SCOLOPENDRE
Le genre Scolopendre (Scolopendrium, Sm.) se reconnaît à ses frondes entières, échancrées en cœur à la base; à ses sores obliques, parallèles, disposés de côté et d’autre de la nervure médiane, entre deux nervures secondaires (disposition qu’on a comparée à celle des pattes de la Scolopendre); à ses indusies latérales, qui s’ouvrent par une fente médiane et longitudinale.
La Scolopendre officinale ( Scolopendrium officinale , Sm.), ou Langue-de-cerf, Herbe à la rate, croît dans les lieux couverts et humides, au bord des ruisseaux, sur les parois des puits. On l’emploie en tisane comme diurétique.
CÉTÉRACII.
Le CÉTÉRACH, Willd., se distingue facilement des autres genres de Polypodiacées par ses sores unilatéraux, dépourvus d’indusie, recouverts d’écailles minces qui en tiennent lieu.
Le Cétéracii officinal ( Ceterach ofjicinarum , Willd.), ou Daurade, se distingue desaulres espèces par ses frondes pinnalilides, è folioles alternes, obtuses; par scs sores oblongs, recouverts d’écailles d’un jaune doré foncé, qui tapissent toute la face postérieure des folioles. Celte Fougère croît sur les rochers. La saveur en est amère. On l’emploie comme pectorale et diurétique.
Plusieurs autres Fougères employées autrefois en médecine sont délaissées aujourd’hui. Tels sont le Pte ris aigle impériale
510 LYCOPODIACÉES.
( Fteris aquilina, L.)> ou Fougère commune, grande Fougère, qu’on rencontre abondamment dans les bois humides, les champs stériles; I’Athyuium fougère femelle ( Atliyrium filix fœmina, Roth), nommé bien h tort Fougère femelle, et qu’on employait comme vermifuge.
8° LYCOPODIACÉES.
Les Lycopodiacées ( Lycopodiaceœ , DC.) sont des plantes cryptogames vasculaires qui, à l’extérieur, ont l’aspect des Mousses, mais elles diffèrent de ces dernières par leur structure anatomique, parleurs ramifications dichotomes, parleurs organes de reproduction.
Lycopodium a massues. — Le Lycopodium a MASSUES {L\Jcopodium clavatum, L.), ou Mousse terrestre, Soufre végétal, Ilerbe aux massues, est l’espèce la plus employée. 11 a l’aspect d’une Mousse à longs rameaux dichotomes, rampants, portant des feuilles étroites terminées par une soie, pressées, placées sur deux rangs, les supérieures alternant avec les inférieures] Les rameaux sont maintenus contre le sol au moyen de nombreuses racines adventives filiformes; quelques-uns d’entre eux, ceux qui porteront les organes de reproduction, relèvent leur sommet, y portent des écailles grêles en place de feuilles, et se bifurquent le plus souvent dans leur portion terminale pour former deux branches en forme de massue.
Chaque massue se compose d’un axe central qui est la continuation de la tige, de petites écailles triangulaires disposées comme les feuilles, et de petits globes réniformes, solitaires, à l’aisselle de chacune des écailles.
Les petits corps réniformes sont regardés comme des anthéridies et s’ouvrent en deux valves; ils contiennent cette poussière jaune connue sous le nom de poudre de Lycopode, de soufre végétal, poussière qui s’enflamme lorsqu’on la jette sur la flamme d’une bougie, et qui doit à sa facile combustion l’usage qu’on en fait dans les théâtres pour produire lès éclairs. On l’emploie en pharmacie pour entourer les pilules dont on veut empêcher l’adhérence ; on l’utilise pour dessécher les excoria-
LYCOPODIACÉES.
lions produites par les frottements dans les plis de la peau des jeunes enfants ou des personnes trop grasses.
La structure de la tige a, chez les Lycopodes, une structure particulière. L’axe central n’est plus cellulaire, comme chez les Fougères ; il est vasculaire et formé de vaisseaux scalariformes d’un diamètre d’autant plus grand, qu’ils sont plus près du centre. Le tissu environnant est périphérique. De distance en distance, le faisceau vasculaire central laisse s’échapper obliquement des vaisseaux qui gagnent la périphérie de la tige, en percent la paroi, et deviennent l’axe des racines qui s’enfoncent dans le sol et se bifurquent.
