‹ Manuel d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 132 sur 155 · Anthérozoïde au repo · texte numérisé non relu

Anthérozoïde au repo

Iules sphériques transparentes, qui renferment chacune un anthérozoïde libre. Lorsque l’anthérozoïde s’échappe du sac qui le contient, il se compose d’une petite sphère dont le volume

croît peu à peu, et qui renferme des granules; d’une lanière aplatie, tordue en hélice, garnie à sa partie antérieure d’un nombre considérable de cils courts. La petite sphère « n’est pas fixée à l’extrémité postérieure de la spore; elle est adhérente extérieurement ii un filament granuleux qui est attaché lui-même à l’extrémité antérieure de l’anthérozoïde » (1). Selon RL Roze, l’élément mâle réel existe dans l’intérieur de la vésicule, et le corpuscule locomoteur ne fait office que d’agent de transport. Pendant que l’anthérozoïde est en mouvement, on peut distinguer le filament granuleux; après le mouvement, le filament semble revenu sur lui-même ou disparu.

Les archégones sont situés dans le voisinage de l’échancrure du thalle et peu nombreux; le plus souvent un seul continue son développement complet. Ils consistent en cavités à ouverture elliptique formée de cellules sans granules verts, à parois constituées par des cellules transparentes placées régulièrement les unes au-dessus des autres. On admet généralement que l’intérieur de l’archégone contient une spore primordiale destinée à être fécondée par l’anthérozoïde, qui pénètre jusqu’à elle; qu’après la fécondation, l’ouverture de l’archégone se ferme, qu’un travail de segmentation s’opère; qu’il en résulte l’apparition de la tige et la formation d’une racine en sens opposé.

Cette première racine formée n’est pas de longue durée, elle se détruit bientôt. La tige, en végétant sous le sol, s’avance, donne ordinairement, par sa partie supérieure, des rameaux qui s’élèvent dans l’atmosphère, et par sa partie inférieure, des racines advenlives qui s’enfoncent dans la terre.

Les Polystichum, comme les Polypiers médusaires (2), sont donc des êtres à générations alternantes. Le Polypier bourgeonne des Méduses; la Fougère donne des spores qui produisent des prolhallium. La Méduse subit une fécondation et donne des Polypes ; le prothallium subit une fécondation et donne les Fougères.

Lorsqu’on examine au microscope une coupe horizontale d’une racine adventive du Polystichum, on la voit, à son origine,

(1) R o7.o, in Bull. Soc. bol. de France, vol. XI, 1804, p. 232.

(2) Voyez page 24.

composée uniquement de tissu cellulaire, mais plus tard les cellules sont considérablement modifiées et transformées. La

Fig. 209. — Coupe horizontale et coupe verticale tic la moitié d'une raeiue adventive de Polystichum /ilix-mas.

a, épiderme ; h, cellules ponctuées ; c, fibres courtes canaliculées ; d, cellules polyédriques; e, faisceau de vaisseaux scalariformes.

coupe montre alors, dans l’axe, un faisceau de vaisseaux ordinairement scalariformes entouré par quatre zones concentriques : la plus interne est composée de cellules polygonales à parois minces; celle qui vient ensuite, de dedans en dehors, est d’une teinte brune, elle est formée de fibres courtes, à parois épaisses traversées par des canal icules ; plus en dehors est une zone de cellules larges, à parois peu épaisses, ponctuées ; enfin se montre l’épiderme noirâtre, formé d’une ou de deux couches de cellules aplaties à parois épaisses (fig. 209).

Une coupe horizontale de la lige souterraine, ou de l’axe de la fronde, faite dans le très-jeune âge, ne montre que du tissu cellulaire ; puis, comme chez les racines, les cellules se modifient, et l’on voit apparaître un certain nom-

Fig. 210. — Coupe horizontale d'une tige souterraine du Polystichum

[ilix-mas.

«, épiderme ; h, zone de cellules noires ; 'c, cellules jaunes ; d,d, faisceaux fihro-vasculaires.

bre de taches disposées en cercle. Ces taches indiquent la formation d’autant de faisceaux fibro-vasculaires (fig. 210). Chacun de ces faisceaux est formé de cette manière : 1° du côté externe, est un croissant noirâtre, quelquefois un cercle complet, formé de fibres dures, épaisses, ponctuées; 2- en dedans, une zone de cellules à parois minces; 3° au centre, un faisceau de vaisseaux rayés, scalariformes, spiraux; quelques-uns sont même formés d’une large bande spirale qui se déroule assez souvent pendant la coupe.

I'ig. 211. — Coupe horizontale et coupe verticale d’une portion de la tige souterraine du Polystichum filix-mns.

a, épiderme; b, cellules allongées, pressées, noirâtres ; c, cellules jaunes ; c, fibres ponctuées formant un croissant noirâtre ; f, cellules à parois miuces ; g, faisceau vasculaire du centre.

Ces faisceaux ne sont pas parallèles, ils s’unissent de distance en distance pour former des anastomoses à angle aigu. Ils sont placés dans la masse de tissu cellulaire jaune qui constitue la majorité de la tige ou de la fronde. Les éléments de ce tissu diffèrent selon les points où il se trouve. Les cellules de la périphérie sont noires: parmi elles, les plus externes sont aplaties et forment une seule rangée, ou l’épiderme; les autres sont plus allongées, pressées les unes contre les autres. Le tissu qui forme

la partie centrale, celui dans lequel plongent les faisceaux fibrovasculaires, est formé de cellules larges, blanches ou jaunâtres, à parois minces, en général ponctuées.

Les faisceaux fibro-vasculaires n’affectent pas la même disposition chez toutes les Fougères (1). Ainsi, dans le Fteris aquilina, les faisceaux vasculaires sont disséminés et non en cercle; les fibres, au lieu d’être en croissant, forment des lames diversement contournées, et la coupe oblique de la base de la fronde présente un dessin qu’on a comparé à la figure d’une aigle héraldique. Dans les Fougères arborescentes, la lige ne végète plus sous terre, elle s’élève et prend des dimensions considérables; les faisceaux fibro-vasculaires forment sous l’épiderme des dessins bizarres, sur une ou plusieurs rangées circulaires.

On trouve dans le tissu cellulaire des Polystichum filix-mas, et plus particulièrement dans celui du rhizome, un principe oléo-résineux qui a fait employer cette plante comme vermifuge contre le Ténia, et particulièrement contre le Bolhriocéphale. La plante s’emploie en poudre, en pilules; traitée par l’éther, elle fournit la liqueur connue sous le nom d 'huile éthérée, qui entre dans le remède de M'ne Nouffer. Comme son principe actif s’altère rapidement, on doit employer la Fougère fraîche plutôt que celle qui a vieilli.

Connaissant l’organisation du Polystic, il devient facile de connaître celle de toutes les autres Fougères, car elles ne se distinguent de la première que par des modifications dans la structure des sporanges, la place que ces sporanges occupent, la présence ou l’absence de l’indusium, la structure des tiges, etc.

Classification. — Les Fougères constituent un des plus beaux groupes végétaux; on peut les partager en neuf tribus, de la manière suivante :

(1) Voyez, pour plus de dévcloppemcnl sur la structure des Fougères : Hugo Molli, in Martius, Icotl. plant, cryplog. Brasilia: ; Mellenius, in Mém. de l'Acad. rug. de Saxe, VI, 1863, p. 501.

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