CESTOÏDES. TRÉMATODES
lre génération. Animal se
montrant dans l’œuf Embryon exacanthe. Larve infusiforme.
2e génération Ver vésiculaire (Hyda-
tite, Échinocoque). Sporocyste.
3e génération Vers s’enrichissant de Cercaire devenant
ses proglottis, ani- une Douve, animal parfait . mal parfait.
Les Cercaires ont été vues libres dans les eaux, mais elles cherchent à s’implanter dans le corps d’animaux aquatiques, où elles restent sans jamais acquérir d’organes génitaux. Pour devenir de véritables Douves, elles doivent être portées dans le corps des Vertébrés. Aussi trouve-t-on beaucoup plus de Douves chez les Vertébrés qui vivent dans les eaux ou sur les rivages, que dans ceux qui vivent dans les lieux secs.
VERS CYLINDRIQUES, OU NÉSlATOïDES.
ASCARIDE.
L’Ascaride lomiîrigoïde, L. (de àcxapiÇnv, remuer, sautiller; et de lombric, nom du ver avec lequel on l’a souvent confondu), est un ver cylindrique, le plus souvent blanc, très-rarement rouge ou rouge brun, plus atténué en avant qu’en arrière, réticulé, présentant îi la surface du corps quatre sillons longitudi-
ASCARIDE. 51
naux et un grand nombre de rides transversales. Il est unisexué (fig. 20).
L’aspect du mâle diffère de celui de’ la femelle. Le mâle est long de 15 â 17 centimètres, a la queue recourbée ou enroulée, et munie de deux spiculés aigus, arqués. La femelle est plus grandé:
elle mesure 20 à 25 centimètres, montre un étranglement vers le tiers antérieur du corps, et a la queue droite, sans spiculés.
Tous deux portent â l’extrémité antérieure de leur corps une bouche munie de trois valves charnues:
une est supérieure, deux sont latérales inférieures et munies de papilles. La bouche sert d’entrée à un œsophage musculeux, en forme de fuseau, qui aboutit à un estomac à parois minces. A la suite de l’estomac est un intestin légèrement sinueux, qui se termine à un anus transversal situé à l’extrémité postérieure du corps.
La respiration se fait par la périphérie du corps.
Plusieurs auteurs regardent comme appartenant à l’appareil circulatoire un système de canaux grêles et longitudinaux s’anastomosant au niveau de l’œsophage; d’autres l’assimilent à un appareil excréteur. Si le système circulatoire existe, il ne peut être que très-rudimentaire; on ne trouve pas de cavité pulsative.
Le système nerveux se compose, selon M. Blanchard, de deux
1** ig. 20. — Ascaride loinbricoide.
1. Corps ; 2. Tête : a, les trois modules de la bouche. — 3. Queue du mêle : a, double pénis. — 4. Partie rétrécie du corps de la femelle où se trouve l’ouverture a des organes génituux.
VERS
filets longitudinaux se réunissant pour former deux masses ganglionnaires autour de l’œsophage.
Les organes génitaux sont très-développés. Chez le mâle, on trouve un ou deux testicules tubuleux, flottant dans la cavité abdominale, et se continuant en conduits déférents jusqu’à une vésicule séminale renflée et très-allongée; à la suite, sont deux spiculés faisant saillie au dehors, à l’extrémité de la queue. Chez la femelle, on trouve deux ovaires très-allongés, formant un très-grand nombre de circonvolutions et aboutissant à un utérus commun; à la suite de l’utérus est un tube grêle qui débouche au dehors, dans l’étranglement que le ver présente environ au tiers antérieur du corps.
Les Ascarides se reproduisent par des œufs. D’après M. Davaine, ces œufs, pondus dans l’individu chez lequel il existe des Ascarides, doivent être expulsés au dehors avant qu’aucun phénomène de segmentation se manifeste dans leur intérieur. L’embryon se développe très-lentement; il peut rester pendant deux ans dans f sa coque, et il y demeure prisonnier jusqu’à ce que l’œuf ait été ramené dans l’intestin, probablement avalé avec les boissons.
