CLASSIFICATION DES INSECTES
idée de l’énorme consommation de feuilles par les Vers à soie. Ces animaux ne sont occupés qu’à broyer. Les larves grossissent tellement, que bientôt leur enveloppe extérieure ne peut plus résister; elle crève de la tête à la partie postérieure, et la larve s’en débarrasse. Alors apparaissent de nouveaux téguments; ils étaient tout formés sous les anciens; ils sont rejetés bientôt à leur tour. Cinq fois et plus, l’insecte se dépouille de celte mai: nière. Bientôt des changements considérables vont s’exécuter sur le tube digestif; la larve devient triste, elle ne mange plus, elle ne se meut que par soubresauts et paraît souffrir vivement. Enfin elle se file un cocon dont elle s’entoure, ou bien elle se tapit dans un coin, etc., et reste le plus souvent comme frappée de mort. Elle est passée à l’état de nymphe.
Nyjipiie. — Pendant l’état de nymphe, de nouveaux changements s’exécutent. A l’extérieur, on commence à voir distinctement la tête, le thorax et l’abdomen; ces segments apparaissent aussitôt que la dernière enveloppe de la larve est tombée. Après un temps variable, quelques semaines, quelques mois, la nymphe qui jusqu’alors avait été immobile, commence à mouvoir son ventre. Une enveloppe couvrant exactement chaque partie extérieure du corps, fait deviner les antennes, les yeux composés, les ailes, etc.; à l’intérieur, les organes génitaux se montrent, le tube digestif s'approprie pour un nouveau genre de nourriture. Enfin l’enveloppe extérieure se crève à sou tour et l’Insecte arrive à la lumière. Tout son corps est humide, mais bientôt la circulation et la respiration reprennent une nouvelle vigueur, les ailes sèchent, le corps se durcit, l’animal est à son dernier degré de perfection.
CLASSIFICATION DIÎS INSECTES.
Eu examinant dans les Insectes les caractères tirés du nombre des ailes, de leur disposition et de leur composition, ceux fournis par la conformation des pièces de la bouche, par les métamorphoses qu’ils subissent, Latreille a pu faire une classification qui, quoique très-imparfaite, facilite singulièrement l’étude des Insectes. Nous la résumons ainsi :
ÀKT1CULÉS.
Tctriiptcres.
Coléoptères. Ailes supérieures crustacées, ailes inférieures membraneuses, pliées en travers. Bouche conformée pour le broiement. Métamorphoses complètes.
Ortuoptèkes. Ailes supérieures crustacées, ailes inférieures membraneuses pliées en long ou en deux sens. Bouche des Coléoptères. Métamorphoses incomplètes. I.es femelles portent une tarière.
Hémiptères. Ailes supérieures crustacées à la hase seulement, ailes inférieures membraneuses. Bouche conformée pour la succion. Métamorphoses incomplètes.
Névroptères. Quatre ailes membraneuses, nues, semblables, avec un réseau très-riche de nervures. Bouche conformée pour le broiement. Métamorphoses complètes. Yeux simples et yeux composés.
Hyménoptères. Quatre ailes membraneuses, nues, veinées, les inférieures plus petites que les supérieures. Bouche conformée pour le broiement et la succion. Métamorphoses complètes. Yeux simples et yeux composés. Les femelles ont une tarière ou un aiguillon.
Lépidoptères. Quatre ailes membraneuses, semblables, garnies de petites écailles. Bouche conformée pour la succion. Métamorphoses complètes.
I>il»tôres.
Diptères proprement dits. Ailes membraneuses tenant la place des ailes supérieures des Tétraptèrcs. Souvent des balanciers à la place des ailes inférieures. Bouche conformée pour la succion. Métamorphoses complètes.
Bhipiptères. Ailes plissécs en éventail tenant la place des ailes inférieures des Tétraptèrcs. Des balanciers à la place des ailes supérieures. Bouche conformée pour le broiement.
tptèi’cs.
Suceurs. Six pieds seulement. Deux yeux simples. Métamorphoses. Bouche en trompe renfermant un suçoir.
Parasites. Six pieds seulement. Deux yeux simples. Pas de métamorphoses. Bouche en suçoir, sans trompe. Vivent toujours en parasites.
Thysanoures. Abdomen pourvu de fausses pattes et terminé ordinairement par des filets. Yeux simples multiples. Pas de métamorphoses. Bouche conformée pour le broiement.
INSECTES. — COLÉOPTÉKES.
Les descriptions qui suivent montreront que les naturalistes n’ont pas toujours pu suivre ;i la lettre cette classification. Quelque bonne qu’elle paraisse, elle n’a pu saisir les rapports de tous les êtres dont elle s’occupe, parce qu’elle n’a pu suivre la nature dans ses mille combinaisons; mais la logique et le bon sens savent s’écarter à temps des règles tracées d’avance lorsque les rapports naturels sont trop violemment rompus.
Ainsi, d’après la classification précédente, les Méloés, n’ayant que deux ailes, sont des Diptères; mais, d’un commun accord, tous les naturalistes les rangent avec les Coléoptères, dont ils ont tous les autres caractères. C’est pour la même raison que les femelles des Cochenilles et des Vers luisants, quoique sans ailes, ne sont pas rangées dans les Aptères.
Le caractère tiré des ailes n’a donc pas toujours une importance capitale. MM. Van Beneden et P. Gcrvais l’avaient fort bien compris quand ils réunissaient les Parasites aux Hémiptères et les Suceurs aux Diptères.