‹ Manuel d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 30 sur 155 · VERS DES ANIMAUX DOMESTIQUES · texte numérisé non relu

VERS DES ANIMAUX DOMESTIQUES

Les Disloma hepalicum et lanceolatum, qui habitent le foie et sa vésicule.

: Trémalodes..^ L’ Awphistomum conicum, ver plat, qui habite l’estomac.

I II a l’extrémité postérieure du corps élargie et munie V d’une ventouse.

; Néniatoïdes.

IL 'Ascaris lumbricoides, qui vit dans l’intestin grêle.

Le Trichocephulus affinis, qui vit dans le gros intestin. Les Strongylus gigas- dans le rein; Smicrurus, dans la trachée-artère ; Sradiatus, dans l’intestin grêle.

Les Filaria papillosa, dans l’abdomen et l’œil, et Flacrymalis, dans le conduit lacrymal.

On trouve chez le mouton :

ILe Tœnia expansa, qui habite l’intestin.

L’ Echinococcus polymorphus , qui habite l’abdomen.

Le Cœnurus cerebralis , qui habite le cerveau. C’est la larve du Tœnia cœnurus du chien et du loup.

Le Cyslicercus tcnuicollis, qui habite le foie et le mésentère.

(Les Disloma lanceolatum et hepalicum, qui habiten le foie et sa vésicule.

L Amphislomum conicum, qui habite l’estomac.

I L’Ascaris ovis, qui habite l’intestin.

Le Trichocephalus affinis, qui habite le gros intestin. Les Slrongylus filaria, dans les bronches et la trachée, et S. conlorlus, dans l’estomac.

Le Dochmius hyposlomus, qui habite l’intestin. Il a une tête globuleuse avec une bouche à bords cornés.

On trouve chez le lapin :

ILe Cyslicercus elongatus, qui vit dans les kystes du péritoine.

Le Cyslicercus pisiformis. Il vit dans le péritoine et devient chez le chien le Tœnia serrala.

Le Cœnurus serialis, qui vit dans la moelle épinière. kocquiu.on, 4,

(iü

VERS

Trématodes..

Les Distoma hepalinum et lanceolatum, qui vivent dans le foie et le péritoine.

Le Monostomum leporis , qui se trouve dans le péritoine (ce ver ne possède que la ventouse antérieure).

Nématoïdes

L ’Oxyurus ambigua, qui vit dans le gros intestin.

L’ Echinorhynchus cuniculi, qui vit dans l’intestin grêle(l)

A NNÉLIDES.

Le corps de la Sangsue est visqueux, plus ou moins allongé, atténué en avant, obtus en arrière, à face dorsale convexe, à face ventrale concave, divisé supérieurement par des bandes transversales en grand nombre. Pendant la vie, le corps varie de forme selon qu’on l’examine dans l’extension ou la contraction, la marche ou le repos. Les deux extrémités sont munies d’une ventouse. La ventouse antérieure est peu profonde, en bec de flûte; la bouche est au fond. La ventouse postérieure est arrondie, un peu oblique et ne communique pas avec l’intérieur; l’anus est au-dessus (fig. 27).

Les Sangsues sont androgynes.

Tube digestif. — La bouche est triangulaire, armée de trois pièces ou mâchoires (fig- 28), plus épaisses à leur base qu’à leur bord libre, qui est convexe et garni de dentelures. Les pièces dures sont implantées à distances égales sur les parois internes. A la suite de la bouche est un œsophage court, débouchant dans un organe à nombreux renflements qui fait office de réservoir. C’est cet organe qu’on désigne ordinairement sous ■ le nom d’estomac, mais qui, en raison de ses fonctions, mérite plutôt le nom d 'ingluvies que lui a donné M. Gratiolet. 11 consiste en un canal s’étendant jusqu’au tiers postérieur du corps et portant latéralement onze paires de poches ou de cæcums séparés par un étranglement, et d’autant plus grands qu’on s’é-

(1) Consultez, pour plus amples détails : Rudolplii, Entoi. Synopsis ; Diesing, Syst. helm.; Dujardin, Van Beneden et Paul Gémis,. 7.oo\. méd ; Davaine, Traité des Entozoaires; Siebold, etc., etc.

