus ; tantôt ce sont des tctraspores le plus souvent incluses dans les frondes, rarement placées dans des conceptacles particuliers. Les spermatozoïdes existent ordinairement. Les Rhodospermées sont dioïques, hétérocarpées.
Ce groupe comprend un très-grand nombre de familles, parmi lesquelles on trouve les Rhodhyméniëes, les Gélidiées, les Corallinées.
3° Mélanospermées (de p.s'Xaç, noir, et <nvepu.cc, semence) (1), dont les spores sont olivacées, nues ou contenues dans des conceptacles ; quelquefois elles résultent de la division de l’endochrome en deux, quatre ou huit parties. Les anthéridies se groupent parfois à part et sont remplies de spermalozoïdes. La reproduction se fait par zoospores. Les Mélanospermées sont monoïques ou dioïques, ou hermaphrodites.
Ce groupe comprend, entre autres familles, les Eclocarpées, formées de filaments articulés, les Laminariées, les Fucacées, dont les filaments sonj inarticulés.
Un certain nombre d’Algues vivent comme entophytes dans les liquides de l’intérieur du corps de l’homme ; nous citerons seulement les Mérismopédies, les Cryptocoques, les Leptothrix, les Leplomites, les Oscillaires, dont nous empruntons la description à M. Ch. Robin (2) ; d’autres sont utilisées comme médicaments, comme aliments, comme engrais, ou fournissent des produits
MÉRISMOPÉDIES.
Les Mérismopédies ( Merismopedia , Moyen) (de jj.£?i<juo;, action de partager, et -sAï'ov, polit lien) sontdcs Algues du groupe des Chlorospermées, constituées par des groupes de petites masses cubiques composées de cellules quaternées.
La Méuismopédie stomacale ( Merismopedia venlriculi, C-Rob.), connue sous le nom de Sarcine de l’estomac, se compose de groupes formés de 8, 16, 6 !\ cellules cubiques, couleur de rouille, dont chaque
(1) Synonymes: Fucoideæ, Ag. — Aplosporcœ, DC. — Phycoïdccs, Mont.
(2) Cli. Robin, Histoire naturelle des végétaux parasites.
à l’industrie.
Kiü. 130. — Mérismopédio stomacale à ses diverses périodes. (Cette figure et les quatre suivantes sont empruntées ù M. ltobin.)
CRYPTOCOQUES. — LEPTOTHRIX. 437
face est partagée en quatre saillies. Chaque cellule n’a guère que -i de millim. Les groupes de cellules sont coriaces, élastiques, et se colorent en brun ou en jaune foncé par l’addition d’iode. Ce végétal paraît se reproduire par division. — On l’a trouvé fréquemment développé dans l’estomac de l’homme, dans les sédimentsde l’urine, dansdes abcès gangréneux. On nclui connaît pas d’action nuisible.
CRYPTOCOQUES.
Les Cryptocoques {Cryptococcus , Kiilz.) (de utoto;, caché, et xoxxo;, grain) appartiennent au groupe des Chlorospermées. Ce sont des plantes formées de petits globules hyalins plus ou moins rapprochés, sans ordre, dans une gangue amorphe.
Le Cryptocoque du ferment {Cryptococcus cerevisiœ, Kiitz.), ou Champignon du ferment, est composé de cellules rondes ou ovales de ~ à ^ de millim., contenant, un ou deux corpuscules. Ce végétal se multiplie par l’adjonction de cellules qui se développent sur les côtés, formant ainsi un petit chapelet de deux ou trois cellules, lise détruit à l’air.
On l’a rencontré dans les liquides de l’estomac, de l’œsophage et de l’intestin, mais il se produit ordinairement dans la fabrication de la bière et toutes les fois qu’une des cellules parvient dans un liquide acide contenant des matières en fermentation. Il paraît n’avoir aucune influence pathologique.
LEPTOTHRIX.
Les Leptothrix. Kiilz. (de Xeirriç, mince, et OplÇ, cheveu), appartiennent au groupe des Chlorospermées. Ils sont constitués liar des filaments simples, non rameux, non engainés, non mobiles, non adhérents, à sommet non atténué.
Le Leptothrix buccae ( Leptothrix buccalis, Ch. Rob.), ou Algue filiforme de la bouche, consiste en filaments droits ou courbés, quelquefois coudés brusquement, incolores, élastiques, disposés en faisceau, à base placée dans une gangue amorphe. Leur diamètre est d’environ de millim., et leur longueur 'Ie à de millim. On les trouve à la surface de la langue,
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dans les matières accumulées dans les interstices des dénis, dans les dents cariées; ils peuvent passer dans l’estomac, l’inlestin et
Fin. 140. — Leptothrix buccal avec lamelles épithéliales (lntlmit ilans un liquide granuleux.
se retrouver dans les diarrhées. Ce végétal ne paraît pas avoir d’influence sur la santé.
LE PTOM I T CS.
Les Leptohites ( Leptomitus , Agardh) (de XêTrrbç, mince, et y.i-c', fil) sont des filaments qui diffèrent des Leptothrix en ce qu’ils sont articulés, rameux, atténués au sommet, creux, engainés. Les spores sont ordinairement latérales, recouvertes par
une faibleeouche de tissu.
Quelques espèces ont été signalées : le Leptomitf.
urophile, Mont., découvert par M. Rayer dansune urine morbide; IcLkpto- MITE DE IIaNNOYER , Ch.
Rob., trouvé dans une 1 bouillie qui tapissait 1 oe-
sophage; le Leptomite de l’épiderme, Ch. Rob., découvert par
OSCILLAIRES. - MOUSSE DE CORSE. - CORALL1NES. 439
M. Gubler sur le dos de la main d’un malade ; le Leptomite de 'UTÉRUS Ch. Rob., découvert dans des granulations du col de
cet organe; le Leptomite du mucus utérin et le Leptomite de
l’oeil.
OSCILLAIRES.
Les OSCILLAIRES ( Oscillaria , Bory St-V.) (de oscillatus , qui oscille) sont des Algues du groupe desChlorospermees Elles consistent en filaments simples, non rameux. Elles sont doueesd un , mouvement d’oscillation.
On a cru devoir rapporter au genre Oscillaire, et nommer Oscillaire DE l’intestin ( Oscillaria ? intestini, Küch.), des filaments entrecroisés, rameux, cloisonnés, contenant de la matieie verte, rejetés par une femme atteinte de dyspepsie et places suides lambeaux membraneux.