‹ Manuel d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 48 sur 155 · SCOLOPENDRE · texte numérisé non relu

SCOLOPENDRE

Sang. Circulation. — Le sang est incolore et contient beaucoup de petits globules. La circulation est lacunaire et s’effectue comme chez les Scorpions. Le cœur ressemble beaucoup à celui de ces Arachnides, mais il s’étend tout le long du corps et est partagé en autant de chambres qu’il y a d’anneaux.

Respiration. — La respiration est trachéenne. Une paire de stigmates se voit de deux en deux anneaux sur la face ventrale et latérale du corps, sauf h la partie antérieure où il existe quelque modification. Ces stigmates sont l’entrée de trachées qui parcourent les différentes parties du corps en s’anastomosant.

Système nerveux. — Le système nerveux est ganglionnaire et construit sur le type que nous figurons plus loin en traitant des Insectes.

Sens. — Les Scolopendres jouissent du sens du tact sur toute la périphérie de leur corps. On ne connaît pas le siège de l’ouïe ni celui de l’odorat. Leurs yeux sont simples et forment deux groupes placés sur les côtés du front et composés chacun de quatre yeux .

Génération. — La génération est ovipare. Les organes génitaux débouchent chez le mâle comme chez la femelle au dernier anneau, au-dessus de l’anus.

Les Scolopendres habitent les pays chauds de toutes les parties du monde, sous les pierres, dans les mousses, dans les Irons de bois mort. Dès qu’on les touche, elles piquent fortement à l’aide des crochets qui terminent les pieds-mâchoires. Elles provoquent une douleur très-forte elle venin qu’elles inoculent produit une inflammation rapide qui, au Sénégal, passe pour amenerla mort. L’eau ammoniacale jetée sur la plaie récemment faite paralyse les effets désastreux.

Dans le midi de la France l’une des plus communes est la Scolopendre cingulée ( Scolopendra cingulala, Lat.).

Le genre Scolopendre fournitbeaucoup d’espèces. On le réunit a plusieurs genres voisins, pour former le groupe des Ciulouodes, Lalr. (de x,£ïXo?, lèvre et noüî, pied). Des faits authentiques démontrent que ces animaux, lorsqu’ils sont fort petits, peuvent s’introduire dans les fosses nasales, s’y établir, et déterminer des douleurs atroces.

LesIuLES sont loin (l’être à redouter comme les Scolopendres, nous n’en faisons mention que pour les différencier de ces derniers animaux. Ils n’attaquent que les végétaux. Leur corps est cylindrique, souvent très-long. Les anneaux qui le composent portent chacun deux paires de pattes. Les stigmates sont sur le bord de chaque anneau, en dehors de l’articulation des pattes et à peine visibles. Les pieds-mâchoires ne portent pas de crochets ni de glande à venin ; ils ne servent qu’à soutenir l’aliment. Les organes génitaux débouchent sur l’un des anneaux antérieurs. Quelques-uns de ces animaux portent sur les côtés de chaque anneau une glande dont le produit de sécrétion exhale une forte odeur d’acide hypo-azotique. Les Iules habitent tous les pays et vivent sous les pierres.

Les animaux qui composent la classe des Myriapodes semblent avoir emprunté leurs organes à toutes les classes voisines. Les Scolopendres ont la bouche et les organes accessoires qui 1 entourent construits sur le même type que celui des mêmes par-

lies chez les Crustacés. Leur tube digestif a plus d analogie asec celui des Insectes, ainsi que leurs systèmes nerveux, respiratoire et l’appareil de la reproduction. Autour de la bouche sont i, deux pièces avec glande à venin qui rappellent celles des Arachnides, bien que ces parties ne soient pas de même nature dans ■) les deux groupes. Les Iules ont dans les pièces de la bouche des particularités qui rappellent aussi celles des Crustacés, mais leur corps a quelque ressemblance avec celui de certains Annèlides; leurs systèmes digestif, respiratoire et nerveux ont de l’analogie

avec ceux des Insectes.

L\n INSECTES.

