‹ Manuel d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 22 sur 155 · DOUVE · texte numérisé non relu

DOUVE

La Douve hépatique ( Fasciola hepatica, L.) est un ver plat dont la forme est celle d’une feuille de myrte. Il est mou, d’un brun noirâtre, offrant une longueur de 25 à 35 millimètres et une largeur de 8 à 10 (fig. 19).

Le nom de Distome qu’on lui a donné pourrait faire croire à 1 existence de deux bouches. En réalité, il n’en existe qu’une seule ; elle est située à l’extrémité la plus rétrécie du corps, dans une cupule faisant office de ventouse. Ce qu’on a pris pour une seconde bouche n’est autre chose qu’une seconde ventouse. Elle est triangulaire, ne communique pas avec l’intérieur, et est située sur le ventre de l’animal, beaucoup plus près de l’extrémité antérieure que de l’extrémité postérieure. La Douve hépatique a

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le corps couvert d’épines aplaties; elle peut s’étendre, se contracter et changer de place.

A la suite de la bouche est un œsophage droit et court, qui s’enfonce dans le tissu du corps, puis se bifurque à la façon

d’un Y renversé ; les deux branches de bifurcation se ramifient beaucoup et envoient vers la périphérie un grand nombre de divisions qui se terminent en culs-de-sac. Tout cet appareil est brun verdâtre lorsqu’il est gorgé de nourriture.

La respiration est cutanée.

Sur l’axe longitudinal du corps est un vaisseau qui donne naissance à un nombre infini de vaisseaux secondaires ramifiés et anastomosés:

c’est, selon M. Yan Beneden, un appareil pour la sécrétion urinaire, tandis que M. Blanchard en fait un organe pour la circulation du sang.

Le système nerveux est rudimentaire ; il consiste, selon M. Blanchard, en petites masses ovalaires placées autour de l’œsophage et donnant un certain nombre de filets nerveux.

La Douve est androgyne, c’est-à-dire qu’elle porte simultanément les organes reproducteurs mâles et les organes reproducteurs femelles. Les orifices génitaux sont placés dans l’intervalle compris entre les deux ventouses, l’organe mâle au-dessus de l’organe femelle.

L’organe mâle se compose d’un pénis contourné, d’environ 3 millimètres de long, faisant saillie au dehors et pouvant rentrer dans une poche que Rudolphi a appelée réceptacle du cirre. . A la suite viennent un canal éjaculateur, des conduits déférents,, et entin des testicules, qui occupent toute la partie centrale et inférieure du corps.

L’organe femelle est construit sur un plan que nous retrouverons chez les Mollusques. L’ovaire est dédoublé en deux poches qui ont chacune une fonction différente: l’une, \e germigene,

Fig. 19. — Douve hépatique, -

a, ventouse antérieure ; b, pénis ; c, l'une des branches du tube digestif ; d, ventouse ventrale ; . e, traces de l'organe femelle.

transformations DE LA DOUVE. 49

fournit les vésicules germinatives; l'autre, le vitellogène fournit le vitellus. Ces deux poches s’abouchent dans un oviducte, et c’est là que se forme l’œuf. L’oviducte communique d autre part avec un testicule, de sorte que le sperme peu. arrtver sur J-œuf aussitôt sa formation, avant même que celui-ci se soit recouvert d’une coque. L’oviducte se contourne sous forme d un tube sinueux jusqu’au dehors où il débouche.

Les œufs sont elliptiques, demi-transparents, ordinairement

nourvus d’un opercule. .

La Douve hépatique se rencontre très-fréquemment dans le foie de mouton, et assez souvent chez d’autres ruminants, n la trouve quelquefois chez l’homme, dans la vésicule du fiel, les canaux hépatiques, très-rarement dans les vaisseaux sanguins

et l’intestin.

La Douve lancéolée ( Bistoma lanceolatum, Mehl) s est trouvée aussi chez l’homme; elle diffère de la Douve hépatique par sa forme, sa taille plus petite, son intestin non ramifie, et le gros volume de ses œufs, qu’on voit par transparence.

Le Distome hématobie (D istomum hœmatobium, Bilharz), ou encore Thécosome, a été observée sur l’homme, en Egypte, dans la veine porte et ses ramifications. Les sexes sont séparés. La femelle est grêle, effilée, et vit sur le mâle, placée comme une épée dans son fourreau (Bilharz).

Transformations de la Douve.

La segmentation de l’œuf peut se faire dans l’oviducte même, et un jeune embryon ne tarde pas à apparaître. 11 est de forme vésiculaire (avec ou sans crochets) et garni de cils vibratiles comme un Infusoire.

Cet embryon né dans l’œuf ne ressemble donc en rien à la Douve. Ici, comme chez les Vers rubanés, il, y a génération alternante. Dans la larve infusiforme se développe par bourgeonnement un autre animal qui ressemble à un petit sac mobile, sans autre organe qu’une ventouse dont il se sert pour se fixer aux êtres dans lesquels il vit. Ce nouvel être a reçu le nom de sporocyste. Dans l’intérieur des sporocvsles naissent de même

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par bourgeonnement, ou d’autres sporocystes, ou une troisième génération d’autres animaux qui, tantôt sont parfaitement développés, et constituent les Douves, tantôt ressemblent il des têtards de grenouilles, et constituent des Cercaires. Sous cette forme, l’animal est enrichi de ventouses, de crochets et d’un tube digestif. 11 deviendra bientôt une Douve. Ce n’est que lorsque l’animal est arrivé à ce dernier état qu’il possède des organes génitaux.

Nous voyons donc les plus grandes analogies entre les métamorphoses des Cestoïdes et celles des Trématodes. Nous essayons de les présenter comparativement dans le tableau suivant, en nous servant des noms adoptés.

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