M. Davaine a remarqué que l’eau filtrée ne contient pas d’œufs d’Ascarides, et qu’une température élevée empêche leur développement ultérieur «Avec ces données, dit-il, on pourra trouver sans doute la raison qui fait ces vers rares à Paris et communs dans les campagnes: à Paris, où l’on boit généralement des eaux puisées à la Seine et passées au filtre, lequel retient les ovules des Ascarides; à la campagne, où l’on boit l’eau des mares et des puits non filtrée. Ces mares ou ces puits sont alimentés ordinairement par les eaux pluviales qui tombent autour des habitations : or, l’usage des fosses d’aisances est asspz généralement négligé à la campagne, surtout par les enfants, qui satisfont leurs besoins autour des habitations mêmes. On s’explique donc, par l’action des eaux pluviales qui les entraînent, l’arrivée des œufs des Ascarides dans les mares, les ruisseaux, les puits, et finalement dans les boissons. »
On a vu des épidémies de ces vers : des armées, des villes entières ont été atteintes, les malades étaient épuisés par la diarrhée et rendaient des centaines d’Ascarides.
Lorsque l’œuf est arrivé dans l’appareil digestif, l’embryon
ASCARIDE. 5S
qui y est contenu perce son enveloppe et devient libre; il se présente sous forme d’un petit ver blanc de ~ de millimètre de longueur, à extrémité antérieure dépourvue de valves apparentes; on ne lui trouve ni anus, ni organes génitaux. 11 se complétera plus lard dans l’intestin.
Les Ascarides lombricoïdes vivent dans V intestin grêle en nombre variable, tantôt isolés, tantôt pelotonnés. Les femelles y sont plus nombreuses que les mâles. On les rencontre fréquemment chez les individus débiles, chez ceux qui se nourrissent mal, qui ne font pas usage de boissons fermentées; les enfants en sont plus souvent atteints que les adultes, et les femmesplutôt que les hommes.
L’intestin grêle est le lieu d'élection de l’Ascaride lombricoïde ; on peut le rencontrer ailleurs, dans l’estomac, le gros intestin, etc. , mais il ne vit lâ que quelques jours. On a vu des Ascarides qui, favorisés par quelque lésion pathologique, s’étaient introduits dans le canal pancréatique, dans le canal cholédoque, le tissu du foie, le péritoine, etc.; d’autres, à la suite d’efforts de toux, de vomissements, ont gagné la trompe d’Eustache, le larynx, la trachée. On cite des cas de perforations intestinales par les Ascarides. Généralement ces animaux n’altèrent pas la santé lorsqu’ils sont en petit nombre et restent dans l’intestin. Mais lorsqu’ils sont en nombre considérable, ils déterminent des accidents plus ou moins graves. Ce sont : des coliques qui se font sentir principalement vers l’ombilic; desdouleurs pongitives, quelquefois déchirantes, de l’abdomen; la tuméfaction du ventre; des désordres de l’appétit, la salivation, des nausées ou des vomissements ; quelquefois de la diarrhée avec des selles contenant des matières glaireuses mêléesde sang ; la démangeaison des narines ; des urines semblables à du petit-lait, laissant un sédiment blanchâtre. On remarque en même temps les phénomènes extérieurs suivants : la bouffissure de la face, la couleur bleuâtre des paupières, la dilatation souvent inégale des pupilles ; l’odeur aigre de l’haleine, l’amaigrissement; et des phénomènes nerveux, tels que l’irrégularité du pouls, de mauvais rêves, de l’agitation et des grincements de dents pendant le sommeil, des douleurs vagues dans les membres (Davaine). Tous ces signes n’ont de valeur que parleur réunion.
VERS
Le seul signe véritablement pathognomonique de l’existence d’Asca rides lombricoïdesdans l’intestin, c’est la présence de leurs œufs dans les selles. Ils sont elliptiques, un peu ovoïdes, le grand diamètre est de0m,075 de longueur, et le petit mesure 0m,058 ; ils offrent une teinte jaune brunâtre et l’apparence mûriforme.
Nous n’avons guère disséqué d’anknauxdes champsqui neprésentassent un nombre plus ou moins grand d’Ascarides dans les intestins, et qui avaient cependant toute l’apparence de la santé.