Ce qui frappe à première vue dans un Insecte tel qu’un Hanneton, une Cantharide, c’est que le corps est formé de trois segments inégaux placés h la suite l’un de 1 autre (fig. Go) . h j premier est arrondi, c’est la tête; le second, plus gros, plus élargi, c’est le thorax; le troisième, plus volumineux, cest

Y abdomen. . ,

A la partie supérieure et latérale de la tete, se voient deux

INSECTES

filaments composés d’articles placés bout à bout, ce sont les antennes, organes du toucher (fig. 55, a). Elles varient de forme; leurs articles ne sont pas toujours en même nombre, de sorte qu’elles ont pu fournir des caractères propres à certaines familles d’insectes. Quelques-uns ont les antennes dentées en scie, en peigne en éventail, comme le Ver luisant : ce sont les Serricornes; chez d’autres, l’extrémité est en massue, comme le Dermeste: ce sont des Clavicornes ; chezd autres encore, comme les Hannetons, les Lucanes, les derniers articles sont en lames, en feuillets : ce sont des Lamellicornes. Les Capricornes ont des antennes très-longues, filiformes ; ils appartiennent à la famille des Longicornes. On a créé tous ces mots afin d éviter les périphrases qui allongeraient beaucoup les descriptions; l’étymologie en est si claire que tout le monde peut les comprendre sans définition.

Plusieurs Insectes portent en avant des antennes un prolongement qu’on a appelé le chaperon (fig. 57).

En arrière des antennes sont deux grosses masses qui font saillie ; elles sont trèsbrillantes (fig. 55 c, c). Examinées à la loupe, elles présentent un très-grand nombre de polygones pressés les uns contre les autres: chaque polygone est un œil, et l’ensemble porte le nom d’œil composé ou œil à facettes. Les Insectes parfaits et beaucoup de larves de ceux qui ne subissent pas de métamorphoses complètes ont seuls ces yeux composés; la plupart des larves n’ont que des yeux lisses, simples, auxquels ou a donné le nom d 'ocelles. Enfin certains Insectes ont h la fois les deux sortes d’yeux (fig. 55, b, cc ).

A la partie inférieure delà tête est la bouche; elle est entourée de six pièces : deux impaires et médianes, deux paires et latérales (fig. 56) . La pièce impaire supérieure est le labre ( la.brum ) : l’inférieure est la lèvre proprement dite ou labium. Elle est formée de deux portions ; l’une inférieure, le menton; l’autre supérieure, la languette. Les deux pièces paires latérales el.su-

Fig. 55. — Tête de Sauterelle.

a, antennes; b, yeux simples; c, yeux composés ; d, palpes maxillaires ; c, palpes labiaux.

•Iù2 ARTICULÉS.

périeures portent le nom de mandibules, les inférieures celui de mâchoires. Les mandibules et le labium peuvent porter de petits appendices articulés qu’on appelle des palpes.

La forme, la force des différentes pièces de la bouche varient selon le genre de vie de l’Insecte; de là encore, d’excellents caractères. L’animal est-il broyeur, comme la Cou rtilière, le Grillon, ses mandibules sont fortes, elles ■ portent sur leur bord libre des dentelures; l’animal estil suceur, comme les Punaises, les Cousins, le labium s’allonge en trompe et sert de gaine aux mâchoires et i aux mandibules réduites à de simples soies ou à de petites • lames, l’extrémité de la trompe forme un bec rigide qui se replie en dessous dans ■ l’inaction. Si l’Insecte est su- ■ ceur à la manière des Papillons, les pièces de la bouche Fia. 56. — Pièces do bouche d’une cantba- subissent d’autres transfor- •

ride. . , ... ,

mations ; les mandibules res-

«, lèvre supérieure ou labium; b, lèvre

inférieure ou labium; c, mandibules; lent U 1 état rudimentaire, les ■

palpes “labiaux. c’ palpes masiUaires; mâchoires deviennent de

longs appendices qui, se joignant latéralement, constituent une trompe capable de s’enrouler et de se dérouler; la lèvre inférieure reste petite.

Entre cette disposition de la bouche des broyeurs et la disposition de celle des suceurs, on trouve tous les intermédiaires. Quoi qu’il en soit, on peut, comme l’a démontré Savigny, reconnaître dans ces pièces si variables de forme, la disposition type indiquée plus haut : deux pièces impaires et médianes, et deux paires latérales.

INSECETS.

\près la tète, vient le thorax ou corselet. 11 est lui-même partagé en trois segments (fig. 57, 6, c, d) :

Fio. 57. — Corps en partie désarticulé du Goliath.

", tète ; b, protlmrax -, c, mésothorax; d, métathorax; c, abdomen ; f, antennes; II, œil ; h, première paire de pattes ; le, deuxième paire de pattes; l, première paire d’ailes ou élytres ; m, deuxième paire d’ailes ; n, troisième paire de pattes ; n, stigmates.

Le supérieur, qui s’articule avec la tôle, est le prothorax (fig. 57, b).

