PUNAISES
Les Punaises constituent une assez grande partie du groupe des Hémiptères hétéroptères ; on les a partagées en Punaises terrestres ou Géoeorises (de pi, terre; et i;, punaise), et Punaises d’eau ou Hydrocorises (de eau; et /-opte, punaise .
Fio. fiO. — Suçoir do punaise Irès-grnssi.
a, a. bnse des antennes ; b, b, yeux; e, labium nu lèvre supérieure ; d, mandibules; e, mftehoires ; f, lèvre inférieure ; <j, première paire de pattes.
Parmi les Punaises terrestres, les plus communes sont : la Punaïsf DF, s dois, la Punaisf nr.s i.its ( Cimcx lectularius, L. ;
Acanthia leclularia, Fabr.). Cette dernière est beaucoup plus commune dans le Midi que dans le Nord, se montre la nuit et se réfugie pendant le jour derrière les tentures, dans les fentes du bois, etc. Elle a le corps gris, ovale, aplati, velu; sa tête est petite, allongée, encadrée par une échancrure du prolhorax; ses antennes ont quatre articles; scs élytres sont rudimentaires et les ailes membraneuses manquent; son abdomen a huit segments et porte sur la région dorsale une grande tache noire (fig. 67).
La mauvaise odeur qu’elle répand est due à un liquide qui sort par une petite ouverture située sur le mélalhorax, entre les deux pattes postérieures.
Les Punaises pondent au mois de mai; leurs œufs sont elliptiques et garnis d’aspérités qui les empêchent de glisser des endroits où ils ont été déposés. Les petits ne subissent que des demi-métamorphoses et sont blancs; ils ne deviennent gris noirâtre qu’après avoir sucé du sang.
Les piqûres produites par ces Insectes sont douloureuses, elles déterminent une petite ampoule et du gonflement. Pour prévenir l’arrivée de ces animaux malfaisants, il faut entretenir dans les appartements une grande propreté. On emploie, pour les combattre, la poudre de pyrèthre, l’essence de térébenthine, l’acide sulfureux, etc.
Les espèces varient selon les pays et selon les animaux sur lesquels elles vivent.
Le HÉ nu vu a masque (lleduvius personatus, Fabr.) ou Punaise • minnhe vit, comme la Punaise des lits, dans les appartements. Elle se lient dans les fentes des murailles, près des foyers, et exhale une odeur de souris. Elle est l’ennemi de la Punaisé; elle en diffère ^ar sa forme allongée et par la présence de quatre ailes bien développées. Ses piqûres sont très-douloureuses.
I ai mi les Punaises aquatiques, nous nous bornerons à citer :
La Notonecte glauque (. Notonecta glduca, L.) ou Punaise à uei ions, qui vit dans les eaux dormantes. Avec tous les caractères des Hémiptères, elle possède des pattes postérieures conformées
eu raines. Elle pique très fortement lorsqu’on veut la saisir.
La Nùpe cendrée (. Nepa cinerea, L.) ou Araignée cl eau, Scorpion d'eau. Elle joint au caractère des Hémiptères ceux que fournissent scs pattes antérieures. L’Insecte les porte en avant de la tète, et elles représentent dans cette position, assez grossièrement il est vrai, les palpes du Scorpion.
Au Mexique, certaines espèces du genre Coriza {C. femorala, Mexenaria) pondent dans les étangs une quantité innombrable d’œufs. Ces œufs sont récoltés sous le nom ù'hautlc et servent à faire des gâteaux très-estimés dans le pays. Les œufs de quelques Notonectes paraissent avoir la même propriété (1).
Homo|itcrcs.
C’est à la subdivision des Ilomoptères qu appartiennent :
La Cigale {Cicada) si connue par son chant. Elle possède des antennes à six articles, trois yeux lisses, ne saute pas, se tient sur les arbres, en suce la sève et se sert de sa tarière pour déposer scs œufs dans le bois mort. Le mâle seul fait entendre un son.
Son double appareil musical est situé de chaque côté de la base de 1 abdomen-
La Fulgore ( Fulgora , L.) qui n’a que trois articles aux antennes et deux yeux simples. Son front est prolongé en forme de museau. Une espèce très-
grande, la FULGORE PORTE LANTERNE (F. lalernaria, L.) qui vit dans l’Amérique méridionale répand pendant la nuit assez de lumière pour guider les voyageurs.
Le Puceron ( Apliis , L.) (fig- 68) qui a les antennes longues, filiformes, de.
sept articles, dont le troisième est allongé; les tarses n’ont, que deux articles. Le Puceron ne saute pas, il marche lentement, vit en société et pullule avec une pro-
i,l) Acad. sc. Compt. rend, hebd., 1357, G XI.V.