Lesanthelminthiques employés contre l’Ascaride lombricoïde sont, en première ligne, lasantonine, un des principes actifs du semen-contra ; puis les différentes espèces d’armoises, l’armoise proprement dite, l’absinthe, le semen-contra (boutons de YArtemisia contra et d’autres armoises), la racine de fougère mâle C Polypodium filix mas, L.), l’essence de térébenthine, l’asa fœtida (gomme-résine extraite du Ferula asa fœtida ), le suc de papayer ( Carica papaya), la spigélie ou brinvillière ( Spigelia anthelmia ), etc. Tous les évacuants facilitent la sortie des Ascarides.
OXYURE.
L’Oxyure vermiculaire (5Çùî, aigu ; et oùpà, queue), qu’on a désigné longtemps sous le nom d’Ascaride vermiculaire, est un
ver blanc, rigide, filiforme, atténué à ses deux extrémités, unisexué (fig. 21).
L’aspect du mâle diffère de celui de la femelle. Le mâle est long de 2 à h millimètres, a la queue un peu renflée et contournée en spirale. La femelle est plus grande, elle mesure 9 à 10 millimètres; sa queue est droite ou légèrement sinueuse et très-aiguë.
Tous deux sont doués d’une grande vivacité et portent à l’extrémité antérieure de leur corps un petit renflement, ou tète, sur les côtés duquel on voit deux
Fig. 21. — Oxyure vermiculaire.
. Mule ( grandeur naturelle ) : a, tète.
2. Femelle : a, tête. 3. Partie antérieure du corps grossie : a, bouche; b, intestin; c, expansion aliforme.
TRICHOCÉPHALE. 55
expansions aliformes. Tout à fait en avant est une bouche h trois lèvres, creusée en entonnoir, ronde dans la contraction, triangulaire dans le relâchement. A sa suite est un œsophage court, à parois bien distinctes, se renflant avant de déboucher dans la poche stomacale. Un troisième renflement fait suite à l’estomac; puis le tube se rétrécit, se continue sous forme d’intestin légèrementsinueux, et se termine à un anus dont la place n’est pas la même pour les deux sexes. Il est situé à la base de la queue chez la femelle, et vers le milieu de cette partie chez le mâle.
L’Oxyure vermiculaire se rapproche donc beaucoup de l’Ascaride lombricoïde. Les caractères différentiels sont faciles ü reconnaître. Ce sont : la taille, plus petite chez les Oxyures ; les expansions aliformes autour de la tête, qui manquent aux Ascarides. L’organe mâle n’a qu’un seul spiculé.
La femelle pond des œufs oblongs, non symétriques, dont
grand diamètre ne dépasse pas ^ de millimètre.
Les Oxyures vermiculaires se rencontrent plus souvent chez les enfants que chez les adultes. Us occupent les parties inférieures du rectum et remontent rarement plus haut. On en a vu se répandre sur les cuisses et le périnée, pénétrer dans la vulve et remonter jusque dans le vagin.
Ilsdéterminent souvent des démangeaisons insupportables, et peuvent, parleur présence, déterminer des maladies graves (1).
Outre les anthelminthiques auxquels on a recours pour les détruire, il faut y joindre les lavements. On les fait avec de l’eau froide, de l’eau salée, vinaigrée, une légère solution de nitrate d’argent, de l’huile camphrée, des décoctions d’ail, etc.
TRICHOCÉPHALE.
Le TRICHOCÉPHALE DE L’HOMME (de 6pïç, Tfty/i;, Cheveu, Ct xmp#Xti, tcte) ( Trichocephalus dispar , Rud.)se distingue facilement des autres Nématoides par la lorme de son corps. Les deux tiers
(I) Voyez Lallemand, Des pertes séminales involontaires. Pari?, 1812. vol. III. Uavaino, Traité des Entozoaires. Paris, 1800, p. lu.
56 VERS
antérieurs sont filiformes, tandis que le tiers postérieur est un peu renflé. 11 est unisexué (fig. 22).
Le mâle est long d’environ 37 millimètres, dont 23 pour la
partie capillaire; la partie renflée est contournée en spirale, et porte â son extrémité une sorte de bourse d’où sort le pénis ou spiculé. La femelle est un peu plus grande; sa partie renflée est â peine courbée.