L’inférieur, qui s’articule avec l’abdomen, est le métathorax (fig. 57, d).

ItOCOUil.UlN. !).

ARTICULES.

L’intermédiaire porte le nom de mésothorax (fig. 30, c).

• Chacun de ces segments n’est pas formé par un anneau complet, mais par deux-arceaux : l’un pour le dos, l’autre pour la face inférieure; ils sont réunis sur les côtés. Les entomologistes ont multiplié les noms, et nous les donnons ici pour l’intelligence des descriptions. Chaque arceau se compose de trois pièces articulées : celles qui occupent la ligne longitudinale et médiane ; s’appellent sternum à la face inférieure et tergum sur le dos; les pièces latérales s’appellent épisternum quand elles sont de chaque côté du sternum, épimères lorsqu’elles sont de chaque côté du tergum.

Chaque arceau de la face inférieure du thorax porte une paire de pattes (fig. 57, h, h, n). Elles s’articulent dans le sillon qui se voit entre le sternum et les épisternums. Leur longueur relative, la composition de leurs segments, etc., ont donné des caractères qui permettent de distinguer entre elles plusieurs familles d’insectes, de différencier les coureurs des sauteurs, des nageurs, etc.

Quelle que soit la forme d’une patte, on lui reconnaît quatre parties principales: la hanche , qui s’articule avec le thorax par sa partie supérieure; la cuisse, qui s’articule avec la hanche; la jambe, qui s’articule avec la cuisse; et le tarse, qui du côté supérieur s’articule avec la jambe, et dont l’extrémité inférieure est libre et porte ordinairement des crochets.

La composition du tarse est très-variable; il est formé de trois, de quatre, de cinq articles; de là les dénominations d’insectes trimères, tétramères, pentamères. Si le nombre des articles est inégal pour les différentes pattes d’un même Insecte, celui-ci est un hétéromère.

Si l’Insecte a des ailes, elles sont portées comme les pattes, par les pièces du thorax, non plus sur les arceaux inférieurs, mais sur les arceaux supérieurs, dans l’intervalle qui sépare leterguin ou dos des épimères (fig. 57, /, m). Lorsqu’il n’y a que deux ailes, comme chez les Cousins, elles prennent naissance sur le méso- ’ thorax; s’il y eu quatre, comme dans la Cantharide, deux naissent sur le mésothorax, deux sur le mélalhorax.

La présence ou l’absence des ailes, l’existence de deux ailes ou de quatre, la différence dans la forme, la (aille, la composition,

INSECTES

i les différentes manières dont elles se replient, ont fourni des i caractères qui servent à classer les Insectes.

Ceux qui n’ont pas d’ailes, comme les Pous, les Puces, sont des Aptères.

Ceux qui ont deux ailes, comme la Mouche commune, les Cousins, les Taons, sont des Diptères.

Ceux qui en ont quatre, comme les Cantharides, les Sauterelles, les Punaises, les Libellules ou Demoiselles, les Papillons, les Abeilles, sont des Tétraptères.

Parmi ces Tétraptères, les uns ont les ailes semblables, égales, parcourues par des nervures saillantes, comme les Libellules, les Termites; ce sont les Névroptères.

Mais, si ces quatre ailes sont couvertes d’écailles, comme chez les Papillons, les Insectes sont des Lépidoptères.

Chez d’autres, tels que les Cynips, les Guêpes, les Abeilles, les quatre ailes ont la même composition, le même aspect; les nervures sont moins prononcées que chez les Névroptères, les ailes supérieures sont plus petites que les supérieures; ce sont des Hyménoptères.

Lorsque les ailes sont dissemblables, les supérieures s’incrustent entièrement ou en partie d’une matière dure, et portent le nom A'élytres ; les inférieures restent membraneuses. Si ces dernières se replient transversalement sous les élytres, comme dans le Hanneton, le Lucane ou Cerf-volant, la Coccinelle ou Bête il Dieu, les Insectes sont des Coléoptères.

Si les ailes inférieures sont pliées en long, comme chez les Courtilières, les Perce-oreilles, les Sauterelles, les Insectes sont des Orthoptères.

Lorsque les ailes de la première paire ne sont épaisses que dans leur moitié, les Insectes qui les portent, tels que les Punaises, les Cigales sont dits Hémiptères.