Joigne davantage de l’extrémité antérieure. Les deux derniers descendent parallèlement à l’axe du corps; ils sont placés de chaque côté d’un intestin de petit dia-

légèrement sinueux, qui,

mètre,

à son origine, communique avec l’estomac et débouche à l’anus, situé immédiatement au-dessus de la ventouse postérieure. L’ouverture Se voit difficilement; pour la rendre plus apparente, il suffit de presser l’extrémité postérieure du corps et de faire sortir les excréments.

Lorsqu’une Sangsue est posée sur l’endroit du corps où elle doit faire une saignée, elle y applique sa ventouse antérieure, et l’étale si bien, qu’elle y adhère fortement. Il en résulte entre la peau et les parois de la ventouse un vide presque parfait. La pression de l’air, agissant sur la peau, la fait pénétrer dans le fond de la ventouse jusqu’aux mâchoires, qui l’entament.

Si en ce moment on retire la Sangsue, on constate qu’elle a produit trois piqûres tfig. 29, 1) qu’on peut regarder comme représentant les trois sommets d’un triangle. Si on la laisse un peu plus longtemps, les trois piqûres sont agrandies et devenues trois lignes convergentes (fig. 29, 2). Enfin, si on laisse la saignée se faire pendant quelque temps, les trois lignes convergentes se seront rejointes, et la plaie aura la forme d’une étoile à trois branches (fig. 29, 3)

Fig. 27. — Sangsue officinale ouverte par la face ventrale et dont la moitié longitudinale du tube digestif a été enlevée.

a, ventouse antérieure dans laquelle est la bouche; b , ventouse postérieure ; c, anus ; d, d; d, poches des cæcums de l’ingluvies ; œ, œsophage; i, intestin; j, j, glandes produisant lu mucosité.

VERS

Quelques inslanls après l'éloignement de la Sangsue, la plaie changera encore de forme; les lambeaux se rétracteront du centre à la périphérie, et laisseront entre eux un espace triangulaire (fig. 29, Zi).

Cmculation. — Le sang de la Sangsue est rouge, mais celle couleur n’est pas due aux globules, comme chez l’homme etles animaux vertébrés. Dans ces derniers, les globules sont rouges, et le plasma ou partie liquide du sang est incolore. Dans la Sangsue, le contraire a lieu : les globules sont incolores et le plasma est rouge.

Dans les animaux du groupe qu’on a désignés sous le nom d’Annélides, le plasma est souvent coloré; il est rouge chez le Ver de terre et plusieurs Vers marins, il paraît jaune chez les Aphrodites et est vert chez les Sabelles. La coloration est toujours due au plasma et non aux globules (1).

Bien que dans la Sangsue il y ait une véritable circulation du sang, on n’y

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Fio. 28. — MAchoires do la sangsue.

1. Ventouse ouverte pour montrer les trois mAchoires, a. — 2. L’une des mAchoires trôs-grossic.

trouve pas d’organe d’impulsion avec la forme qu’on a coutume de voir dans les animaux a organisation très-compliquée. Il n’y a pas de cœur proprement dit.

L’appareil circulatoire se compose de quatre grands vaisseaux longitudinaux :

deux latéraux, un dorsal et un ventral (fig. 30).

Les deux vaisseaux latéraux ont le diamètre le plus grand; ils sont sinueux, et s’unissent directement entre eux aux extrémités du corps del’animal. Ils communiquent encore entre eux par de nombreuses branches; ce sont:

1° Les latéro-abdominales (Dugès), qui rampent sur la paroi

Fio. 29. — Différents temps de la piqûre de la Sangsue.

(1) 11 faut peut-être faire une exception pour le genre Capitella (Van Beneden).

abdominale. Elles envoient des ramifications à la peau, auxépididymes, aux ovaires, aux organes copulateurs mâle et femelle. Quelques-unes se renflent en cœurs moniliformes et poussent le sang aux testicules.

2° Les latèro - dorsales (Dugès), partagées en deux ordres. 11 n’y a que celles qui sont situées au niveau de l’intestin qui fassent communiquer les deux vaisseaux latéraux, les autres envoient leurs ramifications aux cæcums de l’estomac situés dans le côté où elles ont pris naissance.

Le vaisseau dorsal s’étend de la bouche à l’anus, et communique avec le vaisseau ventral par son extrémité postérieure; ses ramifications se perdent sous la peau.

