U R K DO
Un grand nombre des plantes rangées anciennement dans le
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genre Uredo sont des végétaux incomplets qui ont été reportés à leurs genres respectifs (1). On a conservé ce nom à des Champignons qui se développent le plus souvent sous l’épiderme des plantes et dont les spores sont uniloculaires. Les espèces qu’on peut regarder comme types sont l 'Uredo pinguis, DC., qu’on trouve sur les Rosiers et les Potenlilles, VUredo Mercurialis , Mari., VUreclo Evonymi, Mart.
PUCCINIES.
Les Puccinies ( Puccinia , Link) sont des Champignons du même groupe que les Uredo, qui croissent en parasites sur les plantes phanérogames et cryptogames, ou encore sur l’épiderme des animaux. Leur mycélium est lilamenteux ; leur réceptacle charnu, coriace, est supporté par un pied et se partage en plusieurs spores.
Puccinie du favus. — La Puccinie du favus {Puccinia favi, Ad. Arsten) se montre le plus souvent sur les croûtes ou favi développés par la présence de l’Achorion de Schoenlein, ou encore dans les squames qui entourent ou recouvrent ces croûtes.. Elle est d’un brun rouge. Ce Champignon se compose de deux parties : la première, mince, d’une longueur variable qui peut aller jusqu’à un millimètre, est droite ou courbe; la seconde esL renflée en massue allongée, et présente des segmentations superposées dans chacune desquelles se développe une spore.
C’est la présence de la Puccinie des Graminées, ou Uredo rubigo, DC., qui détermine la maladie connue sous le nom de rouille du Blé.
CLAV1CEPS POURPRÉ.
Le CijAViCEPS pourpré ( Claviceps purpurea, Tul.) esl un Champignon thécasporé dont une portion, le mycélium tuberculeux, constitue V ergot de Seigle.
L’ergot de Seigle est un corps brunâtre qui, dans les années pluvieuses, se voit quelquefois sur les épis du Seigle, occupant
(1) Voyez Tulasno, in Ann. sc. nat., 3* série, vol. VII, p. 43, et 4” série, vol. II, p. 124.
CLAVICEPS POURPRÉ. 457
a place d’un ovaire. Il a quelque ressemblance de l'orme avec le fruit de la Graminée, mais il est souvent plus long, plus recourbé et a été comparé à l’ergot du Coq (flg. 158).
Afin de faire mieux comprendre la naturedel’ergot, nous suivrons, avec M.Tulasne, le développement entier du Champignon dont il n’est qu’une partie. Ce développement comprend trois périodes:
1 r* période. — Dans la première, on voit apparaître à la base du jeune ovaire et dans ses parois une matière blanche, fongueuse, qui, en grandissant, se montre creusée intérieurement de cavités irrégulières communiquant au dehors (fig. 159 et 160). Ces cavités sont tapissées de petites cellules qui donnent des corpuscules se disséminant et pouvant germer. La matière blanche ainsi développée con-
1 58. — Epi de Si'igli avec plusieurs ergots.
lu.. 151).— Développe' ment du
Fig. 100. — (loupe transver- Claviccps pur p u rca. sale de la sper mogonie (Tul.) .
a, sphftcCdie ou spermogonie ; ovaire soulevé ; c, styles.
Ces figures 159, 100, 101, 102, 1G3, 104, 105, 100, sont empruntées A M. Tulnsnc.)
dilue ce que les auteurs appellent une sphacèlie. Elle détermine
BOCQIjILLON.
CHAMPIGNONS
l’oblitération de l’ovaire el exhausse souvent cel organe qui la surmonte comme une petite masse poilue (fig. 159, 161 et 162).
2e période. — Dans la seconde période, un petitcorpsd’un noir violet à la périphérie, mais blanc à l’intérieur, se montre au sein de la sphacélie. C’est l’ergot, ce qu’on appelait le sclerolium. D’abord petit et complètement inclus (fig. 161), il grossit dans la suite; le tissu de la sphacélie qui l’entoure s’amincit de plus en plus et se dessèche, tandis que la portion qui lesurmonle est soulevée par son allongement. Si donc on examine un ergot de Seigle à la période presque ultime de son développement, on y voit trois choses (fig. 162) : 1° 5 la base, entre ce qu’on appelle les
Fig. 10 1. — Développement du Claviccps purpurca (Tul.).
a, a, sphacélie ou spermogonie ; é, fruit atrophié; c, les styles; c, renflement produit par le développement intérieur du sclevutlum ou ergot.