L'Abdomen ne porte jamais d’organes locomoteurs, mais il est quelquefois garni d’appendices non articulés, comme cela se voit chez 1 ePccliculus pubis. 11 est composé d’anneaux mobiles formés eux-mêmes par deux segments, un dorsal, un ventral. C’est à la réunion de l’un et de l’autre qu’on voit les stigmates (fig. 57, o), ouvertures pour la respiration, sur lesquelles nous reviendrons plus loin, \ l’extrémité postérieure (Je l’abdomen est une ouver*

ture commune aux organes de la génération cl de la digestion; elle est accompagnée d’organes très- diverses, tantôt d’un aiguillon (Abeille), tantôt d’une tarière (Cynips).

Toute la partie superficielle du corps d’un Insecte est formée d’une matière dure qui doit sa consistance à une matière azotée à laquelle Odier a donné le nom de chitine; elle est insoluble dans la potasse. Elle forme un véritable squelette extérieur qui donne attache aux muscles intérieurs.

, œsophage; 6, jabot; c, ventricule clivlifique ; cl, tubes de Maipigni ; e, petit intestin ; f, gros intestin; y, dernier anneau dt*. l'abdomen.

Tube digestif.— La bouche des Insectes est le plus souvent entourée de six pièces principales, variables de forme, comme il a été dit plus haut, A la suite de la bouche est une sorte d’entonnoir qui a reçu le nom de pharynx. Après le pharynx est un canal court, cylindrique, T œsophage (flg. 58). La partie inférieure de l’œsophage se dilate en une poche allongée, le jabot, qui sert de réservoir. A la suite du jabot est, assez souvent, un autre renflement ordinairement globuleux, le gésier; ses parois portent, chez quelques Insectes broyeurs, des rangées de petites dents trèsdures. Après le gésier on trouve un autre renflement allongé, le ventricule chylifique, dont les parois sont glanduleuses. Enfin vient le petit intestin, puis le gros intestin. L’intestin est court, peu sinueux, s’il appartient à un Insecte carnassier; il est au contraire long et siherbivore. Le canal digestif tubes dont il reçoit les

nueux, s’il appartient h un Insecte est accompagné d’organes glanduleux en

INSECTES

produits. La salive est versée dans le pharynx, tandis que des canaux sinueux, connus sous le nom de tubes de Malpighi et qui sécrètent la bile, débouchent dans la partie supérieure de l’intestin.

Lorsque les matières ingérées ont subi l’action des sucs digestifs, une partie est expulsée par l’anus, l’autre partie passe par transsudalion à travers les parois du tube digestif, et se trouve dans la grande cavité viscérale remplie de sang.

Sang, Circulation. — Le sang des Insectes est incolore; ses globules sont petits, incolores, la partie liquide ou plasma n’est pas colorée, comme elle l’est chez les Sangsues.

L’organe d’impulsion du sang est un longvaisseau qui va delà partie postérieure à la partie antérieure du corps. Il est placé sur le dos, immédiatement au-dessousdes téguments, auxquels il est rattaché par des bandes fibreuses triangulaires. Ces bandes fibreuses se dédoublent pour entourer le cœur, et constituent autour de cet organe une sorte d’endocarde. Le cœur est partagé en un nombre variable de chambres placées les unes à la suite des autres, communiquant entre elles, mais séparées par des valvules qui permettent au sang d'avancer d’arrière en avant et qui l’empêchent de rétrograder. Sur les parties latérales de chaque chambre se trouvent deux trous qui permettent au sang ambiant d’entrer dans l’intérieur du vaisseau. L’extrémité antérieure du vaisseau dorsal se coude, s’amincit en une aorte non contractile qui conduit le sang à la tète.

Lorsque le vaisseau se contracte, le sang chemine de chambre en chambre de la partie postérieure du corps à la 1 etc ; de là, il se répand dans toutes les parties du corps, non par des vaisseaux particuliers, mais par des espaces inégaux, placés à la suite les uns des autres entre les organes, tapissés intérieurement par une membrane qui fait office de paroi et communiquant entre eux. Ce sont ces cavités qu’on désigne sous le nom de lacunes. ii - Si le vaisseau dorsal se dilate, le sang de la grande cavité abdominale s’introduit dans le péricarde, puis dans les chambres contractiles par les trous que nous avons signalés et circule de nouveau vers la tète.

L'ne pareille circulation a reçu le nom de lacunaire. On a comparé le vaisseau dorsal au lit d’une rivière, le sang des la-

cimes fi l’eau débordée, qui lût ou lard renlrc dans la cavilé d'oii elle est sortie.

On a avancé quele sangcirculaitenlrelesdeux membranes qui constituent les vaisseaux respiratoires ou trachées, mais ce fait est nié par un grand nombre de zoologistes éminents.