Le vaisseau ventral renferme dans son intérieur une chaîne nerveuse ganglionnaire; il est renflé au niveau des ganglions, s’unit à son extrémité postérieure avec le vaisseau dorsal, et ses ramifications se distribuent à la peau. Comme le vaisseau dorsal, il ne communique avec les vaisseaux latéraux que par des capillaires.

Les deux vaisseaux latéraux remplissent les fonctions de cœurs; ils se contractent, se vident et se remplissent alternativement, poussant le sang du côté droit au côté gauche, et vice versâ. Le sang qui est arrivé par les branches latéro-abdominales aux organes de sécrétion , de génération, aux cœurs moniliformes, passe dans le vaisseau ventral, et gagne ensuite la périphérie du corps, où il respire. Celui qui, par lesbranches laléro-dorsales, est

Fig. 30. — Côté gauche du corps de la Sangsue, montrant les vaisseaux sanguins, les anses mucipares, les cœurs moniliformes, etc. , d’après un dessin de M. Gratiolet.

r/, l’un des vaisseaux latéraux faisant office de cœur ; ô, vaisseau dorsal ; c, vaisseau ventral ; <Z, canal déférent ; c, cœurs moniliformes situés au-dessus des testicules ; f, anses mucipares. À droite et au-dessous sont les vésicules mucipares.

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arrivé à l’estomac, à l’intestin, Jpasse dans le vaisseau dorsal, et de là à la peau, pour y respirer également.

Le vaisseau ventral et le vaisseau dorsal peuvent donc être regardés comme des veines portes pulmonaire ou branchiale (Gratiolel).

Respiration, sécrétions. — Les Sangsues n’ont pas d’organe particulier pour la respiration. Cette fonction s'effectue par la peau. On a longtemps regardé comme des appareils respiratoires de petits renflements situés au nombre de dix-sept de chaque côté du corps; ce sont des organes sécréteurs : ils sont formés d’une portion tubuleuse, glandulaire, et d’une vésicule qui débouche sur la paroi ventrale de l’animal. On les a désignés sous le nom d’anses mucipares, de glandes muqueuses, de poches de la mucosité.

Système nerveux. — Le système nerveux de la Sangsue se compose d’un collier œsophagien dans lequel passe l’œsophage, I et d’une chaîne ganglionnaire située, comme il a été dit plus haut, dans le vaisseau ventral.

Le collier œsophagien est formé d’un ganglion bilobé placé au-dessus de l’œsophage. 11 porte latéralement deux anses nerveuses qui le réunissent à un autre ganglion placé immédiatement sous le tube digestif. Ce ganglion est aplati et s’unit presque immédiatement à un autre ganglion moins volumineux, connu sous le nom de second ganglion sous-œsophagien : c’est le commencement de la chaîne ganglionnaire. Elle s’étend jusqu’à la ventouse anale, sur la ligne médiane du corps, et renferme vingt-trois renflements ou doubles ganglions unis latéralement. Chacun d’eux est réuni au précédent et au suivant par un double filet nerveux. En outre, il donne naissance à un certaiu nombre de petites branches nerveuses qui s’en échappent en divergeant. Celles qui partent du ganglion sus-œsophagien ou cérébroïde se rendent à la bouche et aux mâchoires; celles du ganglion sous-œsophagien vont à la lèvre inférieure, aux poinls noirs qu’on voit sur la peau et qu’on a pris pour des yeux, et à la peau. Les autres ganglions fournissent chacun leur contingent aux organes et aux téguments.

gENS< On a ditque la Sangsue possède des yeux, et l’on a considéré comme tels de petits points noirs situés deux par deux à

la partie supérieure de la ventouse antérieure et rangés en fer à cheval. Bien que ces petits points reçoivent un filet nerveux, ils ne doivent guère servir pour la vision, car ils n’ont ni cristallin, ni humeur vitrée, ni humeur aqueuse*

Les Sangsues ne prennent pas, comme on dit habituellement, à tous les endroits où on les applique. C’est vainement qu’on les place sur les régions qui ont été recouvertes par des pommades ou des emplâtres odorants; elles refusent de piquer les cadayres. C’est ce qui a fait dire qu’elles possèdent le sens du goût ou de l l’odorat. Elles n’ont certainement aucun organe pour l’aui dition.