Chez l’un et l’autre, la bouche est une petite ouverture arrondie située à l’extrémité antérieure; elle est suivie d’un long canal digestif qui se termine par un |t anus â l’extrémité postérieure || chez la femelle, à l’origine I de la bourse du spiculé chez q le mâle.
La femelle possède dans la j partie renflée un ovaire ù contours nombreux; il com- li mimique avec un oviducte débouchant au point de jonction de la partie filiforme et de la partie renflée.
Les Trichocéphales se reproduisent au moyen d’œufs. Ces œufs l: sont elliptiques, à coque épaisse, et portent aux extrémités du I grand diamètre deux petits prolongements sphériformes. Us || sont pondus dans l’intestin et expulsés avec les matières fécales.
Ils ne donnent des Trichocéphales que lorsque des circonstances j favorables les ont ramenés dans le gros intestin. Selon M. Da- j vaine, leurs métamorphoses et leur mode de propagation seraient conformes â ceux de l’Ascaride lombricoïde.
Les Trichocéphales de l’homme vivent dans le cæcum, rarement dans le côlon; ils y existent en nombre plus ou moins j considérable On les rencontre plus fréquemment chez les indi- ' vidus qui ont succombé à la fièvre typhoïde.
Fig. 22. — Trichocépbale de l'homme .
i. Femelle: «, extrémité antérieure; b , anus; c, tube digestif; d, ovaire; e, vulve. — 3. MiUe : a , extrémité antérieure ; b , anus; c, tube digestif; d, spiculé; c, poche du spiculé. — 2. Œuf.
STRONGLE. 57
Le meilleur moyen d’en diagnostiquer la présence consiste dans l'examen desselles diarrhéiques; elles entraînent ordinairement des Trieliocéphalesouleursœufs, dont la forme est caractéristique.
[.es vermifuges employés sont les mêmes que ceux des Ascarides; on a conseillé aussi le mercure trituré avec du sucre et les préparations de camphre.
STRONGLE.
Le STRONGLE RÉNAL, ou Strongle géant (de azpcjyùXc;, rond, cylindrique) [Slrongylus yigas, Rud., Emtrongijlus gtgas, Dies),
Fig. 23. — Strongle génnt.
1. Femelle . fl, bouehe ; 6, - intestin ; c, pore génital; rf, amis. — 2. Extrémité antérieure du mâle : a, bouche à six modules; ii , intestin. — 3. Extrémité postérieure du mêle: a, bourse ou cupule; ft, pénis. — A. Œuf,
est un ver ordinairement rouge-brique, cylindrique, à peine atténué à ses deux extrémités, unisexué, à peau épaisse, striée (fig. 23).
VERS
Le mâle est long de lZi à 00 centimètres, large de h à 6 millimètres, et a la queue tronquée, terminée par une sorte de pavillon â bords entiers (Bourse de Rudolphi). Au fond de cette bourse est un pénis filiforme qui fait saillie au dehors.
La femelle est un peu plus longue que le mâle ; sa queue est simple, sans évasement à l’extrémité; l’orifice des organes sexuels est un peu en avant du milieu de la longueur du corps.
Chez l’un comme chez l’autre, l’extrémité antérieure n’est pas renflée en tête ; elle est terminée par une petite bouche circulaire, entourée de six petites lèvres plates disposées en rosette.
A la suite de la bouche est un œsophage grêle se continuant en un intestin qui est droit chez le mâle, contourné en S chez la femelle ; l’anus est situé au bout de la queue.
Les œufs des Slrongles sont elliptiques, aveedeux légers renflements aux extrémités du grand diamètre; leur longueur est de 7 à 8 centièmes de millimètre et la largeur d’environ moitié.
Ce ver ne pourrait être confondu qu’avec l’Ascaride lombricoïde, mais il s’en distingue assez nettement par sa couleur, s’il est frais; s’il est décoloré, sa bouche à six nodules sera caractéristique, celle de l’Ascaride n’en ayant que trois.
Le Strongle est excessivement rare chez l’homme (1) ; il habite le rein. Chez d’autres mammifères (chien, martre, loup, etc.), il est plus commun. 11 désorganise complètement l’organe dans lequel il vit.
L’existence du Strongle est décelée ordinairement par la présence de ses œufs dans les urines.