Respiration. — La respiration se fait au moyen de tubes plus ou moins ramifiés qui circulent dans le corps de l’Insecte, les pattes, les nervures des ailes. Les troncs principaux prennent naissance à ces ouvertures en forme de boutonnières que l’on voit sur les côtés du ventre, à l’union de l’arceau supérieur avec l’arceau inférieur. Les ouvertures sont les stigmates et les vaisseaux sont des trachées. Les stigmates sont ordinairement tenus béants par leur bord résistant. Si l’Insecte vit à la surface de l’eau, l’ouverture est garnie de poils, de valvules qui permettent fi l’animal de la clore fi sa volonté.

Les parois des vaisseaux sont formées de deux membranes minces; entre elles est un fil spiral qui est analogue, par sa forme, aux élastiques de cuivre des bretelles, et qui conserve au tube son calibre. Lorsque la spirale n’existe pas dans un endroit, le tube se gonfle en cet endroit, forme une poche, une sorte d’anévrysme qui sert de réservoir d’air. Les trachées parcourant le corps en tous sens, pénétrant dans les lacunes remplies de sang, portent à ce liquide, fi travers leurs parois, l’air atmosphérique qui doit le révivifier.

Sécrétions.— Il a déjà été fait mention des tubes glanduleux qui sécrètent la salive et de ceux qui sécrètent la bile. Ces derniers sécrètent aussi l’urine. Les produits des sécrétions sont, du reste, excessivement nombreux chez les Insectes. Ce sont des glandes analogues aux glandes salivaires qui fournissent celte matière se durcissant fi l’air et qui, passant fi travers la filière, forme les fils soyeux avec lesquels l’Insecte fait son cocon. La cire des Abeilles est fournie par des glandes placées sous l’abdomen. Lorsqu’on saisit un Dytisque, un Carabe, on voit s’échapper brusquement de ces Insectes un jet de liqueur irritante. L’aiguillon de l’Abeille ne fait une plaie que pour y laisser couler le poison fourni par une glande avec laquelle il communique. La lueur qui fait reconnaître, pendant la nuit, le Yer luisant, est due en grande partie, djt-on, fi une glande phosphorescente,

INSECTES. 159

Système nerveux. — Le système nerveux est ganglionnaire,' symétrique. Il se compose d’un ganglion cèrébroide (ganglion susœsophagien) placé dans la tête, au-dessus du tube digestif, e formé de deux lobes réunis latéralement par une commissure, don ne d’autres petits ganglions qui fournissent des nerfs aux yeux, aux antennes et aux mâchoires. Au devant du ganglion cerebroule en est un autre beaucoup plus petit, connu sous la dénomination de ganglion frontal, et qui envoie des filaments nerveux au pharynx et aux estomacs (nerfs stomato-gaslriques). Le ganglion cérébroïde fournit, sur ses parties latérales, deux branches qui forment un collier autour du tube digestif ( colliei œsophagien), et \iennent aboutir à un double ganglion placé sous l’œsophagc et appelé pour cette raison ganglion sous-œsophagien. De ce ganglion partent deux filets plus ou moins longs, plus ou moins rapprochés ou unis, s’étendant parallèlementlelong du corps, immédiatement sous les parois de l’abdomen.

Ils présentent de distance en distance des renflements ou ganglions réunis transversalement. C’est de ces ganglions que naissent les filets nerveux qui vont aux diverses parties du corps les plus voisines.

On a cru autrefois qu’à la disposition ganglionnaire du système nerveux des Insectes devait, cor-

Fig. 59. — Système nerveux do l'Abeille (d’après M. Rlnnohard).

rt, ganglions cérébroïdes ; è, ganglion frontal ; c , collier œsophagien ; d, ganglion sous*cesophngien ; e, nerf optique ; nerf nntennaire ; </, gros ganglion thoracique d’où partent des nerfs pour le? ailes, les pattes, etc.

respondre une fonction analogue à celle du système ganglionnaire (grand sympathique) de. l’homme et des animaux vertébrés; on sait aujourd’hui que le système nerveux des Insectes jouit en outre de toutes les propriétés des nerfs appartenant à l’axe cérébro-spinal des animaux vertébrés.

ARTICULES.

M. Faivre, dans une belle série d’expériences (1), a montré le rôle de chaque partie du cerveau. (M. Faivre considère comme cerveau l’ensemble formé par les ganglions sus et sous-œsophagiens.) Le cerveau supérieur ou ganglion sus-œsophagien est, dit-il, le siège de la volition et de la direction des mouvements.