Génération. — Les organes génitaux mâles sont formés d’une t double série de neuf testicules placés sur les côtés du corps et I reliés entre eux par un canal déférent qui passe à leur côté externe. Sa partie supérieure se continue en un tube sinueux plus sieurs fois replié sur lui-même, tube qui a été considéré comme un épididyme; la suite de l’épididyme est un renflement place dans une poche contractile, poche qui contient en outre la verge et son fourreau. Le pore génital mâle est situé sur le ventre de la Sangsue, entre le quart supérieur du corps et les trois quarts inférieurs. 11 est ordinairement peu visible, mais on le reconnaît facilement, si l’on examine les Sangsues vers la fin de juillet ou dans le commencement du mois d’août; il arrive fréquemment qu’à celle époque la verge fait saillie au dehors.

Les organes génitaux femelles se composent de deux ovaires placés de chaque côté du corps, sur la même ligne longitudinale que les testicules. Ils communiquent chacun par un canal avec une poche commune ou matrice. De ce dernier organe part un conduit ou vagin qui va déboucher au dehors, à une distance de trois ou quatre segments au-dessous du pore génital mâle.

Les Sangsues ne peuvent pas se féconder elles-mêmes. Le rapprochement de deux individus est nécessaire. Pour que l’accouplement ait lieu, elles se placent ventre à ventre, de telle manière que la ventouse anale de l’une soit située contre la ventouse buccale de l'autre. Elles sont ovipares. Les œufs sont déposés hors de l’eau, dans l’argile ou la vase. Ils sont renfermés en nombre variable dans des cocons ovoïdes de la dimension de ceux des vers à soie et formés de deux enveloppes : l’une in-

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terne, mince, fournie par la bave qui découle du corps de l’animal; l’autre épaisse, spongieuse, formée, dit-on, par une sécrétion abondante d’une écume blanche, qui brunit avec le temps.

Les Sangsues ne subissent pas de métamorphoses. Quand elles sont jeunes, elles portent le nom de filets; et lorsqu’elles sont arrivées au maximum de leur grosseur, on les désigne dans le commerce sous le nom de Sangsues vaches.

La propriété qu’ont ces Annélides d’entamer la peau pour sucer le sang les a fait employer en médecine dans les saignées locales. Moquin-Tandon a expérimenté qu’une petite Sangsue ou filet absorbe environ deux fois et demie son poids de sang, c’est-à-dire, lsr, 90 ; qu’une Sangsue moyenne en absorbe cinq fois son poids, ou /isr,70 à 6e<\96, et la Sangsue vache cinq fois, ou 16 grammes.

«Si l’on admet, dit-il, que la quantité de sang écoulé après j l’application est à peu près la même que celle du sang absorbé, i la perle de ce liquide serait donc de 31 grammes environ par Sangsue. »

Lorsque les Sangsues sont retirées de la plaie, on peut ne pas i les jeter. Soubeiran a conseillé de les placer un instant dans une solution de 16 parties de sel marin pour 100 d’eau, de les mettre ensuite dans de l’eau pure el chaude, et de leur presser modérément le corps de bas en haut pour en faire sortir la nourriture. On peut encore, sans leur faire subir aucune opération, les remettre dans un vivier à fond d argile. 11 a été observé que la digestion des Sangsues se fait dans un intervalle ! de six mois à un an. Beaucoup de pharmaciens conservent ccs animaux dans de grands vases remplis d’eau, recouverts d’une I toile et placés à l’abri du soleil. L’eau doit être renouvelée tous les jours.

Les Sangsues employées en France ont été longtemps fournies : par les marais de la Bretagne, du Bcrri, etc. Aujourd’hui, ces marais sont presque épuisés, et les Sangsues nous viennent de Hongrie, de Grèce, de Suisse, d’Algérie, etc.

La pêche de ces Annélides se fait de plusieurs manières. Tantôt on ramène sur les bords des lossés ou des étangs la vase où elles vivent, et on les en retire avec la main; tantôt ce sont

HÉMOPIS. 73

: des pécheurs qui s’avancent jambes nues dans ces mêmes i étangs; les Sangsues viennent se fixer à leurs jambes, ils les prennent ii la main et recueillent avec des filets de crin celles qui sont il leur portée. On les place erTsuite dans des tonneaux remplis de glaise délayée et on les expédie.