Fig. 102. — Développement du Claviccps purpurca (Tul.).
1. Partie entière : a, spermogonie ; è, ovaire soulevé ; c, ergot développé dans le tissu de la spermogonie. — 2. Coupe verticale.
balles du Seigle, l’ergot lui-même, reconnaissable à sa forme, à sa solidité, h sa couleur brun violet; 2° au-dessus, la sphacélic, se présentant comme un tissu spongieux desséché; 3° au sommet, les traces de l’ovaire atrophié.
CLAVICEPS POURPRÉ. 459
On sait que les Agarics cultivés dans une obscurité complète ne donnent pas de chapeau ; l’ergot non placé dans un milieu convenable s’arrête aussi dans son développement.
3e période. — Lorsqu’on place des ergots dans du sable fin, avec les conditions nécessaires à leur développement, on les voit bientôt fournir un certain nombre de pédicules plus ou moins longs, surmontés d’un renflement porteur des conceptacles (fig. 163, lG/i, 165 et 166). Chacun de ces conceptacles a la forme
Fig. 163. — F.rgot sur lequel so dé- Fin. 164. — Ergot avec îles organes
veloppent les chapeaux a, a, a de de fructification plus figés (Tu].),
Claviers (Tul.). 1
d’une bouteille, et contient un grand nombre de filaments ou thèques renfermant les spores ou une matière protoplasmique. Les spores sont allongées, capillaires.
Fk;. 165. — Tô te du Claviceps purpurca. Fin, 1G6. — Coupe verticale île lu t «> te Los mamelons correspondent ù autant du Claviceps purpurca (Tu I .)
de conceptacles (Tul.).
rt,n,a, conceptacles.
Pour M. Tulasne, les cellules qui tapissent le tissu blanc 011 premier hyménium quenous avons signalé à la première période de développement du Claviceps purpurea seraient la spermogonie
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de ce Champignon ; les corpuscules qui s’en échappent seraient des sperrnaties (voyez plus haut, page Zi07).
Ce Claviceps pourpré se développe dans les fleurs des Gra-
Fig. 107. — Coupe verticale de trois conceptacles grossis (Tut.).
a, tissu du Champignon ; 6,6, tlièques dans lesquelles les spores ne sont pas encore apparentes : quelques-unes (c) se sont détachées.
minées, le plus souvent dans les parois et à la base de l’ovaire, quelquefois au dehors, rarement dans l’ovule. Les fleurs sur lesquelles on le trouve sont plus particulièrement celles du Seigle, du Blé, du Chiendent, de V Avenu elatior, du Daclylis glomerata, du Boa aquatique, du Glyceria fluitans, de Y Àlopecurus agrestis; il se voit souvent en compagnie de diverses Ustilagi nées.
L’analyse chimique de l’ergota fourni, entre autres substances, un principe insoluble dans l’alcool, pulvérulent, de couleur rouge brun, non cristallisable, neutre aux réactifs des acides et des bases, d’une saveur amère, et auquel on a donné le nom d 'ergotine. On n’en retire guère que 1,25 pour loo. 11 ne faut pas le confondre avec Y ergotine de Bonjean utilisée en thérapeutique; celle-ci n’est pas un principe immédiat, c’est un extrait aqueux. L’ergot en contient environ 14 à 16 pour 100 de son poids; elle a une odeur agréable de viande rôtie.
L’ergot de Seigle a la propriété de provoquer les contractions de la matrice, et est employé pour aider l’accouchement dansles cas d’inertie de cet organe. On l’emploie en poudre récente, à
la dose de 6 décigrammes à 2 grammes. On l’utilise aussi contre les paralysies des membres inférieurs, de la vessie et du rectum, pour combattre la leucorrhée et la blennorrhagie chronique, comme hémostatique.
C’est un poison lorsqu’il est administré h doses un peu considérables. Lorsqu’on n’a pas soin de purger le Seigle des ergots qu’il peut contenir, ceux-ci s’unissent il la nourriture, et amènent cette maladie connue sous le nom d 'ergotisme, pendant laquelle il survient parfois un engourdissement des pieds, des mains, que la gangrène finit par envahir ; ailleurs on n’observe que des vertiges, des convulsions.
C’est près dis Claviceps qu’il faut placer les Champignons connus sous le nom de Sphœria, Haller. Un très-grand nombre vivent en parasites sur les larves d’insectes, et acquièrent en ljjauleur quatre, cinq fois la longueur de l’animal.