Le cerveau inférieur ou ganglion sous-œsophagien est le siège de la cause excitatrice et de la puissance coordinatricc.

En effet, si l’on enlève les ganglions sus-œsophagiens de l’Insecte, il cesse de se diriger il volonté, mais il nage, il marche. Si c’est le ganglion sous-œsophagien qu’on enlève, l’Insecte est arrêté, il ne nage plus, bien qu’il puisse encore mouvoir toutes ses pattes.

Les nerfs qui se rendent à ces différents centres nerveux sont moteurs, sensibles ou mixtes, et il résulte des expériences de M. Faivre que ceux qui se rendent au ganglion sus-œsophagien servent aux sensations spéciales; ceux qui se rendent au ganglion frontal président à la déglutition; ceux du ganglion sousœsophagien, avec une partie des pédoncules (2), servent à la préhension et h la mastication.

Organes des sens. — Dien que les Insectes paraissent entendre, on ne connaît pas chez eux d’organes particuliers pour l 'ouïe; ils paraissent très-sensibles aux odeurs et l’on ne connaît pas d’organes de Vodorot. Le sens du toucher réside probablement dans les antennes, les palpes, et celui du goiit dans la bouche. Le sens de la vue siège évidemment dans les yeux. Nous avons dit plus haut que les yeux des Insectes sont de deuxsortcs: les uns sont simples, les autres composés. Les larves ont le plus souvent des yeux simples, les Insectes parfaits ont le plus souvent des yeux composés; quelques-uns ont à la fois les deux sortes d’yeux.

Les yeux simples, ou yeux lisses, ocelles, stemnates, sont formes de dehors en dedans par une surface sphérique dure,

(1) Faivro, Du ccrvc.m des Dytisques considéré dans scs rapports avec la locomotion (Ann. d'hist. nat., t. Vlll, p. 245); et Etudes sur la physiologie des nerfs crâniens chez le Dylisque ( ib ., vol. IX, p. 23).

(2) M. Faivro donne lo nom de pédoncules cérébraux à la portion renflée, formée de substance blanche, qui porte les nerfs antennairc et labial supérieur ; c’est-à-dire la partie supérieure dos nerfs qui unissent lo ganglion sus-œsophagien au ganglion sous-œsophagien.

INSECTES

l(il

transparente, â laquelle on a donné le nom de cornée; derrière, est une masse convexe, transparente, le cristallin; celui-ci repose sur un liquide très -limpide, l’humeur vitrce; le fond de l’œil est tapissé d’un pigment rouge noirâtre dans lequel vient se rendre le nerf optique.

Les yeux composés ne sont que la réunion d’un très-grand nombre d’yeux simples. Strauss Durckeim en a compté huit mille dans le Hanneton; chaque cornée a la forme d’un hexa- ;; gone; chaque œil a son filet nerveux particulier.

Quoique les Insectes fassent entendre des sons, ils n’ont pas d'organe de la voix. Ces sons ont pour cause des mécanismes ; différents. Chez les Criquets, ils sont dus au frottement rapide du fiord des cuisses contre les élytres; chez les Cigales mâles, on voit de chaque côté de l’abdomen une cavité recouverte par une plaque qui dépend du métathorax. La cavité est partagée en deux chambres séparées par une cloison écailleuse; l’inférieure porte un petit cadre sur lequel est placée une membrane, la tymbale. Or, que les muscles qui s’insèrent à la timbale se relâchent ou se contractent, il y a production de son.

Chez les Grillons des champs, les élytres portent une membrane circulaire, tendue, encadrée dans une forte rainure et qui ressemble assez bien à un tambour de fiasque. C’est en frottant rapidement le bord de ses ailes sur celte membrane, que l’Insecte produit des sons si aigus.

Enfin, le son peut encore être produit par le frottement des anneaux entre eux, par les mouvements rapides des ailes, des antennes, par les frottements de ces parties entre elles.

Reproduction. — Les Insectes sont presque toujours unisexués. Les organes de l’accouplement sont, sauf quelques exceptions, placés à l’extrémité postérieure du corps. Dans la majorité des Insectes, l’appareil générateur mâle se compose de tubes plus ou moins nombreux pelotonnés sur eux-mêmes, qui sécrètent le sperme', et que, pour cette raison, on appelle testicules ((ig. GO). Les testicules débouchent dans deux canaux plusoumoins sinueux, les canaux déférents, qui se rendent chez quelques Insectes, viennent aboutir dans une poche où se rendent aussi des conduits appelés vésicules séminales. La poche verse son contenu par un canal unique qui communique avec

le pénis. Ce pénis est. mou, protégé par un tube ii parois solides; il est muni assez souvent d’épines ou de pièces qui servent a retenir la femelle. Le sperme éjaculé est ordinairement eniouré d’une enveloppe dile spermatophore.