Les Sangsues employées sont :

La Sangsue médicinale (ffirudo medicinalis, L.) ou Sangsue grise, qui porte sur le dos six bandes longitudinales jaunâtres; le ventre est vert olive, maculé, et porte deux bandes marginales noirâtres. Chaque segment est couvert de petits tubercules. On trouve cette espèce dans le nord et le centre de la France.

La Sangsue officinale ( Sanguisuga officinalis, Moq.) ou Sangsue verte, dont le corps est verdâtre, â dos parcouru par six bandes longitudinales, comme la précédente, mais le ventre est vert jaunâtre, non taché et porte des bandes marginales droites. Chaque segment est lisse. Plusieurs auteurs considèren t ces deux Sangsues comme deux variétés de la même espèce.

La Sangsue truite ou Sangsue interrompue ( Sanguisuga interrupta , Moq.), â dos verdâtre, parcouru par six rangées longitudinales de petites taches, â bords oranges ou rouges, à ventre jaune, portant sur les côtés deux bandes noires en zigzag.

On la trouve surtout en Algérie. Elle est connue dans le'commerce sous le nom de Dragon d’Alger.

i Beaucoup d’autres espèces sont particulières â différents pays de l’Europe, de l’Amérique, des Indes, et sont employées dans ces contrées.

IIËMOPIS.

Le genre IIémopis comprend des Annélides qui ne diffèrent des Sangsues que par leurs mâchoires moins fortes, par le petit nombre de leurs denticules et la difficulté qu’ils ont d’entamer la peau.

C’est à ce genre qu’il faut rapporter 17/. Sanguisuga ou Voran, s. commune en Afrique. Son dos est vert olive avec siv rangées de taches noirâtres et les bords marginaux orancés-Ve ventre est d’un vert foncé noirâtre. Elle se fixe aux jambes des testiaux qui vont s’abreuver, et on l’a vue souvent pénétrer dans leur bouche, leur larynx, leur trachée, etc.

Près des Sangsues et des Uémopis viennent se placer d’autres Annélides qui en diffèrent très-peu. Ce sont:

L’Aulastome vorace (Aulastoma gulo, Moq.), commune dans toute l’Europe, et qu’on trouve fréquemment dans les étangs des environs de Paris. Elle est d’un noir foncé olivâtre, plus clair sur le ventre que sur le dos, marqueté de taches peu visibles; son aspect est celui de la Sangsue; cependant elle ne peut, comme cette dernière, se contracter en olive. La ventouse antérieure est très-dilatable, la postérieure est plus petite ; les trois mâchoires sont rudimentaires, à dents émoussées; son œsophage est plissé, son ingluvies présente des renflements ou culs-de-sac peu marqués, l’intestin est long, l’anus est très-visible.

Elle fait une chasse active aux Vers de terre, aux petits poissons, aux Néphélis, etc. ; elle poursuit sa proie jusque sous les pierres et elle peut vivre quelque temps privée d’eau.

Comme l’Aulastome ne peut entamer la peau humaine, elle n’est pas utilisée à la manière des Sangsues.

La TrOCHÈte verdâtre ( Trochela subviridis , Dutr.), qu’on rencontre dans les petits ruisseaux qui sillonnent les prairies, dans les petits courants d’eau vive. Elle comprend plusieurs variétés; toutes sont veloutées, mais diffèrent par la couleur qui est vert olive, brune ou rouge. La ventouse antérieure est formée de trois segments, la ventouse postérieure est arrondie et oblique; les mâchoires sont rudimentaires , tranchantes, non garnies de dents; l’œsophage est allongé et porte trois plis longitudinaux ; Y ingluvies ne présente pas de cæcum, mais il est partagé en cinq chambres placées l’une au-dessus de l’autre, l’anus se voit très-distinctement, non pas comme dans les genres précédents, sur la paroi ventrale, mais sur le dernier segment de la portion dorsale. LesTroehètes se nourrissent principalement de vers de terre. On ne les utilise pas en médecine.

La Néphélis octoculée, ou Sangsue vulgaire ( Néphélis vulgaris, Moq.), est commune dans toute l’Europe. Elle habite les ruisseaux et ne peut vivre hors de l’eau. Son corps ressemble à celui des Sangsues, mais ne peut se contracter en olive, la couleur en est verte, brune ou rouge, selon les variétés. Elle diffère des genres précédents en ce qu’elle n’a pas de mâchoires; l’œsophage, l’estomac, l’intestin, forment un tube sans compartiments ni

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