INSECTES. — COCHENILLES. 181
digieuse rapidité. Il n’est pas rare de voir des Pucerons hermaphrodites. La partie postérieure du corps porte deux petits tubes qui sécrètent une matière sucrée. Cette matière est déposée sur les feuilles des arbres et y forme un enduit visqueux connu sous le nom d emiellat. Les fourmis en sont très-friandes.
Quelques Pucerons fout naître sur les végétaux qu’ils piquent des excroissances, des fausses galles qu’il ne faut pas confondre avec les galles des Cynips (voy. page 185).
Le Puceron chinois (Aphis chinensis, Bell.) pique les feuilles du Dystilium racemosurn, Zucc. et produit ces coques oblongues ou ramifiées appelées galles de Chine. Les Chinois s’en servent commed’un puissant astringent; ils l’emploient aussi en teinture.
Le Puceron de la pistache ( Aphis pistaciœ, L.) fait naître, par sa piqûre, sur les Pistachiers (P. ver a, P. terebenlhus, P. Lentiscus) des excroissances connues sous le nom de coques des Pistachiers. Celles qui naissent à l’extrémité des rameaux ont la forme d’une corne allongée et recourbée; on les appelle des caroubes. D’autres, qui sont situées sur les feuilles, sur les pédoncules des fleurs, sont globuleuses et désignées dans le commerce sous le nom de baisonçjes. Elles servent, comme les Galles de Chine, dans la thérapeutique et dans la teinture.
Les Cochenilles qui constituaient la famille des Galli nsecles de Latreille. Le mâle et la femelle sont bien différents ; le premier est plus petit, a deux ailes membraneuses qui se recouvrent sur les côtés et porte deux longues soies à l’extrémité de l’abdomen; il est dépourvu de bec et possède des yeux composés (fig. 69). La femelle est environ deux fois plus grosse que le mâle, porte un bec, manque d’ailes; l’extrémiié de son abdomen est munie de deux soies courtes et elle n’a que des yeux simples (fig. 70).
Chez l’un et l’autre, le tarse est réduit à un seul article terminé par un crochet.
La cochenille dont l’usage est le plus répandu est celle du Mexique ( Coccus cacli, S.); elle vit sur les Cactus et particulièrement sur les C. cocinilifer et opuntia,
orsque les femelles pondent, elles restent en place, sc gonflent
Fig. 09.
Cochenille inftle.
COCQC1LLON.
«.AKTICULÊS.
puis meurent, se dessèchent et protègent leurs œufs, que leur corps recouvre.
Ce qu’on appelle grains de Cochenille, dans le commerce, n’est autre que les corps desséchés de ces femelles. La Cochenille qu’on recueille sur les nopals des champs est la moins recherchée; on l’appelle la Cochenille sylvestre. Celle qui a été recueillie dans des nopalcries et passée à l’eau bouillante est la Cochenille noire; elle est plus recherchée, plus grosse et plus noire que la précédente. Si la Cochenille des nopaleries est séchée à l’étuve, elle est plus estimée encore; elle constitue la variété jaspée ou mestèque, de
Fig. 70. — Cochenille fe^ ruelle.
couleur rouge ou d’un brun rougeâtre.
La Cochenille contient 50 p. 100 de matière colorante, de la cire, des phosphates de chaux et de potasse, etc. Elle donne le carmin du commerce; et si on 1 unit au tartre et à la composition d’étain, elle produit P écarlale.
La Cochenille n’est guère employée en pharmacie que pour colorer des bonbons, des pastilles.
Le Mexique n’a plus le privilège d’élever seul les Cochenilles; elles réussissent assez bien en Espagne et dans l’Algérie.
Ce qu’on désigne sous le nom de graines de Kcrincs, graines d'écarlale, de Kenncs animal, sont aussi des Cochenilles (Coccus ilicis, L.). Elles diffèrent de la Cochenille du Nopal en ce qu’elles vivent sur un Chêne, le Quercus coccifera, quelquefois sur le Qnercus ilex. On ne voit aucune trace d’anneaux articulés sur le corps des femelles. Elles sont de la grosseur d’un pois et d’un brun foncé; on en extrait une matière colorante rouge, et on s’en servait en pharmacie dans la préparation de quelques sirops (!)•
Une autre Cochenille (le Coccus polonicus, L.) fournit aussi une matière rouge. Elle est commune en Pologne, en liussie, en Allemagne; on la trouve en France. Elle vit sur les racines dhme plante de l’ordre des Seléranthées, et qu: est connue sous le nom de Scleïanthus perennis.
(1) No pas confondre avec le kermès minorai.