L’appareil générateur femelle(fig. C l) se compose de deux ovui-

Fig. 60. — Organes générateurs môles île Lucane.

a,(i, testicule; b, b, canaux déférents; c,c, vésicules séminales ; il, conduit du sperme : e, intestin; f, organes protecteurs ; ;/, verge.

res situées sur les côtes de l’abdomen et composés chacun d’une série de tubes effilés ii leur partie supérieure , mais renflés h leur pari je inférieure A l’extrémité inférieure sont deux tubes larges

INSECTES

Il ou oviductes, se réunissant en un tube commun. C’est le conduit qui reçoit les œufs et les remet à un canal excréteur qui dé- 1)0UChe îi la vulve. Ce canal excréteur communique avec deux i vésicules; l’une, la vésicule copulatrice, reçoit le sperme; les

Fm 6t. — Organes générateurs femelles du Lucane.

A. A, ovaires remplis d’œufs; B, vésicule copulatrice; C, vésicule séminale; P, dernier anneau de l’abdomen ; E, intestin.

zoospermes que contient alors ce liquide sontsouvent revêtus de l'enveloppe spermatophore; ils ne l’abandonnent que lorsqu’ils ont quitté la vésicule copulatrice et qu’ils sont arrivés dans l’autre vésicule, la vésicule séminale, ou ils peuvent conserver toutes leurs propriétés pendant un temps plus ou moins long.

L’extrémité inférieure de beaucoup de femelles est munie de pièces qui, s’adaptant les unes contre les autres, constituent une tarière ou un aiguillon (fig. 62). L’animal s’en sert pour attaquer ou pour se défendre, ou bien encore pour déposer ses œufs dans l’end roi |

Fin. G2. — Extrémité (1g l’abdomen d’un Locuste, munie (le sn tarière.

convenable où ils doivent cclore. L’aiguillon ou la tarière communique dans l’intérieur avec un organe glanduleux qui secrète une humeur spéciale. C’est un venin chez les Guêpes, les Abeilles, et il est amené dans les chairs de l’individu piqué par la plaie qu’a faite l’aiguillon. C’est au moyen de sa tarière que le Cynips pique les tissus végétaux pour y déposer ses œufs. Lorsque l’Insecte se relire, la plaie se referme sur l’œuf qui va commencer son incubation. A partir de ce moment, l’œuf, faisant office de corps étranger, appelle dans l’endroit où il se trouve les liquides végétaux qui y arrivent en abondance. De là un accroissement de tissu, des excroissances particulières connues sous le nom de noix de Galle, lorsqu’elles se développent sur les chênes du Levant, de bédégars, si elles se développent sur les Eglantiers, etc. C’est le même procédé qu’emploie l’Ichi neumon, non plus sur les végétaux, mais sur les animaux et même sur l’homme; il en résulte les désordres les plus graves pour les individus porteurs des œufs.

Parthénogenèse.— Dans la très-grande majorité des Insectes, on s’est assuré qu’il n’y a pas fécondation sans accouplement. Dans un petit nombre d’autres, les femelles seraient, dit- on, fécondées sans le secours du mâle. Richard Owen a donné à celle génération le nom de parthénogenèse (de -a. ofh'vo;, vierge; et •ysvEat;, naissance).

Bonnet, de Genève, remarqua que, pendant la saison chaude, les femelles des Pucerons pondent des petits vivants, et que tous ces nouveau-nés sont femelles. Les ayant isolées et placées sous des cages de verre, il vit ces jeunes femelles pondre une seconde génération composée uniquement de femelles, et ainsi de suite, jusqu’à neuf générations successives II est bien entendu que ces femelles pondaient sans avoir subi l’approche d’aucun mâle. La saison froide arrivée, ce ne furent plus seulement des femelles, mais des mâles et des femelles qui naquirent en même temps, et la fécondation s’effectua dès lors par accouplement des deux sexes pour toute la saison chaude qui suivit.

Doit-on objecter que les Pucerons, possédant parfois les deux sexes, il se pourrait que des prétendues femelles eussent été hermaphrodites, et qu’il se fût fait une fécondation réciproque?

