‹ Manuel d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 142 sur 155 · BOURGEONS · texte numérisé non relu

BOURGEONS

et qu’ils se montrent à l’aisselle des feuilles ; ils sont tantôt solitaires, tantôt multiples. La position qu’ils occupent leur a valu le nom de bourgeons axillaires. D’autres bourgeons se montrent à l’extrémité de la tige ou des rameaux, ils sont par conséquent terminaux ; leurcomposition est la même que celle des bourgeons axillaires.

La place des bourgeons dont il vient d’être question est nettement indiquée; il est d’autres bourgeonsdonton ne peut prévoir la position, qui naissent sans ordre sur toutes les parties du végétal : ce sont les bourgeons adventifs. Ces sortes de bourgeons se montrent sur les racines des arbres, lorsque ces racines ont été excoriées ou entaillées, sur la section des Saules cultivés en têtards, sur la section des tiges, dans les bois qu’on cultive en taillis, etc. Cette propriété qu’ont les plantes de produire des bourgeons adventifs a fait inventer les procédés de culture connus sous le nom de recepage et d 'émondage.

Les bourgeons sont tantôt nus, tantôt recouverts par divers organes qui ont pour but de les protéger contre les agents extérieurs. Ces divers organes sont des feuilles ou des stipules plus ou moins modifiées, en nombre variable, selon les plantes; les plus extérieures ont la forme d’écailles épaisses, se pressent, s’imbriquent, se recouvrent souvent de poils, de résine ou de vernis, comme pour former un abri plus complet. C’est à la résine ou au vernis qui les recouvre que les bourgeons de Sapin ou de Peuplier noir doivent d’être employés en médecine.

Les bourgeons ontorditiairement la forme d’un cône; les uns, minces, pointus, ne donnent, en se développant, qu’un rameau feuillé, on les appelle bourgeons à bois ; d’autres, plus renflés, donnent, en se développant, un certain nombre de fleurs, on les appelle bourgeons à fleurs ; enfin, il est des bourgeons dont le développement amène à la fois des feuilles et des fleurs, ce sont des bourgeons mixtes. C’est toujours un bourgeon à fleurs qui est ii l’extrémité d’une tige ou d’un rameau déterminé ; c’est toujours un bourgeon à bois qui est à l’extrémité d’une tige ou d’un rameau indéterminé.

On peut, par la culture, transformer des bourgeons ii bois en bourgeons à fleurs; c’est pour obtenir ce résultat qu’on pratique les opérations connues sous les noms de taille, de pincement,

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d ' ébourgeonnement et à'éborgnage. 11 n’est pas rare de rencontrer des plantes danslesquelles les bourgeons se transforment en épines: c’est ce qui se voit dans les Prunelliers des haies et des bois, dans les Néfliers, etc. Dans le Néflier de Germanie, les rameaux qui, dans l’arbre à l’état sauvage, sont transformés en épines, deviennent, par suite de culture, des rameaux portant feuilles et fleurs.

L’origine d’une épine est accusée par la place qu’elle occupe. Si c’est une feuille transformée, sa place est exactement celle de la feuille; elle a un ou plusieurs bourgeons à son aisselle. Si c’est une stipule transformée, elle accompagne la feuille; si c’est un rameau transformé, elle est à l’aisselle de la feuille. Dans les trois cas, sa position est géométriquement déterminée. 11 ne faut pas confondre ces piquants qui ont le nom d’épines, avec ceux qu’on est convenu d’appeler aiguillons. Ces derniers se trouvent disséminés sur les tiges et les rameaux, n’ont pas de position fixe, ne communiquent pas, comme les épines, avec le bois de la plante: ce sont de simples productions du tissu superficiel de l’écorce, on peut les arracher facilement. Les prétendues épines des Rosiers ne sont que des aiguillons.

Les bourgeons axillaires présentent parfois la forme de petits renflements : on les voit ainsi chez le Lis bulbifère, le Lis tigré, la Ficaire ; ils diffèrent des bourgeons ordinaires en ce que leurs feuilles sont épaisses, gorgées de nourriture, ce qui leur permet de quitter la plante mère et de vivre à leurs propres dépens. Leur petite (aille, leur ressemblance avec les bourgeons nommés bulbes, les ont fait appeler bulbilles.

Préfoliation. — Les feuilles qui concourent à la formation d’un bourgeon ont leurs différentes portions disposées d’une manière qui varie avec la plante qu’on examine; elles s’agencent selon un certain mode. C’est cette disposition, cet arrangement des feuilles qui prend le nom de préfoliation ou vernation.

Une feuille, considérée isolément, a la préfoliation :

Plissée, lorsque ses différentes parties se plissent à la manière d’un éventail. Ex. : Vigne, Pivoine, Lalanier.

Condupliquée, lorsqu’elle est pliée en deux longitudinalement. Ex. : Chêne, Amandier, Noisetier.

Réclinée, lorsqu’elle se plie en deux transversalement. Ex. : Aconit, Tulipier.

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