Le Lycopodium clavatum croît dans les bois montueux, au milieu des Bruyères humides. On le trouve aux environs de Paris, mais il est plus commun dans les pays de montagnes.
Le Lycopode inondé ( Lycopodium inundatum, L.), qui ne diffère guère spécifiquement du précédent que par ses rameaux fructifères feuillés et l’absence de soie aux feuilles, se plaît dans les terrains tourbeux.
Le Lycopode sélagine ( Lycopodium selago, L.) se reconnaît à ses rameaux ascendants, à ses feuilles roides et dentelées, à ses anthéridies portées dans presque toute l’étendue des rameaux. On le trouve communément dans les bois montueux, au milieu des Bruyères. Il a été employé autrefois en décoction comme purgatif et vermifuge.
Parmi les Lycopodiacées, les plantes qui ont été le mieux étudiées dans leurs organes de reproduction sont les Sélaginelles.
Les Sélaginelles ( Selaginella , L.) diffèrent particulièrement des Lycopodes en ce qu’elles ont deux sortes d’organes reproducteurs bien visibles: les anthéridies et les sporanges.
Dans le Selaginella denticulata, si bien étudié par M. llofmeisler, tous les organes de reproduction sont, comme chez les Bycopodes, des organes globuleux placés sur la tige, h l’aisselle des écailles. Un seul, celui de la base, doit être considéré comme sporange (sphérolhèque, Uofm.), les autres sont des anthéridies (coniothèques, Ilofm.). Dans le premier se forment quatre spores volumineuses (macrospores, Hofm.); dans les secondes se montient les petits sacs (microspores, Ilofm.) qui contiendront les anthérozoïdes.
MARSILÉACÉES OU RH1ZOCARPÉES.
Les macrospores placées dans la terre donnent, au bout de plusieurs mois, un prothallium sur lequel se développent des archégones qui contiennent une spore primordiale. Après la fécondation, cette spore primordiale végète et produit la Sélaginelle musciforme.
Les microspores de Selaginella helvetica placées en terre par M. Ilofmeister ont donné au bout de cinq mois des anthérozoïdes, tandis que les macrospores semées en même temps n’étaient pourvues de leurs archégones que six semaines après.
9° MARSILÉACÉES OU RHIZOCARPÉES.
Les Riiizocarpées ( Rhizocarpeœ , Bart.) sont des plantes cryptogames vasculaires, aquatiques, qui vivent dans les eaux stagnantes, sur le bord des étangs; dont les organes reproducteurs sont contenus dans des cavités closes ayant la forme de boîtes et situées dans le voisinage des racines.
Ce petit groupe ne comprend que les genres Marsilea, Pilularia et Salvinia , qui ne fournissent aucun produit à la thérapeutique.
Les Marsilea, L., sont des plantes à tige rampante, fournissant de distance en distance des paquets de racines advenlives. Les rameaux sont verdâtres et de deux sortes : les uns, plus grands, se terminent par quatre folioles obovales disposées en croix; les autres, plus courts, portent les organes de fructification. Ceux-ci consistent en boîtes partagées en deux loges par une cloison verticale; chaque loge est ensuite divisée en plusieurs logeltes par des cloisons transversales. Les spores sont supportées par les parois externes de chaque compartiment et germent à la manière de celles des Lycopodes.
Les Pilularia, L. , diffèrent des Marsilea en ce que les rameaux n’offrent que des feuilles grêles, cylindriques, que les organes de fructification sont îi la base des rameaux. Ces organes de fructification consistent en sphères du volume d’un Pois, et contiennent, selon M. Nageli, deux sortes de corps : les uns, plus petits, ou microspores, produisant des anthérozoïdes; les autres, plus gros, ou macrospores, donnant par la germination un pro-
ÉQU1SÉTACÉES OU PRÊLES, thallium. Sur ce protliallium se développent des nrchégones que viennent féconder les anthérozoïdes.
Les Salvinia, Midi., vivent ;ï la surface des eaux dormantes; leur lige porte des feuilles ovales, glanduleuses, qui ne sont pas, comme dans les deux genres précédents, enroulées en crosse avant leur complet développement. Les organes de fructification sont de deux sortes : les uns ne contiennent que des microspores, les autres ne renferment que des macrospores.