I INSECTES

1/idée de parthénogenèse a été aussi proclamée pour les végétaux, et nous devons dire aujourd’hui qu’elle n’a pu subsister après l’examen consciencieux des faits. M. le professeur Haillon nous a montré maintes fois la génération des vierges prétendues,

: et toujours nous avons constaté avec lui que tantôt la fleur i, femelle avait été fécondée par du pollen d’étamines nées anoric nullement chez elle, tantôt par du pollen transmis à distance, tantôt encore qu’on s’était laissé induire en erreur par les apparences, et qu’il n’y avait pas eu fécondation.

Quoi qu’il en soit, des zoologistes très-éminents, d’une science universellement reconnue, admettent que la femelle ou reine des Abeilles peut pondre des œufs féconds, alors même qu’il n’y

Ia pas de mâle dans la ruche et que ces œufs donnent tous des mâles; que les Abeilles ouvrières ou neutres, qui ne sont que des femelles à organes génitaux imparfaits, peuvent également donner des œufs d’où ne peuvent sortir que des mâles. Les femelles ne naissent jamais que dans des œufs véritablement fécondés par les mâles.

11 est certain que ces faits paraissent bien extraordinaires, et l’on se demande si la génération par les vierges ne serait pas une simple génération par bourgeons, comme cela se voit chez les Eponges et les Polypes?

Les œufs des Insectes sont très variables de couleur, de forme, de dimensions, selon qu’on examine ceux de tel ou tel individu. Ils sont isolés ou accolés, recouverts d’une enveloppe mince ou I dure, mais toujours placés dans des circonstances favorables au développement immédiat de l’animal qui en sortira.

Lorsque le petit Insecte s’échappe de l’œuf, il est souvent loin (le posséder tous les organes qu’il aura s’il arrive à l’état parfait. Les individus qui subissent les métamorphoses les plus complètes sortent de l’œuf à l’état de ver ou de chenille , et changent plusieurs fois de téguments. Puis ils filentuneenveloppedanslaquelle ils s’entourent pour y passer l’état de nymphe. Enfin, après des changements exécutés tant dans l'intérieur de son corps qu’à l’extérieur, la nymphe sort de sa coque sous forme d’insecte < parfait.

On a donné à ces trois stases successives de l’Insecte les

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ARTICULES.

noms de larve (1), de nymphe ou chrysalide (‘2), et d' Insecte parfait.

Les Insectes n’attendent pas toujours que l’œufsoit expulsé du corps de la femelle pour s’en échapper, l'éclosion se fait alors dans l’oviduete; les petits sortent directement des organes de leur mère. On a créé le mot ovovivipare pour désigner une semblable génération. Parmi les Insectes ovovivipares, les uns naissent à l’étal de larves, leur génération est dite larvipare , tandis que les autres passent l’état de larves enfermés dans le corps de la mère et naissent à l’état de nymphe; leurgénération est nommée pupipare (3).

Larves. — Les Insectes dont les métamorphoses ne sont pas complètes ont des larves qui leur ressemblent plus ou moins, mais elles n’ont jamais d’organes génitaux. La larve du Pou ne paraît différer de ce dernier que par la taille; elle n’a jamais d’organes générateurs. Les Sauterelles, les Punaises, ont des lai ■ves qui ont la forme de l’état adulte; elles sont dépourvues d’ailes et d’organes générateurs. Les larves des Insectes à métamorphose complète ont ordinairement un corps formé de treize segments; le premier constitue la tète et porte une bouche formée des mêmes parties que chez l’Insecte parfait et parfois des antennes. Quelques larves ont de plus une filière située sous la bouche et avec laquelle elles filent leur cocon. Les yeux existent en nombre variable; ce sont des yeux simples. Les trois segments suivants portent chacun une paire de pattes articulées; les autres segments peuvent aussi porter des appendices, mais ce sont des pattes sans articulation, de fausses pattes. Sur les côtés des segments (le premier et le dernier exceptés) sont les ouvertures appelées stigmates.

C’est à l’état de larve que la majorité des Insectes vivent le plus longtemps. « L’Insecte parfait, dit Raspail, n’est créé que pour aimer et pondre », mais les larves sont d’une voracité phénoménale. II faut avoir visité une magnanerie pour se faire une

(1) Do larva, masque. Ou a considéré la forme de ver ou chenille connue du masque qui cache l’insecte parfait.

(2) Du xpujé;, or. Parce que fiiez quelques papillons la nymphe est reconverti de pièces dorées.

(3) Linné traduisait le mol nymphe par pupa, petite lille, pour donner l’idée d’cnlatlce du jeuuo animal.

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