10° ÉQUISÉTACÉES OU PRELES.
Les ÉQUISÉTACÉES ( Equisetaceœ , DC.) sont des plantes cryptogames vasculaires qui habitent les marais, et qui ne comprennent que le genre Prêle.
Les Prêles (Equisetum, L.) sont herbacées, vivaces; ont une tige cylindrique, creuse, dont une portion noirâtre rampe sous le sol, fournit des racines et s’enfonce profondément ; l’autre portion, qui est verte, s’élève verticalement dans l’atmosphère. Cette tige est cannelée, articulée de distance en distance, porte au niveau de chaque articulation une collerette dentée qu’on regarde généralement comme une feuille, et des rameaux en nombre plus ou moins considérable.
La structure anatomique des tiges aériennes est toute particulière. L’épiderme est revêtu par un encroûtement de silice â l’état amorphe. Une coupe horizontale montre que la tige est creuse et formée de deux cylindres concentriques: l’un externe, dit cortical, l’autre interne. Le cylindre cortical est formé de tissu cellulaire incolore, mais il contient, le long des côtes saillantes, des fibres épaisses, allongées, analogues â celles qu’on appelle fibres du liber chez les Dicotylédonées ; ces libres sont entourées de cellules remplies de matière verte, et en face, plus en dedans, sont de grandes lacunes cylindriques. Le cylindre interne est composé de cellules renfermant de l’amidon, et présente un cercle de vides ou petites lacunes cylindriques situées en face des côtes saillantes du cylindre externe. Chaque lacune est entourée d’un faisceau fibro-vasculaire formé de trachées, de vaisseaux spiraux et de fibres longues et étroites.
BOCQU1LLON. 29.
ÉQU1SÉTACÉES OU PRÈLES.
Les organes de fructification sont groupés en épis â l’extrémité des tiges ou des rameaux. Chaque épi se compose d’un axe et d'écailles en forme de clous qui y sont insérées. La portion de l’écaille qui représente la tête de clou porte, sur sa face interne, une rangée circulaire de sept à neuf poches allongées. Chacune est un sporange et s’ouvre du côté intérieur pour laisser échapper les spores contenues. Chaque spore est un petit corps verdâtre, entouré par quatre filaments qui s’y attachent en un même point. Ces filaments ou élatères sont très-hygrométriques : lorsqu’ils sont humides, ils s’enroulent sur la spore; lorsqu’ils sontsecs, ils se déroulent brusquement et entraînent la spore au loin.
La spore, en germant, développe un prothallium (sporophyme, Duval-Jouve), auquel on reconnaît une partie centrale formée de cellules serrées, et une portion marginale, lobée, formée de cellules plus grandes. C’est ordinairement dans la première portion que se développent les archégones, et c’est sur les bords que se montrent les anthéridies. Les anthérozoïdes sont des filaments courbes, munis de cils vibratiles ; on les a retrouvés dans les archégones effectuant la fécondation.
Les Prêles ont été conseillées comme diurétiques et emménagogues.
Les plus connues sont : La Prêle d’hiver ( Equisetum hyemale , L.), ou Prêle des tourneurs, qui croît dans les terrains sablonneux, humides; dont l’épiderme contient beaucoup de silice; dont les tiges sont toutes semblables et fertiles, et atteignent souvent plus d’un mètre de long; la collerette porte ordinairement quinze â vingt dents.
La Prêle des marais (E. palustre, L.), ou Queue-de-cheval, moins grande que la précédente, qui n’a ordinairement que six dents â sa collerette et de huit à douze rameaux autour de l’articulation.
La Prêle des champs (E. arvense, L.), la Prèle d’ivoire (E. telmaleia, Ehrh.), qui ont deux sortes de tiges, les unes stériles, les autres fertiles.
La Prèle des bourbiers (E. limosum, L.), qui a toutes ses tiges fertiles; sa collerette se compose de quinze à vingt dents noirâtres.
PHANÉROGAMES ou EMBRYONNEES.
Les Phanérogames, L. (de <p<mpôç, apparent, et -pp* , noces), sont des plantes dont la reproduction peut s’effectuer par un embryon cotylédoné.
Ce sont les plantes les plus usitées. Elles diffèrent des Acotylédonées non-seulement par leur mode de reproduction, mais encore par leurs organes de végétation, la structure de leur tissu.